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Cap21/LRC Toulouse

Articles avec #chroniques du capitole

«Je m'en occupe demain !»

3 Mars 2014, 16:26pm

Publié par Elisabeth Belaubre

«Je m'en occupe demain !»

«Je m'en occupe demain!»
Ou : De la procrastination considérée comme un Art politique.
Ou : Pour croire mes promesses, regardez mon bilan...


On ne répétera jamais assez que les pesticides sont des poisons cancérigènes et endocrinoperturbateurs.
Personne ne met cette information en doute (une telle unanimité est rare en France).
Les fruits et les légumes, sauf quand ils sont issus de l'Agriculture Biologique, contiennent des pesticides, puisqu'ils sont traités régulièrement tout le long de leur culture. C'est légal.
Petite séance de calcul : La dose de pesticides autorisée dans l'eau est de 0,1 microgramme par litre, alors que la dose autorisée dans les fruits et légumes est de 1 milligramme par kilo, donc 10 000 fois plus que dans l'eau. On appelle cela les «doses résiduelles» de pesticides.

 

Si je mange 500g de fruits et légumes par jour (tout le monde ne le fait pas, mais ce n'est pas énorme), j'absorbe jusqu'à 0,5 g de pesticides par jour, soit environ 180 grammes par an, donc un bon demi kilo en trois ans. Mettez devant vous un demi kilo de poison acheté dans une droguerie ou un magasin de jardinage et imaginez que vous (et vos enfants...) consommez ça en trois ans. Ce n'est pas de la science fiction. C'est la norme.


De plus, les analyses des services de contrôle montrent régulièrement des dépassements des normes autorisées. Mais il y a très peu de contrôles...
Seul le label «Agriculture Biologique» garantit que les fruits et légumes ne sont pas traités par des pesticides ou des herbicides. C'est pourquoi je demande fermement que toute aide publique à l'Agriculture s'accompagne de l'obligation d'aller vers l'Agriculture Biologique.
Et il ne s'agit pas d'accepter l'agriculture «durable» ou «raisonnée» qui continue d'utiliser des pesticides. Ce sont les lobbies de l'agrochimie qui entretiennent la confusion pour qu'on croie que l'agriculture durable ou raisonnée, c'est presque pareil que l'agriculture biologique.
C'est faux !
En principe, tous les écologistes, les Verts, et aujourd'hui EELV devraient défendre
l'agriculture biologique, non ?
Pourtant, en décembre 2013, la Communauté Urbaine de Toulouse a adopté un
« programme d'actions » portant sur la « valorisation du maraîchage » à Blagnac. Programme qui s'accompagnera évidemment de subventions.
Et c'est Antoine Maurice, élu «écologiste» EELV et Président de la Commission concernée, qui a présenté cette délibération, en acceptant que la mention «Agriculture Biologique» ne figure pas dans le texte voté, ni aucune obligation de conversion en bio, malgré ma demande répétée et catégorique. Il a aussi refusé le report du vote que j'avais demandé pour élaborer un texte plus ambitieux. Ainsi le texte voté dit juste que « les modalités et conditions de cet accompagnement et soutien feront l'objet d'un conventionnement proposé lors d'un prochain Conseil ».
Ben voyons ! On s'en occupe demain, c'est ça?
Les vrais écologistes, mais aussi tous les toulousains, doivent savoir que c'est comme ça qu'au lieu d'avancer, on recule ! J'ai été seule, sur 113 membres du Conseil de Communauté présents, à voter contre ce texte sans exigence, qui pourra nous nuire dans des projets plus ambitieux, comme la création d'une ceinture maraîchère 100% biologique (projet que j'ai élaboré au cours de mon mandat en tant qu'élue responsable de la Régie Agricole de Toulouse, et que les élus EELV ont freiné, exactement comme des élus non-écologistes).
Ce vote est un exemple de la capitulation fréquente des élus EELV dans des débats où ils devraient se battre sans relâche ! Car c'est cela que leurs électeurs attendent d'eux[1].
J'ai un bilan de mandat qui reflète le travail que j'ai accompli comme élue pendant six ans.
C'est sur la base de ce bilan que l'on peut me faire confiance pour proposer des projets réalistes, et pour les réaliser ! Tout le monde ne peut pas en dire autant...
Au fait, le 23 mars, on vote...Pas le lendemain !

 

 

[1] C'est une des raisons pour lesquelles j'ai quitté Les Verts / EELV : cette manie de ne pas faire aujourd'hui ce qu'on a dit, même quand on a le pouvoir. Il y a 25 ans, les Verts demandaient la sortie du nucléaire - grâce aux énergies renouvelables et aux économies d'énergie - en 10 ans. Aujourd'hui, 25 ans après, ils demandent cette sortie en 30 ans. Et on n'a toujours pas commencé. Or, que je sache, certains sont au gouvernement...

Et puis maintenant c'est l'agriculture biologique qui est en train de disparaître de leur vocabulaire...

Moi, ça ne me convient pas : Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis.

 

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Gare à la mémoire !

3 Mars 2014, 14:15pm

Publié par Elisabeth Belaubre

Gare à la mémoire !
Gare à la mémoire !


