Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Cap21/LRC Toulouse

Des objectifs louables, mais sans moyens efficaces pour les mettre en œuvre

30 Septembre 2014, 10:21am

Publié par Corinne Lepage

 

Le projet de loi sur la transition énergétique (LTE) est présenté comme un texte de loi majeur pour le quinquennat de François Hollande. En réalité, cette question de la transition énergétique est une question majeure pour la société française dans son ensemble et le sujet va bien au-delà d’un quinquennat présidentiel, quel qu’il soit. Il s’agit d’assurer, au-delà de la transition énergétique, la transition de l’économie et de l’industrie françaises vers ce que Jeremy Rifkin appelle « la troisième révolution industrielle ». De surcroît, ceci répond à une exigence européenne et une exigence pour les générations futures.

Des objectifs pertinents 

L’objectif est à la fois très ambitieux et incontournable. Il pose des problèmes tout particuliers à la société française qui s’est « shootée » à l’électricité en raison d’un programme électronucléaire surabondant qui impliquait l’obligation de consommer l’électricité produite, étant dans l’impossibilité de stocker cette électricité. Le projet de loi sur la transition énergétique présente des objectifs de lutte contre le réchauffement climatique, de réduction de la facture énergétique, et en faveur d’une croissance non prédatrice, protectrice de la biosphère, autorisant les nouvelles technologies et permettant de conquérir de nouveaux marchés dans le domaine des énergies renouvelables et des transports propres. Plus largement, il s’agit de valoriser deux gisements majeurs d’innovations, de performances économiques, d’emploi et de qualité de vie : les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables.

Le texte a de fortes prétentions : réduire la précarité énergétique et fournir ainsi un nouveau modèle énergétique dans tous les secteurs de la production d’énergie, du bâtiment, des transports et de l’industrie en général. Ce qui explique notamment qu’un volet important soit consacré à l’économie circulaire qui, effectivement, comme l’économie de fonctionnalité, constitue une transformation majeure de notre modèle de production.

Pour autant, ces objectifs sont-ils crédibles et suffisants ?

Vu l’impact et les enjeux sur tous les secteurs d’activité, les objectifs sont difficilement qualifiables. On pourrait considérer que le projet n’est pas suffisant dans la mesure où il ne traite pas de tous les sujets essentiels que sont l’aménagement du territoire, la transformation des activités économiques classiques, à commencer par l’agriculture, ou la fiscalité sans laquelle — nous y reviendrons — il ne peut y avoir de réelles transformations. Cependant, si l’on se réfère aux projets de loi Grenelle I et II, dont le champ d’application était infiniment plus vaste que celui de la loi sur la transition énergétique, force est de constater qu’une fois encore, le principe « qui trop embrasse mal étreint » a trouvé une nouvelle application. Il soulève clairement les questions de cohérence de tous les textes et les limites d’un texte qui attendra 200 décrets d’application, sans compter bien entendu les arrêtés.

De plus, il pose des limites quantifiables avec une absence de trajectoire pour le désinvestissement progressif dans les énergies polluantes et épuisables, qu’il s’agisse des hydrocarbures ou de l’uranium. Cela aurait dû conduire à se poser la question de la fiscalité et des outils de financement, dans son intégralité et non uniquement de manière partielle. De même, on peut déplorer la faiblesse de la question de la décentralisation énergétique. Cela aurait pu être la décentralisation de la planification de la politique énergie / climat, le renforcement du rôle des régions comme autorités organisatrices et la compétence dans le raccordement aux réseaux des énergies renouvelables. Le texte aurait pu encourager le collectivités territoriales à devenir des productrices et des régulatrices de l’énergie sur leur propre territoire. Ce texte fait malheureusement l’impasse sur l’objectif, pour les citoyens et les entreprises, de pouvoir produire leur énergie et sur celui de l’autoconsommation. Il est peu clair sur la question des smart cities, notamment sur la mobilité durable. S’il reprend de nombreuses dispositions de la loi sur l’air et l’usage rationnel de l’énergie (loi LAURE, 1996), c’est une occasion ratée pour un élargissement des plans de déplacements urbains en accord avec les compétences des communautés de communes sur une échelle pertinente. Il y a aussi une grande faiblesse sur la précarité énergétique, avec la seule proposition du chèque énergie.

