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Cap21/LRC Toulouse

Articles avec #echos du reseau lercitoyen

#ParlonsVrai : Fessenheim, stop ou encore ?

24 Janvier 2017, 11:07am

Publié par Corinne Lepage

La centrale de Fessenheim

La centrale de Fessenheim

Aujourd’hui, le conseil d’administration d’EDF doit statuer sur l’acceptation ou non de l’indemnisation prévue pour la fermeture de Fessenheim. On croit rêver ! En réalité, le gouvernement a tout faux depuis le début sur la question de Fessenheim et la question de la dangerosité est parfaitement mal posée. Depuis le début, le gouvernement a tout faux, dans la mesure où la question de la sûreté et la question du changement de politique énergétique ont été mélangées.

En effet, l’annonce de la fermeture d’une centrale nucléaire, en l’espèce Fessenheim, devait être le premier acte concret du changement de politique énergétique de la France et le premier acte symbolique de la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique. Poser la question sous cette forme permet de comprendre la bataille menée par EDF et de manière plus générale le lobby nucléaire pour s’opposer à tout acte concret qui pourrait suggérer un changement dans le mix énergétique. Quoiqu’il en soit, ayant décidé de réduire la part du nucléaire à 50 % en 2025, le gouvernement par la même décidait de la fermeture de 15 à 17 réacteurs selon la Cour des Comptes. Pour arriver à ce résultat, il est évident qu’il fallait commencer au cours du présent quinquennat cette nouvelle politique. C’est un choix politique et il devait donc s’imposer comme tel.

Autrement dit c’était à l’État d’imposer à EDF la fermeture des réacteurs qu’il avait décidée, la question de l’indemnisation ne devant en réalité se poser que pour les actionnaires étrangers dont il semblerait de surcroît qu’ils étaient prêts à ne rien demander. De plus, la position d’EDF de réclamer une indemnisation est d’autant plus choquante que dans le même temps elle refuse de payer les dividendes dus à l’État pour 2016 soit plus de 2 milliards d’euros et réclame une recapitalisation à hauteur de plusieurs milliards. Elle est donc particulièrement malvenue à exiger, en raison d’un choix énergétique de l’État une indemnisation. La question de l’emploi pouvait naturellement être évoquée sauf que la fermeture de Fessenheim n’implique évidemment pas la perte d’emplois de ceux qui travaillent puisque la maintenance et tous les travaux nécessaires à la mise à l’arrêt puis à la procédure des démantèlements justifient bien évidemment de très nombreux emplois. Personne ne s’est jamais donné le mal d’apprécier réellement le nombre d’emplois concernés et la capacité d’EDF de reclasser ces personnels dans les autres centrales nucléaires, voire de les former pour leur permettre d’accéder à des emplois dans les énergies renouvelables ,secteur infiniment plus propice à l’employabilité. Mais ce n’est pas la voie choisie par le gouvernement qui a décidé de s’en remettre à EDF pour décider de la fermeture des centrales nucléaires. Ce choix absurde conduit à demander à une entreprise et ses salariés à se faire hara-kiri, ce qui n’a aucun sens. Ce choix est un choix de la Nation et il doit donc être imposé à EDF.

Mais le choix de Fessenheim n’était pas un hasard. Non seulement cette centrale comporte des risques intrinsèques liés à sa situation (risque sismique auquel s’ajoute un risque d’inondation, lesquelles peuvent être cumulées), mais de surcroît, sa sûreté et sa sécurité sont en cause. En effet, cette centrale qui est la plus vieille, n’a pas de double enceinte de confinement, n’a pas de tour de réfrigération, pollue l’eau en dehors de toute limite légale (de telle sorte qu’il a fallu attendre 2015 pour qu’elle dispose d’un arrêté de rejet liquide chimique qui n’est qu’une somme de dérogations). À cela s’ajoute un défaut récemment constaté sur le générateur de vapeur du réacteur numéro deux à la suite des malversations commises au Creusot et qui ont donné lieu à une saisine du parquet par l’autorité sûreté nucléaire. Ceci explique qu’un des deux réacteurs ait été mis à l’arrêt. S’ajoutent à cela des demandes réitérées du gouvernement allemand de fermer cette centrale et le fait qu’elle est considéré comme le symbole d’une centrale dangereuse par les parlementaires européens qui siègent à Strasbourg. Certes, l’autorité de sûreté nucléaire a non pas prolongé la durée de vie de la centrale puisqu’en droit français aucune durée de vie n’est fixée, mais fixé de nouvelles prescriptions après la troisième visite décennale. Elle n’a pas non plus demandé l’arrêt définitif de la centrale mais seulement l’arrêt d’une des deux tranches pour les raisons ci-dessus indiquées. Quoiqu’il en soit ,la confusion entre l’une et l’autre de ces deux raisons conduit à la situation ubuesque actuelle.

