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Cap21/LRC Toulouse

Elections européennes: Corinne Lepage en guerre contre les lobbies

30 Avril 2014, 14:43pm

Publié par Corinne Lepage

Elections européennes: Corinne Lepage en guerre contre les lobbies

L'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage présentait, en mars, six listes pour les élections européennes du 25 mai sous l'étiquette « Europe Citoyenne ». Peu présente dans les médias, elle souhaite profiter de ce scrutin pour faire entendre sa voix et continuer à lutter, comme elle le fait en tant que députée depuis cinq ans, contre la puissance des lobbies présents au Parlement européen. Entretien.

Corinne Lepage présente six listes pour les élections européennes du 25 mai sous l'étiquette « Europe Citoyenne »

Corinne Lepage présente six listes pour les élections européennes du 25 mai sous l'étiquette « Europe Citoyenne »

Corinne Lepage est tête de liste en Île-de-France sous l'étiquette « Europe Citoyenne ». Sur la même liste, en troisième position, figure Marie-Odile Bertella-Geoffroy, vice-présidente au tribunal de grande instance de Paris, qui s'était occupée, en tant que juge d'instruction, de plusieurs affaires retentissantes concernant la santé publique. A leurs côtés des juristes, des agriculteurs, des fonctionnaires, des scientifiques ou encore des journalistes.

JOL Press : Pour quelle raison présentez-vous des listes à l’occasion des européennes ?

Corinne Lepage : Permettez que je vous dise, avant tout, mon ras-le-bol mais aussi mon inquiétude sur l’ostracisme du monde médiatique à l’égard des listes qui ne sont ni UMP, PS, FN ou centristes et en particulier à mon égard.  Je constate que, dans les sondages, même si les scores sont modestes, nous apparaissons mieux qu’un certain nombre d’autres partis qui ont beaucoup plus de médias que je n’en ai moi-même. Dans la catégorie « petites listes », j’ai l’impression d’avoir un sort particulier et peu enviable. Du coup je m’interroge sur les personnes ou les lobbies que mes combats dérangent.

Nous avons monté ces listes « Europe citoyenne » parce que, pendant cinq ans, je me suis battue pour la santé des Européens, dans le cadre de mon mandat de députée européenne, au sein de la commission environnement, santé publique et sécurité alimentaire. Que ce soit sur l’aspartame, sur les OGM, sur les conflits d’intérêts dans les agences sanitaires, sur les pesticides, j’ai été de tous les combats et avec une certaine efficacité pour certains d’entre eux. J’ai beaucoup gêné. De la même manière, je suis une adversaire farouche, pas de nature écologique mais de nature économique, du nucléaire.

C’est parce que je me suis battue pendant cinq ans pour l’intérêt des gens, comme sur l’étiquetage des produits alimentaires par exemple, et parce que j’ai vu le comportement d’un certain nombre de mes collègues, que je me suis dis que s’il y avait, dans ce Parlement européen, des citoyens issus de la société civile, jamais ces textes ne passeraient. C’est tellement évident que certains textes sont contraires à l’intérêt général qu’un citoyen, qui n’est pas lié de près ou de loin à des lobbies ou à des partis politiques qui eux-mêmes sont liés à des lobbies, ne pourrait jamais les voter.

En constituant des listes, qui ne sont pas idéologiques, mais citoyennes, constructives et positives, je veux permettre aux citoyens d’avoir le courage et la capacité de s’opposer aux lobbies très présents au Parlement européen.

JOL Press : Quelles sont les grandes lignes de votre programme pour les européennes ?

Corinne Lepage : Nous voulons répondre aux principales préoccupations de nos concitoyens.  Nous voulons tout d’abord refaire de l’Europe un grand continent sur le plan économique, en alliant l’écologie et l’économie que l’on oppose depuis 20 ans, par ce que nous avons appelé la PIC : politique industrielle commune. Nous avons été capables de le faire pour l’agriculture, il faut le faire pour l’industrie. Nous souhaitons promouvoir une révolution industrielle qui s’appuie sur le mariage de la transition énergétique et du numérique.

Deuxième volet : la santé. La santé est capitale pour chacun d’entre nous, il est donc essentiel, dans les périodes de crises économiques, de travailler sur la prévention : la qualité de ce que nous mangeons, de ce que nous buvons, de ce que nous respirons. Et avec la santé va la sécurité humaine, parce que les peuples heureux sont les peuples où les gens se sentent en sécurité, à commencer par les jeunes : ils doivent pouvoir être sûrs de pouvoir développer leur projet de vie.

