Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Cap21/LRC Toulouse

Articles avec #echos du reseau lercitoyen

Pourquoi la Commission s'ingénie-t-elle à faire détester l'Europe ?

20 Juin 2016, 09:08am

Publié par Corinne Lepage

Pourquoi la Commission s'ingénie-t-elle à faire détester l'Europe ?

 

A quelques jours du vote sur le Brexit, qui de toutes façons, quelques soit le vote final, laissera des traces très profondes en Grande-Bretagne et dans l'Union européenne, il est impossible de comprendre les raisons pour lesquelles la Commission européenne s'ingénie à faire détester l'Europe. Même les européens les plus convaincus ne peuvent que rejeter une Commission qui est devenue le lieu d'expression des lobbys et qui se moque comme d'une guigne des européens eux-mêmes. Le caractère non démocratique de la Commission et plus généralement de l'administration européenne est une critique récurrente. Elle pourrait être contrebalancée si l'une et l'autre se comportaient en défenseur permanent de l'intérêt des Européens, en capacité parce que au-dessus du débat, de faire prévaloir l'intérêt général communautaire. Or, la politique suivie est totalement inverse et nous en prendrons trois exemples.

Le premier est celui du TAFTA. Les populations européennes dans leur grande majorité sont totalement opposées à ce traité et un certain nombre d'Etats eux-mêmes ont fait valoir leur réticence. Peu importe. La Commission continue comme si de rien n'était, bradant les intérêts économiques européens, notamment au regard des marchés publics américains et pire encore, organisant la déconstruction de toute la politique sanitaire et environnementale européenne. Et, cerise sur le gâteau, la commission pratique la politique du mensonge en prétendant soutenir des arguments et parvenir à des compromis dont les documents rendus publics par Greenpeace montrent que c'est purement et simplement faux.

Le second exemple est celui du "dieselgate". La commission savait pertinemment, dès 2013 lors de la modification du règlement sur ces normes, qu'il y avait une incohérence absolue entre les résultats affichés par les constructeurs automobiles et les résultats réels. Malgré les efforts qu'un certain nombre de députés ont pu faire, l'hypocrisie a été la norme. Avec le scandale Volkswagen et les autres, on aurait pu penser que la Commission, à défaut de faire son autocritique, aurait eu à cœur de sanctionner les infractions commises. Que nenni. Alors que la pollution atmosphérique est un scandale sanitaire au niveau de l'Europe , que des milliers d'Européens meurent chaque année, la commission ne trouve rien de mieux à faire que de baisser les normes... condamnant ainsi encore plus d'Européens à souffrir et à mourir.

Le troisième exemple est celui des perturbateurs endocriniens. Le scandale est patent. Délibérément, 28 commissaires décident de permettre aux lobbys chimiques et agrochimiques de continuer à produire et à vendre leurs produits mortifères, entraînant des pathologies croissantes et dont la preuve du lien de causalité est de mieux en mieux établie. Volant au secours des lobbys chaque fois qu'une réglementation un peu sérieuse pourrait se mettre en place, la commission a fait le choix de détricoter le travail du Parlement. Ce faisant, les 28 commissaires prennent à titre personnel une responsabilité dont j'espère qu'ils auront à répondre un jour. D'ailleurs sur ce sujet la CJUE a conclut au manquement de la Commission a manqué aux obligations qui lui incombent en s'abstenant d'adopter des actes délégués en ce qui concerne la spécification des critères scientifiques pour la détermination des propriétés perturbant le système endocrinien.

On pourrait rajouter à ce début de catalogue, le culot qui a consisté, en plein Panama papers à décider dans la directive secret des affaires de renforcer la protection du secret et refuser la protection des lanceurs d'alerte. Si le cela ne signifie pas encourager la fraude fiscale qui ruine nombre de pays européens, favoriser les multinationales au détriment des populations, il faut alors expliquer ce que cela signifie.

