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Cap21/LRC Toulouse

Le rôle de l'Egypte dans le conflit à Gaza

22 Juillet 2014, 14:34pm

Publié par Corinne Lepage

On ne peut que comprendre et partager l'émotion parfaitement justifiées par les images des victimes civiles de Gaza. Car ces populations sont doublement victimes dans la mesure où elles sont tout d'abord utilisées comme boucliers humains par le Hamas, qui a même cherché à les convaincre de rester chez elles quand Tsahal leur demandait de partir pour ne pas risquer leurs vies.
Certes, il parait évident d'accuser Israël qui envoie les bombes sur les hôpitaux et tue des enfants en oubliant les roquettes tirées par le Hamas qui visent aussi les civils. Mais pour ceux qui veulent bien faire l'effort d'essayer de comprendre, il faut remonter aux racines du conflit et aux causes immédiates de la situation.

Le blocus de la bande de Gaza a été décidé le 14 juin 2007 par le gouvernement israélien, suite à la prise de contrôle du Hamas de ce territoire, après sa victoire électorale de 2006 et le déchirement avec le Fatah.
La résolution 1860 du 8 janvier 2009 du Conseil de sécurité de l'ONU permet à l'aide humanitaire, vivres comprises, au carburant ainsi qu'aux traitements médicaux d'être distribués sans entrave dans tout Gaza -en insistant sur la prévention du trafic d'armes et de munitions-.
Le point de passage de Rafah a été réouvert en 2010. Suite au printemps arabe et au renversement d'Osni Moubarak, le voisin égyptien de la bande de Gaza passe alors sous contrôle des frères musulmans qui soutiennent ouvertement le Hamas et contournent le blocus israélien notamment sur les armes.

Le Hamas dispose alors des moyens de contrôler la population gazaouite grâce à l'accès aux denrées dans la bande de Gaza. Après le renversement de Morsi et la reprise en main par les militaires, la situation entre le Hamas et l'Egypte se dégrade. Le nouveau pouvoir égyptien lutte contre les tunnels d'approvisionnement illégaux de l'Egypte vers Gaza. Dans le même temps, les sources d'argent sale (notamment du marché noir) se tarissent pour le Hamas avec par capillarité le risque de ne pouvoir faire face à une révolte de la population gazaouite, prise en étau du fait de la fermeture des tunnels vers l'Egypte.

De son côté, le gouvernement israélien a connu en 2013 une redéfinition des cartes électorales avec une débâcle de la coalition au pouvoir. Kadima, 1er parti en 2009 (centre), passe de 28 sièges à 2 sièges. Quant au Likoud (alliée avec une frange nettement moins modérée de la droite Israel Beiteinu depuis 2012) formation de Benyamin Netanyahou, il perd 12 sièges et les mouvements ultrareligieux comme d'extrême droite progressent sans discontinuer dans le pays au détriment du centre. Si un nouveau mouvement du centre s'est créé avec d'autres priorités pour Israël, créant la surprise en ravissant 19 sièges, force est de constater que le rapport de force est plus à droite avec une velléité extensionniste et sécuritaire.

L'odieux assassinat de 3 jeunes israéliens est alors un détonateur enflammant la poudrière. Les roquettes du Hamas sont alors tournées vers les populations israéliennes et s'abattent sur des populations civiles qui bénéficient des forces de défense israélienne pour lutter contre les assauts du Hamas. La vengeance des ultras se traduira par un assassinat tout aussi odieux d'un jeune palestinien.

L'affrontement entre les islamistes et les militaires en Egypte, puis la victoire de ces derniers a conduit de facto à l'isolement du Hamas. Il suffit de voir la presse gouvernementale égyptienne pour se convaincre que l'occupation de Gaza est faite par le Hamas et non par Israël. Cet isolement conduit le Hamas à chercher légitimité et reconnaissance de la population sans pouvoir utiliser l'approvisionnement de la contrebande. La réaction du gouvernement israélien pourrait être toute autre, sauf qu'avec un électorat israélien de plus en plus droitier et face aux roquettes tirées de Gaza, Netanyahou s'est engagé dans une spirale destructrice.

Ceci explique le refus du Hamas pour respecter la trêve et cesser le feu car il n'y a d'autre solution que l'affrontement. Ainsi, en essayant de faire le plus de victimes civiles possibles, Israël apparait comme le seul responsable et par voie de conséquence voué aux gémonies par l'opinion publique mondiale. Ceci explique également la poursuite de l'armée israélienne, notamment pour détruire les tunnels qui permettent les incursions du Hamas en Israël et pour permettre à Benjamin Netanyahou de ne pas se faire dépasser par sa droite.

Alors comment sortir de cette ornière ?