Troisième volet : l’éthique et la démocratie. Quand les lobbies font la loi, ce sont les citoyens qui trinquent. Il existe un lien très étroit entre la lutte contre les grands lobbies, contre les conflits d’intérêt, pour une rénovation de la sphère financière et dans le même temps le développement de la démocratie. Nous proposons par exemple qu’il y ait un Parquet européen pour sanctionner les infractions, qu’elles soient financières ou environnementales, à l’échelle européenne. Seraient les premiers concernés : tous ceux qui travaillent pour l’Europe, que ce soit les députés, les commissaires ou les fonctionnaires.

Pour plus de démocratie, nous souhaitons que les initiatives citoyennes européennes (une innovation du traité de Lisbonne donnant un droit d'initiative politique à un rassemblement d'au moins un million de citoyens de l'Union européenne) deviennent banales et puissent être démultipliées. Nous souhaitons pour cela réduire à 500 000 le nombre de signatures nécessaires.

Dernier volet : Cœur d'Europe. Nous sommes des Européens convaincus mais cela ne nous empêche pas d’être euro-critiques. Nous proposons une Europe citoyenne qui est la troisième étape de la construction européenne. Après l’Europe de la paix – et l’Ukraine nous montre comment celle-ci est toujours plus nécessaire – après l’Europe économique, nous voulons l’Europe citoyenne. Pour cela nous devons travailler au niveau des 28, mais l’Europe des 28 a besoin d’une locomotive. Nous proposons donc la création d’un cœur d’Europe, resserré : une fédération regroupant les pays fondateurs, l’Espagne, le Portugal, les pays scandinaves et l’Autriche pour redonner une dynamique à l’Europe. Ce pôle aurait une diplomatie commune, une armée, un budget.

JOL Press : Qu’apportez-vous de différent dans le paysage politique en tant que liste ?

Corinne Lepage : La liste elle-même est originale. Ce n’est pas une liste de politiciens professionnels, ni d’idéologues, c’est une liste d’acteurs de la société civile qui ont réalisé des choses dans leur vie et qui viennent de centre droit ou centre-gauche pour la plupart. Par ailleurs, nous avons une synthèse qui est originale : nous sommes écologistes et en même temps très favorables au développement économique et à la croissance économique. Nous mettons en avant l’éthique et la santé, comme peuvent le faire d’autres partis, mais sans la contestation idéologique qui va avec. Nous proposons des mesures extrêmement concrètes qui faciliteraient la vie des gens.

JOL Press : Quels sont vos objectifs en termes de sièges ?

Corinne Lepage : Le plus possible mais tout dépendra, bien sûr, de la visibilité que nous aurons.

JOL Press : Comment lutter contre l’abstention et faire comprendre aux Français l’importance de ces élections ?

Corinne Lepage : Notre slogan de campagne c’est : « Votez pour vous ». Je dis aux citoyens : « Vous n’êtes pas contents des partis politiques et vous avez raison de ne pas l’être mais ce n’est pas une raison pour renoncer au vote. La liste que nous proposons c’est votre liste parce qu’elle est composée de gens comme vous qui partagent vos préoccupations. En votant pour nous, vous votez pour vous. » Et disions-nous que les seuls combats perdus sont ceux qui ne sont jamais menés…

Propos recueillis par Marine Tertrais pour JOL Press

Avocate depuis 1975, Corine Lepage est ancienne ministre de l'Environnement, ancienne membre de Génération écologie, fondatrice et présidente du parti écologiste Cap21 depuis 1996, cofondatrice et ancienne vice-présidente du Mouvement démocrate jusqu'en mars 2010. Elle est députée au Parlement européen depuis 2009. En 2012, elle fonde l’association Essaim et l’année suivante, la coopérative politique du Rassemblement citoyen. Elle est présidente d'honneur du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) après en avoir été présidente fondatrice, association d'étude des effets produits par les techniques génétiques sur le vivant.

 

Source : JOL press

http://www.jolpress.com/elections-europeennes-corinne-lepage-lobbies-parlement-europeen-article-825731.html

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Demain en mai 2014

30 Avril 2014, 10:02am

Publié par Le RC-TMP

Demain en mai 2014

Citoyennes, Citoyens, Amis Twittos, favorisez, re-transmettez nos tweets, commentez-les !