Tous ces choix sont détestables sur le fond. Mais le pire est sans doute qu'ils font détester l'Europe par des millions d'Européens qui ne sont pas populistes, qui ne sont pas extrémistes, qui pourraient même se définir comme pro-européens mais ne peuvent se reconnaître dans une politique qui les méprise, qui met leur vie en péril et qui est incapable d'assurer de surcroît les engagements européens.

Alors de grâce. La Commission n'a pas été créée pour le fossoyeur de l'Union européenne mais pour en faire la promotion ; elle n'a pas été créée pour l'éteindre mais pour les dynamiser. Elle n'a pas été créée contre les peuples mais pour leur assurer la paix, la sécurité et le développement. Il est largement temps de s'en souvenir avant que la plus belle réalisation politique de l'après-guerre ne risque de sombrer.

 

 

Avocate, Ancienne députée européenne

 

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/pourquoi-la-commission-si_b_10533502.html

Lire la suite

Du féminisme à géométrie variable

23 Mai 2016, 07:24am

Publié par Corinne Lepage

Du féminisme à géométrie variable

 

L'affaire Baupin dont la justice est désormais saisie a remis les projecteurs sur les comportements parfaitement sexistes du monde politique et il est parfaitement sain et normal que les femmes dénoncent l'omerta comme les comportements eux-mêmes. Cela paraît d'autant plus nécessaire que les propos tenus par un certain nombre de parlementaires dénoncés notamment par Aurore Bergé, comme par des assistantes parlementaires démontrent très clairement que les mœurs anciennes qui traitaient par la rigolade ce type de comportement ont la vie dure. Non, il ne s'agit pas d'un problème de bonnes femmes comme c'est permis de le dire Pierre Lellouche. Il s'agit d'infractions potentielles. Et la tribune cosignée de 17 ex-ministres de toute sensibilité politique témoigne de l'importance du sujet, de son ancienneté et de sa permanence.

Pour autant, on ne peut qu'être stupéfait devant le féminisme à géométrie variable d'un certain nombre de femmes, particulièrement agressives à l'encontre de Denis Baupin, considéré comme coupable alors qu'il bénéficie comme tout un chacun de la présomption d'innocence mais qui, lorsqu'on est en présence de viols qui constituent des crimes alors que dans le cas précédent ne s'agit de délits, ont une attitude bien différente. En effet, lorsqu'ont été commis les viols de Cologne, dont il est maintenant avéré qu'ils l'ont été effectivement par un certain nombre de migrants, elles n'ont eu de cesse de s'en prendre à ceux qui condamnaient ces agressions au motif qu'il s'agissait d'islamophobie et de stigmatisation de populations. Pas un mot pour les victimes.

En réalité, les victimes semblaient être les agresseurs au motif qu'il fallait éviter les "instrumentalisations racistes". Il est évident qu'il faut éviter les amalgames. Il n'en demeure pas moins qu'un viol est un viol et que si on est prêt à vouer aux gémonies l'auteur présumé d'agressions sexuelles caractérisées par des mails ou même des attouchements, les viols en masse devraient susciter quels qu'en soient les auteurs l'indignation.

En réalité, il ne peut y avoir deux poids deux mesures. Si les comportements des politiques ou de tout autre individu dans l'espace public ou privé qui manque de respect et a fortiori qui agresse une femme sont des infractions, c'est précisément parce que l'égalité entre les hommes et les femmes est le fondement de la République. Or, comme l'a parfaitement rappelé Élisabeth Badinter (21 janvier 2016 Marianne) pour ces femmes et plus généralement pour les militants de la gauche de la gauche, le combat pour l'égalité des femmes s'arrête aux portes du combat pour la défense de certaines minorités.