La question de la crédibilité et de la suffisance des objectifs mérite très clairement d’être posée. A fortiori, la question des moyens mis en face des objectifs est un point crucial de la loi. Si l’on peut en effet partager les objectifs, au moins sur la période 2025-2030, sous réserve de ce qui précède, la manière de satisfaire ces objectifs reste extrêmement aléatoire. L’exemple le plus criant concerne bien évidemment l’objectif de réduire de 50 % à l’horizon 2025 la part du nucléaire : aucune disposition concrète dans la loi ne permet de l’atteindre ni ne permet par exemple à l’État d’imposer à EDF cet objectif. Bien au contraire, la loi renvoie à EDF le soin de remplir cet objectif, ce qui évidemment est totalement utopique.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) fixe, du fait des lois antérieures, une prorogation de la durée de vie des centrales nucléaires, sans que la loi ne fixe aucune limite dans le temps. L’autorisation donnée par l’ASN de poursuivre l’activité est évidemment un avantage financier de l’ordre d’un million d’euros par réacteur et par jour. Dès lors, EDF n’a strictement aucun intérêt à fermer une centrale dès lors que l’ASN lui a donné l’autorisation de continuer. Seule l’ASN est en capacité de décider de la fermeture ou non d’une centrale nucléaire, choix de l’État, les raisons de stratégie énergétique ne trouvant aucun appui juridique pour s’imposer. Quant au fait que le Commissaire du gouvernement placé auprès d’un exploitant puisse s’opposer à une décision dont la réalisation serait incompatible avec les objectifs du plan stratégique ou la programmation pluriannuelle de l’énergie, il ne s’agit pour lui que d’une possibilité de s’opposer et non pas d’une obligation de le faire lorsqu’il y a une incompatibilité.

Autrement dit, l’objectif affirmé par la loi de réduction de la part du nucléaire dans le bouquet énergétique est à ce stade totalement virtuel.

Sur l’efficacité énergétique, le projet de loi est assez sérieux en ce qui concerne la rénovation des bâtiments mais, en revanche, le projet reste beaucoup trop faible s’agissant du tiers financement (et ce en dépit de la directive 2012/27). Le projet de loi, qui dans sa première mouture comportait la possibilité d’expérimentation du tiers financement pour la rénovation des bâtiments pour une durée de 5 à 10 ans, ne l’a pas conservée, probablement sous l’effet d’un lobbying intensif. Ce système joue un rôle très important en Belgique, en Angleterre et en Allemagne ; il a été largement utilisé en France pour les réseaux de chauffage urbain et pour la cogénération. La question du stockage de l’électricité est une question majeure non seulement sur le plan énergétique, mais surtout sur le plan industriel. L’Allemagne a une bonne longueur d’avance sur la France dans le développement de ce que l’on appelle le « power to gas » ou le « power to power », permettant à partir du surplus de production d’énergie renouvelable inutilisable au moment où il est produit, de stocker l’électricité sous forme de méthane après un passage par la case hydrogène.

Dès lors, le parti pris de la ministre de resserrer le texte n’est certainement pas mauvais en lui-même

En revanche, la question de la crédibilité est d’une autre nature. Le texte reprend l’obligation du Facteur 4, déjà décidée par le gouvernement Raffarin au début du XXIe siècle, de réduire de 50 % la consommation énergétique d’ici 2050 et de 40 % nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, de passer à 30 % d’énergies renouvelables en 2030, mais rien n’est dit sur le mix énergétique que se propose la France à l’horizon 2050. Ce sont les investissements sur les réseaux aujourd’hui qui détermineront le mix énergétique de demain. L’absence de décision conduit à l’impossibilité de la transition. Cette absence de perspectives tranche de manière très claire avec le projet allemand, le projet belge, le projet suisse ou le projet italien, et laisse en réalité supposer que le choix qui est implicitement fait est celui d’une relance de la construction de nouveaux réacteurs nucléaires après l’EPR de Flamanville — si d’aventure celui-ci était un jour mis en fonctionnement ! Cette ambiguïté — pour ne pas dire hypocrisie — conduit tout naturellement à s’interroger sur la crédibilité des autres objectifs, en particulier celui de 30 % d’énergies renouvelables en 2030, sans du reste de perspectives sur ce que devraient être les énergies renouvelables ultérieurement.

Dans la mesure où nous sommes aujourd’hui à 14 % d’énergies renouvelables, chiffre qui était déjà quasiment atteint il y a 20 ans lorsque j’étais ministre de l’Environnement, et où chacun sait que l’engagement pris par la France au niveau communautaire d’atteindre 23 % d’énergies renouvelables en 2020 n’a strictement aucune chance d’être atteint, on peut très logiquement se poser la question de savoir pour quelle raison la France atteindrait davantage un objectif de 32 % en 2030 alors même qu’elle n’arrive pas à tenir un engagement communautaire de 23 % pour 2020. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la logique économique et l’organisation de la société française qui promeut à toutes les strates, qu’elles soient politiques, industrielles ou sociétales, la poursuite du programme électronucléaire, aboutirait à un résultat différent ? Rappelons qu’entre 2008 et 2010, la perspective de l’essor du photovoltaïque aurait permis à la France d’atteindre dès 2012 les objectifs qu’elle s’était fixés pour 2020, mais le gouvernement a alors décidé de tout bloquer avec un moratoire qui a coûté la vie à de très nombreuses entreprises et mis au chômage plus de 10 000 personnes.