La situation diplomatique et politique est d'autant plus délicate que ce conflit s'inscrit dans le conflit plus général qui oppose les forces islamistes entre elles (sunnites et chiites) et qui oppose les intégristes islamistes, dont la violence à l'égard des autres religions (voire les chrétiens d'Irak) n'a d'égal que celle faite aux femmes (lapidation récente d'une femme en Syrie) et au reste du monde.

Le monde danse aujourd'hui sur un volcan dont le conflit au Proche-Orient est certainement un symbole puissant parce qu'il met en jeu l'État juif contre le Hamas et donc contre une organisation islamiste ; mais le sujet est infiniment plus large.

Pour le Proche-Orient, on ne peut que souhaiter un cessez-le-feu le plus immédiat possible mais qui évidemment appelle l'accord des deux parties. Au-delà, la situation de Gaza est intenable tant que le Hamas, qui est aujourd'hui menacé puisque non soutenu par l'Égypte maintiendra son emprise sur Gaza. L'avenir ne peut être que celui de deux Etats qui se reconnaissent mutuellement et se garantissent réciproquement leur sécurité. Y parvenir implique que des changements se produisent sur le plan politique à Gaza, ce que la situation égyptienne permettrait. Le Hamas le sait. Et c'est une des raisons profondes de l'embrasement actuel. Mais Israël doit comprendre aussi que la spirale de la violence n'est pas une solution, qu'il ne peut gagner ainsi ni la paix contre l'opinion publique mondiale, ni sa crédibilité internationale en se laissant aussi facilement piéger par l'arme médiatique que le Hamas lui a tendu.

Notre Monde manque d'Anouar el-Sadate et d'Yitzhak Rabin

 

Source : HuffingtonPost

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/israel-gaza-egypte_b_5609229.html

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Algues vertes : la Cour Administrative d'Appel de Nantes reconnait la responsabilité de l'Etat.

22 Juillet 2014, 09:07am

Publié par Huglo - Lepage

Algues vertes se décomposant sur les plages bretonnes

Algues vertes se décomposant sur les plages bretonnes

Par un arrêt en date du 21 juillet 2014, la cour administrative d’appel de Nantes a donné raison à Monsieur Vincent PETIT, défendu par le Cabinet HUGLO LEPAGE, dont le cheval était décédé des suites de l’inhalation du sulfure d’hydrogène dégagé par les algues vertes sur la baie de Saint-Michel-en-Grève. La cour administrative d’appel a en effet annulé le jugement du tribunal administratif de Rennes du 29 juin 2012 et retenu la responsabilité de l’Etat pour n’avoir pas pris les mesures nécessaires pour endiguer le phénomène des algues vertes, et préserver ainsi l’environnement et la santé des personnes de leurs effets toxiques. Toutefois, la cour administrative d’appel a estimé que le requérant, connaissant parfaitement les lieux, ne pouvait prétendre à une indemnisation totale de son préjudice.
L’essentiel de cet arrêt reste que, une fois de plus, la justice administrative sanctionne l’incapacité des pouvoirs publics de s’attaquer sérieusement au problème récurrent et croissant des algues vertes, reconnaissant ainsi les conséquences sanitaires de cette carence.

 

Source : Le Blog Huglo-Lepage

http://blog.huglo-lepage.com/post/2014/07/21/Communique-de-Presse-Algues-vertes-la-Cour-Administrative-dAppel-de-Nantes-reconnait-la-responsabilite-de-lEtat

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Cantines scolaires toulousaines : le bio au régime sec

17 Juillet 2014, 09:14am

Publié par Ch. D.

Plus d'une demi-douzaine d'aliments servis aux écoliers toulousains provient de l'agriculture biologique locale.

Plus d'une demi-douzaine d'aliments servis aux écoliers toulousains provient de l'agriculture biologique locale.

En 2008, le bio a fait son entrée dans les cantines scolaires toulousaines. Pour la rentrée 2014, la mairie a décidé de diviser de moitié l'enveloppe allouée aux denrées bio par rapport à 2013.

Le contenu des assiettes des petits écoliers toulousains a été voté lors du dernier conseil municipal. Alors, bio or not ? Oui, mais… La nouvelle municipalité a effectué une coupe franche dans le budget. À la rentrée 2014, l'enveloppe réservée au bio dans les cantines est divisée de moitié au regard de 2013. Elle passe ainsi de plus de 3,2 millions d'euros à «seulement» 1, 6 million d'euros environ.

À noter aussi, 26,54 % du budget alloué aux cantines scolaires (plus de 11 millions d'euros pour l'achat des denrées par la cuisine centrale) sont réservés au bio, contre 33 % en 2013. «La raison de cette inflexion est certes économique mais pas seulement, justifie Martine Susset, conseillère municipale en charge de la restauration. On trouvera toujours du bio dans les cantines mais nous privilégions le bio local».