Et cette stratégie s'intègre dans ce que Céline Pina a parfaitement décrit dans "silence coupable". Admettre que sur le territoire de la République, des femmes puissent être infériorisées, surveillées, voir soumises à une police des mœurs, c'est reconnaître que l'égalité des femmes est moins importante que l'acceptation du communautarisme, du différentialisme qui permet de renvoyer les femmes à une culture machiste imposée par une interprétation religieuse qui fait d'elles des êtres inférieurs auxquels la liberté est refusée.

Cette conception n'est pas celle de la République et elle est difficilement compatible avec la violence des réactions suscitées par l'affaire Baupin et la rigueur au demeurant tout à fait légitime exigée du comportement masculin à l'égard des femmes.

 

Corinne Lepage  

Avocate, Ancienne députée européenne Cap21, ancienne ministre de l'Environnement

 

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/du-feminisme-a-geometrie-variable_b_10092260.html

Lire la suite

Pourquoi tuer l'économie française?

19 Mai 2016, 06:47am

Publié par Corinne Lepage

Pourquoi tuer l'économie française?

 

Le choix de maintenir le tout nucléaire alors que l'énergie nucléaire est en passe de devenir la plus chère du monde, que le fiasco de l'EPR est avéré, que nos centrales vieillissantes sont mises en cause par nos voisins, qu'Areva est au bord du dépôt de bilan, que des fraudes sont présumées dans les contrôles de la construction de réacteurs, et qu'enfin EDF est dans l'incapacité de faire face à ses obligations relève déjà de l'irrationnel, ce que nous allons payer à tout point de vue extrêmement cher.

Mais l'annonce faite par le président de la République de maintenir le projet d'Hinckley Point contre vents et marées relève-t-elle de la tragédie d'autant plus qu'elle s'accompagne de la vente de bijoux de famille sous la forme d'actions dont l'État est propriétaire?

Non content d'avoir, grâce à la brillante politique suivie depuis plusieurs années, perdu 70 milliards d'euros dans la capitalisation d'EDF, l'État s'apprête à vendre les actions de Renault et de Peugeot dont les cours ont immédiatement et brutalement fléchi, à l'annonce de cette décision. Autrement dit, nous vendons des actions dans des entreprises qui sont rentables pour investir dans une technologie totalement dépassée et pour laquelle, aucune banque n'accepte aujourd'hui de mettre un centime.

En effet, il faut savoir que pour le projet d'Hinckley Point, aucun emprunt n'a été consenti. Cela signifie que ce projet déraisonnable et dont on ne sait du reste s'il verra le jour plus que Flamanville ou Okilotu, ne peut être financé que sur des fonds propres d'EDF qui n'en a pas les moyens? En conséquence, c'est l'État qui recapitalise EDF au moyen de la vente du patrimoine national. C'est dramatique d'absurdité, d'irrationalité et de condamnation à terme de l'économie française. C'est d'autant plus absurde qu'il s'agit évidemment d'aides d'État. La commission européenne a ouvert un dossier à cet égard, dont le traitement sera d'autant plus délicat que la cour de justice est déjà saisie par l'Autriche du caractère d'État que constitue l'engagement du Royaume-Uni d'acheter durant 35 ans le courant d'Hinckley Point- à supposer qu'il soit produit un jour- au prix de 120 euros le mégawatt heure.

Quel organisme est-il aujourd'hui suffisamment indépendant du lobby nucléaire pour pouvoir siffler la fin de la récréation et appeler absurde ce qui est un choix absurde. La folie nucléaire de l'État et de l'industrie nucléaire nous conduisent à une catastrophe inéluctable, non seulement par le risque nucléaire qui ne cesse de croître - et il faut à cet égard entendre les mises en garde de l'Autorité de Sûreté Nucléaire- mais aussi par le risque de banqueroute des entreprises du nucléaire sans parler comme l'a très joliment dit Grégory Lamotte de faire d'EDF le Kodak de l'énergie. La Cour des Comptes, qui a eu le courage d'évaluer la réalité du coût du kilowattheure nucléaire, de souligner l'impossibilité pour la France de remplir les obligations communautaires qui sont les siennes en termes de renouvelable, ne peut-elle se saisir de ce dossier et émettre un avis avant qu'il ne soit trop tard?