Pour toute demande d'information(s), contactez-nous :

  1. par courriel à rcitoyentoulouse @ gmail.com
  2. par l'onglet CONTACT ci-dessus prévu à cet effet.
  3. Par courrier au 2 rue Henriette Achiary 31500 Toulouse

 

Sur l'agenda du Rassemblement Citoyen de Toulouse & Midi-Pyrénées en mai 2014, nous avons :

 

  • Une conférence de presse au Florida à 11H00 le lundi 19 mai 2014 avec Marie-Jeanne HUSSET tête de la liste Europe Citoyenne  pour le Sud-Ouest et son Directeur de Campagne et co-listier N°14 Sébastien Barrère

 

 

 

 

 

La prochaine, le mercredi 21 mai dès 19h au siège du RC-TMP

Avec en perpective une élection législative partielle dans la circonscription 3103 #circo3103 et les élections européennes du 25 mai 2014.

Marie-Jeanne Husset et ses 3 Co-Listiers Toulousains y participeront.

 

En savoir plus...

N'oubliez pas d'aller voter ! Et surtout...

Demain en mai 2014

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Abstention aux élections européennes : les indifférents

29 Avril 2014, 16:12pm

Publié par Richard Hasselmann

Abstention aux élections européennes : les indifférents

 

Dans quelques jours, les Européens auront voté ! En France, tous les indicateurs prédisent une abstention record, ou un vote protestataire de rejet des réalités. Avec LIBR'ACTEURS, depuis des années nous nous efforçons de rendre le citoyen acteur de son destin. Au même titre que nous nous référons à Aristote "chaque citoyen doit être tour à tour gouverneur et être gouverné", empruntons à GRAMSCI !

Empruntons effectivement à Antonio GRAMSCI, et à sa "CITE FUTURE" (1917), un titre d'une brûlante actualité : LES INDIFFERENTS !

Dès l'instant où l'abstention ou le vote blanc ne sont  pas pris en compte et ne se traduisent  pas par des élus, ils sont indifférents, et ne pèsent pas. Ces attitudes passives, contrairement à ce que l'on croit, marquent l'histoire en laissant l'initiative à des petits groupes qui profitent de l'abstentéisme, de l'indifférence, pour tisser leur toile dans l'ombre.

Ainsi, et GRAMSCI le montre bien, les destins de génération sont manipulés et orientés par les visions restreintes, les ambitions et intérêts de petits groupes actifs, que le plus grand nombre ignore car il ne s'en préoccupe pas.

Le 25 mai prochain, il est impératif que l'électeur se mobilise pour exprimer un choix, lucide et responsable.

A défaut, il sera inutile de venir se plaindre en "pleunichant" sur le théme de l'innocent irresponsable.

L'indifférent sera responsable et coupable, car il n'aura pas utilisé le poids de son vote, pour construire intelligemment l'Europe de demain.

Cet éclairage m'est suggéré après avoir suivi la saga liée à l'accord de libre échange entre l'UE et les USA, confortant celui en gestation avec le CANADA. Il faut avoir entendu l'impayable Karel de GUCHT, commissaire européen au Commerce, pour comprendre en quoi le TTIP (Transatlantic Trade and  Investment Partnership), venant après l'AECG (Accord economique et Commercial Golbal) avec le CANADA, sont autant de chevaux de Troie qui vident de sens l'essence même de la Communauté Européenne.

L'indifférent ne se positionnera pas sur cette question, comme il ignorera les questions qui ont trait aux limites de l'espace Schengen, à la gestion de l'€, ou , tout simplement, à l'architecture institutionnelle de l'UE, à revoir d'urgence dans le sens d'une meilleure lisibilité démocratique.

GRAMSCI, malheureusement récupéré par une gauche anarcho-libertaire, écrit :

"Qui vit véritablement ne peut pas ne pas être citoyen citoyen, ni prendre parti. L'indifférence est l'aboulie, le parasitisme et la lâcheté !"

Puisse l'électeur (et les jeunes en particulier) s'en souvenir le 25 Mai, pour étudier les programmes proposés, débusquer les impostures populistes et donner mandat à ceux qui, libres de toute contrainte partisane, posent les bonnes questions pour envisager les bonnes réponses.

 

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Montée des extrêmes, tentation du repli : sur l'Europe, les slogans ont remplacé les idées

29 Avril 2014, 15:50pm

Publié par Corinne Lepage

Montée des extrêmes, tentation du repli : sur l'Europe, les slogans ont remplacé les idées

LE PLUS. À quelques semaines des élections européennes, les eurosceptiques marquent des points, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou encore en France. L'eurodéputée Corinne Lepage, présidente de Cap 21, met en garde contre la tentation du repli et ses dangers. L'intérêt national que ces mouvements nous vendent est un abus de confiance, explique-t-elle.

Édité par Sébastien Billard 

Nigel Farage et Nicolas Dupont-Aignan en meeting à Paris, le 13 avril 2014 (R. MAUVINIERE/SIPA).

 

"Patriotes" et "collabos". Voilà les mots lâchés par Nicolas Dupont-Aignan qui reprend la sémantique de la PME Le Pen.

