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Cap21/LRC Toulouse

Demain en septembre 2014

30 Août 2014, 20:41pm

Publié par LeRC_TMP

Demain en septembre 2014

Citoyennes, Citoyens, Amis Twittos, favorisez, re-transmettez nos tweets, commentez-les !

Pour toute demande d'information(s), contactez-nous :

  1. par courriel à rcitoyentoulouse @ gmail.com
  2. par l'onglet CONTACT ci-dessus prévu à cet effet.
  3. Par courrier au 2 rue Henriette Achiary 31500 Toulouse

 

Sur l'agenda du Rassemblement Citoyen de Toulouse & Midi-Pyrénées en septembre 2014, nous avons :

  • Une réunion de travail au siège de LeRC-TMP le lundi 8 septembre 2014 à partir de 19h00

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Un remaniement : pour quoi faire ?

28 Août 2014, 08:02am

Publié par Corinne Lepage

 

Il est rare qu'un remaniement soit subi et non pas voulu par la tête de l'exécutif. Que Arnaud Montebourg, pour des raisons liées à sa carrière personnelle, ait programmé sa sortie du gouvernement, même s'il pensait sans doute rester encore quelque temps, apparaît comme une évidence. Que le Président de la République et le premier ministre n'aient pas eu le choix du moment du remaniement relève de la même certitude.

L'absence de choix dans la date à la veille du vote d'une des grandes lois du quinquennat sur la transition énergétique a renforcé Ségolène Royal au ministère de l'environnement et c'est une très bonne chose.

L'avantage de ce gouvernement Valls 2 est que l'orientation politique est claire et les ambiguïtés consistant à faire figurer dans un même gouvernement des alternatives politiques aussi contradictoires que ceux du tandem Montebourg -Hamon avec la ligne fixée par le Président de la République, sont maintenant levées.

L'orientation social-démocrate est clairement affirmée même si la prétendue austérité dont se targue la gauche de la gauche n'existe en réalité que dans les discours. Certes, la croissance est nulle et la déflation menace, mais la rigueur budgétaire est toute relative et les réformes de structures ont plus que tarder à venir. De toute façon, les mesures annoncées jusqu'ici sont très insuffisantes pour produire des résultats concrets dans des temps rapprochés et pour parvenir à l'essentiel: redonner confiance.

Pour y parvenir, il faudrait un choc permettant en particulier à l'épargne de nos concitoyens, qu'il s'agisse de celle des ménages ou celle des entreprises, de se réinvestir parce qu'ils ont précisément confiance dans l'avenir. À cet égard, les propositions de Jacques Attali paraissent particulièrement attrayantes en particulier sur le logement. Mais, de manière plus générale, en maintenant le matraquage fiscal actuel sur les ménages qui ont les moyens d'investir, il est tout à fait logique que l'épargne de précaution se maintiendra avec un taux d'épargne en regard des revenus encore jamais atteint sous la Vème République. Le changement, c'est maintenant. Peut-être, mais encore faut-il le prouver!

Le remaniement permettra-t-il d'aller dans la direction fixée par le chef de l'État? Il faut l'espérer, on peut toutefois en douter. En effet, le remaniement permet de créer une équipe qu'on espère cohérente, et l'arrivée d'Emmanuel Macron est un symbole fort dont on peut comprendre qu'il fasse plus que grincer des dents sur la gauche de la gauche. Mais le Président de la République et le Premier Ministre n'ont pas la majorité parlementaire qui va avec leur politique et les considérations purement politiciennes des uns et des autres risquent de l'emporter largement sur l'intérêt général.

L'intérêt général aujourd'hui serait que tous, du centre-droit et du centre-gauche, qui partagent notamment l'option présidentielle, acceptent de mettre en œuvre cette politique et qui précisément est la leur. Sauf que le centre gauche hormis le PRG, encouragé par le Président, n'est pas reconnu dans les actes. Aucune ouverture n'est constatée, pas plus que vers d'autres écologistes que les Verts, probablement pour ne pas heurter une gauche dure qui de toute façon est vent debout.... Quant au centre droit, il préfère viser 2017 et avant cela les élections régionales pour tenter d'utiliser la faiblesse de la gauche et la décomposition de la droite pour avancer. Il n'est donc pas question de se brûler les ailes en acceptant de participer à un gouvernement qui se trouve dans une situation extrêmement difficile.

