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Cap21/LRC Toulouse

Articles avec #echos du reseau lercitoyen

“La Ve République s’est transformée en prise de pouvoir par les partis.”

20 Février 2017, 20:02pm

Publié par Corinne Lepage

Corinne Lepage sur RCF

 

 Ce qu’il faut retenir de l’interview de Corinne Lepage sur RCF

 

L’ancienne Ministre de l'Environnement Corinne Lepage répond aux questions de Béatrice Soltner à l’occasion de la sortie de son ouvrage Tous président!. Pour elle, la politique est “plus nécessaire que jamais” dans un contexte de grande méfiance envers les institutions. Refusant le procès en populisme - “l’injure du populisme est un moyen de défense pour la classe politique pour qu’on ne l’attaque pas” - Corinne Lepage présente des solutions au déficit démocratique dont souffrent selon elle les institutions françaises et européennes. “Le populisme est beaucoup plus dans les solutions qui sont proposées que dans la critique du système”, assure-t-elle.

Selon Corinne Lepage, “il y a une critique de l’Europe qui est justifiée”. Elle évoque le “pantouflage” de certains hauts responsables de l’Union Européenne, tel José Barroso, ancien président de la Commission Européenne et désormais conseiller dans la banque américaine Goldman Sachs. L’ancienne eurodéputée fustige “une Europe qui s’est délitée” et fait valoir que “le Parlement Européen, qui est le seul organe démocratique (...) [dans l’UE],  a peu de pouvoir (...) au regard du Conseil [Européen] et de la Commission [Européenne]”. C’est pourquoi, selon elle, “on peut comprendre (...) [la] désaffection” des Européens pour la construction européenne.

 

Face au “ras-le-bol immense” des citoyens “à l’égard de la manière dont les décisions se prennent”, Corinne Lepage identifie différentes solutions, notamment les “nouvelles technologies de l’information et de la communication” ou encore l’usage du référendum. Elle soutient cette dernière solution à condition que les consultations soient “fréquent[e]s”, ce qui leur permet de ne pas être assimilables à de simples plébiscites, et à condition qu’il y ait des vraies campagnes d’information en amont du vote. Enfin, pour Corinne Lepage, “faire de la politique c’est se mettre à la disposition des autres” et donc la politique ne doit pas permettre de faire carrière. “Il faudrait un statut de l’élu”, continue-t-elle, ainsi que des possibilités de “mise en disponibilités” des salariés pour la vie publique. Elle exige également “qu’il y ait réellement des ministres de la société civile au gouvernement”.


Pour Corinne Lepage, la Ve République s’est “transformée en prise de pouvoir par les partis”. Interrogée à ce sujet sur sa volonté ou non de fonder une “VIe république”, comme l’exigent plusieurs candidats aux élections présidentielles, elle dit estimer que le pays est “dans une telle difficulté” qu’il est impossible pour le moment de “[s’]offrir le luxe d’être en phase de discussion sur une nouvelle constitution” pendant “deux ans”. Toutefois, elle affirme qu’il est souhaitable “de se donner le mandat d’un président qui veut changer la constitution”.

 

Écrit par JBeley aujourd'hui 2017 à 16h35 - Voir tous les verbatim de JBeley

Source : RCF

https://www.onair-alert.com/actu/544669/2017-02-20/corinne-lepage/rcf-

 

 

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#ParlonsVrai : jusqu’où l’impudence ?

16 Février 2017, 14:08pm

Publié par Corinne Lepage

#ParlonsVrai : jusqu’où l’impudence ?

Ainsi les députés viennnent-ils de voter une disposition qui met un terme à une jurisprudence constante de la Cour de cassation sur l’abus de bien social et sa prescription.