Servir du bio pour servir du bio ? La mairie dit non. Et en cela, elle se place dans la continuité de la volonté impulsée par la précédente municipalité. Plus des deux tiers du budget bio est consacré à la production locale. Parmi les denrées distribuées aux petites têtes blondes seront garantis bio et de nos régions, le pain, les pâtes fraîches, le fromage, le potage, le poulet, les yaourts brassés… Les légumes, le bœuf, le veau, l'agneau, eux, seront partiellement bio local. «Les producteurs bio locaux commencent à se développer, poursuit Martine Susset. Mais parfois, les quantités produites sont insuffisantes. Nous ne voulons pas du bio qui viendrait d'Europe du Nord. Nous voulons du bio local». Des arguments que réfute Élisabeth Belaubre, élue chargée de la restauration scolaire du temps de Pierre Cohen (voir notre encadré).

De 1,39 € à 3,87 € le ticket de cantine

On est donc loin du tout labellisé bio dans les assiettes. Deux raisons à cela selon la municipalité, d'une part, la production ne serait pas encore à l'échelle de la consommation ; d'autre part, le bio coûte cher. «On serre les prix au maximum», affirme Martine Susset. L'objectif ? Que la facture soit la moins salée possible pour les parents. «Les tarifs pour la rentrée 2014 n'ont pas beaucoup changé comparé à 2013. Mais il faut tenir compte de l'augmentation des prix des denrées», souligne la dame cantine de la mairie.

Publiés en début de semaine sur le site de la Ville, les tarifs tiennent compte des revenus mensuels du ménage (hors prestation Caf), du nombre d'enfant profitant du service, et du degré : maternelle ou élémentaire. Ainsi, les enfants des familles dont les revenus n'excèdent pas 914 euros par mois ne paient pas la cantine. Et un écolier dont les parents gagnent plus de 5 500 euros mensuels paiera 3,87 euros, soit 5 centimes de plus que l'an passé. Les enseignants, eux, devront s'acquitter de 3,97 euros.


Le chiffre : 1,6

million d' euros >Alloués au bio. Cette année, c'est le montant réservé à l'achat de denrées bio qui seront servies dans les cantines scolaires toulousaines. Un budget divisé par deux comparé à 2013. L'an passé, 5 140 700 repas ont été servis dans les écoles (maternelles et élémentaires) publique toulousaines. Un chiffre qui a augmenté de25 % depuis 2009.

«Le bio dans les cantines scolaires ce n'est pas du dogmatisme. C'est une question de santé publique et environnementale. Il y va de l'intérêt général».

Élisabeth Belaubre, ancienne élue municipale (EELV) en charge de la restauration.


Le faux argument du manque de productivité

Élisabeth Belaubre était la Dame cantine durant le mandat de Pierre Cohen. Elle avait fait du bio dans la restauration scolaire une de ses priorités : «En 2008, nous avons impulsé des changements dans les pratiques, il faut continuer aujourd'hui la démarche. La cantine municipale est un consommateur de poids, mais elle ne consomme qu'une infime partie du bio produit en Midi-Pyrénées. Parler de manque de productivité est un mauvais argument. Le bio local ne coûte pas plus cher. Sous l'ancienne municipalité, 33 % du budget de la cantine allait au bio, pourtant le coût du repas n'a pas augmenté depuis 2008. Je pense que le budget alloué aux denrées est une question de choix pour les municipalités.»

 

Ch.D.

 

Source : La Dépêche

http://www.ladepeche.fr/article/2014/07/14/1918179-cantines-scolaires-toulousaines-le-bio-au-regime-sec.html

 

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La France a besoin d'une opération mains propres

2 Juillet 2014, 20:45pm

Publié par Corinne Lepage

Corinne Lepage

Corinne Lepage

La France, dont la réputation des petits arrangements entre amis sur le plan politique, du copinage, des décisions politiciennes en contradiction flagrante avec le droit, n'est plus à faire, est-elle en train de changer?

Nos concitoyens ne supportent plus, et à juste titre, le hors droit(s) dans lequel la classe politique s'est enfermée, l'affaire Bygmalion n'étant que la quintessence d'un système dans lequel la partitocratie s'est installée pour mieux utiliser les fonds publics à l'abri des regards et assurer à ce petit monde une impunité qui permet tous les excès.

Or, l'affaire Cahuzac d'abord, puis les affaires multiples qui ont fleuri autour de Nicolas Sarkozy et de ses amis, l'affaire Bygmalion dans ses multiples facettes, sans parler des affaires anecdotiques de sous déclaration des patrimoines par les ministres, d'utilisation abusive de logements sociaux et autres anomalies, démontrent que les règles de droit commencent péniblement à s'imposer au personnel politique.