 

Cette même Marine Le Pen est l’un des soutiens quasi inconditionnel de Vladimir Poutine en Ukraine face à la volonté des Ukrainiens de l’Ouest et de Kiev de se rapprocher de l’Union européenne. Tous les deux se veulent les soutiens des ouvriers. Les voilà autoproclamés appuis de la main d’œuvre française pourrais-je dire avec beaucoup d’ironie. Convergences des droites !

 

Et dans les soutiens à Poutine, on retrouve à l’UMP François Fillon ou Thierry Mariani. Mais on retrouve aussi quelqu’un comme Jean-Luc Mélenchon pour l’extrême gauche, ce qui illustre la convergence des extrêmes comme lors du non de 2005.

 

Les boucs-émissaires ne manquent pas

 

Le point de gravité de l’UMP a franchement dévié. Que penser d’un Alain Lamassoure, ex-centriste devenu souverainiste ? Que penser d’un Laurent Wauquiez qui vient chercher un peu de notoriété en mettant en porte à faux son parti sur le dos de l’UE ?

 

Même chose à gauche où la gauche du PS cultive un euroscepticisme depuis le référendum de 2005 et qui pèse aujourd’hui sur le parti contre l’Europe et contre l’euro.

 

Et dans un monde complexe, l’outil de communication est efficace et les boucs-émissaires ne manquent pas. Ce sont les plombiers polonais, les Roms, les patrons esclavagistes qui trichent en utilisant la directive "travailleurs détachés" – le contrôle de l’application de cette directive est à faire par des inspecteurs du travail français, or les mêmes qui critiquent cette directive sont aussi les premiers à attaquer les inspecteurs du travail.

 

D’une seule phrase, ils simplifient quelque chose de complexe pour en faire un argument de campagne. Les slogans ont remplacé les idées et la complexité du monde. Ils font parler les morts (de Jaurès à de Gaulle), utilisent l’uchronie et raisonnent au mieux Trente Glorieuses au pire XIXe siècle.   

 

Partisans du charbon, du pétrole et du gaz, ils n’ont pas compris la 3e révolution industrielle. Et les triangulations sont fortes. Entre l’eurosceptique lobbyiste de GDF-Suez ou les europhiles entretenant des "réseaux" dans les énergéticiens conventionnels et les partisans de l’atome, qui luttent contre l’indépendance énergétique de l’Europe, les convergences sont évidentes pour mettre sur le dos de l’Europe tout ce qui va mal.

 

L'heure est aux petits calculs politiques

 

De l’Ukraine presque tout le monde se moque. Et c’est un euphémisme. Je l’ai constaté sur place à de multiples reprises. En ce 26 avril, combien de politiques ont rendu hommage aux 800.000 héros des temps modernes qu’ont été les liquidateurs de Tchernobyl et qui ont sacrifié leurs vies pour la nôtre ?

 

Combien se soucient des milliers de personnes vivant en zone contaminée ? Combien se sont émus des velléités d’un français qui voulait aller faire un investissement agricole dans les zones contaminées ?

 

Allez dans les rues de Kiev et voyez le nombre d’enseignes de l’ouest, vous comprendrez d’ou viennent les intérêts de certains européens. Comprenez le fonctionnement de la corruption de ce pays pour comprendre les intérêts économiques de certains. Appréhendez notre dépendance au gaz russe pour comprendre les enjeux ukrainiens. Voyez les états économique et démocratique de la Russie pour saisir la stratégie de Poutine.

 

Oui, certains jouent de l’intérieur contre leur camps, ils se retrouvent très régulièrement aux extrêmes mais pas seulement. Combien de députés UMP et UDI ont eu le courage de voter sur une résolution sur la liberté de la presse en Italie ? Combien ont condamné la bise ostensible de Joseph Daul à Victor Orban grand démocrate dans l’âme ?

 

Quels calculs politiques peuvent conduire l’extrême droite, l’UMP, l’UDI, le MoDem et Jean Luc Mélenchon à voter contre une résolution au Parlement européen dénonçant les écarts de la Turquie avec le processus de Copenhague, la répression des manifestants, la corruption, le flicage des syndicalistes, les restrictions de la liberté sur le net…

 

Abus de confiance

 

Dans le même genre, voir Marine le Pen et Nicolas Dupont-Aignan faire la danse du ventre à l’affable Nigel Farage, pourfendeur de l’Europe régulatrice, qui nuirait aux banques anglaises qui siphonnent les trésoreries des entreprises de l’UE dans les paradis fiscaux que sont Jersey Guernesey et surtout la City, c’est avoir la nausée.