Les infractions dissimulées (généralement financières qu’il s’agisse de fonds publics ou de fonds privés) ont pour particularité de faire l’objet de montages sophistiqués, recourant souvent à des comptes offshore, dont l’objectif est évidemment de rester cachés. Leur découverte est donc très aléatoire, fruit de dénonciations, de divorce, de conséquences secondaires d’autres procédures etc. La Cour de cassation avait donc fixé un principe clair au terme duquel dans les affaires d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics ou privés, la prescription ne courait qu’à compter de la découverte et non pas de la commission d’infraction. Cette jurisprudence avait évidemment pour effet de rendre insécure la situation des délinquants qui ne pouvaient pas s’estimer tranquilles une fois passé le délai de prescription des délits qui était alors de 3 ans.

C’est ce principe que l’Assemblée nationale vient de renverser en créant un délai de prescription de 12 ans, ce qui est assez long, mais les exemples sont nombreux compris dans l’actualité pour constater que les faits peuvent mettre plus de 12 ans à être connus.

Ce vote qui correspond à une demande très ancienne et très constante d’une partie des chefs d’entreprise, arrange bien le monde politique. C’est inadmissible à plus d’un titre. D’une part, la délinquance financière fait l’objet d’une mesure de clémence alors que dans le même temps la prescription pour les autres crimes et délits est rallongée dans le temps. Le deux poids deux mesures s’impose donc comme une règle qui visiblement ne choque pas les parlementaires. En second lieu, ce vote intervient en plein Penelopegate, ce qui ne peut que conforter l’atmosphère nauséabonde qui enveloppe aujourd’hui la classe politique, renforçant encore un peu plus l’idée que celle-ci s’auto-protège et se vote les textes qui lui conviennent. A un moment où, au contraire, les députés devraient rechercher les moyens de recréer la confiance, de fixer des règles plus rigoureuses en accord avec la demande sociale, le signal qui est donné va directement en sens inverse. Enfin, cette manière de faire s’inscrit dans le « droit dans les bottes » qu’affichent un certain nombre d’élus. Ils ne sont pas comptables à l’égard des citoyens des sommes qu’ils gèrent et qui leur sont remises ; ils n’ont pas de compte à rendre du fait de la séparation des pouvoirs.

Tout ceci est totalement déconnecté du souhait de la société et surtout des pratiques des principales démocraties européennes. Ce vote est une faute politique majeure.

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

 

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#ParlonsVrai : retour dans la vraie vie pour le nucléaire français

14 Février 2017, 00:03am

Publié par Corinne Lepage

#ParlonsVrai : retour dans la vraie vie pour le nucléaire français

Le reportage diffusé par France 2 hier soir (regarder le replay ici), malheureusement à une heure bien tardive, sur la gestion de la catastrophe de Fukushima et le comportement particulièrement honteux de l’administration française est extrêmement instructif.

Tout d’abord, en ce qui concerne la gestion de la catastrophe elle-même, le reportage fait état d’une série d’erreurs humaines. En réalité, le problème n’est pas dans les erreurs humaines ; il est en amont. Il est dans l’arrogance et la prétention de l’industrie nucléaire en général, en l’espèce au Japon, mais la situation est identique en France. Cette arrogance consiste à considérer qu’un accident est impossible et par voie de conséquence à ne pas se poser les questions concrètes de la gestion de l’accident si jamais il se produisait. Quelles personnes accepteraient de se sacrifier en prenant des doses de radioactivité pour assumer un fonctionnement minimum ? Comment remplacer l’électricité défaillante et comment faire sans électricité pour trouver des vannes que de très anciens collaborateurs partis depuis longtemps à la retraite connaissaient parfaitement ? Comment faire coïncider les tuyaux et les robinets ? Toutes ces questions doivent être posées si on imagine qu’un accident est possible.