Je participe à la Commission «Eau et Assainissement» de la Communauté Urbaine. Au hasard d'une réunion, je découvre qu'il existe deux manières de traiter l'eau pour la rendre potable : la «floculation par des sels de Fer», ou la «floculation par des sels d'Aluminium».
J'apprends qu'on traite l'eau des Toulousains avec des sels d'Aluminium.
L'Aluminium est un élément toxique. De plus, comme chacun sait, il est reconnu comme favorisant la maladie d'Alzheimer, et cette maladie progresse de manière très inquiétante.
Voyons le problème : La technique aux sels d'Aluminium a été choisie par les ingénieurs et techniciens de l'eau (de Véolia, puisque c'est cette Société privée qui traite l'eau des Toulousains). Ça me paraît tout de même un peu étonnant qu'une décision technique comme celle-là, qui risque de poser un problème de santé publique, n'ait pas été soumise à l'accord des élus.
Comme je demande à me saisir du problème, on me fait passer les informations utiles (avis techniques, rapports de colloques sur le sujet etc.) et je comprends qu'aucune raison économique ou technique n'empêche de choisir la floculation au Fer, non toxique.

Mon avis d'adjointe en charge de la Santé environnementale est clair : C'est cette méthode au Fer qu'il faut utiliser.
Je demande que la Commission «Eau et assainissement» se prononce sur ce sujet. Comme le Président de la Commission est seul à décider de l'ordre du jour, et comme le Maire Pierre Cohen n'a même pas idée que ce genre de question puisse se poser, ma demande n'aboutit pas !
Pourquoi ? Ça les embête de parler de ça ? Pas de réponse, comme d'habitude.
Ainsi la question n'a pas été abordée politiquement, la Commission n'a pas débattu, et la floculation aux sels d'Aluminium est restée un choix technique. Circulez, y a rien à voir !
Je dis qu'il faut abandonner ce fonctionnement technocratique irresponsable, et obliger les élus à s'impliquer personnellement dans toutes les décisions politiques qui sont aujourd'hui traitées comme de simples choix techniques laissés soit aux services municipaux, soit pire encore, à des entreprises privées à qui on délègue le travail !
Les élus ont des obligations envers vous, Toulousains. Vous devez être plus exigeants avec eux. Aujourd'hui, c'est par votre vote que vous pouvez exprimer cette exigence !
Par ailleurs, parce que l'eau n'est pas une marchandise mais un Bien Public particulièrement sensible et vital, elle ne doit pas être confiée à une entreprise privée, mais remise en Régie municipale au plus vite (dès 2015, c'est possible). En plus, ce sera moins cher.
En attendant, les Toulousains boivent de l'eau qui contient de l'Aluminium, «à des doses inférieures au maximum autorisé», on me rassure !
Les élections municipales, c'est donc aussi l'occasion pour les Toulousains de donner leur avis sur ce traitement de l'eau potable...
Car malgré l'Aluminium, n'oubliez-pas : Le 23 mars, on vote !

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Quand les légumes rient

21 Février 2014, 14:52pm

Publié par Elisabeth Belaubre

Quand les légumes rient

Dès le début du mandat, en 2008, je mets en route mes engagements de campagne, dont un qui me tient particulièrement à cœur : Introduire des aliments Bio dans les cantines scolaires de Toulouse.

Les légumes sont contre!

Les Services techniques comprennent bien ma commande politique et se mettent au travail : Services de la Cuisine centrale, Service de la Commande publique, Service juridique. Notre base de travail, c’est le Grenelle de l’Environnement (2007), qui préconise 20% de bio d’ici 2012, si possible[1]

Nous décidons d’abord de revoir nos pratiques d’achat : Dans nos commandes, nous formons des lots plus petits, accessibles à des petits fournisseurs bio locaux.

En même temps, nous abordons deux problèmes :

1- Dans notre cuisine centrale, on travaille en liaison froide : les aliments préparés pour les enfants sont stockés au froid, en barquettes plastiques jetables, avant d’être portés dans les écoles où ils sont réchauffés (3 à 5 jours après avoir été cuisinés). Ce sont des barquettes pour 5 portions. Il y a deux ou trois plats par repas, donc deux ou trois barquettes pour 5 enfants. Soit 12 000 à 20 000 barquettes plastiques par jour qui sont jetées et incinérées. C’est une des nombreuses aberrations économiques et écologiques liées à ces cuisines centrales que presque tous les Maires de France ont achetées depuis trente ans. Comment réduire ce gaspillage polluant ? Il faut préparer la transition vers des cuisines plus petites, proches des écoles, pour passer en liaison chaude : on cuisine et on livre de suite, ou mieux la cuisine est sur place, une dans chaque école. C’est plus cher ? NON. Je l’écris en majuscules parce qu’il faut dénoncer cette idée reçue : le prix du repas est plus élevé avec une grosse cuisine centrale qu’avec plusieurs petites, même en comptant le personnel en plus. Or le personnel, c’est des emplois. C’est bien ce qu’on veut, non ? [2]

2- La cuisine centrale ne peut pas recevoir le moindre kilo de légumes frais, car elle n’est pas équipée pour stocker, éplucher, laver, râper. Donc on achète soit des conserves ou des surgelés, soit des légumes déjà prêts à être cuisinés, qui viennent de légumeries industrielles, donc de loin, en sachets, qui coûtent trop cher, dont on ne connaît pas les producteurs…

Pour développer l’agriculture locale (biologique toujours !) et cuisiner des produits frais, il faut donc une légumerie.

