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Cap21/LRC Toulouse

Articles avec #echos du reseau lercitoyen

#ParlonsVrai : un nouveau président pour le Parlement européen, pourquoi faire ?

18 Janvier 2017, 13:47pm

Publié par Corinne Lepage

L'Italien Antonio Tajani, élu président du Parlement européen, à Strasbourg, le 17 janvier 2017.

L'Italien Antonio Tajani, élu président du Parlement européen, à Strasbourg, le 17 janvier 2017.

L’élection de Monsieur Tajani à la tête du Parlement européen n’est pas une surprise. Le PPE auquel il appartient est le parti qui compte le plus de députés du Parlement et depuis des décennies, le pouvoir est partagé entre le groupe socialiste, S et D et le PPE, parti d’une droite assez conservatrice.

Ce partage du pouvoir qui se fait bien évidemment au détriment des autres mouvements politiques est une des difficultés du fonctionnement du Parlement européen. Le changement se fait à mi- mandat. Le précédent président Martin Schultz était socialiste et nous sommes donc dans la droite ligne du passé avec l’élection d’un président du PPE.

Alors, pourquoi y avait-il un suspens et que traduit cette élection ? Le suspens est né en réalité de la qualité assez médiocre des deux principaux candidats, Monsieur Tajani et Monsieur Pitella. Une candidature de Guy Verhofstadt aurait pu peut-être troubler la donne même si le groupe libéral et démocrate (ALDE) n’est aujourd’hui que le cinquième groupe du Parlement. Mais cette candidature a été retirée après que le candidat ait fort piteusement envisagé d’intégrer dans son groupe le mouvement cinq étoiles auquel les autres groupes préalablement consultés par ce mouvement avaient opposé une fin de non-recevoir. Les mathématiques l’ont emporté et Monsieur Tajani a gagné. Ce fondateur de Forza Italia, proche de Berlusconi, a été commissaire à l’industrie et aux Entreprises . Il a été élu alors qu’il est mis en cause dans le cadre du scandale Volkswagen au motif qu’il aurait été parfaitement au courant de la situation dès 2011. Visiblement, cette «casserole» n’a pas été suffisante. La santé de 500 millions d’Européens a probablement pesé moins fort que les intérêts des grands constructeurs automobiles…. Intérêt au demeurant fort mal apprécié de la catastrophe que représente pour cette industrie le dieselgate.

Ainsi, non seulement les 3 principaux responsables des institutions européennes, Donald Tusk (polonais ), Jean-Claude Juncker (luxembourgeois) et maintenant Antonio Tajani sont des conservateurs de la frange la plus à droite du PPE mais encore deux d’entre eux au moins à savoir le président du Parlement européen et le président de la commission voient planer sur leur tête des doutes très sérieux quant à leur gestion pour avoir couvert et même décidé des politiques éminemment contestables, qu’il s’agisse de la politique fiscale du Luxembourg ou de la couverture des turpitudes des constructeurs automobiles pour cacher des pollutions posant de véritables problèmes sanitaires en Europe.

À une époque où plus que jamais nous avons besoin d’une adhésion de nos concitoyens à un projet européen dynamique, éthique, répondant aux difficultés économiques et sociales mais aussi à la demande de sens, on ne peut que regretter des choix faits de manière bien peu démocratique puisqu’en réalité il ne s’agit que de cooptation ou d’élection au suffrage indirect dans laquelle les partis politiques ont la totalité du pouvoir.

Il est évident que nous ne pourrons répondre avec efficacité à Donald Trump, marquer une cohésion à l’égard de la Grande-Bretagne, redonner une envie d’Europe en promouvant des politiques communes beaucoup plus intégrées, y compris avec seulement quelques pays, que si nous améliorons le fonctionnement démocratique de l’Europe.

Des progrès majeurs sont à faire dans ce domaine et nous ne pouvons qu’espérer que les débats de la campagne présidentielle aborderont aussi cette question.

 

 

Corinne Lepage

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

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#ParlonsVrai : Et si nous devions remercier Donald (Trump) ?

17 Janvier 2017, 15:41pm

Publié par Corinne Lepage

#ParlonsVrai : Et si nous devions remercier Donald (Trump) ?

Les propos peu amènes tenus par Donald Trump à l’égard de l’Europe ne devraient pas nous affliger mais au contraire nous faire réagir.

