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Cap21/LRC Toulouse

Cap21 et le Rassemblement Citoyen pourraient fusionner

27 Juin 2014, 09:00am

Publié par CAP21 Lorraine

Le récent Congrès de Cap21 à Ferrières-en-Brie a été l'occasion de dresser le bilan des dernières élections et d'envisager l'avenir de notre mouvement.

Le positionnement au centre-gauche a été confirmé ainsi la proximité avec le Rassemblement Citoyen. A tel point que vient se discuter l'hypothèse d'un rapprochement organique des deux mouvements qui permettrait de mutualiser les moyens et d’accroître notre force militante.

Cap21 et le RC ont, approximativement, les mêmes nombres d'adhérents et d'élus. Leurs programmes ont un ADN commun, même si leurs bases sont dans un ordre différent (écologie, citoyenneté, humanisme). Seules leurs structures diffèrent : parti politique pour le premier, coopérative citoyenne pour le second.

Le Congrès de Ferrières a donc pris la décision d'entamer la réflexion avec le RC. Des groupes de travail seront créés durant les prochains mois et travailleront sur les différents aspects de la question, avant un congrès commun qui pourrait avoir lieu à l'automne et qui prendra sa décision.

Cap21 Lorraine

 

Pour un "Rassemblement Cap21" ?

 

Source :

http://cap21lorraine.hautetfort.com/archive/2014/06/29/cap21-et-le-rassemblement-citoyen-pourraient-fusionner-5401175.html

 

 

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Nous soutenons la campagne "La main sale de Chevron"

25 Juin 2014, 06:11am

Publié par Corinne Lepage

Deux ex Ministres de l'écologie s'associent... Corinne Lepage et Delphine Batho

Deux ex Ministres de l'écologie s'associent... Corinne Lepage et Delphine Batho

Le feuilleton judiciaire lié à la pollution pétrolière par Chevron-Texaco en Équateur dure depuis plus de vingt ans. Chevron-Texaco refuse de reconnaitre sa responsabilité dans cette catastrophe environnementale gravissime. Condamné à une amende record en 2011, amende confirmée en appel en 2012, Chevron a refusé de payer et a contesté cette condamnation devant une cour américaine, qui lui a donné raison. Les 30.000 plaignants équatoriens ont bien évidemment fait appel. 

L'entreprise a également déposé une plainte devant la Cour arbitrale permanente de La Haye en s'appuyant sur la Traité de protection réciproque des investissements qui a été signé entre l'Équateur et les États-Unis. Cette Cour arbitrale pourrait, au nom de la protection des investissements, condamner l'Équateur à, non seulement payer pour réparer les dégâts environnementaux mais également à indemniser Chevron-Texaco pour atteinte aux intérêts de l'entreprise.

Nous, anciennes ministres de l'Environnement, sommes très inquiètes des graves dommages environnementaux provoqués en Équateur par l'entreprise Chevron-Texaco lors des activités d'exploration et d'exploitation de pétrole opérées de 1964 à 1992.

Nous exprimons notre solidarité avec les habitants des zones affectées sur deux millions d'hectares de l'Amazonie équatorienne et avec la lutte qu'ils mènent depuis vingt ans pour réclamer et rendre effective une indemnisation juste décidée par les tribunaux de justice compétents.

Nous dénonçons la campagne de harcèlement et de discrédit de la société Chevron-Texaco contre l'Équateur afin de nier sa responsabilité dans un désastre environnemental, dont l'ampleur est deux mille fois plus grave que la pollution causée par le pétrolier Erika au large des côtes françaises, et de prétendre la transférer à l'État et en dernier ressort au peuple équatorien.

Nous serons attentifs au déroulement de cette affaire et apportons notre soutien à la campagne de l'Équateur "La main sale de Chevron" destinée à informer la communauté internationale de la vérité sur cette catastrophe écologique, l'une des plus grandes dans l'histoire.

 

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/delphine-batho/campagne-main-sale-chevron_b_5525569.html

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Décryptage de la loi sur la transition énergétique

20 Juin 2014, 10:02am

Publié par Corinne Lepage

 

Le projet de loi présenté par Ségolène Royal est un projet consensuel. Il comporte incontestablement des éléments concrets notamment sur le plan du financement pour faire avancer l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Il comporte également des objectifs ambitieux que ce soit sur le plan de la réduction des émissions de gaz à effet de serre (en cohérence avec les objectifs communautaires envisagés -40% par rapport à 1990), de la promotion des énergies renouvelables (40% d'électricité, 32% de la consommation énergétique finale), de la réduction de la consommation énergétique à long terme (-50% en 2050) et la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique ramenée à 50 %.