Pour les énergies renouvelables, l’article 30 renvoie à une ordonnance pour préciser les points très importants comme les mécanismes de soutien, les questions de raccordement. Malheureusement, la vraie question est celle de savoir quels seront le niveau de la réalité des prix de la production de l’électricité en France, l’envolée des coûts du nucléaire, la directive sur l’assurance du nucléaire et ses conséquences face à l’encouragement des énergies renouvelables. Dans quelle mesure l’État a-t-il réellement la volonté de réduire la part du nucléaire pour permettre enfin le développement du renouvelable en France ?

En définitive, les outils économiques, fiscaux et réglementaires concrets, indispensables au succès de la loi dans la limite même des objectifs qu’elle s’est fixée, sont insuffisants. Compte tenu de l’état actuel des finances publiques, une loi sur la transition énergétique qui repose sur un important financement public est vouée à l’échec. La ministre de l’Écologie a fait un travail considérable en parvenant à créer quelques outils comme le chèque énergie ou les sociétés locales, et en consacrant un titre entier à l’économie circulaire qui est un sujet essentiel. Mais, à mon sens, le projet de loi pèche sur deux points majeurs : l’objectif clair de mix énergétique au-delà de 2025 et un véritable essor des énergies renouvelables qui implique d’en faciliter la production et la distribution.

Sur le premier point, cette ambiguïté n’est pas admissible, à la fois sur le plan démocratique et sur le plan stratégique. En effet, si tel est le cas, a minima un débat sur les coûts comparés des différentes énergies aurait dû être mis en place, il ne l’a pas été. De plus, à l’heure où la fragilité de l’approvisionnement en uranium issu d’Afrique, en raison des menaces terroristes et de l’instabilité des États producteurs, est évidente, comment envisager de faire dépendre la production énergétique française de l’uranium ? Sur le plan européen, les stratégies antagonistes avec les partenaires de la France ne sont pas prises en compte. Rappelons à cet égard que le Danemark aujourd’hui produit près de 50 % de son énergie sur la base du renouvelable et que l’Allemagne s’est donné comme objectif d’atteindre 45 % en 2030.

L’objectif économique et social de la création d’activités et du développement de l’emploi dans l’économie verte reste extrêmement aléatoire faute de logique économique suffisamment puissante. C’est aussi un problème de modèle. Le modèle de décentralisation énergétique que le projet de loi ne reconnaît que du bout des lèvres, par la capacité donnée aux régions et aux collectivités locales en général de constituer des régies, n’est aujourd’hui permis qu’à 150 collectivités locales environ, qui du fait de l’Histoire ne sont pas entrées en 1946 dans la loi de nationalisation. C’est grâce à ce modèle qu’une ville comme Montdidier a pu parvenir à une autonomie énergétique de près de 100 %, sous l’impulsion de son ex-maire Catherine Le Tyrant. Dans la logique, la cohérence économique, c’est bien entendu d’accepter de poser la question de la fiscalité et plus généralement des subventions aux énergies fossiles.

Ce texte de loi peut être historique, mais en cela, il doit aborder clairement l’héritage que nous laisserons à nos enfants.

 

Par : LEPAGE Corinne

 

Source : Futuribles

https://www.futuribles.com/base/article/des-objectifs-louables-mais-sans-moyens-efficaces-/

Lire la suite

Demain en octobre 2014

29 Septembre 2014, 13:12pm

Publié par Le RC-TMP

Demain en octobre 2014

Citoyennes, Citoyens, Amis Twittos, favorisez, re-transmettez nos tweets, commentez-les !

Pour toute demande d'information(s), contactez-nous :

  1. par courriel à rcitoyentoulouse @ gmail.com
  2. par l'onglet CONTACT ci-dessus prévu à cet effet.
  3. Par courrier au 2 rue Henriette Achiary 31500 Toulouse

 

Sur l'agenda du Rassemblement Citoyen de Toulouse & Midi-Pyrénées en octobre 2014, nous avons :

  • Une Rencontre Citoyenne le mercredi 8 octobre 2014 à partir de 19h00 ici avec pour thèmes

- le bio dans les cantines (en particulier à Toulouse), voir la pétition Newmanity

 

- les idées à proposer pour les échanges politiques du 19 octobre 2014 à Angers

 

- préparation du voyage à Angers pour les participants à l'Université de la Citoyenneté

 

  • L'Université de la Citoyenneté à Angers les 18 & 19 octobre

Suivre sur Twitter :  #URLRC

En savoir plus

Lire la suite

La société civile en avance sur le politique

22 Septembre 2014, 08:23am

Publié par Corinne Lepage

La société civile en marche pour le climat 21 septembre 2014
La société civile en marche pour le climat 21 septembre 2014
La société civile en marche pour le climat 21 septembre 2014

La société civile en marche pour le climat 21 septembre 2014

 

 

 

Le formidable engouement de la marche pour le climat hier dans le monde prouve si il le faut que la société civile est nettement en avance sur les politiques. Et Yann Arthus Bertrand a tout à fait raison lorsqu'il déclare "je ne crois plus aux discussions politiques, le changement sera intérieur."