Le cap, mis à juste titre par le Président, ne passe plus par le centre du PS et sera difficilement soutenu par un EELV où la ligne Duflot l'a emporté, empêchant les progressistes de participer au gouvernement. Alors, certes, la Constitution offre des outils juridiques au Premier ministre pour jouer le bulldozer et la menace d'une dissolution (qui ne pourrait intervenir qu'avant mai 2016) serait en l'état suicidaire pour le PS. L'autre arme disponible est le 49-3 mais il ne peut être utilisé que2 fois dont une fois pour le budget. Finalement, il n'en demeure pas moins que la majorité parlementaire ne peut fonctionner que sous la contrainte et pas par adhésion.

Reste l'adhésion des Français. Ils attendent à l'évidence des résultats et sont dans le pragmatisme plus que dans l'idéologie. Pour autant, ils ressentent sans doute d'autant moins le rôle majeur que chacun peut jouer dans la relance, que le mépris avec lequel la société civile est traitée par la partitocratie qui reste intacte. Tant que la politique ne sera pas redevenue l'affaire des citoyens et sera monopolisée par des partis politiques déliquescents, ce que le front National assermente d'ailleurs avec sa fameuse conjonction UMPS, il est évident que l'océan qui sépare les politiques de la société ira croissant. La confiance passe aussi par un changement des décideurs.

 

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/un-remaniement-pour-quoi-faire_b_5724840.html

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Corinne Lepage : "Il faut une ouverture au centre du nouveau gouvernement"

25 Août 2014, 11:00am

Publié par Corinne Lepage

Corinne Lepage : "Il faut une ouverture au centre du nouveau gouvernement"

Marianne : Que pensez-vous du remaniement annoncé du gouvernement annoncé ce jour ?
Corinne Lepage : C’est tout à fait logique et cela vise directement Arnaud Montebourg. Quand on est ministre de l’Economie et que l’on critique la politique économique, il est normal de devoir prendre la porte. Je ne sais pas dans quel but ou avec quelle échéance électorale en tête Montebourg a fait ça, mais ça a tout d’une affaire d’égo inutile au moment où la France doit gérer des problèmes de grande ampleur à l’étranger.
 
Qu’avez-vous pensé, sur le fond, du coup de force de Montebourg de ce week-end ?
Ce ne sont que des mots. Qu’est ce qu’a proposé Montebourg depuis sa prise de fonction et que Hollande ou Valls lui auraient refusé ? Par ailleurs, on ne peut pas dire, comme il le fait, qu’on mène une politique d’austérité alors que nous sommes à 4,5% de déficit national. Au final, je trouve ce « coup de force » assez lamentable et je soutiens cette décision qui a du être prise faute de démission de l’intéressé et suis heureuse que Valls puisse composer un nouveau gouvernement.
 
Vous attendez-vous à recevoir un coup de fil dans la journée, vous avez le profil ?
Non. Je ne demande rien, n’attends rien, mais il faut bien avouer que je suis proche de la ligne de Manuel Valls. Il faut que ce gouvernement fasse enfin de grandes réformes. Il serait terriblement frustrant de le voir quitter le pouvoir sans avoir pu les mener. Alors que le pays vit des heures compliquées, je regrette — et c’est peu dire — aujourd’hui le fait que les parlementaires des partis politiques français ne puissent travailler ensemble et réussir à s’entendre. Prenons l’exemple du pacte de responsabilité. C’est un dispositif qui devrait faire le bonheur du centre droit. Alors pourquoi personne ne le dit dans ce camp ? Sans parler d’un gouvernement d’union nationale, ce qui est un gros mot en France. Il faudrait penser à une coalition et c’est en partie pour cela que je réclame une ouverture au centre pour la constitution du nouveau gouvernement.

 

Source : Marianne

http://www.marianne.net/Corinne-Lepage-Il-faut-une-ouverture-au-centre-du-nouveau-gouvernement_a240807.html

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40 ans d’écologie en France, des succès mais combien d'échecs !

21 Août 2014, 15:05pm

Publié par Corinne Lepage

Alors que se tiennent actuellement les journées d'été d'Europe-Ecologie les Verts, l'ancienne eurodéputée Corinne Lepage propose un bilan de l'écologie en France.

 

Le 40e anniversaire de la candidature de René Dumont à l’élection présidentielle est une excellente occasion de dresser un bilan de 40 ans d’écologie en France. L’écologie ne se réduit naturellement pas à l’écologie politique. Et, heureusement ! En effet, les principaux succès que les combats écologiques ont pu rencontrer en France ne doivent que bien peu à l’écologie politique. Certes, il y a eu de grandes avancées juridiques dues au législateur comme les lois sur les études d’impact (1976), les déchets (1975), les installations classées (1976 et  1992), l’eau (1964 et 1992), l’air (1996), le bruit et le paysage et bien sûr la charte de l’environnement inscrite dans la Constitution (2004). Mais l’essentiel de ces lois a été voté par des majorités de droite généralement très allergiques à l’écologie politique.