Chaque partie peut trouver motif de satisfaction dans ce projet de loi et par voie de conséquence, c'est l'occasion pour les partis politiques qui défendent des visions idéologiques pro ou anti nucléaires d'afficher leur soutien.

Mais, ces postures ne doivent pas cacher la réalité, c'est-à-dire l'extrême fragilité de la possibilité d'atteindre réellement les objectifs indiqués. En effet, le risque est grand que ce projet de loi n'aboutisse sur le plan de la réalité énergétique qu'à des résultats comparables à ceux des lois Grenelle qui affichaient des objectifs ambitieux en matière d'énergie renouvelable d'efficacité énergétique, mais n'ont jamais été atteints.

Rappelons pour mémoire que la loi Grenelle visait 23% d'énergies renouvelables en 2020, niveau dont chacun convient aujourd'hui qu'il ne pourra pas être atteint. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, à supposer que la loi soit votée dans les termes du projet, il est malheureusement probable que la France ne change pas grand-chose à son mix énergétique, ce qui du reste est conforme à la position de l'immense majorité de la classe politique française. Il n'est pas évident que si les citoyens français étaient consultés sur la poursuite du programme nucléaire, car c'est bien de cela dont il s'agit, ils répondraient positivement. Et, il n'est pas anodin de noter que la question nucléaire est celle pour laquelle nos concitoyens considèrent être le moins associés.

Dans un sondage TNS Sofres publié à l'occasion du colloque organisé par la commission nationale du débat public sur le citoyen et la décision publique, 85 % des Français considèrent que le nucléaire et l'énergie sont le domaine dans lequel ils peuvent le moins se faire entendre. Il n'en demeure pas moins que l'exercice n'était évidemment pas celui d'une sortie du nucléaire; il devait être celui d'une réduction de sa part, mais l'opposition était si forte et le lobby nucléaire si puissant que l'on comprend que la ministre ait choisi de faire profil bas en affirmant un objectif connu depuis la campagne présidentielle sans prendre le parti de se donner les moyens de l'atteindre.

Dès lors, il est parfaitement malhonnête de la part de ceux qui se déclarent antinucléaires de pavoiser, et ce, pour deux raisons. La première est qu'ils savent parfaitement que Fessenheim ne fermera pas fin 2016 et qu'en vérité rien dans la loi ne rend obligatoire la fermeture de centrales d'ici 2025. Si par exemple, la consommation électrique augmentait considérablement, la part du nucléaire pourrait être de 50% avec le même nombre de centrales.

La sécurité nucléaire n'apparaît pas comme renforcée et la durée de vie de 40 ans comme principe susceptible d'exception, qui aurait fait de la sécurité un impératif prioritaire, n'est pas retenue. C'est donc un échec total pour les Verts et une violation du contrat passé avec le Parti socialiste en 2012. Car, en réalité, affirmer que les centrales ne fermeront que pour autant que d'autres centrales ouvriront, ce qui se traduit par le plafonnement de la production nucléaire, consiste à affirmer que d'autres centrales seront construites, ce qui signifie clairement qu'un nouveau programme nucléaire se dessine.

Faire semblant, comme le font les écologistes, de ne rien voir est profondément malhonnête.

Mais la question essentielle n'est pas celle-là. Elle est celle de savoir si le pari fait par Ségolène Royal que l'incitation à l'efficacité énergétique et au développement des énergies renouvelables grâce notamment à des facilités réglementaires et financières suffira pour atteindre les objectifs de la loi.

En effet, l'absence de tout débat nucléaire dans le Grenelle de l'environnement a fait capoter tout le volet développement des énergies renouvelables; la question de fond est celle de savoir si, dès lors que la réduction de la part du nucléaire dépend du seul bon vouloir d'EDF, la puissance du lobby nucléaire ne sera pas telle que les objectifs de 40% d'énergies renouvelables et de développement massif des technologies de l'efficacité énergétique ne pourront être atteints.