Déjà en 2009, avant le sommet de Copenhague, la société civile avait su mobiliser les opinions publiques mais les dirigeants du monde entier n'avaient pas su en tirer les conséquences.

Aujourd'hui, cette mobilisation prend une nouvelle forme, beaucoup moins politique qu'en 2009. Il y avait aujourd'hui les responsables élyséens sur ce sujet, Nicolas Hulot et Marie-Hélène Aubert, nous étions 3 anciens ministres de l'environnement -avec Philippe Martin et Delphine Batho- et Céline Duflot et Jean-Luc Mélenchon. On est très loin de revivre la même situation qu'en 2009 et pour cause. La légitime déception de la société civile sur l'inaction des politiques est en contraste avec la formidable action sur le terrain. Les énergies renouvelables s'imposent dans la plupart des zones du monde malgré le lobbying effreiné des énergéticiens de l'ancien monde et autres nucléocrates.

 

Cette mobilisation intervient avant un grand débat aux Nations Unies dans le cadre de l'assemblée générale annuelle sur le climat et en prévision de la COP21 qui se tiendra à Paris en décembre 2015. Pour éviter la déception de 2009, la méthodologie a évolué et maintenant au delà des Etats, ce sont aussi les régions et les villes qui se mobilisent pour arriver à une réelle transition énergétique.

Les territoires sous l'impulsion d'élus locaux ont déjà entamé leur transition énergétique et les citoyens n'ont pas attendu une impulsion de l'Etat pour réagir.

Mais au delà de ces discussions sur le climat, de véritables outils vont devoir se mettre en place. Avec l'association des anciens ministres de l'environnement -qui regroupe une soixantaine d'anciens ministres à travers 50 pays et les 5 continents- et au sein de la Charte de Bruxelles -qui regroupe de nombreuses associations- nous travaillons pour la reconnaissance effective de la catastrophe environnementale comme crime contre l'humanité, étape ultime de la reconnaissance d'une responsabilité stricte concernant les dommages à l'encontre de nos écosystèmes pour les générations futures.

 

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/la-societe-civile-en-avan_b_5859506.html?1411370611

Lire la suite

L'Opinion de Corinne Lepage du 19 septembre 2014

19 Septembre 2014, 09:03am

Publié par Corinne Lepage


Corinne Lepage : « François Hollande a montré... by Lopinionfr

 

Les faits - Corinne Lepage, présidente du parti écologiste Cap21 était l'invitée de L'Opinion. Interrogée sur la conférence de presse du président de la République, elle a regretté que les changements politiques de François Hollande arrivent aussi tard. Ex-ministre de l'Environnement, Corinne Lepage s'est également exprimée sur la sortie du nucléaire et l'importance du mariage entre économie connectée et économie verte.

Lire la suite

Retour à la politique

15 Septembre 2014, 13:44pm

Publié par Corinne Lepage

 

Qu'est ce que la politique ? Dans son sens général n'est ce pas la gestion de nos affaires communes présentes!

Qu'est-elle devenue ? La seule perception qui en reste n'est autre que la gestion des affaires internes aux partis politiques!

La semaine qui commence en est une parfaite illustration. Entre le retour de Nicolas Sarkozy pour prendre à la tête de l'UMP dont l'annonce est un secret de Polichinelle et le vote de confiance pour Manuel Valls qui est de fait un débat interne au PS sur fond de rivalité Aubry-Hollande remake du match de la primaire pour 2012, le moins qu'on puisse dire est que nous sommes loin des préoccupations des Français.

En revanche, 3 évènements sont importants pour nos concitoyens pour diverses raisons.

 
 