Oui nous nous sommes laissés aller, oui, nous avons beaucoup trop accepté des États-Unis avec des responsable communautaires ultra atlantistes une Grande-Bretagne qui a toujours eu un pied aux États-Unis et un pied en Europe. Mais, Donald Trump nous rappelle utilement à notre tâche commune : construire une Europe indépendante et forte.

Nous sommes le premier bassin de consommation solvable du monde et si Monsieur Trump veut jouer les forts à bras avec nos entreprises, nous devons être capables d’en faire de même avec les siennes.

Si Monsieur Trump veut se mettre au ban de l’humanité en jouant à celui qui en fait le plus pour émettre du CO2 et précipiter le monde, USA compris, dans la catastrophe, il en portera la responsabilité-ce dont probablement il se moque éperdument- mais surtout il n’y parviendra pas. En effet, la fronde déjà engagée des grandes entreprises américaines pour le respect des accords de Paris et les intérêts financiers et économiques de tous ceux qui n’appartiennent pas au lobby pétrolier va s’y opposer.

Alors, trouvons des accords avec tous ceux, qui aux États-Unis entrent en résistance à commencer par la Californie. Monsieur Trump veut mettre la zizanie entre les Européens ; rien n’empêche les Européens d’en faire de même, pour la bonne cause, entre les Américains. Réunissons tous ceux qui, aux États-Unis notamment, veulent le succès des accords de Paris.

Monsieur Trump considère que l’OTAN est obsolète. Parfait. Créons une défense européenne en dirigeant les crédits que nous octroyons actuellement à l’OTAN à un organe de défense européen doté d’une armée, des moyens militaires et techniques nécessaires à la défense contemporaine. Cette défense européenne devra bien évidemment intégrer ou coopérer très étroitement avec une véritable structure de renseignements commune capable d’échanger rapidement dans le cadre en particulier de la lutte contre le terrorisme.

Monsieur Trump veut se rapprocher de Monsieur Poutine. Il faudrait déjà que le FBI et la CIA acceptent de jeter par-dessus bord 60 ans de guerre froide… mais, même si c’était le cas il n’y a pas que les États-Unis et la Russie (dont le PIB est inférieur à celui de l’Italie) dans le monde. La Chine, même si nous avons des conflits d’ordres commerciaux avec elle, est désormais un des grands acteurs du monde multipolaire. Nous pouvons avoir des intérêts communs.

Bref, Monsieur Trump nous oblige à bouger, à nous ressaisir, à reprendre la construction communautaire en urgence pour nous adapter à la nouvelle donne du monde. Mais, c’est peut-être une grande chance pour l’Europe et pour les peuples européens que les rodomontades de Donald T.

Comprendre la nécessité de la construction européenne pour reprendre une place centrale dans le jeu mondial, place que nous avons par faiblesse, désintérêt et inorganisation, perdue.

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

 

 

 

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Comment expliquer qu'en 2017, EDF ne soit toujours pas capable de justifier les coupures d'électricité ?

16 Janvier 2017, 17:31pm

Publié par Corinne Lepage

Depuis quelques heures, EDF a communiqué abondamment sur les risques de pénurie d'électricité en raison du froid et des pointes de consommation que celui-ci risquait de générer.

Depuis quelques heures, EDF a communiqué abondamment sur les risques de pénurie d'électricité en raison du froid et des pointes de consommation que celui-ci risquait de générer.

Depuis quelques heures, EDF a communiqué abondamment sur les risques de pénurie d'électricité en raison du froid et des pointes de consommation que celui-ci risquait de générer. Comment expliquer que dans un pays théoriquement en surcapacité -puisque nous disposons environ de huit réacteurs de plus que ce dont nous avons besoin- nous en soyons arrivés à une telle situation?

