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Cap21/LRC Toulouse

Elections européennes: Corinne Lepage en guerre contre les lobbies

30 Avril 2014, 14:43pm

Publié par Corinne Lepage

Elections européennes: Corinne Lepage en guerre contre les lobbies

L'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage présentait, en mars, six listes pour les élections européennes du 25 mai sous l'étiquette « Europe Citoyenne ». Peu présente dans les médias, elle souhaite profiter de ce scrutin pour faire entendre sa voix et continuer à lutter, comme elle le fait en tant que députée depuis cinq ans, contre la puissance des lobbies présents au Parlement européen. Entretien.

Corinne Lepage présente six listes pour les élections européennes du 25 mai sous l'étiquette « Europe Citoyenne »

Corinne Lepage présente six listes pour les élections européennes du 25 mai sous l'étiquette « Europe Citoyenne »

Corinne Lepage est tête de liste en Île-de-France sous l'étiquette « Europe Citoyenne ». Sur la même liste, en troisième position, figure Marie-Odile Bertella-Geoffroy, vice-présidente au tribunal de grande instance de Paris, qui s'était occupée, en tant que juge d'instruction, de plusieurs affaires retentissantes concernant la santé publique. A leurs côtés des juristes, des agriculteurs, des fonctionnaires, des scientifiques ou encore des journalistes.

JOL Press : Pour quelle raison présentez-vous des listes à l’occasion des européennes ?

Corinne Lepage : Permettez que je vous dise, avant tout, mon ras-le-bol mais aussi mon inquiétude sur l’ostracisme du monde médiatique à l’égard des listes qui ne sont ni UMP, PS, FN ou centristes et en particulier à mon égard.  Je constate que, dans les sondages, même si les scores sont modestes, nous apparaissons mieux qu’un certain nombre d’autres partis qui ont beaucoup plus de médias que je n’en ai moi-même. Dans la catégorie « petites listes », j’ai l’impression d’avoir un sort particulier et peu enviable. Du coup je m’interroge sur les personnes ou les lobbies que mes combats dérangent.

Nous avons monté ces listes « Europe citoyenne » parce que, pendant cinq ans, je me suis battue pour la santé des Européens, dans le cadre de mon mandat de députée européenne, au sein de la commission environnement, santé publique et sécurité alimentaire. Que ce soit sur l’aspartame, sur les OGM, sur les conflits d’intérêts dans les agences sanitaires, sur les pesticides, j’ai été de tous les combats et avec une certaine efficacité pour certains d’entre eux. J’ai beaucoup gêné. De la même manière, je suis une adversaire farouche, pas de nature écologique mais de nature économique, du nucléaire.

C’est parce que je me suis battue pendant cinq ans pour l’intérêt des gens, comme sur l’étiquetage des produits alimentaires par exemple, et parce que j’ai vu le comportement d’un certain nombre de mes collègues, que je me suis dis que s’il y avait, dans ce Parlement européen, des citoyens issus de la société civile, jamais ces textes ne passeraient. C’est tellement évident que certains textes sont contraires à l’intérêt général qu’un citoyen, qui n’est pas lié de près ou de loin à des lobbies ou à des partis politiques qui eux-mêmes sont liés à des lobbies, ne pourrait jamais les voter.

En constituant des listes, qui ne sont pas idéologiques, mais citoyennes, constructives et positives, je veux permettre aux citoyens d’avoir le courage et la capacité de s’opposer aux lobbies très présents au Parlement européen.

JOL Press : Quelles sont les grandes lignes de votre programme pour les européennes ?

Corinne Lepage : Nous voulons répondre aux principales préoccupations de nos concitoyens.  Nous voulons tout d’abord refaire de l’Europe un grand continent sur le plan économique, en alliant l’écologie et l’économie que l’on oppose depuis 20 ans, par ce que nous avons appelé la PIC : politique industrielle commune. Nous avons été capables de le faire pour l’agriculture, il faut le faire pour l’industrie. Nous souhaitons promouvoir une révolution industrielle qui s’appuie sur le mariage de la transition énergétique et du numérique.

Deuxième volet : la santé. La santé est capitale pour chacun d’entre nous, il est donc essentiel, dans les périodes de crises économiques, de travailler sur la prévention : la qualité de ce que nous mangeons, de ce que nous buvons, de ce que nous respirons. Et avec la santé va la sécurité humaine, parce que les peuples heureux sont les peuples où les gens se sentent en sécurité, à commencer par les jeunes : ils doivent pouvoir être sûrs de pouvoir développer leur projet de vie.

Troisième volet : l’éthique et la démocratie. Quand les lobbies font la loi, ce sont les citoyens qui trinquent. Il existe un lien très étroit entre la lutte contre les grands lobbies, contre les conflits d’intérêt, pour une rénovation de la sphère financière et dans le même temps le développement de la démocratie. Nous proposons par exemple qu’il y ait un Parquet européen pour sanctionner les infractions, qu’elles soient financières ou environnementales, à l’échelle européenne. Seraient les premiers concernés : tous ceux qui travaillent pour l’Europe, que ce soit les députés, les commissaires ou les fonctionnaires.

Pour plus de démocratie, nous souhaitons que les initiatives citoyennes européennes (une innovation du traité de Lisbonne donnant un droit d'initiative politique à un rassemblement d'au moins un million de citoyens de l'Union européenne) deviennent banales et puissent être démultipliées. Nous souhaitons pour cela réduire à 500 000 le nombre de signatures nécessaires.

Dernier volet : Cœur d'Europe. Nous sommes des Européens convaincus mais cela ne nous empêche pas d’être euro-critiques. Nous proposons une Europe citoyenne qui est la troisième étape de la construction européenne. Après l’Europe de la paix – et l’Ukraine nous montre comment celle-ci est toujours plus nécessaire – après l’Europe économique, nous voulons l’Europe citoyenne. Pour cela nous devons travailler au niveau des 28, mais l’Europe des 28 a besoin d’une locomotive. Nous proposons donc la création d’un cœur d’Europe, resserré : une fédération regroupant les pays fondateurs, l’Espagne, le Portugal, les pays scandinaves et l’Autriche pour redonner une dynamique à l’Europe. Ce pôle aurait une diplomatie commune, une armée, un budget.