  • Le premier est la guerre contre ce qui veut s'appeler l'Etat islamique et qui n'est qu'une bande de barbares qui rêve du retour au moyen Age. Les conséquences tant en terme extérieur qu'en terme intérieur peuvent être immenses et beaucoup d'explications devraient être données à nos concitoyens, ne serait-ce que pour ramener à leur faiblesse insigne les propos de ceux qui ne veulent rien faire au prétexte que la coalition est menée par les Etats Unis. Nous ne sommes plus en 2003 mais en 2014 et le monde a changé ! Toute la communauté nationale devrait se sentir concernée et elle pourrait malheureusement l'être si les jihadistes de retour perpétraient des attentats en Europe et en France.
  • Le second est en rapport avec les propositions choc du MEDEF. Elles sont volontairement provocatrices mais posent des questions incontournables sur les règles du travail en France. Ces règles sont des acquis sociaux indéniables mais des verrous à l'emploi. Comment établir un nouvel équilibre ? Cela devrait être le travail des partenaires sociaux de définir cet équilibre, en n'oubliant pas l'intérêt des chômeurs qui ne sont représentés par personne. Certes, l'Etat a son mot à dire mais la démocratie sociale devrait être la règle. Ces sujets sont clés pour nos concitoyens qu'ils travaillent ou soient à le recherche d'un emploi. Et ils sont éminemment politiques.
  • Le troisième est l'ouverture du procès Xynthia. En quoi est ce politique diront certains ? Certes, il s'agit d'un procès dans lequel sont renvoyés 5 personnes physiques et 2 personnes morales pour la mort de 29 personnes (3 enfants, 16 femmes et 10 hommes) et la mise en danger délibérée d'un grand nombre d'autres. Mais au-delà, les questions posées sont éminemment politiques et intéressent d'abord des millions de nos concitoyens qui vivent dans les zones inondables. Compte tenu des effets du changement climatique, les évènements extrêmes vont se multiplier. Qui est en danger ? Les élus locaux qui veulent légitimement le développement économique ont-ils suffisamment conscience de la réalité des risques ? L'Etat a-t-il encore réellement les moyens du contrôle ? Qui est responsable ? Et, au-delà, les risques dans les zones inondables ne sont pas les seuls en cause. La question des zones Sévéso insérées dans des quartiers d'habitation se pose aussi avec la menace permanente de fermeture et de délocalisation et l'absence de moyens financiers publics permettant d'appliquer la loi. Ces sujets sont éminemment politiques et concernent des millions de personnes.

Où et quand fait on réellement de la politique ? En s'occupant concrètement des problèmes et de la vie de nos concitoyens ou en passant son temps et son énergie en stratégie politicienne. Les politiques parlent aux politiques. Ils ne parlent pas aux Français. Il ne faut dés lors pas s'étonner que les vrais sujets collectifs échappent aux politiques traditionnels.

Le métier politique doit changer ; il a déjà changé. Seuls les partis politiques ne l'ont pas compris... peut être parce qu'ils sont déjà morts mais ne le savent pas encore !

 

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/retour-a-la-politique_b_5821660.html

 

Lire la suite

Un nouvel élan pour la Commission européenne

12 Septembre 2014, 07:23am

Publié par Corinne Lepage

Tout d'abord, je voudrais rendre hommage à Michel Barnier, Connie Hedegaard, Viviane Reding, Maria Damanaki, Janez Potocnik et Dacian Ciolos pour le formidable travail qu'ils ont fourni en tant que Commissaire lors de la précédente mandature. Avec Gunter Oettinger, ils ont eu un sens de l'intérêt général dans une Commission qui ne pourra vraiment pas se targuer de rester dans l'Histoire.

La proposition de nouvelle Commission européenne traduit une fermeté de son Président et une reprise en main politique de l'Union européenne. Les défenseurs de l'Europe ne peuvent que s'en réjouir. Si la France obtient pour Pierre Moscovici le portefeuille important des affaires économiques, il aura à répondre devant le vice-président letton conservateur et le moins que l'on puisse dire est que la situation calamiteuse des finances publiques françaises n'est pas un atout pour lui.

Ce faisant, chacun pourra observer que notre pays n'obtient pas de poste de vice-président et la France perd incontestablement en influence après l'exercice très apprécié des fonctions de Michel Barnier. Mais, cette perte d'influence n'est pas seulement liée à notre situation économique, elle traduit la perte d'autorité et de poids de la France au sein du Parlement européen.

En effet, avec 50 députés au lieu de 74 puisque 24 ne servent strictement à rien, la France ne pèse pas plus qu'un Etat moyen de l'Union européenne, c'est-à-dire moins que l'Espagne (54 députés) ou la Pologne (51 députés). Ainsi, au nom de la souveraineté française, le FN aura réalisé ce tour de force d'affaiblir considérablement notre pays. Cela s'est traduit dans la répartition des postes au sein du Parlement européen.

La France ne préside plus que deux commissions contre quatre auparavant. Les commissions "marché intérieur et protection des consommateurs" d'une part, "sécurité défense" d'autre part, sont passées sous le nez de la délégation française du PPE puisqu'elles sont allées à l'ECR groupe néoconservateur et europhobe qui est désormais le troisième groupe du Parlement européen.

Et, si une vice présidence a été confiée à la socialiste Sylvie Guillaume, l'Italie et la Roumanie comme l'Allemagne obtiennent deux sièges sans compter la présidence allemande. Cette faiblesse va du reste peser durant toute la mandature et la distribution des postes de commissaires, telle qu'elle est proposée, risque de percuter de plein fouet des sujets majeurs pour la France comme le budget, l'agriculture ou le climat.

La structure de la nouvelle Commission est incontestablement intéressante avec, pour la première fois, un premier vice-président socialiste chargé de veiller à la qualité de la réglementation et aux droits et libertés, une vice-présidente, qui est la haute représentante aux affaires étrangères et 5 vice-présidents chargés d'assurer la cohérence, en principe sans hiérarchie, entre les différents commissaires.