 

Et, depuis une vingtaine d’années, l’essentiel des progrès dans le domaine du droit de l’environnement est venu de l’Union européenne. Les combats gagnés l’ont été le plus souvent grâce aux mouvements associatifs, à la mobilisation civile et à des procès retentissants : Amoco-Cadiz qui a jugé de la responsabilité des maisons mères pour leurs filiales, ce que le droit français ne reconnaît toujours pas, Erika qui a établi en France la réparation du préjudice écologique, le procès des algues vertes également… La mobilisation des scientifiques, des juristes et des faucheurs volontaires a permis d’éviter la mise en culture d’OGM, comme celle des associations et des collectivités locales l’exploitation des gaz de schiste.

L'écologie politique en cause

Mais, pour ces quelques succès dont certains ne sont de loin pas définitifs, combien d’échecs ! Premier pays utilisateur de pesticides dans l’Europe, pays le plus nucléarisé du monde, dernier grand pays européen pour le développement des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, pays le plus diésélisé d’Europe, sols et eaux durablement contaminées, une aversion durable à une participation et même une information complète du public, un retard permanent dans la mise en œuvre du droit communautaire, on ne peut pas dire que le bilan de la France soit particulièrement brillant. L’écologie politique en est pour une part responsable.

En effet, tout d’abord, l’écologie politique a été incapable jusqu’à présent de s’unifier. Daniel Cohn-Bendit aurait peut-être pu y parvenir avec Europe-Ecologie si l’appareil des Verts n’avait pas pris le pouvoir avec le sectarisme qu’on lui connaît. L’unification et a fortiori le succès de la coopérative auraient obligatoirement conduit à changer radicalement la manière de faire la politique en donnant une large part du pouvoir à une société civile sans laquelle l’écologie ne peut pas exister. Au lieu de cela, la nomenklatura de EE-LV a donné la pire image partisane qu’elle pouvait donner d’elle-même. La recherche du pouvoir pour le pouvoir avec l’abandon des fondamentaux, suivie d’un virage à la gauche de la gauche pour une grande partie des cadres dirigeants a discrédité au regard de l’opinion publique l’écologie politique. Ce virage vers le front de gauche et l’anti mondialisme a deux conséquences : d’une part, il fait de l’écologie n’ont pas un objectif en tant que tel mais un simple instrument au service de la transformation sociale, autrement dit une variable d’ajustement utile dès lors qu’elle sert le véritable objectif. D’autre part, si elle peut séduire la partie située à l’extrême gauche de l’électorat conduisant à une course à l’échalote avec le front de gauche et le NPA, elle isole totalement l’écologie politique de l’immense majorité de nos concitoyens. Un certain nombre de responsables d’EELV et notamment les élus, à l’exception notable de Cécile Duflot, l’ont parfaitement compris et ont entrepris une démarche intéressante vers une autre vision de l’écologie politique.

L’écologie politique n’a pas su évoluer avec le changement de monde auquel nous assistons. Continuer à parler de décroissance, de fiscalité croissante, de contraintes supplémentaires dans un pays où le chômage ne cesse de croître, où la fiscalité est une des plus importantes d’Europe est une hérésie. Certes, d’autres voix venues d’une écologie positive et responsable se font entendre pour défendre le développement économique, le capitalisme entrepreneurial, la croissance de tout le secteur de l’économie verte et connectée. Mais, l’image que véhicule l’écologie politique dans l’opinion publique reste celle de la punition permanente, de la contrainte, du bâton. S’y ajoute désormais celle des combats traditionnels de l’extrême gauche y compris avec des voisinages parfois très hasardeux, notamment sur le plan international.

L'écologie politique est une nécessité

Et pourtant ! Jamais sans doute l’écologie politique a-t-elle été aussi nécessaire. D’abord parce que les enjeux majeurs, qu’ils soient climatiques et énergétiques ou sanitaires sont ceux de tous les humains et que le partage des défis, qui concernent l’humanité toute entière, devraient être un outil de rassemblement de toutes les bonnes volontés. Ensuite parce que ces enjeux majeurs, même si le chômage reste le souci numéro un des Français, sont très importants pour nos concitoyens à commencer par l’enjeu sanitaire sur lesquels les écologistes devraient être infiniment plus présents qu’ils ne le sont. Heureusement, de grandes associations comme Greenpeace, WWF ou France Nature Environnement…, les associations de consommateurs comme les associations spécialisées, font un travail immense. Ce sujet devrait être un des sujets prioritaires de l’écologie politique ; également, parce que l’écologie politique doit s’emparer de la nouvelle économie pour en être un des défenseurs le plus actif.