L’étude de la Légumerie

A côté de la cuisine centrale, il y a un espace libre pour construire une légumerie. L’étude implique le Service de la Cuisine Centrale, celui de la Cohésion sociale et celui du Développement durable. Elle dure un an et demi. Comme le Maire ne s’intéresse pas au projet, il refuse le budget pour l’étude technique. Je décide donc de travailler avec l’ISTHIA (Institut Supérieur du Tourisme, de l’Hôtellerie et de la Restauration) : Les étudiants de Master, dirigés par leurs professeurs, planchent sur le projet grandeur nature, réel. Résultat : On peut approvisionner notre cuisine centrale avec 100% de légumes bio locaux, avec impulsion du maraîchage périurbain, avec une vingtaine d’emplois d’insertion (dont 11 emplois « handicapés ») dans la légumerie, tout cela à coût constant.

Obligé de tenir compte de mes résultats, le Maire exige alors l’expertise d’un bureau d’étude qui recommence tout (merci pour le temps perdu) et conclut, en prenant les données les plus pessimistes, à une augmentation du coût des denrées de 450 000 euros. Ça paraît beaucoup. Rapporté au budget denrées de 10 millions d’euros, c’est 4,5 %. Et dans le calcul du coût-repas, qui intègre l’ensemble du fonctionnement de la Cuisine centrale, c’est moins de 1% ! Je vous rappelle que j’ai introduit 32% de bio dans les cantines sans aucune augmentation de prix-repas. Je sais tenir un budget et je ne crois pas à ces 4,5 % (moins de 1% du total) qui sont une estimation au pire. Mais quand bien même : Vous en connaissez beaucoup, vous, des budgets qui auraient augmenté de moins de 1% en 5 ans, en améliorant la qualité ? J’ai fait + 0% avec 32% de Bio, j’aurais fait environ + 1% avec 100% de bio (légumes + viande[3]). Les emplois en plus. Qui dit mieux ?

Arbitrage du Maire : Projet refusé.

Comme les élections servent à choisir les projets, je vous propose la comparaison suivante : Au moment où la Légumerie est refusée, le budget du festival La Novela est de 2 millions d’euros (pour une seule année !). À mon avis c’est 1,5 millions de trop pour ce que c’est. Non que je conteste la promotion de la culture scientifique et technique, mais ici comme pour tout, on doit payer à la mesure de ce qu’on a. Or dans la Novela, on n’en a pas tant que ça pour notre argent, ni comme manifestations, ni comme retombées.

En revanche, la cuisine centrale, c’est la nourriture quotidienne de 30 000 enfants, vos enfants…

Conclusion : Pendant six ans, le Maire décide. Mais aujourd’hui, au moment des élections, c’est à vous de choisir.

Et le 23 mars, vous votez…

ddddddddddddddddddddddddddddddd

Notes :
[1] À Toulouse, cet objectif a été atteint en 2010, et on est aujourd’hui à plus de 32%. Et le coût-repas est le même aujourd’hui qu’en 2009 !

[2] En tous cas, c’est ce que je veux, moi : Mais la conseillère municipale PRG Maryse Jardin-Ladan a fait fermer progressivement toutes les cuisines des crèches et haltes-garderies de Toulouse, pour confier la restauration à une société privée industrielle : Ansamble (Lobbying réussi ?). Là, bien sûr, on ne parle plus de légumes frais, d’éducation au goût etc. Fini. Et ça fait moins de travail pour les Services municipaux (et pour les élus, j’aurais dû y penser !…). Quant à l’emploi local, fini aussi. Mais ce n’est pas la priorité, n’est-ce-pas ? C’est ça l’écologie, le bien-vivre et l’emploi de Pierre Cohen et de ses colistiers d’aujourd’hui ? Si vous me soutenez par vos votes, je remettrai des cuisines et leur personnel sur place, dans toutes ces crèches et Haltes-garderies, pour faire une nourriture saine et savoureuse.

[3] Pour la viande, j’ai développé un projet inspiré de l’expérience réussie de Lons-le-Saulnier (Jura), permettant l’approvisionnement en 100% boeuf et veau Bio local en circuit court, pour moins de 0,5% d’augmentation du prix-repas. Projet bloqué par le Maire…

 

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Ferme ta boîte à camembert !

19 Février 2014, 15:19pm

Publié par Elisabeth Belaubre

Ferme ta boîte à camembert !
Ferme ta boîte à camembert !

 

 

Dans les cantines municipales, en 2008, on donne aux enfants du fromage industriel en portions individuelles, sous cellophane. Je propose qu'on le remplace peu à peu par du fromage à la coupe, bio et local (Tomme des Pyrénées, Rocamadour, Roquefort ...). Les retours des enfants, des parents et du personnel, sont très positifs, avec de nombreux commentaires enthousiastes.

Chaque année, j'élargis donc le marché des fromages à la coupe. En 2013, je souhaite franchir une étape supplémentaire :

1- Abandonner définitivement les portions de fromage industriel.

2- Chercher aussi des fromages de diverses régions, pour l'éducation au goût : Cantal, Comté, Camembert, Brie etc.

On travaillera directement avec les producteurs et coopératives bio (c'est la logique du circuit court, plus économique et plus sûr). Résultat : Aucun surcoût par rapport au fromage industriel en portions individuelles emballées. Et on comprend l'intérêt multiple : transports, emballages, traçabilité, santé, qualité gustative, sans oublier l'apprentissage du partage à table.

 

Mais, alors que nous sommes en plein dans l'organisation concrète de ces nouveaux marchés, le service de la Cuisine Centrale reçoit du Directeur Général Adjoint (DGA) du Service Éducation l'ordre d'arrêter tout et de revenir au fromage industriel en portions individuelles sous cellophane.