Les secteurs de ces vice-présidents sont clés: la croissance et l'emploi, l'économie numérique, l'énergie et le climat, l'approfondissement de l'Union économique et monétaire et le budget. Rappelons qu'il ne s'agit que d'une proposition puisque c'est au Parlement que revient la charge d'adouber ou non les commissaires. Sans doute, le Conseil a-t-il un pouvoir mais dans la mesure où les commissaires ont été nommés par les différents gouvernements, on voit mal une opposition s'y manifester.

Ceci étant, si par rapport à la commission Barroso on ne peut que se satisfaire de voir l'important portefeuille du commerce revenir à Cecilia Malmström, qui n'a heureusement rien à voir avec son prédécesseur Karel de Gucht et de voir le portefeuille de la santé élargi à un socialiste lithuanien, après les déboires rencontrés avec les maltais Borg et Dali, plusieurs observations peuvent être formulées de manière générale et de manière particulière sur cette proposition de Commission.

Tout d'abord, en ce qui concerne l'équilibre politique général de la commission, on compte 8 socialistes pour 14 PPE, 6 ALDE et un ECR. Or, la représentation parlementaire est beaucoup plus équilibrée entre socialistes et conservateurs. De plus, tous les postes économiques à une exception près et sociaux vont au PPE ou à ALDE.

La seconde observation concerne la faible représentation des femmes malgré les efforts incontestables du président Juncker pour féminiser sa Commission. Huit femmes seulement ont été désignées par les Etats et trois d'entre elles occupent des postes de vice-présidents. C'est bien peu et les députées européennes ont été nombreuses à envoyer leur curriculum vitae à la Commission en guise de protestation.

Ceci étant, cette violation évidente de la parité ne suffira probablement pas à remettre en cause globalement la commission. Rappelons pour mémoire que la précédente mandature avait voté contre la nomination à la BCE d'un membre masculin au motif qu'il n'y avait plus aucune femme dans l'exécutif de la banque. On aurait pu suggérer que le président Juncker ne nomme que des femmes vice-présidentes. Ceci aurait peut-être conduit un certain nombre d'Etats membres à désigner des femmes plutôt que des hommes comme commissaire!

Le Parlement aura à se préoccuper d'un certain nombre de situations individuelles, à commencer par celle du commissaire anglais, Jonathan Hill membre de l'ECR (pressenti pour prendre le climat et l'énergie alors que son parti est majoritairement climato-sceptique) à la supervision financière. Cet ancien lobbyiste anglais devra contrôler la City. Il y a fort à parier que cela pose quelques problèmes à la représentation européenne.

Une autre préoccupation vient du commissaire espagnol, commissaire à l'énergie et au climat, lié aux milieux pétroliers, ancien ministre de l'environnement conservateur qui a coupé toutes les subventions aux énergies renouvelables en Espagne. De surcroit, ils semblerait qu'il ait tenu des propos misogynes. Rapprochant cela des problèmes de parité évoquée ci-dessus, il y a fort à parier que cela devrait achopper entre la Commission et le Parlement.

En tous cas, il sera très intéressant de suivre les auditions -sur internet puisqu'aucune chaîne française ne parait prête à rediffuser les débats- ne serait-ce que pour mesurer aussi le degré d'implication des députés français dans cet exercice.

 

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/un-nouvel-elan-pour-la-commission-europeenne_b_5808712.html?utm_hp_ref=tw

 

Lire la suite

Les temps ont changé.

10 Septembre 2014, 07:54am

Publié par Corinne Lepage

Les temps ont changé.

Mes chers amis

 

Les temps ont changé. La gravité de la situation tant intérieure qu’extérieure nous met en face de nos responsabilités. Aujourd’hui, notre pays a besoin de chacun d’entre nous où que nous soyons et quoique nous faisions. Nous ne pouvons nous satisfaire d’une situation qui se désagrège un peu plus chaque jour et d’un risque de voir un deuxième tour de la présidentielle opposant Nicolas Sarkozy à Marine Le Pen avec une Assemblée Nationale où le Front National aurait une très forte représentation, le mécanisme majoritaire jouant en sa faveur.

La solution n’est plus dans des arrangements politiciens dans lesquels les Français n’ont plus aucune confiance. Le temps est venu de faire autrement, d’être courageux et d’oser proposer des solutions innovantes et apportant de réelles solutions à nos concitoyens. C’est largement le désespoir qui les conduit vers l’extrême droite et le désir d’essayer autre chose que la droite et la gauche.