JOL Press : Qu’apportez-vous de différent dans le paysage politique en tant que liste ?

Corinne Lepage : La liste elle-même est originale. Ce n’est pas une liste de politiciens professionnels, ni d’idéologues, c’est une liste d’acteurs de la société civile qui ont réalisé des choses dans leur vie et qui viennent de centre droit ou centre-gauche pour la plupart. Par ailleurs, nous avons une synthèse qui est originale : nous sommes écologistes et en même temps très favorables au développement économique et à la croissance économique. Nous mettons en avant l’éthique et la santé, comme peuvent le faire d’autres partis, mais sans la contestation idéologique qui va avec. Nous proposons des mesures extrêmement concrètes qui faciliteraient la vie des gens.

JOL Press : Quels sont vos objectifs en termes de sièges ?

Corinne Lepage : Le plus possible mais tout dépendra, bien sûr, de la visibilité que nous aurons.

JOL Press : Comment lutter contre l’abstention et faire comprendre aux Français l’importance de ces élections ?

Corinne Lepage : Notre slogan de campagne c’est : « Votez pour vous ». Je dis aux citoyens : « Vous n’êtes pas contents des partis politiques et vous avez raison de ne pas l’être mais ce n’est pas une raison pour renoncer au vote. La liste que nous proposons c’est votre liste parce qu’elle est composée de gens comme vous qui partagent vos préoccupations. En votant pour nous, vous votez pour vous. » Et disions-nous que les seuls combats perdus sont ceux qui ne sont jamais menés…

Propos recueillis par Marine Tertrais pour JOL Press

Avocate depuis 1975, Corine Lepage est ancienne ministre de l'Environnement, ancienne membre de Génération écologie, fondatrice et présidente du parti écologiste Cap21 depuis 1996, cofondatrice et ancienne vice-présidente du Mouvement démocrate jusqu'en mars 2010. Elle est députée au Parlement européen depuis 2009. En 2012, elle fonde l’association Essaim et l’année suivante, la coopérative politique du Rassemblement citoyen. Elle est présidente d'honneur du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) après en avoir été présidente fondatrice, association d'étude des effets produits par les techniques génétiques sur le vivant.

 

Source : JOL press

http://www.jolpress.com/elections-europeennes-corinne-lepage-lobbies-parlement-europeen-article-825731.html

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Demain en mai 2014

30 Avril 2014, 10:02am

Publié par Le RC-TMP

Demain en mai 2014

Citoyennes, Citoyens, Amis Twittos, favorisez, re-transmettez nos tweets, commentez-les !

Pour toute demande d'information(s), contactez-nous :

  1. par courriel à rcitoyentoulouse @ gmail.com
  2. par l'onglet CONTACT ci-dessus prévu à cet effet.
  3. Par courrier au 2 rue Henriette Achiary 31500 Toulouse

 

Sur l'agenda du Rassemblement Citoyen de Toulouse & Midi-Pyrénées en mai 2014, nous avons :

 

  • Une conférence de presse au Florida à 11H00 le lundi 19 mai 2014 avec Marie-Jeanne HUSSET tête de la liste Europe Citoyenne  pour le Sud-Ouest et son Directeur de Campagne et co-listier N°14 Sébastien Barrère

 

 

 

 

 

La prochaine, le mercredi 21 mai dès 19h au siège du RC-TMP

Avec en perpective une élection législative partielle dans la circonscription 3103 #circo3103 et les élections européennes du 25 mai 2014.

Marie-Jeanne Husset et ses 3 Co-Listiers Toulousains y participeront.

 

En savoir plus...

N'oubliez pas d'aller voter ! Et surtout...

Demain en mai 2014

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Abstention aux élections européennes : les indifférents

29 Avril 2014, 16:12pm

Publié par Richard Hasselmann

Abstention aux élections européennes : les indifférents

 

Dans quelques jours, les Européens auront voté ! En France, tous les indicateurs prédisent une abstention record, ou un vote protestataire de rejet des réalités. Avec LIBR'ACTEURS, depuis des années nous nous efforçons de rendre le citoyen acteur de son destin. Au même titre que nous nous référons à Aristote "chaque citoyen doit être tour à tour gouverneur et être gouverné", empruntons à GRAMSCI !

Empruntons effectivement à Antonio GRAMSCI, et à sa "CITE FUTURE" (1917), un titre d'une brûlante actualité : LES INDIFFERENTS !

Dès l'instant où l'abstention ou le vote blanc ne sont  pas pris en compte et ne se traduisent  pas par des élus, ils sont indifférents, et ne pèsent pas. Ces attitudes passives, contrairement à ce que l'on croit, marquent l'histoire en laissant l'initiative à des petits groupes qui profitent de l'abstentéisme, de l'indifférence, pour tisser leur toile dans l'ombre.

Ainsi, et GRAMSCI le montre bien, les destins de génération sont manipulés et orientés par les visions restreintes, les ambitions et intérêts de petits groupes actifs, que le plus grand nombre ignore car il ne s'en préoccupe pas.

Le 25 mai prochain, il est impératif que l'électeur se mobilise pour exprimer un choix, lucide et responsable.

A défaut, il sera inutile de venir se plaindre en "pleunichant" sur le théme de l'innocent irresponsable.

L'indifférent sera responsable et coupable, car il n'aura pas utilisé le poids de son vote, pour construire intelligemment l'Europe de demain.

Cet éclairage m'est suggéré après avoir suivi la saga liée à l'accord de libre échange entre l'UE et les USA, confortant celui en gestation avec le CANADA. Il faut avoir entendu l'impayable Karel de GUCHT, commissaire européen au Commerce, pour comprendre en quoi le TTIP (Transatlantic Trade and  Investment Partnership), venant après l'AECG (Accord economique et Commercial Golbal) avec le CANADA, sont autant de chevaux de Troie qui vident de sens l'essence même de la Communauté Européenne.

L'indifférent ne se positionnera pas sur cette question, comme il ignorera les questions qui ont trait aux limites de l'espace Schengen, à la gestion de l'€, ou , tout simplement, à l'architecture institutionnelle de l'UE, à revoir d'urgence dans le sens d'une meilleure lisibilité démocratique.