Le DGA représente la hiérarchie administrative. Mais moi, je représente l'autorité politique. Et c'est l'Administration qui obéit au Politique, pas l'inverse. Je convoque donc le DGA pour lui rappeler et expliquer ma « commande politique ». Il m'écoute avec un grand sourire et conclut que ça ne change rien à sa décision.

Je comprends qu'il a déjà l'appui du Maire, qui écoute les yeux fermés les chefs de service. Je rencontre Pierre Cohen pour lui expliquer qu'il commet une erreur qui va contre la mission éducatrice de l'école, contre le souci écologique et « durable », contre la sécurité alimentaire, autrement dit contre le progrès culturel, social, écologique, économique.

Rien n'y fait.

Pour justifier cette décision, on me dit que les personnels de service à la cantine se plaignent de devoir couper les fromages pour les partager aux enfants. C'est un effort qui pourrait causer des maladies professionnelles. Je demande donc à rencontrer ces personnels pour étudier la question avec eux (en moyenne chaque personne doit couper moins d'une dizaine de parts par jour , et ce ne sont pas des grosses tommes dures, mais du Brie, du Roquefort etc., et dans le cas des grosses Tommes, c'est pré-découpé en morceaux commodes...). Je n'ai jamais obtenu le compte rendu de la réunion où cette plainte aurait été formulée ! Ni le DGA, ni Mme Courade, l'élue responsable des Personnels, n'ont répondu à mes mails pour l'obtenir... Que penser ? Mais ce n'est pas tout : Les enfants ont donc cette année du fromage industriel. Et lors de ma dernière Commission Restauration avec les parents d'élèves (janvier 2014), ils me rapportent que les personnels regrettent les bons fromages, qu'ils déplorent le retour aux portions sous cellophane, qu'ils s'esquintent les doigts à les ouvrir car les enfants n'y arrivent pas parce que c'est difficile, comme chacun en a déjà fait l'expérience... (info confirmée par des représentants syndicaux FO rencontrés depuis). Alors, les maladies professionnelles pour couper du bon fromage, c'était du bluff pour me dire de fermer ma boîte à Camembert ? On rigole vraiment, à la Mairie, vous ne trouvez pas ? Mais l'intérêt des enfants Toulousains, il est où ?

 

Ferme ta boîte à camembert !

Conclusion : En 2014, les enfants mangent à nouveau 100% de fromage industriel sous cellophane dans les cantines municipales de Toulouse... C'est ce que vous voulez ? Non ? Alors le 23 mars, nous votons !

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Rendre à César ...

15 Février 2014, 19:38pm

Publié par Elisabeth Belaubre

Action citoyenne et Communication électoraliste
Action citoyenne et Communication électoraliste

Action citoyenne et Communication électoraliste

 

 

Pendant la campagne électorale de 2008, nous avions promis de faire démonter le pylône de Bonhoure, porteur d'antennes émettrices de télévision, de radio FM et de téléphonie mobile. Le champ électromagnétique dans tout le quartier du pylône, en pleine zone urbaine, est exceptionnellement élevé, « un cas d'école » connu en France. Pour en donner une idée : À l'arrêt de bus Achiary, situé à une centaine de mètres, les voyageurs ne peuvent pas utiliser leur carte Pastel car le champ magnétique du Pylône brouille le système de reconnaissance.

L'Association des habitants du quartier demande le démontage depuis de nombreuses années. La municipalité précédente avait déjà voulu obliger TDF (la société Télédiffusion de France) à trouver un autre site. Mais le contrat de location (excessivement avantageux pour TDF) ne semblait laisser aucun pouvoir à la Ville : TDF a porté l'affaire devant le tribunal administratif et a gagné.

Nous en sommes là lorsque je prends dossier en charge. Le  Directeur de TDF prend rendez-vous avec moi. Il défend le pylône et me parle de l'intérêt général. Il me dit comprendre très bien mes préoccupations environnementales, mais m'assure qu'il n'y a pas besoin de le démonter : TDF peut tout à fait revoir ses réglages, et diminuer nettement les champs magnétiques. Je le fais répéter pour être sûre de bien comprendre, et je me mets en colère[1] : Cela fait des années que les riverains disent leur gêne (ou leur souffrance pour certains), et lui (ou TDF) a eu le culot,  l'indécence, de ne rien entendre alors qu'il suffisait de changer les réglages pour au moins diminuer les champs ! Je lui demande donc d'effectuer immédiatement diminution les champs, et je lui confirme que j'irai jusqu'au bout pour faire déménager ce pylône qui n'a rien à faire ici.

La modification demandée est réalisée dans les semaines qui suivent, et les cartes de bus fonctionnent de nouveau à Achiary.

Dans le même temps, je signifie à TDF l'intention de la Ville ne pas renouveler son bail d'occupation du pylône. L'entreprise dépose donc une nouvelle plainte au tribunal administratif, qui lui donne à nouveau raison. Mais je refuse d'en rester là. Je retravaille les arguments, en particulier avec Monsieur Rouzeau, juriste de la Ville, qui comprend ma préoccupation pour les citoyens. Nous démontrons que le contrat de bail rédigé avec la société TDF est léonin, c'est à dire anormalement inéquitable en faveur de TDF. Nous argumentons aussi sur le Principe de Précaution. Et ainsi nous gagnons en appel au tribunal de Bordeaux ! Le pylône va disparaître.

Il reste à trouver un autre site. J'entame des recherches et des négociations avec diverses communes voisines de Toulouse, pour trouver un site convenable techniquement, et éloigné des habitations. C'est à ce moment que le Maire Pierre Cohen confie cette partie du travail à son conseiller technique Daniel Borderie, et m'en dessaisit. Cela m'est égal : l'affaire est maintenant réglée, et j'ai bien d'autres dossiers à traiter. J'ai fait le job.