Mais la solution est ailleurs. Elle est dans la société civile dans nos concitoyens qui travaillent, créent et contribuent au nouveau monde qui émerge pourtant. ; Mais beaucoup restent trop passifs et attentistes. Cela s’explique par des échecs que nous avons connus et dont je prends ma part de responsabilité, par les difficultés des temps qui pèsent sur les moyens de chacun et sur la lassitude de tous ceux qui défendent l’écologie depuis bien longtemps. Et puis notre mouvement qui dispose d’idées et de projet bien souvent allégrement «utilisés » par d’autres, n’est pas très axé sur le militantisme. Tout cela se comprend mais nous n’avons plus le choix.


Il est grand temps de se mobiliser et de montrer par l’exemple et pas seulement par les mots que la solution n’est pas dans l’extrême droite mais dans la prise de pouvoir par les citoyens eux-mêmes avec un programme pragmatique et ouvert sur l’avenir. Nous avons vu juste depuis longtemps. Plus que jamais l’écolonomie que nous défendons depuis longtemps, la VIe République qui était à notre programme de 2006, la défense de la laïcité que nous avons engagée dès 2002, la lutte contre la corruption et les conflits d’intérêt qui est au cœur de notre projet, sont des sujets centraux. Nous avons besoin de mieux faire connaître nos solutions et mettre en valeur vos réalisations et toutes celles qui changent le monde.

Mais tout ceci n’est possible que si nous changeons de braquet et si nous décidons réellement de nous impliquer collectivement dans la construction de notre mouvement et la participation à un immense rassemblement qui doit permettre à tous les hommes et femmes de bonne volonté de travailler au relèvement de notre pays.

C’est la raison pour laquelle je vous demande un effort sans précédent de mobilisation. Il faut que nous nous donnions les moyens financiers, les moyens humains, les moyens intellectuels pour apporter notre pierre à l’édifice collectif.

Durant l’été, certains d’entre nous ont travaillé sur un projet qui sera présenté aux Universités (qui auront lieu les 18 et 19 octobre prochain à Angers, vous recevrez cette semaine le programme). Celles-ci seront l’occasion de recevoir de personnalités très variées sur des sujets majeurs ; mais elles seront aussi le moyen de nous retrouver et de fixer notre stratégie.

Il faut que vous puissiez venir nombreux et pour ceux qui ne le pourront pas, je leur demande de s’impliquer en convainquant autour d’eux et participant financièrement dans la mesure de leurs moyens à la vie du mouvement.

Nous ne pouvons plus tergiverser, il nous faut agir. Quelles que puissent être les critiques ou les regrets que nous pouvons avoir au regard du passé, le temps est à la mobilisation générale.

 

Amitiés

Corinne Lepage

Présidente du Rassemblement Citoyen

Lire la suite

Constitution pour une nouvelle République par Corinne Lepage

6 Septembre 2014, 11:28am

Publié par Corinne Lepage

« Je ne veux pas changer la règle du jeu, je veux changer de jeu. » écrivait André Breton. Ce pourrait être en résumé ce qui m’a amenée à rédiger une nouvelle Constitution qui soit le socle pour une nouvelle impulsion démocratique.

Nos institutions ont vieilli et sont aujourd’hui inadaptées au 21ème siècle. La Ve République, bâtie sur mesure pour le général De Gaulle, a été corrompue par ceux-là mêmes qui devaient la servir. Elle porte les marques d’une histoire qui nous semble bien ancienne. C’était l’époque de la reconstruction nationale, un temps sans mondialisation, et avec un pouvoir médiatique et une puissance financière tout juste émergents. Elle fut rédigée dans une Europe coupée en deux où la CEE tenait tout autant du voeu que de la réalité. Tant de choses ont changé depuis. Nous nous sommes réveillés avec un climat déréglé, des politiciens professionnels coupés du réel, une corruption endémique, des banlieues abandonnées. Nous devons donner une plus grande place aux forces vives de la France et c’est pour cela que nous avons besoin d’un nouveau pacte.

Nous ne devons plus laisser notre pays aux mains des mille marquis qui nous dirigent sans se soucier que notre futur ait un avenir. Voilà pourquoi nous devons changer de jeu.




Télécharger l'ouvrage

par Corinne Lepage dans projet

Lire la suite

Corinne Lepage : l’ex-première dame se comporte « en héroïne de vaudeville »

5 Septembre 2014, 16:06pm

Publié par Paul TEMOIN

Corinne Lepage

L’ancien Ministre Corinne Lepage s’insurge, dans cet entretien avec la Revue Civique, contre le livre de Valérie Trierweiler : « Je pense que la France est suffisamment dans la souffrance, et les institutions publiques suffisamment mises à mal, pour que celle qui a bataillé pour être reconnue comme la première dame de France ne se comporte pas comme une héroïne de vaudeville à la recherche de la phrase qui tue. Ceci étant, j’ai tout à fait confiance dans le bon sens de nos concitoyens, qui font la part des choses entre la vie privée et la vie publique et ne sont pas obligés de prendre pour argent comptant les citations que fait Madame Trierweiler de son ex-compagnon. L’idéal serait que ce livre, après un lancement en fanfare, termine sa course dans l’indifférence générale ».