Mais comme l’industrie nucléaire est partie sur l’idée qu’il ne l’était pas, ces questions ne sont pas posées et sont donc sans réponse. L’erreur n’est pas humaine; elle est systémique. Pour prouver que le sujet n’est pas seulement japonais, prenons l’exemple récent de Paluel. Le démontage d’un générateur de vapeur avait fait l’objet de la part de l’autorité de sûreté nucléaire d’une demande d’étude spécifique du risque de chute de ce générateur. Avec son arrogance habituelle, EDF avait refusé de faire l’étude en disant que ce risque n’existait pas. Pourtant, le générateur de vapeur est tombé sur le réacteur, entraînant une mise à l’arrêt pour plusieurs mois, voire peut-être une mise à l’arrêt définitive. De même, le mensonge aux médias comme aux politiques est une donnée constante. Ainsi, apprend-on que Tepco avait caché au premier ministre-au demeurant tout à fait remarquable dans cette affaire-la gravité de la situation et avait envisagé le départ de tout personnel condamnant ainsi l’humanité à une explosion nucléaire majeure. De même, la fonte du corium et la pénétration du radier (qui faisait 8 m d’épaisseur, quand il fait 2 métres après travaux à Fessenheim) a été cachée aux Japonais, pendant de très longues heures. Pour ma part, j’avais retenu de mon voyage au Japon en août 2011 que tout gouvernement confronté à une catastrophe de type Fukushima était en réalité dans l’incapacité de la gérer.

Ainsi, l’évacuation de Tokyo (35 millions de personnes) un moment envisagée a été abandonnée faute de faisabilité. Il faut entendre le premier ministre de l’époque, qui a vécu et qui visiblement a été traumatisé par cette expérience, affirmer qu’il faut abandonner le nucléaire partout dans le monde tant le danger est grand. En revanche, l’attitude des autorités françaises, Philippe Faure, ambassadeur de France au Japon, NKM et l’IRSN mis à part, est tragique et honteuse. Un président de l’autorité de sûreté nucléaire Monsieur Lacoste, qui est aux abonnés absents et demande à l’ambassadeur de ne plus téléphoner. Un ministre de l’industrie et son directeur de cabinet qui adoptent par souci de défendre avant tout l’industrie nucléaire une attitude de contrevérités pour ne pas dire de mensonges. Un Quai d’Orsay qui préfère sacrifier ses ressortissants en les exposant délibérément un risque nucléaire pour sauvegarder ses intérêts économiques alors même que les entreprises présentes sur place ont su adopter une attitude beaucoup plus humaine et normale à l’égard de leur personnel. Enfin, un Président de la République qui a l’outrecuidance de s’imposer au Japon alors que le Premier Ministre estimait ne pas pouvoir le recevoir et qui a cru devoir faire la leçon au prétexte de sauver une industrie nucléaire qui déjà en 2011 périclitait.

Rappelons en effet que depuis 2007, la France n’a pas vendu un réacteur nucléaire à l’étranger. En revanche, et comme à l’habitude, l’effort demandé aux citoyens français de courir des risques au nom de l’industrie nationale, n’a pas été partagé par cette industrie elle-même. Les salariés d’Aréva ont été les premiers à quitter non seulement le site de Fukushima mais le Japon. EDF et Areva qui n’étaient plus persona grata ont mis plus de trois semaines à envoyer du matériel largement inutilisable et qui visiblement a fait honte à l’ambassadeur de France lorsqu’il l’a réceptionné. Quant aux robots qu’Areva voulait envoyer, les Japonais les ont refusés car ils étaient en réalité inutilisables par le personnel japonais. De tout cela, il faut retenir que si le mensonge de 1984 n’a pu être réitéré dans la même ampleur du fait du changement médiatique, la volonté de mentir est restée identique. Et, les propos du directeur de cabinet du ministre Besson étaient affligeants. Il faut mentir et taire la dimension majeure de la catastrophe pour que cela n’ait aucune incidence sur l’industrie nucléaire. C’est absurde car la France n’est pas isolée sur une île et les Français ne sont pas des imbéciles.

Heureusement, l’IRSN est venue sauver à son niveau l’honneur de la France en communiquant correctement. Mais, la transparence reste l’antithèse de la gestion de l’industrie nucléaire. Et on comprend mieux les difficultés auxquelles l’autorité de sûreté nucléaire , qui reste très prudente, se heurte… De la même manière, prendre des risques pour les personnes parce que sauver l’industrie nucléaire est à ce prix reste l’antienne. Et, dans la volonté de EDF de prolonger jusqu’à 60 ans la durée de centrale alors même que celles qui atteignent 40 ans ont d’immenses difficultés reposent sur la même philosophie. Bref, pour tous ceux qui ont un peu (trop) d’imagination, ce reportage permet d’appréhender ce que pourrait être la gestion d’une catastrophe nucléaire en France.