La question mérite d'autant plus d'être posée que l'UMP ne fait pas mystère de son addiction au nucléaire et qu'une alternance en 2017 pourrait de manière extrêmement facile rendre totalement virtuels les objectifs satisfaisants du projet de loi.

 

Source : Huffington post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/loi-sur-la-transition-energetique_b_5512883.html

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L'écologie politique n'est ni une punition, ni d'extrême gauche : il faut la renouveler

19 Juin 2014, 18:00pm

Publié par Corinne Lepage

LE PLUS. Ségolène Royal a présenté cette semaine le projet de loi sur la transition énergétique. Mais l’écologie politique a-t-elle vraiment encore une place aujourd’hui ? C'est la question que se pose Corinne Lepage, eurodéputée et présidente de Cap21. Elle propose une réflexion sur le sujet.

Édité par Hélène Decommer 

 

Eva Joly et Cécile Duflot au QG d'Europe Ecologie-Les Verts, le 26/05/14 à Paris (NICOLAS MESSYASZ/SIPA)

 

 

L’écologie politique a-t-elle encore une place aujourd’hui ?

 

La question peut paraître iconoclaste alors même que la ministre de l’Environnement présente le projet de loi sur la transition énergétique, symbole s’il en est de ce que devrait être un projet écologique global. Sauf que la loi est présentée par une ministre socialiste après qu’une responsable verte ait refusé le poste et… le projet.

 

Des écologistes oui, une écologie politique pas sûr 

 

Un point est sûr : EELV ne porte plus un projet écologiste mais a choisi, dans sa majorité, un projet de transformation radicale de la société dans un objectif social, l’écologie n’étant que le vecteur de cette transformation et non l’objectif. C’est ce qui explique le rapprochement de EELV avec le Front de gauche, comme à Grenoble et la récupération des questions écologistes par la gauche de la gauche.

 

Les autres formations écologistes, qui jusqu’à présent ont été incapables de se rassembler, ne pèsent pas sur le plan politique, dans un système parfaitement injuste dans lequel une formation ne peut obtenir une représentation nationale qu’à la condition de passer un accord avec l’UMP ou le PS, lesquels choisissent leurs affidés en fonction de l’air du temps.

 

Les autres formations politiques disposent toutes de personnalités dont la sensibilité écologiste est indéniable mais qui ne pèsent pour rien dans le programme général de leur mouvement respectif.

 

Au-delà, l’écologie politique a-t-elle encore un sens et surtout un avenir, c’est-à-dire correspond-elle encore à des convictions politiques partagées par nos concitoyens ?

 

Les Verts ont ancré l'écologie à la gauche de la gauche

 

L’écologie politique porte un projet de transformation de notre modèle de développement économique et social. En effet, en faisant des défis climatiques, sanitaires, de rareté des ressources, de destruction de la biodiversité les priorités, elle appelle à une autre économie et une autre organisation de la société. Mais, c’est là où le bât blesse.

 

Pour avoir voulu faire de ces sujets les moyens de transformation sociale par excellence, la lutte contre les entreprises et pas seulement celles de la finance ou les multinationales, les Verts ont voulu ancrer à la gauche de la gauche l’écologie déclenchant ainsi une hostilité massive de nos concitoyens, un sectarisme indéniable et un échec patent.

 

L’exemple le plus flagrant en a été la campagne présidentielle d’Eva Joly dont le plus grave n’est pas le score obtenu mais l’image détestable qui a été donné de l’écologie.

 

L'écologie ne peut pas se faire sans les entreprises 

 

Car l’écologie politique pourrait être la meilleure solution de sortie de crise ou plutôt d’entrée dans le Nouveau Monde. Sauf que ce Nouveau Monde ne peut pas se construire sans les entreprises et sans les financements de la transition énergétique et économique. Sauf que l’écologie politique n’est pas une punition, une sanction permanente, une réduction des espérances que chacun peut nourrir à titre individuel.

 

Elle doit et peut être un formidable espoir de mieux vivre. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication sont en train de bouleverser nos conditions de vie plus que toute décision de nature politique. Les propositions de Jeremy Rifkin pour une troisième révolution industrielle et un modèle plus coopératif sont évidemment celles qui offrent le plus de perspectives.