De toute façon, et quelle que soit la décision prise aujourd’hui, Fessenheim ne sera pas fermée avant la fin de quinquennat pour la simple et bonne raison qu’une procédure de fermeture dure environ deux ans. EDF déposera peut-être une demande de fermeture mais l’autorisation de fermer ne peut intervenir avant 2019…. Et une demande peut toujours être retirée… bref, Monsieur Lévy a joué la montre. Mais, contrairement à ce qu’il croit, le temps joue contre lui.

Le nucléaire est de moins en moins rentable, de plus en plus dangereux du fait de la vétusté et de la capacité d’EDF à faire face à ses obligations. Monsieur Chevet, président de l’autorité de sûreté nucléaire, a lui-même affirmé lors de ses vœux l’inquiétude qui était la sienne devant les difficultés d’EDF à faire face à ses obligations pour des raisons financières. Si tel est le cas, alors la sûreté n’est plus assurée et les conséquences doivent en être tirées.

 

 
Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

 

 

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#ParlonsVrai : nous, pauvres humains !

23 Janvier 2017, 09:38am

Publié par Corinne Lepage

#ParlonsVrai : nous, pauvres humains !

Au lendemain des primaires de la Gauche qui dessinent – sauf imprévu – la campagne présidentielle, le sort des humains que nous sommes parait être devenu bien secondaire.

Alors que la France est noyée dans un nuage de pollution sans précédent, contre lequel il faut bien le reconnaître, les pouvoirs publics sont largement impuissants, alors qu’on nous annonce la disparition des grands singes dans les 25 prochaines années, alors que notre système énergétique est en réalité à bout de souffle, l’écologie dans son expression politique ne s’est jamais aussi mal portée. Malgré des prestations excellentes, François de Rugy plafonne à 3 % des votes et Yannick Jadot ne décolle pas des 2 % qui lui sont promis.

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ont indéniablement intégré la dimension écologique dans leur programme mais ce programme est un programme d’extrême-gauche totalement irréalisable dans le monde actuel. À l’opposé, François Fillon fait du principe de précaution l’alpha et l’oméga de la relance économique de la France, du tout nucléaire le symbole de sa puissance et conçoit la croissance économique comme on pouvait le faire dans les années 60.

Emmanuel Macron peut, s’il le veut, réaliser pour l’économie et l’écologie, le dépassement qu’il a été en capacité de proposer pour la droite et la gauche. Cela impliquera bien évidemment que le candidat la présidentielle puisse évoluer par rapport aux positions défendues par le ministre de l’économie mais il ne peut y avoir de modernité sans que la question écologique soit portée au même niveau que la question digitale pour la bonne et simple raison que ce sont les deux révolutions qui transforment le monde contemporain.

Il ne sert à rien de chercher à développer les emplois, de s’attaquer aux comptes publics et à améliorer les conditions matérielles de vie si dans le même temps, nos concitoyens sont de plus en plus malades (un cinquième d’entre eux sont aujourd’hui en affection de longue durée), si l’espérance de vie stagne ou se réduit et si en conséquence, les coûts des comptes sociaux ne peuvent que se dégrader.