Même Fessenheim est mise à contribution pour renflouer EDF. En effet, quoi qu'en disent le président de la République et la ministre de l'écologie, un décret de fermeture de Fessenheim en juin est peut-être possible sur le papier, mais totalement impossible légalement. En effet, le code de l'environnement ne prévoit que deux cas de décret de mise à l'arrêt définitif de centrales nucléaires. Le premier cas (L.593-23 du code de l'environnement) est celui de la messe à l'arrêt définitif du démantèlement d'une installation nucléaire de base présentant des risques graves qui ne peuvent être prévenus. Le second cas est celui de l'article L.593 -26 qui est un arrêt définitif à la demande de l'exploitant qui doit faire une déclaration au moins deux ans avant la date de celle-ci, qui fait l'objet d'une instruction et se termine par un décret.

Or, le gouvernement a fait en sorte que le conseil d'État juge qu'il n'y avait pas de risque suffisant à Fessenheim pour justifier la fermeture, même si ce point de vue est éminemment contestable. Et même si EDF déposait une demande de fermeture, il faudrait des mois et des mois avant que n'intervienne un décret. Cela signifie donc qu'un décret de fermeture ne reposerait sur aucune base légale, ce que le gouvernement ne peut ignorer. Autrement dit un décret serait volontairement illégal, ouvrant droit à indemnité et serait bien entendu susceptible d'annulation.

Dans un pays endetté comme nous le sommes, qui a tant besoin d'investir sur les nouveaux marchés et sur la transition énergétique, supporter les choix qui sont faits actuellement en contradiction flagrante avec nos engagements communautaires, nos engagements internationaux et même la loi sur la transition énergétique est catastrophique. Cela constituera à n'en pas douter un handicap supplémentaire pour les années à venir.

 

Corinne Lepage Devenez fan 

Avocate, Ancienne députée européenne Cap21, ancienne ministre de l'Environnement

 

Source :  Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/pourquoi-tuer-lconomie-francaise_b_10029922.html

 

Lire la suite

Tribune contre le sexisme: "J'ai pu mesurer la différence avec le Parlement européen", dénonce Corinne Lepage

15 Mai 2016, 10:05am

Publié par Corinne Lepage

 

Dix-sept anciennes ministres ont lancé un appel dans les colonnes du Journal du Dimanche pour dénoncer le sexisme, en réaction à l'affaire Denis Baupin. "Si dans la classe politique on est pas capable d'avoir un comportement exemplaire, d'une parfaite égalité, d'un parfait respect, comment voulez-vous qu'on l'impose dans le reste de la société", déplore Corinne Lepage, signataire de la tribune. Estimant que "la question de l'égalité des femmes dans la société française actuelle est un problème", elle parle d'une phhénomène bien français, elle qui a pu comparer avec les comportements au sein du Parlement européen.

 

Source :

http://www.alvinet.com/videos/tribune-contre-le-sexisme-quot-j-39-ai-pu-mesurer-la-diff-eacute-rence-avec-le-parlement-/31778110​

 

Lire la suite

Lepage sur l'affaire Baupin: "Il ne faut pas être naïf"

9 Mai 2016, 19:34pm

Publié par Corinne Lepage

Corine Lepage sur BFMTV le 9 mai 2016 à propos du #BaupinGate

Corine Lepage sur BFMTV le 9 mai 2016 à propos du #BaupinGate

 

 

Corine Lepage s’est montrée prudente, ce lundi sur BFMTV, face aux accusations de harcèlement et d’agressions sexuelles dont Denis Baupin, ancien membre d’EELV, fait l’objet.