GRAMSCI, malheureusement récupéré par une gauche anarcho-libertaire, écrit :

"Qui vit véritablement ne peut pas ne pas être citoyen citoyen, ni prendre parti. L'indifférence est l'aboulie, le parasitisme et la lâcheté !"

Puisse l'électeur (et les jeunes en particulier) s'en souvenir le 25 Mai, pour étudier les programmes proposés, débusquer les impostures populistes et donner mandat à ceux qui, libres de toute contrainte partisane, posent les bonnes questions pour envisager les bonnes réponses.

 

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Montée des extrêmes, tentation du repli : sur l'Europe, les slogans ont remplacé les idées

29 Avril 2014, 15:50pm

Publié par Corinne Lepage

Montée des extrêmes, tentation du repli : sur l'Europe, les slogans ont remplacé les idées

LE PLUS. À quelques semaines des élections européennes, les eurosceptiques marquent des points, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou encore en France. L'eurodéputée Corinne Lepage, présidente de Cap 21, met en garde contre la tentation du repli et ses dangers. L'intérêt national que ces mouvements nous vendent est un abus de confiance, explique-t-elle.

Édité par Sébastien Billard 

Nigel Farage et Nicolas Dupont-Aignan en meeting à Paris, le 13 avril 2014 (R. MAUVINIERE/SIPA).

 

"Patriotes" et "collabos". Voilà les mots lâchés par Nicolas Dupont-Aignan qui reprend la sémantique de la PME Le Pen.

 

Cette même Marine Le Pen est l’un des soutiens quasi inconditionnel de Vladimir Poutine en Ukraine face à la volonté des Ukrainiens de l’Ouest et de Kiev de se rapprocher de l’Union européenne. Tous les deux se veulent les soutiens des ouvriers. Les voilà autoproclamés appuis de la main d’œuvre française pourrais-je dire avec beaucoup d’ironie. Convergences des droites !

 

Et dans les soutiens à Poutine, on retrouve à l’UMP François Fillon ou Thierry Mariani. Mais on retrouve aussi quelqu’un comme Jean-Luc Mélenchon pour l’extrême gauche, ce qui illustre la convergence des extrêmes comme lors du non de 2005.

 

Les boucs-émissaires ne manquent pas

 

Le point de gravité de l’UMP a franchement dévié. Que penser d’un Alain Lamassoure, ex-centriste devenu souverainiste ? Que penser d’un Laurent Wauquiez qui vient chercher un peu de notoriété en mettant en porte à faux son parti sur le dos de l’UE ?

 

Même chose à gauche où la gauche du PS cultive un euroscepticisme depuis le référendum de 2005 et qui pèse aujourd’hui sur le parti contre l’Europe et contre l’euro.

 

Et dans un monde complexe, l’outil de communication est efficace et les boucs-émissaires ne manquent pas. Ce sont les plombiers polonais, les Roms, les patrons esclavagistes qui trichent en utilisant la directive "travailleurs détachés" – le contrôle de l’application de cette directive est à faire par des inspecteurs du travail français, or les mêmes qui critiquent cette directive sont aussi les premiers à attaquer les inspecteurs du travail.

 

D’une seule phrase, ils simplifient quelque chose de complexe pour en faire un argument de campagne. Les slogans ont remplacé les idées et la complexité du monde. Ils font parler les morts (de Jaurès à de Gaulle), utilisent l’uchronie et raisonnent au mieux Trente Glorieuses au pire XIXe siècle.   

 

Partisans du charbon, du pétrole et du gaz, ils n’ont pas compris la 3e révolution industrielle. Et les triangulations sont fortes. Entre l’eurosceptique lobbyiste de GDF-Suez ou les europhiles entretenant des "réseaux" dans les énergéticiens conventionnels et les partisans de l’atome, qui luttent contre l’indépendance énergétique de l’Europe, les convergences sont évidentes pour mettre sur le dos de l’Europe tout ce qui va mal.

 

L'heure est aux petits calculs politiques

 

De l’Ukraine presque tout le monde se moque. Et c’est un euphémisme. Je l’ai constaté sur place à de multiples reprises. En ce 26 avril, combien de politiques ont rendu hommage aux 800.000 héros des temps modernes qu’ont été les liquidateurs de Tchernobyl et qui ont sacrifié leurs vies pour la nôtre ?

 

Combien se soucient des milliers de personnes vivant en zone contaminée ? Combien se sont émus des velléités d’un français qui voulait aller faire un investissement agricole dans les zones contaminées ?

 

Allez dans les rues de Kiev et voyez le nombre d’enseignes de l’ouest, vous comprendrez d’ou viennent les intérêts de certains européens. Comprenez le fonctionnement de la corruption de ce pays pour comprendre les intérêts économiques de certains. Appréhendez notre dépendance au gaz russe pour comprendre les enjeux ukrainiens. Voyez les états économique et démocratique de la Russie pour saisir la stratégie de Poutine.

 

Oui, certains jouent de l’intérieur contre leur camps, ils se retrouvent très régulièrement aux extrêmes mais pas seulement. Combien de députés UMP et UDI ont eu le courage de voter sur une résolution sur la liberté de la presse en Italie ? Combien ont condamné la bise ostensible de Joseph Daul à Victor Orban grand démocrate dans l’âme ?

 

Quels calculs politiques peuvent conduire l’extrême droite, l’UMP, l’UDI, le MoDem et Jean Luc Mélenchon à voter contre une résolution au Parlement européen dénonçant les écarts de la Turquie avec le processus de Copenhague, la répression des manifestants, la corruption, le flicage des syndicalistes, les restrictions de la liberté sur le net…

 

Abus de confiance

 

Dans le même genre, voir Marine le Pen et Nicolas Dupont-Aignan faire la danse du ventre à l’affable Nigel Farage, pourfendeur de l’Europe régulatrice, qui nuirait aux banques anglaises qui siphonnent les trésoreries des entreprises de l’UE dans les paradis fiscaux que sont Jersey Guernesey et surtout la City, c’est avoir la nausée.