 

Elle résulte d'une double conjonction. D'une part, une addiction au chauffage électrique, en particulier dans les logements sociaux, conduite à la demande de l'État et surtout d'EDF pour écouler l'électricité produite par les centrales nucléaires, et ce de manière constante. Rappelons que lorsqu'il y a une pointe de consommation électrique en Europe l'hiver, la moitié de la pointe est due à la France qui est une exception en Europe au très mauvais sens du terme. Cette addiction au chauffage électrique, constamment encouragée par le législateur, pour les mêmes raisons, a des conséquences sociales extrêmement lourdes puisqu'elle renforce la précarité énergétique et les charges des locataires. S'ajoute à cela un retard massif de la France en matière d'efficacité énergétique, sans même parler de sobriété énergétique. En effet, jusqu'à ces toutes récentes années, la France a refusé énergiquement de mettre en place une politique de maîtrise de l'énergie ce qui explique qu'un ménage français consomme aujourd'hui 35 % de plus d'électricité qu'un ménage allemand équivalent. Cette politique est bien entendue tout à fait volontaire c'est-à-dire destinée à permettre la consommation d'une électricité permanente qu'il était impossible de stocker. La mise en place au demeurant très discutable, car faite dans l'intérêt unique d'EDF et non des consommateurs, des compteurs Linky et les premières campagnes en faveur de la sobriété énergétique arrivent très tard.

 

Le second facteur explicatif est l'indisponibilité d'un nombre relativement important de réacteurs nucléaires à la suite de leur mise à l'arrêt à la demande de l'autorité de sûreté nucléaire. Les contrôles qui ont été exigés à juste titre trouvent leur source dans les malversations constatées au sein de l'entreprise Areva au Creusot à la suite des anomalies découvertes sur la cuve et le couvercle de l'EPR de Flamanville. En effet, les anomalies détectées ont conduit à craindre que des générateurs de vapeur voire des cuves de 21 réacteurs puissent comporter des défauts. On doit donc être reconnaissant à l'ASN d'avoir exercé ses pouvoirs et exiger de l'exploitant, particulièrement réticent, une mise à l'arrêt pour contrôle. Si les autorisations de redémarrage, avec des conditions dont il n'est pas certain qu'elles aient été respectées par l'exploitant, ont été données par l'ASN pour certains réacteurs -avec au passage un certain nombre d'adaptation concernant les règles– il n'en demeure pas moins que nombre de réacteurs restent encore aujourd'hui à l'arrêt.

 

Dans ces conditions, il n'est pas surprenant que nous manquions d'électricité, d'autant plus que le manque de rentabilité des centrales au gaz a conduit à en fermer certaines réduisant d'autant les capacités de production électrique autre que nucléaire. En effet, notre extrême faiblesse dans le développement des énergies renouvelables (la biomasse et même le solaire qui peuvent être utilisés en période de froid) et l'absence de rentabilité d'un certain nombre de centrales à gaz rendent notre approche monomaniaque de l'énergie catastrophique. Reste bien évidemment l'approvisionnement sur le marché européen qui lui-même est très sollicité et bien évidemment coûteux, ce qui gêne EDF en des périodes de vaches très maigres.

 

Ainsi, la situation actuelle est totalement imputable à notre champion national qui, dans sa croisade permanente en faveur du nucléaire, qui a engendré une dépendance volontaire du chauffage à l'électricité, a cherché à détruire toutes les sources alternatives de production électrique depuis 20 ans, ce qui a été évidemment encouragé par des politiques dotés d'une clairvoyance redoutable.

Au-delà, la communication faite sur les risques de pénurie, voire de black-out, n'a pas seulement l'objectif de prévenir les Français d'une menace de manque d'électricité. Elle vise également à faire pression sur l'autorité de sûreté nucléaire pour que les autorisations de redémarrage soient données le plus rapidement possible et, de manière plus insidieuse, à essayer de faire porter sur l'autorité de contrôle la responsabilité d'une insuffisance des moyens de production. Or, s'il est un responsable de cette insuffisance c'est évidemment l'exploitant qui, malgré des procédés de contrôle interne, n'a jamais été capable lors des décennies passées de déceler les malfaçons dont ses réacteurs pouvaient être affectés. Autrement dit, derrière la communication sur la situation de tension sur le réseau se cache la partie de bras de fer qu'EDF a engagé contre l'autorité de sûreté nucléaire pour forcer cette dernière à donner des autorisations qui ne doivent pas l'être, dès lors que la sûreté et la sécurité ne sont pas complètement assurées.

 

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/comment-expliquer-quen-2017-edf-ne-soit-toujours-pas-capable-d/

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#ParlonsVrai: risque de Black out : le monde à l’envers

16 Janvier 2017, 10:09am

Publié par Corinne Lepage

#ParlonsVrai: risque de Black out : le monde à l’envers

Le deuxième débat de la primaire de la gauche a permis de discuter de la question énergétique et la place du nucléaire dans le mix énergétique ce qui constitue un progrès indéniable par rapport à une situation antérieure dans laquelle le sujet n’était même pas soulevé.