Il était plus que temps dans un pays où les affaires de corruption, de trafic d'influence, de dépenses somptuaires et d'utilisation abusive des fonds publics sont ravageuses sur le plan électoral. L'abstention et le vote lepéniste comme celui du Front de gauche (même si ces deux votes ne sont pas comparables) traduisent pour partie le dégoût que tout ceci inspire à des concitoyens confrontés au chômage, à l'absence de perspectives et au sentiment de déclin que traduit le recul de la France dans le classement des pays de l'OCDE pour le niveau de vie (18e). Seul le droit, c'est-à-dire la justice, peut faire la lumière sur les faits, donner une incrimination pénale à ces faits s'il y a lieu et sanctionner pénalement les responsables. Ce que l'on peut souhaiter est le fait que la justice passe, le plus rapidement possible, et qu'une fois pour toutes, toutes les écuries d'Augias soient nettoyées. En effet, les Français ne reprendront confiance dans leur système démocratique et dans ceux qui en sont issus, que lorsque la transparence sera assurée pour l'avenir et les responsabilités sanctionnées pour le passé.

Mais pour qu'il en soit ainsi, encore faut-il que la justice puisse s'intéresser, sans exclusive, à toutes les infractions potentielles. L'opération mains propres dont la France a impérativement besoin passe par un certain nombre de réformes juridiques dont il n'est de loin pas certain que le parlement accepte d'en voter les termes. En effet, si la création de la Haute Autorité de la transparence est incontestablement une "révolution", qui va progressivement porter ses fruits puisque des associations de luttes contre la corruption peuvent la saisir, si elles sont habilitées, ce qui est le cas par exemple de Transparency International France, il faut aller beaucoup plus loin en donnant en particulier à la commission nationale des comptes de campagne et de financement des partis des pouvoirs d'investigation et de sanction qu'elle n'a pas et un accès aux comptes des partis en temps réel.

L'usage de tout fond public par des élus doit être rendu public, qu'il s'agisse d'avantages en nature ou de moyens financiers. C'est aussi le financement des campagnes, leur plafonnement, le financement des partis politiques, l'interdiction des micro partis bénéficiant d'aide de l'Etat (via les déductions fiscales) qu'il faut revoir. Mais, quoi qu'il en soit, une véritable révolution est en marche qui va enfin soumettre les élus de la République au droit commun. "La révolution est comme une bicyclette: quand elle n'avance pas elle tombe" disait che Guevara. Et plus la révolution sera rapide, moins elle sera violente pour la société et plus ses effets seront salutaires.

Mais la révolution par le droit ne s'arrête pas là. En effet, sur les grands sujets de société, le droit précède ou prend position par rapport au politique. Ainsi, en l'espace d'une semaine, le juge a pris position sur des sujets extrêmement délicats. Le conseil d'État puis la Cour Européenne des Droits de l'Homme se sont prononcés ou sont saisis dans le cas de l'affaire Lambert sur la question de la fin de vie et du droit ou non d'un individu et ou de sa famille de disposer du droit de mourir. La Cour Européenne des Droits de l'Homme s'est prononcée sur la question du droit à l'identité d'enfants nés à l'étranger par GPA, contraignant ainsi le pouvoir politique à prendre position dans un domaine dans lequel la société française est extrêmement divisée. Mais il ne s'agit pas de l'obligation - et heureusement - pour la France de reconnaître la GPA, il s'agit de l'obligation d'offrir à un individu le droit minimal qui est le sien, celui de disposer d'une identité.

Enfin, la Cour Européenne des Droits de l'Homme a validé la loi sur la Burka même si c'est du bout des lèvres permettant ainsi à la France d'appliquer comme elle l'entend les principes de la laïcité, même si cela est sous couvert du vivre ensemble et de la défense de l'ordre public. Ainsi, le droit conventionnel, comme du reste le droit communautaire, s'imposent dans notre société encadrant le pouvoir politique, ce qui constitue incontestablement une garantie pour les citoyens et une limitation pour le politique contraint de respecter les grands principes ou les règles auxquelles il a souscrit.

Progressivement, l'État de droit devient une réalité concrète et sort du domaine de la fiction dans laquelle nos "grands stratèges" ont cru pouvoir le cantonner. Les grands principes applicables, nous les devons soit à la Constitution, soit à la Charte Européenne des Droits de l'Homme, soit aux traités européens... qui sont autant de parades à une mauvaise gestion. Chaque politique doit s'y soumettre et tous ceux qui plaident contre ces grands principes ou veulent passer au-delà doivent expliquer quelle forme de dictature ils veulent mettre en place.

 

Source :  Le Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/et-si-le-droit-sauvait-la-politique_b_5552528.html

 

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