Dans un temps où la France et même l’Europe s’interrogent sur les secteurs de réindustrialisation, il est évident que la troisième révolution industrielle, qui marie énergie et internet, donne une direction à suivre pour relancer l’activité économique. La sortie progressive de la société du pétrole, qui nous donnera l’indépendance énergétique autant que politique, et de la société du nucléaire, qui libérera notre pays d’un risque majeur et d’une option énergétique devenue beaucoup trop coûteuse, permet de cibler les investissements, les formations et la consommation. Mais surtout, l’écologie politique est de nature à redonner du sens et donc de la confiance à nos concitoyens. Elle devrait être un pivot de recomposition politique orienté vers la société civile. Les consommateurs, les entreprises du Nouveau Monde, les associations, le monde médical trouveraient, si l’outil leur était proposé, un substrat commun pour un projet collectif porteur de sens et de valeur(s), dans tous les sens du terme.

Mais, pour ce faire, encore faut-il accepter d’abandonner quelques vaches sacrées et de sortir d’une valse des ego, qui n’aboutit à rien. Le temps de la maturité devrait être venu pour contribuer à sortir notre pays de l’impasse dans laquelle il se trouve.

Corinne LEPAGE Présidente de Cap 21

 

Source : Libération

http://www.liberation.fr/politiques/2014/08/21/40-ans-d-ecologie-en-france_1084337

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Soutenons les chrétiens d'Orient

15 Août 2014, 09:20am

Publié par Corinne lepage

Ce qui se passe en Irak et au Moyen-Orient nous concerne tous aujourd'hui. Certes notre pays fait face à tellement de défis et de défiance qu'il peut apparaître d'autres priorités que de s'occuper de l'actualité de cette partie du monde. Pourtant, notre statut de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU (avec le droit de véto), le fait d'être une puissance nucléaire, notre histoire et nos valeurs sont autant de raisons pour agir. Au-delà de ces questions, il convient de prendre en compte que nous sommes devenus économiquement interdépendants. Que l'on ne soit pas comme moi une adepte du mondialisme, la mondialisation est un fait et on ne peut décemment ni vendre la mondialisation heureuse, ni la démondialisation, ni l'isolationisme. De cette zone et de ses conflits dépendent notre approvisionnement énergétique et les cours mondiaux des matières premières. Nous ne pouvons pas concomitamment aller face à une flambée des cours du pétrole et une baisse de l'euro qui ferait augmenter mécaniquement le prix à la pompe et aurait des conséquences importantes pour le budget des ménages et notamment celui des plus faibles. Enfin, et peut-être surtout, ce qui se joue en Irak et en Syrie, met en péril le maintien de la présence chrétienne dans cette zone du monde où elle trouve pourtant ses racines. La civilisation judéo-chrétienne trouve sa source aussi en Mésopotamie, et la destruction de vestiges venus de Ninive ou de Ur est un symbole extrêmement puissant de la volonté de destruction.

Ce qui se passe en Irak devrait ouvrir les yeux de tous nos concitoyens sur la menace politique que fait peser sur les démocraties l'islamisme radical, pourtant soutenu par un certain nombre de personnes qui n'ont décidément rien compris à l'histoire et sont des observateurs patentés du chaos.

Si l'islam est une religion, respectable et légitime comme toutes les autres, en revanche l'islamisme sous sa forme salafiste et intégriste n'est qu'un fascisme, tout à fait comparable aux horreurs que nous avons connues au XXème siècle. Ce fascisme, à vocation planétaire, puisqu'il s'agit d'établir la charia et le califat à l'échelle de l'humanité, répond à toutes les caractéristiques connues du totalitarisme, sous sa forme la plus hideuse s'attaquant de surcroît à la vie privée. Les femmes sont non seulement tenues de se voiler de pieds en cap, interdites de droit, mais les non musulmanes ou tout au moins non sunnites, peuvent se voir vendues comme le font les fanatiques irakiens à l'égard des femmes chrétiennes. Ce fascisme, comme le nazisme, s'attaque aux racines culturelles, brûlant et détruisant les manuscrits et symboles d'une des plus vieilles civilisations du monde comme l'avaient fait les SS des livres émanant d'écrivains et de scientifiques juifs.