Il faudra près de quatre ans pour que le démontage du pylône soit réalisé. Je prends des nouvelles régulièrement, pour veiller à ce qu'on « n'oublie » pas d'avancer. Enfin, un beau jour, on démonte. Tout le monde est content. Pour la (très) petite histoire : on ne m'a pas invitée à fêter cet événement important (et médiatisé). Amusant de comparer les photos : En 2010, Elisabeth Belaubre et les riverains gagnent la bataille, et en 2013 Le Maire et les élus qui n'étaient pas là, avec les représentants des habitants (on n'a plus besoin de tout le monde) viennent faire la récolte.

Mais ce que les Toulousains doivent savoir, s'ils ne veulent pas être toujours les dindons d'une farce qui se joue sans eux, c'est que si je n'avais pas exigé, dès le début de mon mandat, en m'appuyant sur ma qualité d'adjointe au Maire chargée de la Santé environnementale et sur la promesse de campagne de 2008, de traiter ce dossier à fond, en reprenant tout à zéro, personne d'autre ne l'aurait fait. Le pylône de Bonhoure serait encore là. Je me fiche bien de la photo du Maire (il n'a pas eu le temps de m'empêcher d'agir, sur ce coup-là !), de quelques élus et de responsables d'association sans mémoire. Mais au moment de la campagne municipale, du bilan exact, il est juste de rendre à César ce qui appartient à César.

Et le 23 mars, on vote ...

 


[1] Il m'est arrivé deux ou trois fois, pendant mon mandat, de me mettre vraiment en colère, devant d'incroyables négligences ou devant le mépris de la santé et du bien-être des gens.

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La rumba du pinceau

15 Février 2014, 19:20pm

Publié par Elisabeth Belaubre

C'est l'histoire d'un camembert bien à part...
C'est l'histoire d'un camembert bien à part...

C'est l'histoire d'un camembert bien à part...

 


Au début de mon mandat, j'ai choisi d'être élue référente du quartier de Lafourguette, dont je connaissais les caractéristiques environnementales peu favorisées. Régis Godec, élu écologiste Vert comme moi, en est l'Adjoint de secteur (soit dit en passant, ce nom d'adjoint référent de secteur choisie par Pierre Cohen ne me plaît pas. Moi, je préfère Maire de quartier, quelqu'un que les habitants connaissent vraiment et qui travaille sur place).

À Lafourguette, les Associations des quartiers proches de l’incinérateur d'ordures ménagères du Mirail nous alertent sur le camembert, énorme dépôt des mâchefers (les résidus de combustion). Ce camembert est à ciel ouvert, les poussières de mâchefer se déposent partout alentour, et les habitants sont inquiets pour leur santé.

Or un beau jour, je suis invitée à une réunion à la Mairie de Toulouse, où on me montre avec un Powerpoint bien léché, comme toujours, un projet tout ficelé de repeindre cet incinérateur. Coût annoncé : 800 000 euros. On ne rêve pas : huit cent mille euros, pour le rendre «plus esthétique»… Comme je connais la demande des riverains, je refuse de signer et je demande le transfert du budget peinture vers la couverture du camembert, pour des raisons de santé publique, et parce que les travaux de peinture n’ont aucune nécessité. Danielle Charles, élue Verte également, est d'accord avec moi et refuse de signer. Régine Lange, adjointe PS chargée du Développement durable, est contrariée.

Un responsable technique présent à la réunion explique qu'ils ont déjà réfléchi il y a un certain temps sur la couverture du Camembert, et que ça coûterait environ 1 million d'euros. Cela me conforte dans mon idée : on y est presque. Je vois aux regards échangés que l'intervention du responsable technique ne fait pas plaisir à tout le monde… Je me doute bien que la Mairie, à dominante socialiste, se passera de ma signature pour faire ces travaux. Par ailleurs, je crois nécessaire de signaler cette opportunité aux habitants, afin qu'ils donnent leur avis sur ce projet et sur le transfert de budget.

Il se trouve que la réunion de quartier que doit organiser régulièrement l'Adjoint de secteur arrive quelques jours après. Je demande donc à Régis Godec de mettre cette question à l'ordre du jour. Il refuse. Pourquoi? Mystère. Il y a eu de nombreuses occasions où je n'ai pas compris les blocages ou les freins mis par Régis Godec à des projets écologiques...

Ceci dit, on a repeint l’incinérateur, et les habitants se plaignent toujours de la poussière de mâchefer.

En plus, selon la bonne habitude à la Mairie, le coût a été revu à la hausse : un peu plus d'un million d'euros au final. Demandez aux habitants du quartier : la plupart n'ont même pas remarqué la nouvelle peinture !

Ça profite à qui, alors?

Cela, c'est ce que je ne veux plus voir à la Mairie de Toulouse. Et le 23 mars, on vote ...

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La petite cuiller dans la piscine.

15 Février 2014, 18:10pm

Publié par Elisabeth Belaubre

Comment noyer le poisson à la petite cuillère ?
Comment noyer le poisson à la petite cuillère ?

Comment noyer le poisson à la petite cuillère ?

 

 

Du fait de ma délégation, je suis membre de la Commission Locale d'Information et de Concertation qui s'occupe de l'usine Herakles (ex-SNPE) située sur l'Île du Ramier. Elle est classée « Sévéso seuil haut », donc particulièrement dangereuse. Cette Commission, rendue obligatoire par la Loi, réunit à la Préfecture les exploitants, les salariés, les riverains, les élus de la Ville, de la Communauté urbaine, du Département et de la Région, ainsi que les administrations de contrôle.