 

Quelle fauxcuserie de ce pourfendeur de l’euro alors que Londres est devenu la première place financière euro et qu’une partie du miracle britannique est dû aux paradis fiscaux, aux montages financiers et aussi à de faux chiffres et à des statistiques tronquées !

 

Oui, ceux qui s’annoncent sociaux sont surtout ceux qui votent ultra libéral et ultra conservateur. C’est une norme du genre comme aurait dit Audiard. C’était dans "Le Président", il y ajoute une phrase qui pourrait être la devise des eurosceptiques "Entre l'intérêt national et l'abus de confiance, il y a une marge".

 

C’est un intérêt national qu’ils nous vendent, c’est la ligne Maginot et en cela il s’agit d’un abus de confiance au XXIe siècle.

 

Par 
Eurodéputée

 

 

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Alstom, symptôme d'un mal français

28 Avril 2014, 10:12am

Publié par Corinne Lepage

Alstom, symptôme d'un mal français

 

Le rachat d'Alstom pourrait apparaître comme un échec supplémentaire après les pertes de fleurons nationaux comme Publicis, Lafarge, Peugeot ou Justin Bridou. Il est bien davantage. Il traduit l'incapacité de notre pays à définir une véritable stratégie industrielle depuis 20 ans et plus précisément à définir une politique énergétique digne de ce nom. Affirmer le leadership français dans le domaine nucléaire et le maintien du tout nucléaire ne suffit pas! Et surtout il tourne le dos à une réalité qui est celle du fiasco commercial d'une part, de l'absence d'investissement en France d'autre part.

Car en France, l'absence d'investissement dans la sécurité nucléaire croisée avec la tragédie technique et financière que constitue l'EPR, s'ajoute à une absence d'investissement dans le renouvelable ne serait-ce que pour atteindre les 23% prévus en 2020. Certes, l'éolien off shore commence à intéresser, mais le blocage sur l'éolien terrestre et le matraquage de la filière solaire ont fait perdre ses chances à une industrie française du renouvelable dans laquelle nous pouvions avoir un savoir-faire indéniable. Le résultat est notamment pour Alstom une atonie hexagonale non compensée par une conquête des marchés mondiaux du renouvelable alors que ceux-ci explosent.

Tout ceci illustre clairement notre manque d'ambition en matière énergétique et notre absence de vision politique et stratégique. Nous liquidons notre savoir-faire au profit des actionnaires qui jouent perdant sur la France. Oui, la France avait déjà recapitalisé Alstom mais cela ne suffisait pas, il fallait mener en parallèle un véritable programme de transition énergétique sur le territoire français et afficher pour l'Europe de vraies ambitions. Mais tel l'arroseur arrosé, cela pourrait bien être le lobby nucléaire qui est responsable pour une large part de cette politique de gribouille et pourrait en être la première victime. Le risque est grand, qu'il ne s'agisse que du premier acte de déconstruction de la filière nucléaire française, confrontée à un déni de réalité qui trouve son terme. On ne peut pas impunément vivre dans le mensonge. La réalité financière, économique, de marché rattrape l'industrie nucléaire et risque d'être catastrophique pour nous tous en raison de l'absence de mise en œuvre de la transition énergétique.

Il est tard, très tard mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. Une Politique Industrielle Commune à l'échelle européenne pourrait nous aider à éviter le pire et à faire en sorte qu'à l'avenir le mercato industriel puisse être pensé en terme européen ; en second lieu, il apparait à l'évidence qu'au lieu de freiner des 4 fers comme le fait la France au niveau communautaire, dès lors qu'il s 'agit d'efficacité énergétique ou de renouvelables, motif inavoué de favoriser le nucléaire, il serait temps de chercher à tirer le maximum d'avantages industriels de la politique européenne et d'œuvrer à une PIC dans laquelle la France pourrait trouver les synergies nécessaires ; en troisième lieu, si jamais un terrain d'entente avec Siemens pouvait être trouvé, en particulier pour maintenir emplois et centres de décisions en France, l'Europe disposerait alors d'un géant à la conquête du monde. Enfin et surtout, une PIC obligerait la France à faire sa révolution copernicienne dans le domaine de l'énergie comme dans les autres et admettre que nous sommes au XXIe siècle et plus au XXe. Le choix n'est pas entre le nucléaire et la bougie mais comme me le rappelait Frédéric Mazella lors de la visite de son entreprise Blablacar, je fais aussi mienne la formule de Woody Allen "Je m'intéresse à l'avenir car c'est là que j'ai décidé de passer le restant de mes jours."

 

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/alstom-symptome-dun-mal-francais_b_5222915.html

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Les vrais abstentionnistes des européennes: la partitocratie et les médias

23 Avril 2014, 05:49am

Publié par Corinne Lepage

Les vrais abstentionnistes des européennes: la partitocratie et les médias

La Honte ! Alors que les élections européennes sont dans moins de 6 semaines, le débat ne démarre pas et comme l'écrit Jacques Attali dans sa tribune hebdomadaire, il ne démarrera pas. Une grande partie est de la faute aux grands partis PS comme UMP qui, incapables d'avoir en interne une vision partagée de l'avenir de l'Europe, préfèrent donc éluder le débat pour le déléguer aux seuls candidats de manière locale. Cette attitude est confortée par un comportement parfaitement méprisant, tant à l'égard des institutions européennes que des citoyens dans le choix des candidats pour recaser les recalés des précédents suffrages.

Mais on ne peut pas négliger une part de la faute aux médias, qui, après avoir déroulé le tapis rouge à Marine Le Pen, continuent ce jeu en présentant les élections européennes comme un enjeu national FN contre UMPS, en prenant bien soin d'écarter du débat ceux qui ont des propositions en termes de candidats et de projets alternatifs. Et j'imagine déjà les commentaires le soir du 25 mai sur l'abstention ! L'abstention trouve aussi aujourd'hui son expression, dans l'absence de débat, Mesdames, Messieurs les journalistes !

Combien de médias français n'ont pas de correspondants accrédités auprès de l'UE ?

Combien de médias français n'ont qu'un journaliste qui couvre l'intégralité des institutions européennes et donc ne s'intéressent uniquement qu'à la forme et jamais au fond ?