 

Car il n’y a évidemment rien à attendre de tous ceux qui veulent à tout prix le maintien avec quelques rustines du modèle actuel qui nous emmène dans le mur sur le plan économique industriel social et écologique.

 

L'écologie ne doit pas être strictement politique 

 

L’écologie politique doit à l’évidence se renouveler. L’écologie en tant que telle dans le contexte d’appauvrissement (pour l’immense majorité) qui est le nôtre ne peut convaincre nos concitoyens. Comment en effet se préoccuper d’après-demain lorsque l’on n’est pas sûr du jour même !

 

Les Verts l’ont parfaitement compris en choisissant de privilégier les combats sociaux les plus durs et les sujets sociétaux les plus clivants comme la dépénalisation de la drogue ou la GPA. Autrement dit la mort programmée de l’écologie.

 

Le renouvellement doit être d’une autre nature. Aujourd’hui, c’est le monde associatif qui porte largement la question écologique. Il a pour lui l’avantage d’être pragmatique, de mener des combats qui intéressent nos concitoyens au quotidien, qu’il s’agisse de santé, de qualité de vie, d’environnement, de transport ou d’énergie.

 

Il existe également un monde économique très éparpillé, en proie à la haine vigilante des tenants de l’ancienne économie, qui, de manière micro-économique, change la société. La partie économique de l’économie sociale et solidaire, les coopératives d’habitants, les fablab, les start-up de l’économie verte et l’économie connectée, l’agriculture durable, les entreprises de la vieille économie qui ont fait leur révolution autour de l’économie circulaire, autant de lieux qui inventent le monde de demain et déjà d’aujourd’hui. 

 

Il existe aussi un puissant mouvement contre la corruption et les trafics d’influence qui font perdre de vue l’intérêt général et minent la décision publique c’est-à-dire la démocratie.

 

Daniel Cohn-Bendit avait ouvert la bonne porte 

 

C’est à partir de cette réalité qu’il convient de construire l’écolonomie, puis la gouvernance qui y correspond. Autrement dit, le renouvellement de l’écologie politique passe par la société civile et non par des structures politiciennes qui ont parfois fait pire que leurs aînés.

 

Daniel Cohn-Bendit a ouvert une porte que d’autres se sont empressés de refermer : celle de la coopérative politique.

 

C’est cette porte là qu’il convient de rouvrir en associant, au-delà des postures politiques convenues, toutes celles et tous ceux, politiques et non politiques, qui veulent œuvrer là où ils sont, de manière authentique et honnête, à la construction de ce Nouveau Monde.

 

 

Source : Nouvel Obs

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1216206-l-ecologie-politique-n-est-ni-une-punition-ni-d-extreme-gauche-il-faut-la-renouveler.html

 

 

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Communiqué de presse sur le projet de loi de transition énergétique

18 Juin 2014, 21:22pm

Publié par Corinne Lepage

Les grandes lignes du projet de loi de transition énergétique présentée par Madame Royal affirment des objectifs ambitieux : 32 % d’énergies renouvelables en 2030, 30 % de réduction de fossiles, réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique à 50 % en 2025. Il contient également des mesures concrètes satisfaisantes pour aider au financement des travaux notamment immobiliers ou l’achat de véhicules automobiles électriques ainsi que des mesures concrètes rendant possible le développement du parc électrique.

Cependant, si les objectifs sont satisfaisants, les moyens ne le sont pas. Le financement des énergies renouvelables, la question des réseaux et surtout la réalité de la réduction de la part du nucléaire en valeur absolue ne sont pas traités. Aucun objectif de réduction de la consommation énergétique n’est affiché et on ne peut pas attendre de la bonne volonté d’EDF la réduction du parc nucléaire qui ne peut résulter que la fermeture de centrale. En refusant de limiter à 40 ans sauf exception la durée de vie des centrales et en s’interdisant de disposer d’un pouvoir propre de fermeture des centrales nucléaires, l’État se prive de la possibilité de réaliser les objectifs qu’il affiche. Il est regrettable une fois encore que le lobby nucléaire l’ait emporté sur les engagements du président de la république.

Corinne Lepage

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Le lobby du nucléaire a gagné sur toute la ligne

18 Juin 2014, 18:50pm

Publié par Corinne Lepage

 

Corinne Lepage, députée européenne pour Europe Citoyenne, s'exprime au sujet du plan de transition énergétique.