Source : BFMTV

http://www.bfmtv.com/politique/lepage-sur-l-affaire-baupin-il-ne-faut-pas-etre-naif-972958.html

Lire la suite

Il est temps de changer les moeurs politiques!

9 Mai 2016, 14:16pm

Publié par Corinne Lepage

Des députés - dont Denis Baupin - s'engagent le #8mars, #mettezdurouge contre les violences faites aux femmes.

Des députés - dont Denis Baupin - s'engagent le #8mars, #mettezdurouge contre les violences faites aux femmes.

 

L'affaire Baupin, faits avérés ou non, témoigne de l'état des mœurs et des dérives du système partitocratique. La promotion canapé au sein des partis politiques pour obtenir une investiture est encore plus innommable que celle qui peut exister au sein des entreprises pour obtenir un poste. En effet, un parti politique est sensé choisir les meilleurs pour décider au nom de tous. Savoir que ces modalités auraient existé au sein de EELV, si les faits sont avérés, rappelle une fois de plus que ce parti ne fait pas de politique autrement que les autres. Et, les liens qu'entretiennent de notoriété publique certains élu(e)s de ce parti ont déjà fait l'objet de nombreux commentaires (voir notamment le Canard enchaîné de décembre 2012, sous le titre "Elus de coeur"). Mais ce parti n'est pas le seul à agir de la sorte et la loi sur la parité a entraîné des promotions aussi rapides qu'injustifiées de femmes et de maîtresse de... dont l'élection avait de surcroît pour effet de permettre intelligemment le contournement de la loi sur le cumul des mandats.

Mais au-delà de la question de fond, s'en pose une seconde tout aussi importante. Pourquoi ces faits sont-ils dénoncés aujourd'hui alors qu'ils remonteraient à plusieurs années ? Les faits sont prescrits et par voie de conséquence aucune procédure pénale ne pourra jamais venir dire si ces faits se sont effectivement produits. Dès lors, il s'agit d'une opération purement politique dont il n'est pas question de nier l'importance mais qui prend un tour tout à fait particulier. Ne s'agirait-il pas par hasard d'une revanche de l'appareil vert non seulement contre Denis Baupin qui a quitté EELV mais aussi contre Emmanuelle Cosse, épouse de Denis Baupin, qui a osé accepter un poste de ministre contre l'avis de la ligne extrême gauche du parti ?

Et si tel était le cas, personne ne peut douter que les faits étaient antérieurement connus. Sans doute, et on ne peut que s'en réjouir, les femmes osent aujourd'hui parler et c'est particulièrement indispensable dans un monde où sous couvert du différentialisme, certains en viennent à défendre l'indéfendable. Mais, dans le cas présent, le sujet sous-jacent est une des pierres angulaires si ce n'est la pierre angulaire du fonctionnement des partis politiques, celui des "casseroles". Il est indispensable pour un parti politique de disposer de casseroles contre ses adversaires -ce qui n'est pas glorieux mais qu'on peut comprendre- mais surtout contre ses membres. Cela permet de contraindre tout élu à suivre les directives qui lui sont données faute de quoi, comme par hasard, les casseroles sortent. Elles peuvent être de nature diverse, celles qui relèvent de la finance et du sexe étant naturellement les plus appréciées. Et, pour ceux qui n'ont pas de casseroles, une certitude : ils ne monteront pas dans la hiérarchie du parti. Il va de soi qu'une telle organisation ne peut que contribuer à la dégradation du système démocratique et la défiance généralisée de nos concitoyens à l'égard de leur classe politique.

Mais, tout ceci n'est possible que parce que les médias se prêtent au jeu, et ce doublement. D'une part -et l'affaire Strauss-Kahn en a été une parfaite démonstration- il est très rare qu'une affaire sorte, notamment dans le domaine sexuel, sans qu'une instrumentalisation originelle la fasse sortir. Et, en revanche, lorsque l'affaire sort, c'est l'hallali, sans que personne ne se demande s'il y a une instrumentalisation et à qui bénéficie le crime. D'autre part, lorsque des élus travaillent au fond les dossiers et ont un comportement conforme à ce qu'attendent les citoyens, personne n'en parle.