Combien de journalistes comprennent la procédure de codécision et font la différence entre un rapport d'initiative, une directive ou un règlement et je passe les procédures de comitologie ?

Combien de journalistes connaissent les compétences UE et la subsidiarité ?

Le plus flagrant exemple reste tout de même les derniers rapports sur le droit des femmes (et la manipulation par le camp des conservateurs) ou sur une question sociétale et de principe pour laquelle nous avons affaire à de la subsidiarité. La couverture média était disproportionnée quand, dans le même temps, nous votions les paquets climat-énergie où les enjeux financiers et d'emplois étaient colossaux !

 

Et pourtant, les sujets ne manquent pas et ne se limitent pas au choix binaire et imbécile: pour ou contre l'Europe ou encore pour une Europe utopique qui ne pourrait résulter que de la modification plus qu'aléatoire des traités. Comment redonner envie d'Europe à des citoyens déçus auxquels les gouvernements successifs serinent depuis des années que tous leurs malheurs viennent de Bruxelles, thèse reprise en boucle par des médias qui refusent en revanche de souligner les avantages tirés de l'Europe comme par exemple très récemment la division par dix des factures de mobiles pour les communications transfrontières (ce sont les Etats dont la France qui se sont opposés à la disparition du surcoût « roaming »), le rejet par le Parlement européen d'ACTA, la mise en place de normes communautaires en matière de santé et d'environnement afin de protéger les populations ou encore la décision de la CJUE sur la protection des données personnelles cette semaine. Quand on ne veut plus de son chien, il est facile de faire croire qu'il a la rage.

Pourquoi ne pas dire que l'Europe est l'avenir de nos enfants dans un monde dans lequel elle ne pèse que 15% de la population mondiale et la France près de 1%? Pourquoi ne pas dire que les grands enjeux climatiques et sanitaires ne peuvent être gérés qu'au niveau européen et que l'autonomie ou la souveraineté alimentaire, énergétique, numérique se jouent au niveau de l'Union et pas de notre pays? Pourquoi s'avouer battus alors que nous avons le premier marché rentable du monde avec 500 millions de personnes, le premier PIB du monde et des leaders économiques mondiaux?

Les choix de la Commission Barroso n'ont pas été les bons et les dérives trop libérales de l'Europe, sous la pression d'une part des lobbys trop influents, qui ont fait souffrir nos concitoyens et, d'autre part, de politiques à l'absence de vision stratégique et dont la réélection dépend du bouc-émissaire que l'on peut stigmatiser. Mais cela n'est pas une fatalité. Une politique d'investissements massifs au niveau communautaire est possible sans pour autant peser pas sur les dettes publiques des Etats. Il suffirait à l'Union d'emprunter pour financer les grands projets de transition énergétique, de gestion des données numériques à l'échelle de l'Europe, d'investissement dans la chimie verte, la robotique ou les sciences cognitives. Les projets ne manquent pas, mais les moyens davantage car nous ne voulons pas nous les donner.

De même n'est pas une fatalité, la soumission de tous les intérêts généraux à commencer par la santé et le long terme, au court-termisme et à la rentabilité immédiate. Ce sont des humains qui décident et personne d 'autre. Ce n'est pas une fatalité si les députés français qui se font le plus entendre sont ceux qui ont été les plus inutiles au Parlement européen, privilégiant leur vie politique nationale à leurs mandats. Ce n'est pas une fatalité si des députés sont à l'écoute des lobbys et si d'autres privilégient les choix partisans nationaux à l'intérêt général.

Oui, les électeurs peuvent changer de représentants et élire des acteurs de la société civile qui défendent une autre logique, qui sont des gens pragmatiques et non idéologues, qui ont à leur actif des réalisations qui ont été utiles à leurs concitoyens, qui ont les pieds dans le quotidien citoyen. Mais encore faudrait-il que les débats s'ouvrent, leur permettant de s'exprimer. Or, par manque d'audace, de clairvoyance ou de maîtrise des sujets, le débat public est cloisonné et peu importe les abstentionnistes et le FN. L'essentiel sera sauvegardé: des jobs pour les sortants et apparatchiks en défaut de mandats, issus des formations politiques classiques.
Les français peuvent-ils s'en contenter ?

 

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/abstentionnistes-europeennes-la-partitocratie-et-les-medias_b_5174252.html?utm_hp_ref=tw

 

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L'attaque des clones épisode 2

22 Avril 2014, 14:34pm

Publié par Corinne Lepage

L'attaque des clones épisode 2

De se battre dans le prochain Parlement, le député européen devra se charger.

Un des dossiers qui empoisonne le plus les relations entre la Commission et le Parlement européen depuis 2009, le clonage est. L'impact des négociations commerciales sur la capacité de l'Europe à légiférer en fonction de ses valeurs et de ses intérêts, ce dossier illustre le mieux.

En 2009, contre rapporteur par mon groupe sur le règlement "Nouveaux aliments", j'ai été nommée. De nouvelles procédures d'évaluation et d'autorisation pour les aliments qui ne faisaient pas partie du régime alimentaire européen avant 1997, ce règlement définit. De règlementer aussi bien des aliments exotiques que des additifs techniques, tels que les nanomatériaux, il s'agit. En 2010 à cause la question du clonage, les négociations ont finalement échoué si bien que jamais le texte n'a été adopté. Après une nuit entière de négociation entre le Parlement, la Commission et le Conseil, constater l'échec à 7h du matin, il nous a fallu. Pourquoi?

Lire aussi:
La même thèse développée par Corinne Lepage, en mode "normal"

Quasi-unanime, le Parlement était, pour réclamer une interdiction du clonage animal et de la mise sur le marché de viande issue d'animaux clonés ou de leurs descendants. En effet, hypocrite et incohérent de refuser l'utilisation d'une technique qui engendre des souffrances animales sans encadrer la mise sur le marché des produits issus de cette technique, il serait. De plus, aucune étude approfondie sur l'impact sanitaire liée à la consommation de cette viande, il n'existe. Enfin, peuvent conduire les consommateurs à refuser cette viande, des raisons éthiques. Dans un souci de compromis, à minima, à accepter la mise sur le marché à la condition expresse d'un étiquetage de cette viande afin que les consommateurs puissent éviter d'en acheter, le Parlement était même prêt.