Et, ce qui se passe en Irak, en Syrie, peut-être demain au Liban, essaime en Afrique avec Boko Aram, AQMI et autres sous-produits de la mouvance d'Al Qaïda. Le Hamas appartient à cette même mouvance. Leur objectif est clair : imposer l'islam intégriste au monde entier.

Il est plus que temps d'ouvrir les yeux car le combat qui s'est engagé, dans lequel les minorités religieuses non musulmanes et souvent non sunnites, sont les victimes, est un combat qui intéresse le monde entier. Le pape s'est ému du sort des chrétiens orientaux et il est pour le moins stupéfiant de constater que toutes les organisations qui se sont tant fait entendre pour défendre les victimes civiles de Gaza, sans doute bien moins nombreuses que les victimes civiles des fascistes salafistes restent muettes. Cette indignation très sélective traduit la profonde ambiguïté dans laquelle sont entrés un certain nombre d'organisations et de partis politiques, qui, pour des raisons électoralistes ou pour des raisons idéologiques sont aveugles au nouvel état du monde.

Sans doute, le choix des images n'est-il pas neutre. Des enfants morts sont insoutenables et nul ne peut rester sans indignation ; mais lorsque les roquettes sont tirées par le Hamas lui-même sur sa propre population, les médias français le taisent même lorsque c'est un journaliste français qui en est témoin et qui témoigne sur une chaîne étrangère. Lorsque les chiffres des victimes dites civiles sont manifestement faux, c'est le New York Times qui l'explique, il faudra attendre plusieurs jours pour que seul le journal Libération en fasse état. Lorsque les journalistes sont menacés par les militants du Hamas s'ils les filment, personne n'en témoigne. Quant aux images de l'Irak, si les populations en exode sont filmées, les journalistes se gardent bien de rendre compte des exactions des tyrans du califat en Irak et au Levant. Ces manipulations qui sont évidemment volontaires, traduisent-elles un parti pris délibéré dans lequel l'antisémitisme n'est jamais très éloigné, ou la peur de déplaire à une minorité très active qui soutiendrait indirectement l'islamisme intégriste ? Si tel était le cas, la situation serait triplement catastrophique.

Elle impliquerait tout d'abord que la minorité musulmane française soutient ces barbares, ce qui est faux et partirait d'une vision communautariste qui est à l'opposé des valeurs de la République française. Elle impliquerait en second lieu que la République a d'ores et déjà abdiqué par rapport à des idéologies fascisantes à l'opposé du système démocratique et des Droits de l'Homme que nous défendons. Elle impliquerait enfin que le système médiatique n'ait rien compris de ce qui est en train de se jouer et de la nécessité pour la communauté française dans son ensemble -et à commencer par les Français musulmans- de faire connaître leur opposition totale à cet intégrisme qui voudrait renvoyer le Monde au Moyen Âge. Je ne crois pas à un quelconque complot.

Certes, le gouvernement français, malgré quelques atermoiements, a marqué une position ferme à la fois sur le droit à la sécurité d'Israël et sur l'absolue nécessité de défendre les chrétiens d'Orient comme de combattre le salafisme. L'Intervention française au Mali s'inscrit dans la même logique comme la volonté affirmée de lutter contre les jihadistes français. On ne peut que soutenir l'envoi d'armes pour lutter en Irak mais personne ne sait aujourd'hui si cela sera suffisant.

Le combat qui va être long et douloureux ne sera gagné que pour autant que les citoyens prendront conscience de ce qui se joue. Il semble se dessiner une union nationale sur la question irakienne. Il serait souhaitable qu'il soit répondu à l'appel du pape François pour que les organisations musulmanes prennent une position franche et claire sur le sujet. De la même manière, la mobilisation contre l'antisémitisme est un excellent indicateur de l'état conscience de la société. On ne peut que se réjouir de l'appel lancé par une dizaine d'associations, à l'initiative de SOS Racisme au début du mois d'août et on ne peut que souhaiter une mobilisation qu'on ne voit pas venir de la société française.

L'heure n'est plus aux atermoiements. Que ce soit sur le plan international ou sur le plan national, tant au niveau civique qu'au niveau économique, l'heure est à la mobilisation et au rassemblement du plus grand nombre autour de l'essentiel plutôt qu'à la recherche de ce qui nous divise. A ce titre un peu de pédagogie et de courage éditorial permettraient à l'évidence d'éclairer les français sur les menaces qui augmentent au fil du temps.

 

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/soutien-chretiens-orient_b_5680899.html

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