Ne doutons pas qu’au drame né de l’accident s’ajouterait très certainement un drame né de sa gestion. Dès lors, il faut tout faire pour l’éviter et c’est la raison pour laquelle la sortie du nucléaire à l’horizon de 2050 est une solution raisonnable.

Corinne Lepage

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

 

 

 

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#ParlonsVrai : la démocratie en péril !

8 Février 2017, 16:38pm

Publié par Corinne Lepage

#ParlonsVrai : la démocratie en péril !

Le déroulé de l’affaire Fillon est un vrai péril démocratique. Distillées de semaine en semaine, les péripéties financières de la famille Fillon jettent le discrédit non seulement sur les personnes mais également sur le fonctionnement du système démocratique.

Même si c’est légal, ce que la justice dira, c’est inacceptable sur le plan moral et par voie de conséquence si le système démocratique l’accepte, c’est qu’il n’est pas moral c’est-à-dire pas conforme aux règles que la société française estime aujourd’hui être éthiques. Ce rejet est bien entendu du pain béni pour Marine Le Pen bien que celle-ci et son parti aient tout autant profité du système. Le Parlement européen, qui a moins de bienveillance pour les parlementaires que le Parlement français, la poursuit et la poursuivra jusqu’au bout comme les autres parlementaires FN concernés par l’utilisation indue de fonds communautaires pour financer des personnes ayant des activités sans aucun rapport avec le Parlement européen.

La réponse n’est évidemment pas dans le bâillon que certains voudraient mettre à la presse ni dans l’attaque de l’institution judiciaire dont certains voudraient réduire l’indépendance durement conquise. Elle n’est pas davantage dans le retrait du candidat de la droite qui en réalité a pris son camps en otage et fait désormais une affaire personnelle de son maintien dans la course présidentielle. Elle est dans un changement des règles du jeu que nous sommes nombreux à avoir depuis longtemps proposées : statut du parlementaire, remboursement de frais sur justificatifs, interdiction d’employer les membres de sa famille, interdiction de cumul d’activités… elle est aussi dans un autre rapport aux deniers publics.

La gabegie, les fautes de gestion régulièrement constatée par la Cour des comptes et jamais sanctionnées sont intolérables dans un pays endetté comme le nôtre, où le chômage est si élevé et où la pression fiscale bat tous les records. Il n’existe pas de la part des décideurs publics de respect pour les deniers publics et cet irrespect est devenu insupportable. Il se traduit aussi dans la forme de mépris qui consiste à dire qu’un parlementaire peut utiliser comme il le veut l’argent public et que la séparation des pouvoirs exclut qu’un compte quelconque lui soit demandé.

L’image que la France donne actuellement au niveau international est une catastrophe collective dont nous supporterons tous les conséquences, à commencer sur le plan économique. La campagne présidentielle devrait précisément être l’occasion de changer les règles du jeu préalable indispensable au rétablissement de la confiance entre les Français et leurs dirigeants.

 

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

 

 

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#ParlonsVrai : la tragédie des faits alternatifs

7 Février 2017, 19:18pm

Publié par Corinne Lepage

#ParlonsVrai : la tragédie des faits alternatifs

L’ère des faits alternatifs inaugurée par Donald Trump est une tragédie démocratique.

Tragédie tout d’abord par les effets que des propos totalement faux peuvent générer. Ainsi, les prétendus attentats islamistes qui auraient été cachés par la presse dont les attentats de Paris, de Bruxelles, de Nice n’ont d’autres objectifs que d’essayer de mettre le feu aux poudres non seulement à l’intérieur des États-Unis mais également l’extérieur.

Qu’il faille appeler un chat un chat, y compris lorsqu’il s’agit d’attentats islamistes, est nécessaire. Mais inventer des attentats qui ne se sont jamais produits ou prétendre qu’ils ont été tus n’est destiné qu’à stigmatiser la presse qui serait alors complice de ces attentats.