Si des dangers pour les consommateurs pour l'instant ne sont pas démontrés, que le clonage engendre des problèmes de santé et de bien-être tout autant pour les animaux clonés que les mères qui les portent jusqu'à la naissance montrent clairement les avis scientifiques de l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA). Qu'il existe une augmentation des problèmes de gestation chez les bovins et les porcins qui portent un clone et des fréquences accrues de naissance difficile, en particulier chez les bovins, l'EFSA constate. Qui rend la pratique des césariennes plus fréquente chez les bovins qui portent un clone que dans les cas de gestations classiques, La plus grande taille des descendants clonés est un facteur supplémentaire.

Dans les conclusions de son étude de 2008: "Il apparaît que, dans une proportion significative d'animaux clonés (...) la santé et le bien-être étaient sévèrement altérés, souvent avec des conséquences graves, voire fatales", l'EFSA indique. Pendant la grossesse ou à la naissance, la plupart des foetus clonés meurent. Naissent vivants seuls 6 à 15% des embryons de bovins clonés et environ 6% des embryons de porcs. Précocement en raison de problèmes comme des défaillances cardiovasculaires, des difficultés respiratoires et des systèmes immunitaires défaillants, nombre de ces clones meurent. Meurent avant le sevrage parmi ceux qui naissent en vie, jusqu'à 22% des veaux clonés, 25% des porcelets clonés et 50% des agneaux clonés. De façon significative, que "le taux de mortalité des clones est considérablement plus élevé que celui des animaux reproduit naturellement", l'EFSA souligne.

De plus la réduction de la diversité génétique des animaux d'élevage l'utilisation du clonage accélèrerait.

Ne contestent pas ces problèmes la Commission, et certains Etats-membres comme la Grande-Bretagne. Parce que les quelques pays susceptibles d'exporter cette viande (les Etats-Unis, le Canada ou l'Argentine par exemple) ne souhaitent pas prendre les mesures nécessaires pour organiser la traçabilité, qu'interdire la viande issue d'animaux clonés est infaisable ils estiment. Exactement les mêmes arguments que ceux utilisés dans les années 90 pour nous convaincre que l'étiquetage des OGM était impossible ce sont. Pourtant en 2003, sans provoquer une apocalypse commerciale, celui-ci a finalement été mis en place.

Lors des négociations de 2010, à sa demande Karel de Gucht, le commissaire européen en charge du commerce, qui m'avait déjà indiqué que légiférer sur le clonage aurait des répercussions commerciales pour l'Europe, notamment pour Airbus, j'avais rencontré. Si je voulais une guerre commerciale après m'avoir demandé, à ma suggestion d'étiqueter a minima les produits issus d'animaux clonés il m'avait répondu: « vous n'y pensez pas. Personne ne les achèterait! » activement impliquée dans les négociations au sein du Parlement pour faire échouer tout compromis sous prétexte de l'impact commercial des positions du Parlement, la Commission s'était. A l'époque ce que nul ne savait, c'est que déjà les négociations sur l'accord commercial transatlantique la Commission préparait (TAFTA ou TTIP en anglais). Or, ce qui n'est pas interdit...est autorisé... Pas d'accord signifiait pas d'interdiction... CQFD bouclée la boucle est.

En décembre 2013, une nouvelle version du règlement Nouveaux Aliments, expurgée du clonage, qui fait l'objet de deux propositions spécifiques, la Commission européenne a finalement présenté. Effectivement d'interdire le recours à la technique du clonage sur le territoire européen, ainsi que la mise sur la marché d'animaux et d'embryons clonés, et de la viande qui en est issue, la Commission propose. Qu'à des fins reproductives et coutant 80.000 euro l'unité, les clones eux-mêmes ne sont utilisés. Personne ne va les consommer ! en revanche,dans les assiettes des Européens, ce sont leurs descendants qui finissent. Rien à ce sujet la Commission ne propose.

Pour couronner le tout, et éviter toute difficulté, une base juridique qui exclut l'intervention comme rapporteur de la commission Environnement, protection des consommateurs et sécurité alimentaire qui en était responsable jusqu'à présent, le collège des commissaires a choisi! Et sur la question de la mise sur le marché de viande clonée, que comme une question de bien être animal, soumise à la simple procédure de de "consentement", elle n'est présentée. Autrement dit, même pas proposer des amendements au texte de la Commission, le PE ne pourra!

En attendant de fortes chances que les Européens consomment déjà de la viande issue d'animaux clonés sans le savoir, il y a. Et pendant que l'UE ne fait rien, se développe l'utilisation de la technique et dans quelques années, que son usage est trop répandu pour que l'on puisse envisager de réclamer une traçabilité, sans même parler d'une interdiction, on nous dira!

Deux conclusions de ce qui précède il faut tirer:

 

  • D'une part, bien la primauté accordée au commerce sur toute autre considération par M. Barroso et certaines élites européennes, bien éloignées des préoccupations des citoyens européens, cette question du clonage illustre. Surtout les dangers du TTIP elle illustre. Tout à perdre, L'UE a, à vouloir harmoniser ses normes avec les Etats-Unis. Risquent d'être affaiblis non seulement les législations sanitaires et environnementales, et cela concerne des sujets comme les OGM, les nanotechnologies, les pesticides ou la règlementation des produits chimiques, par exemple. Mais également la Commission européenne, qui est la seule institution européenne à disposer du pouvoir d'initiative, celui de proposer des lois, de légiférer sur des sujets d'intérêt général, afin de montrer sa bonne volonté à nos « partenaires commerciaux » ces négociations dissuadent.
  • D'autre part, en fonction de leur capacité à résister aux lobbys et à se battre pour le modèle européen, dont la protection des consommateurs et de l'environnement fait partie le choix des députés doit se faire. Tête à la condition que ses élus le veuillent l'Europe peut tenir. L'enjeu des élections européennes est.