En définitive, une fois de plus, le sage montre la lune et l'imbécile regarde le doigt. Le comportement de Denis Baupin s'il était avéré n'est évidemment pas acceptable ; mais, les mœurs politiques que la sortie de ce dossier dévoile, ne le sont pas davantage. Il est plus que temps la société civile reprenne son destin en main.

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/denis-baupin-harcelement-sexuel_b_9868378.html

 

Lire la suite

(Br)exit le citoyen

9 Mai 2016, 09:26am

Publié par Corinne lepage

(Br)exit le citoyen

 

Députée européenne, j'ai été confrontée aux différents fonctionnements des démocraties européennes. Je me souviens que les Pays-Bas, avant les réunions du Conseil de l'Union européenne, avaient eu un débat et donné un mandat au chef de gouvernement pour aller négocier à Bruxelles. Nous sommes très loin de ce fonctionnement démocratique. Pourtant les sujets justifiant un tel débat ne manquent pas que ce soit les accords internationaux -type CETA et TAFTA- ou les négociations avec les potentiels entrants comme la Turquie et les potentiels sortants comme la Grande Bretagne. Le concept d'une Union signifie évidemment un consentement de ses membres à vivre ensemble. Le départ d'un des membres de cette union doit donc être analysé autrement que comme un simple départ unilatéral.

Ce départ pose des questions essentielles et les ses conditions impacteraient les membres de l'Union au-delà de la Grande Bretagne. Mais bien sûr, elle est la première concernée et sa sortie poserait la question de son appartenance à terme à la Cour Européenne des Droits de l'Homme, à l'espace économique européen, au traité Euratom et à tout ce que nous avons mis en commun pour créer un espace de paix sur notre continent.

Il serait pour le moins normal que les citoyens de toute l'Union sachent quel scénario sera proposé aux britanniques par leur gouvernement en cas de Brexit. Et il est tout à fait incroyable que les Anglais votent sans avoir une vision complète des conséquences de leurs suffrages. 
Mais au-delà, ce qui parait le plus surréaliste est que ce sur ce sujet majeur, il n'y est aucun débat démocratique alors que cet acte important peut avoir des conséquences sur notre vie politique interne.

La sortie de la Grande Bretagne de l'Union européenne ne va pas faire s'abattre une pluie de sauterelles sur le pays. En réalité plusieurs scenarii sont envisageables sur le plan économique dont celui d'une croissance à court terme du fait de la levée de de certaines normes, avec bien sûr des conséquences à long terme beaucoup plus floues à appréhender mais potentiellement lourdes. Ainsi, les normes financières pesantes -si faibles soient-elles- sur la city si elle venaient à être levées, produirait un souffle nouveau, les contraintes -si faibles soient-elles- sur l'exploitation gazière du nord de la Grande-Bretagne feront mécaniquement croître le PIB du pays.

Cette croissance sera variable selon le scénario choisi par les partenaires européens. Va-t-on donner un statut privilégié aux britanniques ? Part-on vers un scénario à la norvégienne ou sera t'on intransigeant pour ne pas permettre à la Grande Bretagne d'être un passager clandestin de l'Union européenne ? Déciderons-nous enfin, une fois ce pays sorti, de sanctionner les paradis fiscaux britanniques, alors que nous n'avons jamais réussi à le faire du temps où ils étaient dans l'Union ?