 

Pour les écologistes et pour de nombreux riverains, la présence de cette usine au coeur de la ville est une anomalie. Surtout que, depuis l'accident AZF, son intérêt économique pour la ville (emploi) est devenu très faible car son activité a été réduite. Mais elle est toujours dangereuse : les risques d'explosion existent, et elle pollue l'air, l'eau et le sous-sol.

Le 20 septembre 2011, lors d'une des réunions de concertation, le Directeur de l'Usine, Monsieur Venzac, présente son fonctionnement. Il reconnaît que l'usine déverse chaque jour environ 1 kilo de Perchlorate (hautement toxique) dans la Garonne. Sur le ton de la plaisanterie, il minimise : Un kilo de perchlorate dans la Garonne, ce n'est jamais que l'équivalent « d'un quart de cuiller à café dans une piscine olympique ».

Moi, ce kilo de perchlorate, je le considère comme un crime contre l'environnement qui se commet tous les jours, au vu et au su des administrations et des élus, et qu'on accepte comme une fatalité, un dégât collatéral inévitable de l'activité industrielle. Mais lorsqu'une pollution est inacceptable, on ne doit pas l'accepter et on doit obliger l'industriel à faire autrement ! Toujours rendre possible ce qui est nécessaire

En lançant sa petite blague, le Directeur d'Héraklès  prétend établir une connivence : on est entre nous, n'est-ce-pas, on rigole ? Or non, on n'est pas entre nous ! Il a un intérêt économique et industriel à défendre, ce qui est légitime. Nous, nous représentons les Toulousains, les Haut-Garonnais, les habitants de Midi-Pyrénées, et nous devons répondre de leur sécurité et de leur santé. Nous devons l'obliger à revoir ses procédés industriels. Ça ne va pas lui plaire, et on va se retrouver un peu prisonniers des rires qu'on a échangés (vous pouvez penser ce que vous voulez, moi je l'ai constaté, c'est comme ça). Or les Toulousains ne nous ont pas mandatés pour échanger des risettes.

C'est pour cette raison que je me force à intervenir. Croyez moi, c'est difficile de prendre la parole quand tout le monde a l'air de trouver tout normal. Je me lance : Je dénonce l'emploi de cette nouvelle unité de mesure fantaisiste[1]. J'ajoute que je juge inacceptables ces rejets de perchlorates, et je réitère ma demande de visiter l'usine, demande que j'ai déjà plusieurs fois répétée depuis le début de mon mandat. Je suis en colère[2] et ça jette un froid … On n'a pas l'habitude et je vois bien qu'on n'aime pas ça ...

Ce n'est que deux ans plus tard, en 2013, que je suis enfin invitée à l'usine. Monsieur Venzac me reçoit très courtoisement, avec le sourire. Il est heureux de me montrer le nouveau traitement des déchets : Les rejets de perchlorate ont cessé ! Je suis évidemment contente de cette nouvelle. Mais je m'interroge : Pourquoi ne l'a-t-il pas fait avant ? Parce que personne n'avait eu le culot de l'engueuler, de dire stop ? Et je retrouve ma conviction de toujours : Les pouvoirs publics, les élus, doivent exiger des industriels des procédés de fabrication propres[3]. Ce n'est que comme cela que les recherches et les travaux nécessaires se font. Si les élus ne sont pas en première ligne avec cette exigence, poussés et confortés par les Associations, alors rien ne se fait. L'élu doit refuser d'entendre quand on lui dit « on ne peut pas », « ils ne voudront jamais » ou « personne ne fait comme ça ». C'est difficile de gagner du terrain pied à pied, tous les jours, sur les dossiers dérangeants. Je ne l'ai pas vu beaucoup autour de moi, même chez les élus écologistes, malheureusement.

Aujourd'hui, je réclame le déménagement de l'usine Herakles, toujours dangereuse.

J'ai besoin de vos votes pour imposer que ce dossier soit mis à l'ordre du jour. Le 23 mars, on vote...

 


[1] Par ailleurs les résultats projetés en « powerpoint » par M. Venzac sont exprimés en ppm et ppb, unités obsolètes depuis plusieurs dizaines d'années.

[2]Je m'étais déjà mise en colère à propos des ondes du Pylône de Bonhoure (voir la chronique sur le sujet).

[3]On dit toujours qu'il y a des impératifs économiques. Cet argument est caractéristique d'esprits peu entreprenants : Si on oblige les industriels à « produire propre », ils mettront au point des nouveaux procédés qu'ils pourront vendre et exporter. Mais on préfère polluer et ne rien faire. On attend que d'autres nous vendent leurs technologies propres? Il faut du courage !

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Grenouillage

12 Février 2014, 09:16am

Publié par Elisabeth Belaubre

Grenouillage et sabordage sont les deux mamelles de la Politique Socialiste
Grenouillage et sabordage sont les deux mamelles de la Politique Socialiste

Grenouillage et sabordage sont les deux mamelles de la Politique Socialiste

 

 

Dès le début de mon mandat, j'ai un gros dossier sur le bureau : celui des antennes de téléphonie mobile. C'est un sujet que je connais depuis longtemps. Je sais quels sont les enjeux économiques, et je sais aussi que le principe de précaution doit s'appliquer aux ondes électromagnétiques. J'ai rencontré des gens inquiets, et d'autres qui sont malades à cause de ces ondes. Je sais aussi le lobbying intense qui peut s'exercer dans ce domaine.