 

Source :  Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/lattaque-des-clones-episode-2_b_5184447.html

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TTIP : pour l'accord de libre-échange transatlantique, c'est le bal des hypocrites

22 Avril 2014, 07:01am

Publié par Corinne Lepage

TTIP : pour l'accord de libre-échange transatlantique, c'est le bal des hypocrites

 

LE PLUS. L'accord de libre-échange transatlantique (TTIP, ex-TAFTA) est en négociations et évite l'éclairage médiatique, comme c'est souvent le cas pour ce type de traité. Seulement, il pose de très sérieuses questions notamment sur la souveraineté des États, les normes et l'influence des multinationales, comme le souligne l'eurodéputée et présidente de CAP 21 Corinne Lepage.

Alors que le débat pour la campagne des européennes semble peut-être s’engager, la question du traité de libre-échange avec les États-Unis devient -enfin- un sujet.

 

Le cycle de Doha est mort dans les faits, le multilatéralisme ne fonctionne pas et est remplacé par du bilatéralisme. D’où l’idée de mettre en place des traités de libre échange par la Commission européenne.

 

Fonder un axe Euro/États-Unis

 

Le président de la Commission européenne trouverait enfin quelque chose à mettre sur un bilan catastrophique (de mon point de vue cela ne ferait qu’amplifier le côté catastrophique). Les traités de libre-échange sont des outils pour permettre d’imposer une vision du monde et dans le cadre du TTIP (Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement), une vision euro-états-unienne et fonder ainsi un axe Europe/États-Unis dans les négociations internationales.

 

On ne peut aussi exclure que ce type de traité ne soit qu’un leurre par exemple avec un TTIP pour faire passer le traité de libre échange avec le Canada.

 

Pour certains cela doit être encore un moyen de faire tomber le système normatif européen qu’ils trouvent contraignants à commencer par Business Europe regroupement des "Medef européen".

 

La bataille que mènent les organes patronaux bien relayés par nombre de think thanks de droite et de gauche contre le principe de précaution et pour un principe d’innovation, qui existe déjà et s’appelle le risque de développement en est un exemple. La santé n’est pas une priorité surtout quand l’irresponsabilité est organisée grâce à ce risque de développement et que la collectivité paye les dommages.

 

Un mandat au rabais

 

L’UE et ses États membres agissent en vertu des articles 207 (politique commerciale commune), 217 et 218 (accords internationaux) du TFUE.

 

Néanmoins, ils doivent respecter l’article 5, paragraphe 3, du traité sur l'Union européenne (traité UE) et protocole (n° 2) sur l'application des principes de subsidiarité et de proportionnalité.

 

La Commission européenne a fait une proposition au Conseil de l’Union européenne et au Parlement européen en 2013 pour obtenir un mandat de négociation. Ce mandat a été obtenu le 23 mai 2013 au Parlement européen sans ma voix.

 

C’est un mandat au rabais car les eurodéputés ont réussi à exclure des principes qui font partie des traités et donc resteront applicables. Une équipe de négociation a été mise en place par la DG Trade et le Trade office US.

 

L'indépendance des agences en jeu

 

Une part de ces négociations est secrète (c’est logique et normal car il s’agit d’une négociation et l’UE ne peut perdre ses marges de manœuvres), mais un comité de liaison avec huit eurodéputés des huit groupes du Parlement européen est tenu informé par la DG Trade.

 

Si l’UE et les États-Unis se mettent d’accord sur un texte, il sera signé par la Commission européenne et soumis à ratification par chacun des acteurs aux États-Unis et en Europe (Conseil de l’Union et Parlement européen) et ensuite il devra être ratifié par chacun des États car la négociation empiète clairement sur les compétences partagées et exclusives des États membres.

 

Les problématiques aux États-Unis sont exactement les mêmes car l’indépendance des agences est remise en cause, les compétences des États de l’Union sont rabotés. D’ailleurs l’administration Obama n’a pas obtenu le "fast-track" dans le mandat de négociation facilitant la négociation.

 

Des eurodéputés qui ne voient pas la gravité de la situation

 

Si le traité avec les USA est très médiatisé, il en existe d’autres qui ne font pas la une comme les traités avec le Canada, le Vietnam ou Singapour (dont personne ne parle mais qui, eux, sont signés, en voie de signatures ou en voie de ratification). Manifestement, certains ne s’en sont pas rendus compte et traitent le sujet avec un mépris qui ne va pas durer.

 

L’extrême droite et l’extrême gauche font du TTIP un sujet de campagne qui trouve sa source dans l’antiaméricanisme de base et l’anticapitalisme pour des raisons différentes mais avec le même résultat.

 

En revanche, l’attitude de l’UMP, du PS et de l’UDI-MODEM est incompréhensible. En effet, les eurodéputés sortants ne semblent pas voir la gravité de la situation qui consiste, outre la baisse du niveau de protection sanitaire, alimentaire, numérique à accepter le système des tribunaux arbitraux obligatoires pour régler dans les conventions de libre échange les litiges entre les États et les multinationales.

 

Or, cette position est indéfendable et en parfaite contradiction avec ceux qui défendent la souveraineté qu’elle soit nationale ou européenne.

 

L'abandon d'un élément majeur de la souveraineté

 

Le traité de libre-échange avec les États-Unis en cours de négociation, mais aussi celui qui est signé avec le Canada et non ratifié, comme celui qui est prêt à l’être avec Singapour, ou celui qui a été voté (sans mon vote) le 17 avril au Parlement européen avec le Vietnam posent deux types de questions :

 

- la première sur le respect de nos normes ; Il est évident que la sécurité sanitaire et alimentaire et que les combats que j’ai menés et gagnés contre la colle à viande ou les poulets chlorés seraient remis en cause. Et que dire de la sécurité de nos données personnelles et de notre autonomie numérique.

 

- la seconde question n’est pas moins considérable. Elle porte sur le règlement des différends : le système ISDS permet aux multinationales de s’exclure des juridictions nationales avec des organismes sur mesure. C’est un danger majeur pour nos concitoyens et ce n’est donc pas acceptable. Pourtant en deux jours, ces partis qui soi-disant défendent les intérêts de nos concitoyens ont voté comme un seul homme en faveur de ces organismes. Dans un cas, c’était dans le cadre de l’accord avec le Vietnam, dans l’autre encore plus grave peut être, il s’agissait d’un texte prétendument technique fixant le cadre général d’un tel système.