 

Quelle fauxcuserie de ce pourfendeur de l’euro alors que Londres est devenu la première place financière euro et qu’une partie du miracle britannique est dû aux paradis fiscaux, aux montages financiers et aussi à de faux chiffres et à des statistiques tronquées !

 

Oui, ceux qui s’annoncent sociaux sont surtout ceux qui votent ultra libéral et ultra conservateur. C’est une norme du genre comme aurait dit Audiard. C’était dans "Le Président", il y ajoute une phrase qui pourrait être la devise des eurosceptiques "Entre l'intérêt national et l'abus de confiance, il y a une marge".

 

C’est un intérêt national qu’ils nous vendent, c’est la ligne Maginot et en cela il s’agit d’un abus de confiance au XXIe siècle.

 

Par 
Eurodéputée

 

 

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Alstom, symptôme d'un mal français

28 Avril 2014, 10:12am

Publié par Corinne Lepage

Alstom, symptôme d'un mal français

 

Le rachat d'Alstom pourrait apparaître comme un échec supplémentaire après les pertes de fleurons nationaux comme Publicis, Lafarge, Peugeot ou Justin Bridou. Il est bien davantage. Il traduit l'incapacité de notre pays à définir une véritable stratégie industrielle depuis 20 ans et plus précisément à définir une politique énergétique digne de ce nom. Affirmer le leadership français dans le domaine nucléaire et le maintien du tout nucléaire ne suffit pas! Et surtout il tourne le dos à une réalité qui est celle du fiasco commercial d'une part, de l'absence d'investissement en France d'autre part.

Car en France, l'absence d'investissement dans la sécurité nucléaire croisée avec la tragédie technique et financière que constitue l'EPR, s'ajoute à une absence d'investissement dans le renouvelable ne serait-ce que pour atteindre les 23% prévus en 2020. Certes, l'éolien off shore commence à intéresser, mais le blocage sur l'éolien terrestre et le matraquage de la filière solaire ont fait perdre ses chances à une industrie française du renouvelable dans laquelle nous pouvions avoir un savoir-faire indéniable. Le résultat est notamment pour Alstom une atonie hexagonale non compensée par une conquête des marchés mondiaux du renouvelable alors que ceux-ci explosent.

Tout ceci illustre clairement notre manque d'ambition en matière énergétique et notre absence de vision politique et stratégique. Nous liquidons notre savoir-faire au profit des actionnaires qui jouent perdant sur la France. Oui, la France avait déjà recapitalisé Alstom mais cela ne suffisait pas, il fallait mener en parallèle un véritable programme de transition énergétique sur le territoire français et afficher pour l'Europe de vraies ambitions. Mais tel l'arroseur arrosé, cela pourrait bien être le lobby nucléaire qui est responsable pour une large part de cette politique de gribouille et pourrait en être la première victime. Le risque est grand, qu'il ne s'agisse que du premier acte de déconstruction de la filière nucléaire française, confrontée à un déni de réalité qui trouve son terme. On ne peut pas impunément vivre dans le mensonge. La réalité financière, économique, de marché rattrape l'industrie nucléaire et risque d'être catastrophique pour nous tous en raison de l'absence de mise en œuvre de la transition énergétique.

Il est tard, très tard mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. Une Politique Industrielle Commune à l'échelle européenne pourrait nous aider à éviter le pire et à faire en sorte qu'à l'avenir le mercato industriel puisse être pensé en terme européen ; en second lieu, il apparait à l'évidence qu'au lieu de freiner des 4 fers comme le fait la France au niveau communautaire, dès lors qu'il s 'agit d'efficacité énergétique ou de renouvelables, motif inavoué de favoriser le nucléaire, il serait temps de chercher à tirer le maximum d'avantages industriels de la politique européenne et d'œuvrer à une PIC dans laquelle la France pourrait trouver les synergies nécessaires ; en troisième lieu, si jamais un terrain d'entente avec Siemens pouvait être trouvé, en particulier pour maintenir emplois et centres de décisions en France, l'Europe disposerait alors d'un géant à la conquête du monde. Enfin et surtout, une PIC obligerait la France à faire sa révolution copernicienne dans le domaine de l'énergie comme dans les autres et admettre que nous sommes au XXIe siècle et plus au XXe. Le choix n'est pas entre le nucléaire et la bougie mais comme me le rappelait Frédéric Mazella lors de la visite de son entreprise Blablacar, je fais aussi mienne la formule de Woody Allen "Je m'intéresse à l'avenir car c'est là que j'ai décidé de passer le restant de mes jours."

 

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/alstom-symptome-dun-mal-francais_b_5222915.html

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