En accord avec Pierre Cohen, je pose un moratoire sur l'installation de toute nouvelle antenne, et je commence un travail de rapprochement des Associations (Antennes 31, Robin des toits...) et des opérateurs (SFR, Bouygues, etc.), ainsi que des riverains inquiets mobilisés. Mon idée est de rédiger en commun une Charte de bonne conduite, qui garantisse aux Toulousains une information totale et limpide et des niveaux électromagnétiques maîtrisés, et aux opérateurs un fonctionnement convenable des réseaux. Cela prend du temps, mais il y a de la bonne volonté de part et d'autre.

Nous nous mettons d'accord sur un maximum de 0,6 volts/mètre, sur l'obligation d'une information et d'une concertation avec les riverains lors de l'installation d'une nouvelle antenne, et sur l'interdiction de toute nouvelle installation dans les endroits où il y a déjà un champ important.

C'est alors que Pierre Cohen me demande de reporter des réunions. Puis il veut reprendre lui-même la négociation. Il nous fait perdre du temps… Puis il charge Daniel Borderie, un de ses conseillers (PS bien sûr), de diriger les discussions, et s'arrange pour que je puisse de moins en moins m'en occuper. Et peu à peu les opérateurs se désengagent et annoncent qu'ils ne signeront pas la Charte que j'élaborais avec eux...

Je résiste comme je peux : À défaut de Charte, j'obtiens la création d'une Commission de Concertation, mais avec des objectifs moins ambitieux : On passe à environ 1 volt/mètre, toutefois il reste l'obligation d'information et de concertation. Je finis par me dire que c'est toujours ça de pris.

Par la suite, cette Commission se met à dériver aussi : je constate que les comptes-rendus ne reflètent pas exactement les propos qui y sont tenus. Je vois que les Services techniques, qui doivent être au service des élus, délivrent sans mon accord des autorisations pour de nouvelles antennes. J'alerte Pierre Cohen, qui, le plus souvent, fait le sourd. Daniel Borderie (je rappelle qu'il n'est pas élu et ne représente pas les citoyens) ne répond pas aux mails que j'envoie pour signaler les anomalies et les inquiétudes des habitants. Je suis sans pouvoir ! La démocratie, qui donne le pouvoir aux élus, est bafouée.

Je bataille pour sauver ce qui peut l'être, difficilement. Je reste loyale avec Pierre Cohen et la Majorité, parce que j'ai aussi d'autres dossiers importants (cantines scolaires, Légumerie, Régie agricole …) que je ne veux pas abandonner. C'est pour le moins désolant.

Or, le pire n'est pas encore arrivé : on annonce la 4G. Je crains une explosion des champs électromagnétiques. Je réussis à faire admettre à Pierre Cohen qu'il ne faut pas autoriser la 4G tant qu'on n'aura pas la garantie que les champs resteront dans les limites fixées par la Commission (« environ » 1 volt/m). Arrive la réunion où on doit exiger cette garantie : Il y a là Pierre Cohen, les opérateurs, les représentants des Associations de défense des habitants et moi-même. Au moment de discuter la 4G, le représentant d'une des Associations présentes déclare qu'il n'y a pas besoin de garantie, qu'on n'a qu'à l'installer et faire les contrôles après. Les autres représentants d'association ne disent rien.

Je ne comprends plus : Pourquoi sont-ils là ? Qu'est-ce qui les a retournés comme ça ?

Évidemment, Pierre Cohen et tous les autres embrayent au quart de tour, et la décision est prise sans discussion : on fait la 4G tout de suite. Pour les précautions, on verra plus tard...

Je ne sais plus quoi dire, ni quoi faire : Si les associations de défense des habitants elles-mêmes se débinent, si les services techniques ne veulent travailler que dans l'intérêt des industriels, comme le Maire, alors je ne vois pas comment je peux agir, malgré ma conviction que la santé publique est en cause.

Cependant je peux témoigner, comme aujourd'hui. Pour que chacun vote en sachant qui fait quoi, y compris dans les Associations. Les élus ont beaucoup de pouvoir, et le Maire reste le chef absolu. Si j'avais été Maire, nous aurions désormais une charte, et des niveaux de champ électromagnétique bien contrôlés. Ce n'est pas le cas, par choix du Maire Pierre Cohen, contre mon avis ! 

Heureusement, le 23 mars 2014 nous pouvons encore voter...

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Vol de nuit

9 Février 2014, 19:43pm

Publié par Elisabeth Belaubre

Toulousaines, Toulousains, on nous a déclaré quelques vols de nuits...
Toulousaines, Toulousains, on nous a déclaré quelques vols de nuits...

Toulousaines, Toulousains, on nous a déclaré quelques vols de nuits...

http://www.ladepeche.fr/images/header/logo.png, dans son article en ligne du 7 janvier 2010, nous le rappelle : Le Maire Pierre Cohen avait promis pendant sa campagne électorale de 2008 d'agir pour supprimer les vols de nuit à l'aéroport de Toulouse Blagnac. Il faut dire qu'ils sont quelques cent mille Toulousains et « grands-Toulousains » qui ne dorment jamais une vraie nuit de sommeil, car réveillés par les avions qui décollent ou atterrissent. L'Organisation Mondiale de la Santé insiste sur la nécessité de périodes de sommeil continues, sans bruit, sous peine de troubles de la santé importants.  Le journaliste de ladepeche.fr rappelle aussi que pour les Associations, comme pour les élus, l'argument économique des gestionnaires de l'Aéroport ne tient pas puisque déjà de nombreux aéroports sont fermés la nuit (Orly, Beauvais, Strasbourg, Genève, Zurich…) sans problème économique majeur.