 

Comment sérieusement peut-on prétendre défendre l’intérêt général des européens en abandonnant un élément majeur de la souveraineté : la justice.

 

Les manœuvres de l'UDI sont hallucinantes

 

Alors de grâce, soyez cohérents ! Comptez-vous encore longtemps oublier l’intérêt général au profit des multinationales ? Pensez-vous que cette évidence qui consiste à ne pas mettre les États sous la coupe des multinationales doive être abandonnée aux extrêmes ?

 

Et les manœuvres de certains qui ont voté pour le mandat (UDI) et dénoncent aujourd’hui les négociations sont absolument hallucinantes. Il est du reste assez cocasse de retrouver sous la plume de Jean Arthuis qui siège sans quasi discontinuité depuis 1983 tous les arguments que j’avais développés il y a plus d’un an) et qui ont été balayés par ses colistiers du MoDem (par une abstention) comme de l’UDI (par un soutien au mandat).

 

Nous, nous pensons qu’il s’agit d’un combat citoyen évident et nous le mènerons non pour des raisons idéologiques mais de bon sens élémentaire

 

 

Source : Le nouvel Observateur Le plus

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1192610-ttip-pour-l-accord-de-libre-echange-transatlantique-c-est-le-bal-des-hypocrites.html

 

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Corinne Lepage : « l’écologie n’appartient pas à un courant politique, elle est au-dessus de tout ça »

14 Avril 2014, 20:07pm

Publié par Jonathan Sollier

Corinne Lepage : « l’écologie n’appartient pas à un courant politique, elle est au-dessus de tout ça »

EUROPEENNE 2014. L’ancienne ministre de l’Ecologie et actuelle eurodéputée se lance dans une campagne qu’elle veut « citoyenne » dans l’objectif de faire élire, le 25 mai, une dizaine de personnalités issue de la société civile. Rencontre.

« Votez pour vous ». Voilà le nouveau slogan choisi par Corinne Lepage pour mener sa campagne des européennes. Elle s’est installée dans un local cossu du 3ème arrondissement de Paris, près de la station Saint-Sébastien Froissart pour tenter de créer la surprise dans un scrutin qu’elle dit déjà floué par le « mode de scrutin qui favorise l’UMPS ». Le rendez-vous est pris pour vendredi matin. L’équipe de campagne est en réunion et je suis accueilli par un sympathique « C’est le Bondy Blog ? Ah, enfin un média qui n’est pas à la solde des annonceurs », de la part d’un conseiller politique de Corinne Lepage. Le ton est donné. Le local est bien agencé et respire l’écologie. Deux énormes bouquets de fleurs couvrent la quasi-totalité de la table et des affiches rappellent l’attachement de la candidate pour la cause écolo. L’équipe est souriante, l’ambiance détendue.

Celle qui fut ministre de l’Environnement dans le gouvernement d’Alain Juppé de 1995 à 1997, se présente sous une nouvelle étiquette, Europe citoyenne. Le leitmotiv est de « construire l’Europe citoyenne » et les listes ont d’ailleurs été constituées selon ce credo, avec des citoyens et non des professionnels de la politique. Corinne Lepage se félicite également que toutes les listes d’Europe citoyenne soient menées par des femmes. En outre, elle précise que tous les candidats sont des « professionnels de l’écologie » et détaille leurs actions dans le domaine. « Je prône l’écologie d’action », aime-t-elle répéter.

L’ex-candidate aux élections présidentielles précise ce qui la sépare du grand parti écolo voisin, Europe Écologie les Verts : « Nous ne sommes rattachés à aucun grand parti et puis l’écologie n’appartient pas à un courant politique, elle est au-dessus de tout ça ». Corinne Lepage est attachée à l’Europe et c’est pour cela qu’elle se présente à ces élections : « Nous sommes contre l’idée d’élections européennes qui servent de refuges aux défaites électorales dans les pays respectifs ». La question de l’absentéisme de certains députés européens et de leur faible implication dans leur mandat est évoquée mais la présidente du parti Cap 21 préfère se concentrer sur ceux qui font bien leur boulot, distribuant quand même quelques bonnets d’âne.

Les Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou Harlem Désir sont visés. Le nouveau secrétaire d’État chargé des affaires européennes est légèrement taclé même si Corinne Lepage ne veut pas « tirer sur l’ambulance ». Par contre, elle « trouve scandaleux que les affaires européennes soient gérées par un secrétaire d’État » et son directeur de cabinet, François Damerval, abonde dans ce sens précisant qu’avec « 12 ministres différents en 11 ans sur la question, il est impossible d’avoir une politique globale et une continuité dans les actions entreprises ».

Corinne Lepage détaille ensuite le programme de ses listes pour les prochaines élections européennes. Elle revient sur le découpage électoral et juge qu’il faudrait « revenir à des listes nationales pour plus de clarté et d’égalité ». Pour sa part, elle sera tête de liste en Ile-de-France et promet des bilans de mandat réguliers pour « plus de transparence, comme je l’ai fait durant mon mandat actuel ». Sur les valeurs défendues par Europe citoyenne, Yannick Wezet-John, candidat en Ile-de-France parle de « retour à l’humain et à plus de proximité avec les habitants. Il faut aller chercher le vote des jeunes en arrêtant de leur raconter des bêtises et en leur présentant un message clair ».

Corinne Lepage reprend la main en évoquant les initiatives citoyennes européennes, mises en place en 2012. Si une pétition sur un sujet donné obtient plus d’un million de signatures dans au moins 7 pays différents de l’union, elle devra être prise en compte. Corinne Lepage souhaite qu’on réduise à 500 000, le nombre de ces signatures. Cependant, elle n’évoque pas l’inutilité de ces initiatives, car si elles obligent l’UE à les prendre en compte, elles peuvent tout à fait rester sans réponse. Avec ses listes, Corinne Lepage se place également en adversaire des lobbys, qui occupent une place trop importante dans les prises de décision européennes.

Jonathan Sollier

 

Source : Bondy blog

http://www.bondyblog.fr/201404141300/corinne-lepage-lecologie-nappartient-pas-a-un-courant-politique-elle-est-au-dessus-de-tout-ca/#.U1Am-KLYH3m

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