C’est irresponsable, criminel, voire les deux.

Rappelons-nous l’incendie du Reichstag, mis par Hitler sur le dos de ses opposants politiques alors que l’auteur de cet incendie non seulement n’avait aucun lien avec eux mais de surcroît avait probablement été manipulé par les services nazis. Il a été le prétexte de la disparition des partis politiques, des syndicats puis de la presse libre. Mais la tragédie des faits alternatifs est avant tout un cancer démocratique. Il ne peut y avoir démocratie que s’il y a confiance dans la parole publique et la presse est là pour informer, lutter contre la désinformation ou le mensonge et sa pluralité est précisément la condition du bon fonctionnement du système.

S’attaquer comme Donald Trump le fait à la presse sape précisément l’état démocratique du système. S’il n’y a plus de vrai et de faux, il devient alors absolument impossible de mettre d’accord une société en partant de la vérité. Celle-ci n’existe plus puisque la réalité est niée. Dès lors, la parole publique est immédiatement sujette à caution et la démocratie s’étiole, puis disparaît. Il n’est pas possible en effet de débattre sur des faits faux présentés comme vrais. Le drame est que l’usage des faits alternatifs se propage comme un virus dans le monde. C’était jusqu’à présent l’apanage système autoritaires et fascistes que d’utiliser le mensonge pour conforter un pouvoir incapable de se mesurer à la vérité. Dès lors que les systèmes démocratiques, à commencer par le système américain, recourent aux faits alternatifs comme de vulgaires dictatures, tout est possible.

Nous en avions déjà eu quelques échantillons avec le Brexit où la campagne a reposé essentiellement sur un mensonge : les 350 millions d’euros payés à l’union européenne seraient intégralement reversés à la sécurité sociale. Il n’a pas fallu attendre le lendemain des élections pour que Boris Johnson et le député Farrage reconnaissent que c’était une « erreur ». C’était évidemment tout sauf une erreur, le terme erreur s’appliquant à un acte involontaire de l’esprit.

Erreur ou présentation maladroite, voilà également deux mots utilisés lorsque « le fait alternatif » se heurte à une réalité indéniable enregistrée sur une image ou dans un son de l’intéressé lui-même. Ce sont les termes employés par François Fillon pour qualifier les contrevérités évidentes qu’il a pu égrener depuis 15 jours pour essayer de justifier une situation injustifiable. Hier encore, dans sa conférence de presse, affirmer que la journaliste qui avait interviewé sa femme en 2007 s’était montrée très choquée de l’utilisation qui avait été fait de cette interview qui aurait été en anglais et tronquée était-il un fait alternatif ? C’est en tout cas une contrevérité car l’interview était in extenso sur France 2 et la journaliste n’a jamais pris Cette position. D’où vient donc ce besoin irrépressible de présenter comme vrais des faits qui sont faux ?

De fil en aiguille, de petits faits alternatifs en énormes mensonges, c’est la parole publique qui s’affaiblit pour ne devenir qu’un son parmi d’autres. Et, cet usage du fait alternatif s’accompagne de l’agression systématique et volontaire contre les deux pouvoirs qui pourraient à juste titre remettre les pendules à l’heure : La presse et la justice.

Ce n’est pas un hasard, si Donald Trump vitupère contre le magistrat et la cour d’appel qui se sont élevés contre son décret anti musulman ; pas plus que ce n’est un hasard, si Marine Le Pen refuse de remettre en cause sa candidature si elle est mise en examen, au motif qu’elle ne dépend pas du gouvernement des juges et ose déposer une plainte contre les magistrats qui font leur travail ; ce n’est pas davantage un hasard, si François Fillon met en cause le parquet financier. Et que dire de la mise en cause systématique de la presse, qui certes n’est pas parfaite, mais qui, grâce à sa pluralité, permet précisément de dégager une réalité.

Bref, Trump et la culture du fait alternatif, qui visiblement inspirent l’extrême droite et même certains à droite, sont des venins pour le système démocratique.

 

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

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