Il ne sert à rien de prétendre créer des emplois si on refuse de constater que les énergies renouvelables en procurent beaucoup plus que les énergies fossiles ou nucléaires et que les marchés de demain sont ceux des Smart grid, de la décentralisation énergétique, de l’autoconsommation et non d’infrastructures centralisées, fragilisées et dangereuses.

De même, il ne sert à rien de disserter sur le contrôle des frontières et les questions d’immigration si tout n’est pas fait pour lutter contre le dérèglement climatique et la désertification qui jette des dizaines de millions de personnes chaque année sur les routes et expose l’Europe à l’arrivée de centaines de millions d’Africains.

Quels qu’aient pu être les torts des écologistes, les énervements ou l’agressivité qu’ils ont provoquée, le sujet est sur la table et ne peut être traité comme il l’a trop souvent été, par de la communication, des effets de manches, des allers-retours, des dénis. Le temps est venu de se souvenir qu’avant d’être citoyen chacun de nous est humain, responsable à ce titre de sa vie et de celle des autres.

 

 

Corinne Lepage

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

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#ParlonsVrai : Trump versus le dernier débat de la Primaire socialiste, ou comment la politique est bouleversée par la modernité.

20 Janvier 2017, 15:45pm

Publié par Corinne Lepage

#ParlonsVrai : Trump versus le dernier débat de la Primaire socialiste, ou comment la politique est bouleversée par la modernité.

L’accession de Donald Trump à la présidence américaine est un choc indéniable. Les films et séries américaines adorent les happy end. Le moins qu’on puisse dire est que son élection n’en est pas un.

C’est le triomphe de la ploutocratie, car le gouvernement qu’il propose n’est plus le symbole de la démocratie mais de la ploutocratie, du déni de réalité, du mensonge, d’une forme de déclin civilisationnel, dans la mesure où il symbolise la violence, le machisme, l’absence totale d’humanisme. La 232 éme fortune du monde va gouverner les États-Unis avec l’aide de quelques autres magnats, élus par tous ceux qui ont cru choisir le représentant des déshérités ! On pourrait en rire si ce n’était tragique car on donne à cet homme, largement incompétent sur les affaires du monde le rôle de l’homme le plus puissant du monde. Qu’il ait été élu par une minorité, qu’il soit le président des États-Unis le plus impopulaire, qu’il soit le premier président à être « snobé » par une partie du Congrès pour sa prestation de serment ne changent strictement rien. Le monde a désormais à faire à Trump et personne ne sait la tournure que cela peut prendre. Trump est-il le symbole de la modernité ou au contraire le dernier soubresaut de l’expression d’un ancien monde qui refuse de s’adapter ?

Le même type de question pourrait être posé à propos de la primaire du parti socialiste. Certes, et heureusement aucune comparaison possible entre les candidats et Trump.

En revanche, une interrogation profonde sur la traduction politique que prend dans notre pays le heurt entre l’ancien et le Nouveau Monde. La transformation du monde fait apparaître des perdants. La question posée est celle de savoir s’il faut le constater pour réduire le coût et permettre l’adaptation grâce en particulier à la formation et aux changements d’orientation industrielle et énergétique ou si au contraire, il faut conforter l’idée que le monde ancien peut encore perdurer.

C’est en réalité le débat qui sous-tend cette présidentielle et qui rend si difficile l’équation socialiste dans la mesure où certains candidats, par conviction ou souci électoraliste, croient pouvoir promettre un maintien de l’ancien monde avec quelques rustines, ce qui rend l’avenir encore plus aléatoire. Non seulement pour les perdants qui sont confortés artificiellement et momentanément mais perdront encore plus ,mais pour les gagnants potentiels qui ne peuvent contribuer au développement général et ainsi permettre à chacun de pouvoir retrouver une place digne de ce nom dans le Nouveau Monde. Cette question est en réalité à la base du sujet social, du travail, de la fiscalité mais aussi du sujet énergétique et industriel car dans ce domaine aussi il y a des gagnants et des perdants.