Il a permis de constater que quatre candidats sur 7 manifestaient une parfaite incompétence quant au coût des différentes énergies en présence, marquant ainsi l’addiction habituelle de la classe politique française au bourrage de crâne de l’industrie nucléaire. Mais, il a été également très caractéristique de la manière dont les journalistes, qui sont également très impressionnés par l’industrie nucléaire, posent le problème du mix énergétique. Une seule question : qu’allez-vous faire des 220 000 personnes qui sont employées par l’industrie nucléaire ? Tout d’abord le chiffre est faux. Il s’agit de 125 000 personnes en emplois directs soit la moitié; en second lieu, ce n’est pas parce que certains réacteurs seraient arrêtés que les emplois seraient supprimés. En effet, la maintenance, puis les procédures de mise à l’arrêt, puis de démantèlement des centrales nucléaires exigent du personnel. Enfin, la qualification de ce personnel permet d’envisager une requalification professionnelle dans le secteur des énergies renouvelables dont un rapport récent de l’OCDE rappelle qu’il emploie six fois plus de personnes que les énergies conventionnelles pour la même production énergétique. Cette manière de poser le problème a évidemment pour but de rendre impossible par définition toute réduction du parc nucléaire puisqu’il entraînerait des suppressions de postes. C’est une vision de très court terme largement inexacte de surcroît qui s’apparente davantage à de la propagande qu’à un véritable argument.

Il en va exactement de même de l’argument sous-jacent au risque de black out : que ferions-nous sans nucléaire ? Autrement dit, le froid et le besoin d’électricité justifient le maintien de 75% de nucléaire dans le mix énergétique.

C’est faux et de surcroît particulièrement tendancieux.

En effet, si nous sommes aussi fragilisés au regard des pointes de consommation, c’est précisément à cause du nucléaire. C’est en effet le besoin de vendre à tout prix de manière constante de l’électricité qui a conduit à sur favoriser le chauffage électrique et par voie de conséquence la fragilisation en cas de pointe. La meilleure preuve en est qu’au niveau européen, en cas de pointe due au froid, c’est la France qui représente 50% de la surconsommation européenne.

De plus, s’il y a aujourd’hui des difficultés d’approvisionnement, c’est en raison du mauvais état des centrales et du fait qu’un certain nombre d’entre elles sont arrêtées pour des raisons de sûreté. Or, pression est faite pour sur l’autorité de sûreté nucléaire pour alléger les contrôles, repousser des mises à l’arrêt pour maintenance et autoriser le redémarrage de centrales qui devraient être maintenues à l’arrêt (lire l’article au sujet de l’ASN). Cette prise de risque volontaire est un très mauvais signal quant au sérieux du contrôle et à l’indépendance de l’autorité de sûreté nucléaire. Devoir choisir entre sécurité ou approvisionnement est un choix cornélien que seul un changement d’orientation peut éviter. Or, c’est tout le contraire qui se passe puisque le lobby nucléaire arrive à faire croire que c’est avec plus de nucléaire et un nucléaire moins sécurisé que l’on pourra le mieux répondre aux besoins des Français. C’est le monde à l’envers.

Bien au contraire, c’est avec un mix énergétique fondé sur une pluralité d’énergies renouvelables, avec lesquels il est possible de jouer en fonction des lieux et de la météorologie, que nous pourrions au mieux à la fois répondre aux besoins et assurer notre indépendance énergétique.

Car, et c’est probablement la cerise sur le gâteau, le nucléaire est le choix de notre dépendance énergétique alors que le renouvelable est celui de notre indépendance. Quand parviendrons-nous à remettre le monde à l’endroit dans le domaine énergétique ?

 

Corinne Lepage

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

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Leur «coup de foudre politique» pour Emmanuel Macron

15 Janvier 2017, 07:18am

Publié par Sylvie Roux

Vendredi 13 janvier 2017 au soir à Colomiers, une réunion des pilotes locaux du mouvement «En Marche !»

Vendredi 13 janvier 2017 au soir à Colomiers, une réunion des pilotes locaux du mouvement «En Marche !»

Créé il y a neuf mois, le mouvement En Marche ! rassemble 3500 adhérents en Haute-Garonne. Certains, pour la plupart novices en politique s'investissent en créant des comités locaux. Ils se sont réunis vendredi à Colomiers.