"Les objectifs sont bien, 40 % d'énergies renouvelables d'ci 2030, je dirais que c'est un rêve, sauf que pour l'atteindre, il faudrait des moyens extrêmement puissants, et il n'y a pas le début du commencement des moyens dans la loi."

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Quels pouvoirs pour l'État pour décider de la part du nucléaire dans le bouquet énergétique?

18 Juin 2014, 06:38am

Publié par Corinne Lepage

 

Lors de la conférence environnementale, le président de la République avait affirmé sa volonté de reprendre en main le droit pour l'État de fermer une centrale nucléaire. Ce droit existe dans la législation des installations classées. Il n'existe plus dans la législation sur les installations nucléaires. En effet, l'arrêt définitif et les démantèlements font l'objet de demandes par l'exploitant, lesquelles sont soumises à autorisation; ou bien la mise à l'arrêt définitif et prononcé par décret en Conseil d'État en cas de risques graves qui ne peuvent être prévenus. Autrement dit, seuls les risques graves peuvent permettre à l'État de mettre à l'arrêt une centrale nucléaire.

Dès lors, si l'État souhaite réduire la part du nucléaire, le code de l'environnement ne lui offre aujourd'hui pas la possibilité d'ordonner la fermeture d'une centrale nucléaire en l'absence de risques graves et après avis de l'autorité de sûreté nucléaire (même si un avis n'a pas obligatoirement à être suivi).

Pour autant, d'autres solutions pourraient être envisagées en l'absence même d'une modification législative. La première est bien évidemment celle qui consisterait à ce que l'exploitant EDF, sollicite une autorisation de mise à l'arrêt. La participation de l'État à hauteur de 84% dans le capital d'EDF pourrait -sur le papier- le permettre. Mais cette solution n'est pas envisageable puisque les actionnaires représentant l'État ou plus précisément l'Agence des participations de l'État, ont une vision totalement financière du sujet et veillent à l'intérêt de l'entreprise et pas du tout à celui de l'intérêt général qui pourrait conduire à une autre politique énergétique.

La seconde solution est plus technique. En effet, l'article L.593-14 du code de l'environnement prévoit la nécessité d'une nouvelle autorisation en cas de modification notable de l'installation. Dans ce cas, une enquête publique est indispensable. Compte tenu de l'importance des travaux requis pour assurer la prolongation de vie des centrales nucléaires, et le montant financier des travaux nécessaires, la convention d'Aarhus comme le code de l'environnement semblent justifier une étude d'impact, une enquête publique et une nouvelle autorisation. Or, l'autorisation est donnée par l'État qui peut la refuser, les dispositions de l'article L.593-7 qui précisent les conditions de délivrance de l'autorisation étant particulièrement larges. Mais il reste évidemment un aléa juridique, la convention d'Aarhus fait désormais partie du droit communautaire, l'ignorer constitue une violation du droit communautaire autant que du droit national.

La sécurité la plus grande consiste bien évidemment à introduire une disposition législative; reste à savoir laquelle. La meilleure solution consisterait à fixer les principes des 40 ans de durée de vie d'une centrale nucléaire. C'est ce que proposent les ONG et qui a le mérite de la simplicité et du bon sens. Les centrales ont en effet été construites pour 30 ans; mais le droit nucléaire français, dont on sait combien il est favorable à l'industrie nucléaire totalement dérogatoire au droit commun, n'a pas fixé de durée de vie pour les réacteurs nucléaires. C'est d'autant moins compréhensible que le code de l'environnement (article L.512 4) prévoit pour les installations une durée maximale d'exploitation. Dans ces conditions, fixer une durée maximale de 40 ans serait une mesure de sécurité doublée d'une mesure de reprise en main par l'État d'un pouvoir qu'il n'aurait jamais dû perdre.

Une autre solution consisterait à fixer par tranche de deux ou trois ans le plafond d'électricité nucléaire susceptible d'être produite, contraignant donc l'exploitant pour se conformer à ce plafond de fermer progressivement les tranches en surnombre. Ainsi, en partant de 73% pour aboutir à 50% en 2025, il conviendrait de fixer par tranche de deux ans par exemple le plafond maximal de production d'électricité nucléaire. Cette solution qui permettrait la programmation dans la durée des énergies renouvelables, comme de la production nucléaire, aurait au moins le mérite de la clarté et la simplicité.