Et de s’inquiéter d’une dérive médiatique : « C’est évidemment participer de la course à l’audimat en cherchant toujours à flatter le public dans ce qui est le plus croustillant : le sexe et l’argent. Et transformer les téléspectateurs en voyeurs, en leur permettant de regarder par le trou de serrure de la chambre présidentielle, n’est pas à la gloire des médias ».

__________

La REVUE CIVIQUE: La sortie du livre de Valérie Trierweiler, « Merci pour ce moment », nouvel épisode surréaliste et sur-dimensionné de « pipolisation » de la vie politique, ne risque-t-il pas de renforcer encore le discrédit de la vie politique et des institutions ?
Corinne LEPAGE : Je peux comprendre qu’une femme soit blessée par une rupture brutale. En revanche, je trouve indigne de sortir un ouvrage qui constitue un assassinat moral d’un Président de la République en exercice relatant une vie conjugale à l’Élysée.

Je pense que la France est suffisamment dans la souffrance aujourd’hui et les institutions publiques suffisamment mises à mal pour que celle qui a bataillé pour être reconnue comme la première dame de France ne se comporte pas comme une héroïne de vaudeville à la recherche de la phrase qui tue. Ceci étant, j’ai tout à fait confiance dans le bon sens de nos concitoyens, qui font la part des choses entre la vie privée et la vie publique et ne sont pas obligés de prendre pour argent comptant les citations que fait Madame Trierweiler de son ex compagnon. L’idéal serait que ce livre, après un lancement en fanfare, termine sa course dans l’indifférence générale.

« Le sexe et l’argent… »

Ce mécanisme vie privée/médiatisation/vie politique, qui semble inéluctable, peut-il néanmoins être limité, et si oui comment ? Les médias, même dits sérieux, peuvent-ils rester en réserve de sujets relatifs à la vie privée, en l’occurrence amoureuse, des responsables politiques ?
Il est clair que ce sont les médias, à commencer par « Paris-Match » dont l’auteure est salariée, qui créent l’événement. Sans doute, pour beaucoup de supports, parler du livre a consisté à inviter des commentateurs et des responsables politiques d’une part pour en dire du mal, d’autre part pour en tirer les conséquences sur la personnalité et la popularité du Président de la République, ce qui revient indirectement à valoriser le livre quant à son contenu. C’est évidemment participer de la course à l’audimat en cherchant toujours à flatter le public dans ce qui est le plus croustillant : le sexe et l’argent. Et transformer les téléspectateurs en voyeurs, en leur permettant de regarder par le trou de serrure de la chambre présidentielle n’est pas à la gloire des médias.

Les médias dont la tâche est d’informer sont-ils pour autant tenu de considérer comme une information a fortiori faisant l’entrée des journaux télévisés, la publication d’un livre sur la vie privée du Président de la République ? Rien n’est moins sûr. Mais le sensationnel et la course à l’audimat l’emportent. De plus, à partir du moment où l’essentiel est de faire parler de soi, que ce soit en bien ou en mal, et que beaucoup sont prêts à passer sur le divan de tel ou tel journaliste pour conquérir le public, tout est possible. Le plus symbolique de toute cette affaire est sans doute que Madame Trierweiler est une journaliste politique et que publiant ce livre, elle a parfaitement conscience de la dégradation volontaire de la chose politique à laquelle elle se livre.

« L’émergence de la société civile en politique »

Cela peut faire l’objet de multiples questions, mais quel serait, aujourd’hui, la première mesure à prendre pour redonner confiance en la politique ?
La détestation de la classe politique, considérée comme arrogante, incompétente et malhonnête, la défiance de quatre Français sur cinq à l’égard des partis politiques, la fragilisation des institutions publiques avec une défiance généralisée sont malheureusement très bien établis. La confiance se mérite, elle ne se décrète pas. En conséquence, elle passe par une transformation profonde des partis politiques, par un bouleversement des institutions et surtout par l’émergence de la société civile en politique.

Il est aujourd’hui indispensable que les hommes et femmes de bonne volonté, qui ont à leur actif une compétence et une volonté de servir l’intérêt général puissent participer à l’exercice du pouvoir. Cette émergence d’hommes et de femmes d’expériences diverses, issus de l’entreprise, des associations, du monde scientifique, est de nature à montrer un vrai changement et donc une nouvelle dynamique qui pourra susciter la confiance. Parallèlement, l’échelon local, celui que nos concitoyens connaissent, doit être le lieu de réappropriation de la confiance, seul lieu à partir duquel une nouvelle construction peut se mettre en place.

Propos recueillis par Paul TEMOIN
(05 septembre 2014)

 

Source :  La Revue Civique

http://revuecivique.eu/articles-et-entretiens/corinne-lepage-livre-trierweiler/

Lire la suite

1 2 > >>