Pour se retrouver vendredi soir, les responsables des comités locaux du mouvement «En Marche !» avaient choisi une brasserie de Colomiers, «L'Airbus». Un nom qui évoque le décollage du candidat Macron dans les sondages et l'envol rapide de son mouvement, lancé en avril en s'appuyant sur internet et les réseaux sociaux. «En Marche !» rassemble 138 000 adhérents en France et plus de 3 500 en Haute-Garonne, a rappelé Mickaël Nogal, référent du mouvement dans le département. Vendredi soir ils étaient une petite cinquantaine, dont beaucoup de jeunes hommes. Parmi eux, Léo Lesne, 18 ans, «bébé Macron» comme il dit, adhérent de la première heure. Alors en Terminale, Léo a participé le 28 mai dernier à la campagne de porte-à-porte lancée par Emmanuel Macron, qui n'avait pas encore démissionné du gouvernement. Aujourd'hui étudiant en Droit, Léo est responsable départemental des Jeunes avec Macron 31, qui sont environ 200 actuellement. Il anime le comité Toulouse Centre-Ville, un des plus importants en Haute-Garonne avec sa centaine d'adhérents. «C'est un mouvement qui donne beaucoup de confiance, peu importe l'âge» dit Léo. Construit sur la participation, la transversalité, la citoyenneté, le projet Macron a séduit des Français qui ne s'étaient jamais engagés en politique, comme Didier Malautiaux, qui évoque avoir ressenti un «coup de foudre politique» pour Emmanuel Macron.

«Jamais un parti!»

«C'est ce lifting cérébral, ce bol d'air qui m'a plu», dit ce Belge toulousain d'adoption, qui organise des réunions de bienvenue dans un salon de thé du quartier Borderouge le samedi et distribue des tracts sur les marchés. «Ces réunions autour de thèmes comme l'éducation, la santé, la solidarité, l'Europe, sont gratuites et intergénérationnelles. Il y a des gens de tous milieux qui viennent, attirés par cet esprit novateur. Macron a réussi à insuffler de l'espoir». Le mouvement, encore très citadin, essaie de s'implanter dans les territoires. «Depuis novembre nous organisons des réunions dans différentes communes. Les maires sont très accueillants, ils mettent des locaux à notre disposition. On traite de thèmes nationaux qu'on enrichit par des propositions, mais aussi de sujets locaux comme les problématiques de mobilité», témoigne Frédéric Morizot, conseiller municipal à Saiguède, un village du canton de Saint-Lys.

 

Épaulée par un autre routard de la politique locale, Pierre Cabaré, délégué régional du mouvement vert Cap 21 de Corinne Lepage, Monique Iborra (lire ci-contre) observe ce bel élan et se projette déjà dans les législatives qui suivront l'élection présidentielle. «En Marche ! ne sera jamais un parti. Pour autant Emmanuel Macron souhaite proposer un candidat dans toutes les circonscriptions. Des critères seront définis. Il n'y aura aucun accord avec les partis politiques». La députée, en rupture avec son parti d'origine le PS confie recevoir déjà des candidatures de personnes prêtes à se lancer.


M. Iborra : «aller sur le terrain»

La députée de la 6e circonscription de Haute-Garonne est l'unique tête d'affiche politique du département engagée très officiellement derrière l'ancien ministre de l'économie, comme elle l'a rappelée vendredi soir. «J'ai soutenu ardemment Ségolène Royal, j'étais la seule, comme je suis la seule députée sur le plan local à soutenir Emmanuel Macron», dit Monique Iborra, députée exclue du PS depuis juillet pour avoir apporté son soutien au maire dissident de Montpellier, Philippe Saurel, lors des dernières élections régionales. «Le mouvement En Marche représente très largement la société civile. C'est la raison pour laquelle je l'ai rallié très vite, fin août, après la démission d'Emmanuel du gouvernement. Je le connaissais, je l'avais vu à l'œuvre sur la loi Macron, j'ai souhaité être avec lui dans le mouvement «En Marche !». En s'adressant aux militants, pour la plupart jeunes et novices en politique, Monique Iborra a prodigué quelques conseils de routarde de la politique. «Il faut recruter plus de femmes et il faut être très présents sur le terrain. Ce département n'est pas simple à gagner mais on fera tout pour y arriver».

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