En somme, allons-nous tout faire pour prouver que le projet européen est bel et bien ce que l'on dit depuis longtemps à savoir la capacité de créer un espace de vie commun, de prospérité et de paix ou allons-nous donner aux extrêmes de tout bord un blanc-seing pour venir détruire ce projet de vie commune ? La sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne aura forcément un impact en politique interne. Car oui les extrêmes n'hésiteront pas à s'engouffrer et à exploiter les résultats du Brexit pour faire campagne. 3 ans de croissance économique en Grande Bretagne après le Brexit seraient autant d'arguments pour Marine le Pen lors des campagnes présidentielles 2017 et 2022. En revanche, un affaiblissement économique et financier tout aussi possible aurait des résultats contraires. Le comportement de l'Union est donc un sujet majeur de politique intérieur... sauf que le sujet est absent des radars français.

Il aura un impact aussi sur les 27. Etat de poids, la Grande Bretagne influence depuis son entrée dans l'Union européenne les négociations sur les fonds FEDER et FSE redéployés sur les territoires, la politique énergétique (pro nucléaire et pro gazière), la redistribution de la PAC, la diplomatie européenne... de nouveaux équilibres seront à définir avec le départ britannique .
Pour cette raison, il est impératif qu'avant le vote chacun sache ce que deviennent en cas de Brexit, le commissaire européen, les représentants au Conseil de l'Union européenne et au Parlement européen. La logique voudrait qu'ils partent. Mais pour les députés, ils sont députés européens élus pour 5 ans...

Ces questions devraient être tranchées préalablement et démocratiquement et non pas en conciliabules et après le vote. Monsieur le Président de la République, vous étiez venu, au lendemain de votre élection, devant la représentation européenne, présenter votre vision européenne. Nous avons besoin aujourd'hui de vous entendre sur ce sujet que vous aurez à gérer pendant la campagne présidentielle et qui engage notre pays au-delà des clivages habituels. Il est plus que temps qu'un débat s'engage et que le sujet européen ne passe pas à la trappe entre 2 élections européennes.

Suivre Corinne Lepage sur Twitter: www.twitter.com/corinnelepage

 

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/sortie-union-europeenne-royaume-uni_b_9863848.html​

Lire la suite

Corinne Lepage en train de tracter pour La Primaire des Français

5 Mai 2016, 08:04am

Publié par Corinne Lepage

Tracter le jour de l'ascension, il n'y a rien de mieux pour grimper dans les sondages.

Tracter le jour de l'ascension, il n'y a rien de mieux pour grimper dans les sondages.

Corinne Lepage et Victor Ferreira (Cap21/Le Rassemblement Citoyen) à la rencontre des citoyens à la sortie de la gare Paris-Gare-de-Lyon en ce matin du 5 mai 2016 pour leur présenter La Primaire Des Francais et les inviter à signer la pétition de soutien :
http://www.laprimairedesfrancais.fr/

 

Bref, tel le colibri, elle fait sa part.

Et vous ?

Victor Ferreira et Corinne Lepage tractant près de la Gare SNCF de Paris-Gare de Lyon.
Victor Ferreira et Corinne Lepage tractant près de la Gare SNCF de Paris-Gare de Lyon.

Victor Ferreira et Corinne Lepage tractant près de la Gare SNCF de Paris-Gare de Lyon.

Lire la suite

La primaire des français c’est une façon de dire: l’alternative ça n’est pas Marine Le Pen, c’est vous.

27 Avril 2016, 11:37am

Publié par Corinne Lepage

 

 
 
Ajoutée le 27 avr. 2016

Corinne Lepage, présidente du mouvement Cap21 (Le Rassemblement Citoyen), Ancienne ministre de l’Environnement, était ce mercredi l’Invité du Matin de RFI. Conférence environnementale, baisse du chômage, primaire des français. Elle répond aux questions de Frédéric Rivière.
« La primaire des français c’est une façon de dire: l’alternative ça n’est pas Marine Le Pen, c’est vous. »

 

http://www.rfi.fr/emission/20160427-corinne-lepage-presidente-mouvement-cap21

 

 

 

Signez et/ou faites signer la pétition pour :

 

 

Signez et/ou faites signer la pétition pour :

 

Lire la suite

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>