Dans cette logique, le 18 décembre 2009, sur proposition du groupe Communiste, Républicain et Citoyen, le Conseil municipal de Toulouse a voté un vœu, c'est à dire un engagement à agir pour cesser les activités aéroportuaires entre 0 heures et 6 heures du matin. Avec mes amis Verts, je soutiens ce vœu, et le Maire Pierre Cohen le vote aussi, comme l'ensemble des élus PS. Il n'y a eu que 7 abstentions. Les citoyens ont été entendus...

Signalons au passage que le Conseil Général et le Conseil Régional se sont aussi prononcés contre les vols nocturnes.

Mais il y a des gens dont la parole donnée ne vaut visiblement pas grand-chose. En effet, le 4 novembre 2010, la Préfecture réunit une « Commission consultative de l'environnement de l'aéroport de Toulouse Blagnac » qui vote un « plan d'action » prévoyant le maintien des vols de nuit, par amour de la Sainte Économie, comme d'habitude.[1] C'est Régine Lange, adjointe socialiste chargée du Développement durable, que Pierre Cohen a désignée pour le représenter dans cette commission. Qu'a donc voté Régine Lange, au nom de la Communauté Urbaine, après avoir voté un vœu contre les vols de nuit au Conseil Municipal ? Elle a voté pour. Je suppose que Pierre Cohen savait ce qu'elle faisait...

Mais je ne lâche pas l'affaire et je présente un nouveau vœu demandant l'arrêt des vols de nuit, le 19 novembre 2010[2]. Ce vœu est rejeté. Pierre Cohen s'y oppose, contrairement à ses engagements répétés ! Il refuse aussi une concession que nous proposons, de maintenir juste un seul vol, pour le service postal.

Il s'engage cependant à revenir à l'interdiction, s'il n'y a pas d'amélioration d'ici un an (donc novembre 2011).

Depuis quatre ans, que croyez-vous qu'il arriva ? Le nombre de vols de nuit a augmenté, tout simplement !

Les avions n'empêchent pas le Maire de dormir. Ni les insomnies de ses administrés.

Ce n'est pas ma façon de voir le rôle du Maire. Il faut du courage politique, et partager la ville.

C'est sur les actes, pas sur les promesses, qu'on choisit ses élus.

 

[1]Or sur cette période de 0 heure à 6 heures, seuls sept vols étaient concernés. Pas de quoi couler l'économie de la Région...

[2] Le vœu a été proposé cette fois devant le Conseil Communautaire de la Communauté Urbaine (la Métropole), au nom du groupe écologiste EELV et du groupe Communiste, Républicain et Citoyen.

 

Ci-après trouvez une copie de l'article de La Dépêche pour éviter une quelconque disparition qui ne serait que fortuite :


La mairie demande l'arrêt des vols de nuit

Environnement. Nuisances sonores de l'aéroport Toulouse-Blagnac.

Chaque nuit, vingt et un avions de fret décollent et atterrissent au-dessus de la tête de 100 000 Toulousains. Photo DDM, Xavier de FenoylLors du conseil municipal du 18 décembre, les élus toulousains ont validé le vœu du groupe Communiste, Républicain et Citoyen demandant l'arrêt du trafic nocturne sur l'aéroport de Toulouse-Blagnac.

Dans sa présentation de ce vœu, l'adjoint communiste aux transports, Bernard Marquié, a rappelé que 100 000 Toulousains sont concernés par les nuisances sonores de « cet aéroport le plus urbain de France situé à 7 km du centre ville. » Il a également souligné que les seuils de bruit fixés par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et « au-delà desquels la santé humaine est durablement affectée sont tous dépassés à Toulouse. » L'élu communiste a enfin précisé que la fréquence des vols nocturnes n'a cessé d'augmenter ces dernières années pour atteindre aujourd'hui 21 atterrissages ou décollages par nuit.

De 22 heures à 6 heures du matin

En conséquence, sur la base d'une étude commandée par la commission d'enquête chargée de donner son avis sur le plan d'exposition au bruit, Bernard Marquié demande « la suppression des vols de nuit, et la fermeture de l'aéroport de 22 heures à 6 heures du matin. »

Contacté hier via le service de presse de l'aéroport, Jean-Michel Vernhes, président du directoire de Toulouse-Blagnac, n'a pas souhaité s'exprimer sur cette demande qui faisait partie des promesses de campagne du candidat Pierre Cohen.

En revanche, même s'il se refuse à vendre la peau de l'ours, le Collectif Contre Les Nuisances Aériennes de l'Agglomération Toulousaine, qui demande depuis 1988 la fin des rotations nocturnes, constate avec satisfaction que « c'est la première fois que l'on impose une contrainte à cet aéroport », mais que « le chemin est encore long. »

Pour les membres du collectif comme pour les élus toulousains, les arguments économiques avancés jusqu'ici par les gestionnaires de l'aéroport pour s'opposer à la suppression des vols de nuit n'ont plus cours à l'heure où « les aéroports d'Orly, de Beauvais, de Strasbourg bénéficient d'un couvre-feu total, et que de nombreux aéroports européens sont fermés la nuit (Genève, Zurich, une piste sur deux à Rome), sans que leur région ne périclite économiquement ! »

B. Dv.

 

 

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