Le renforcement des pouvoirs de l'ASN et les augmentations réglementaires pour un alignement vers les législations les plus contraignantes d'Europe conduiraient de facto à la fermeture des centrales les plus dangereuses.

La pression économique est aussi un argument utilisable par l'Etat. Le nucléaire bénéficie d'une subvention masquée colossale par rapport aux autres sources d'énergie. Le nucléaire bénéficie de l'assurance de l'Etat, contrairement aux autres sources d'énergie. L'imposition d'une assurance aux opérateurs ferait directement grimper le prix de l'électricité. Afin d'avoir un impact le plus faible possible, l'argent de l'assurance devrait permettre de réduire la consommation d'électricité. En effet, une facture étant la quantité consommée multiplié par le prix unitaire, faire croitre le prix unitaire doit être compensé par une baisse de la consommation pour être neutre pour l'utilisateur.

Enfin, la dernière solution consisterait tout simplement à donner à l'État le droit d'ordonner la fermeture d'un réacteur nucléaire dont il considérerait qu'il est en surnombre par rapport à un objectif fixé. Mais, cette dernière solution aurait pour contrepartie le versement d'une indemnité à l'exploitant puisqu'en définitive la fermeture interviendra en quelque sorte en raison du fait du prince.

Ainsi, les solutions ne manquent pas. Seule manque peut-être la volonté politique d'aller dans cette direction. Quoiqu'il en soit, malheureusement, la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim à la fin de l'année 2016 apparaît aujourd'hui plus que compromise (c'était une évidence à mes yeux que j'avais relevée dès 2012); pour avoir fait juger par le Conseil d'État que la centrale nucléaire de Fessenheim ne présentait aucun risque justifiant sa fermeture -ce qui reste aux yeux de beaucoup, notamment les collectivités publiques voisines de l'autre côté du Rhin, totalement faux- la ministre de l'Environnement de l'époque, Delphine Batho, a rendu quasi impossible cet engagement du président de la République, sauf en payant une somme astronomique à l'exploitant, ce qui serait parfaitement injustifié.

Les jours et les semaines qui viennent permettront de juger de la volonté du président de la République d'engager réellement la transition énergétique.

 

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/energie-nucleaire-decision-etat_b_5503330.html

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Corinne Lepage dénonce le soutien de la France aux agrocarburants

13 Juin 2014, 14:57pm

Publié par Corinne Lepage

 Bruxelles, 13 juin 2014

 

Alors que les ministres de l’énergie de l’UE sont parvenus à un accord politique sur le plafonnement des agrocarburants de première génération, Corinne Lepage, rapporteur pour le Parlement européen, dénonce le rôle de la France dans l’affaiblissement du texte.

 

« On sait aujourd’hui que la plupart des agrocarburants de première génération entraînent des émissions de gaz à effet de serre égales voire supérieures à celles du pétrole conventionnel, rappelle Corinne Lepage. Le soutien continu de la France aux agrocarburants de première génération est une absurdité qui contribue à la déforestation, et se fait au détriment des investissements d’avenir dans les agrocarburants de deuxième génération. »

 

L’accord prévoit un plafonnement à 7% des agrocarburants de première génération, alors que la Commission européenne proposait un plafonnement à 5% par rapport à l’objectif de 10% d’énergie renouvelable dans les transports d’ici 2020. La France s’est battu pour que le plafond ne descende pas en-deça de 7%, mais elle a également bloqué la mise en place d’un objectif contraignant de 0,5% d’agrocarburants avancés, pourtant nécessaire pour débloquer les investissements dans les agrocarburants issus de déchets ou de technologies innovantes.

 

« Nier l’impact du changement indirect d’affectation des sols entraînés par les agrocarburants nuit à la crédibilité de la politique climatique française et européenne », avertit Corinne Lepage.

 

Le dossier des agrocarburants devra encore faire l’objet d’un accord avec le Parlement, qui devrait se prononcer en deuxième lecture d’ici la fin de l’année.

 

Source :

http://www.corinnelepage.eu/corinne-lepage-denonce-le-soutien-de-la-france-aux-agrocarburants/

Corinne Lepage dénonce le soutien de la France aux agrocarburants

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