Mais, aux États-Unis comme en France, les perdants sont riches, très puissants, et à force d’avoir convaincu l’État que leurs intérêts étaient les mêmes, ils sont parvenus à avoir le pouvoir. Le pétrole aux États-Unis, gaz de schiste inclus comme le nucléaire en France sont des industries du passé et de l’ancien monde mais des pouvoirs du présent qui refusent l’arrivée du Nouveau Monde.

 

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

 

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#ParlonsVrai : sécurité ou électricité, accident ou confort, il faut choisir.

19 Janvier 2017, 15:23pm

Publié par Corinne Lepage

#ParlonsVrai : sécurité ou électricité, accident ou confort, il faut choisir.

Le choix nucléaire était destiné à assurer l’indépendance énergétique de la France, une électricité bon marché et un approvisionnement constant.

En 40 ans, nous avons accompli l’exploit de perdre sur les trois tableaux. L’énergie nucléaire ne garantit pas l’indépendance puisque nous ne possédons pas d’uranium sur notre territoire (du reste l’Allemagne ne compte pas l’énergie nucléaire parmi celles qui assurent l’indépendance nationale) ; elle est en passe de devenir la source d’électricité la plus chère et elle ne nous protège pas d’un risque de black out. En revanche, le choix nucléaire n’était pas destiné à nous exposer un risque majeur… tout au moins sur le papier. Or, c’est pourtant ce qui est en train de se passer. En effet, en raison des malversations commises au Creusot, des conséquences qui en sont résultées sur les cuves et les générateurs de vapeur, sur l’absence de contrôle suffisant de la part d’EDF sur ces matériaux, des anomalies graves ont été constatées sur près de la moitié du parc nucléaire français. L’autorité de sûreté nucléaire a donc demandé la mise à l’arrêt et le contrôle d’un certain nombre de réacteurs.

Du fait des pressions qui ont été exercées sur l’Autorité de Sûreté Nucléaire en particulier au motif du grand froid, des redémarrages ont été autorisés alors que les règles posées par l’autorité de sûreté nucléaire sur le niveau maximal de fuites de carbone autorisées ne sont pas respectées. Dans un arrêt rendu mercredi, le conseil d’État a évidemment validé ce choix. Le mot a tout son sens.

En effet, le conseil d’État s’est toujours montré un allié fidèle de la filière nucléaire, refusant de voir à la fin des années 80 que le programme électronucléaire était en surcapacité et jugeant le contraire, refusant de voir l’année dernière quelque risque que ce soit lié à la centrale nucléaire de Fessenheim alors même qu’il est apparu qu’une des cuves présentait des anomalies graves et acceptant aujourd’hui de voir fonctionner des centrales nucléaires qui ne sont pas aux normes en raison de la satisfaction des besoins défendue par EDF. Quoiqu’il en soit, nous sommes arrivés à un stade où il ne faut pas choisir entre boire et conduire mais entre avoir de l’électricité ou risquer un accident majeur.

Ce choix cornélien n’est évidemment pas acceptable et seule, la production massive de renouvelable peut nous tirer de ce mauvais pas. Mais, la primauté donnée à la production d’électricité sur la sûreté l’est encore moins. Tout d’abord, elle est radicalement contraire à la directive communautaire sur la sûreté nucléaire qui fait de la sûreté une priorité absolue; d’autre part, elle nous fait courir un risque majeur pour lequel en cas d’accident, chacun est en train d’organiser son irresponsabilité. Et, le conseil d’État en validant cette priorité donnée à la production couvre d’une certaine manière en raison de sa propre irresponsabilité, la responsabilité des autres. Mais, ne nous y trompons pas.

Il est évident qu’en cas d’incident ou d’accident, il est bien peu probable que les responsables restent à l’abri car ils sont en définitive assez facile à identifier.

 

 

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#ParlonsVrai : un nouveau président pour le Parlement européen, pourquoi faire ?

18 Janvier 2017, 13:47pm

Publié par Corinne Lepage

L'Italien Antonio Tajani, élu président du Parlement européen, à Strasbourg, le 17 janvier 2017.

L'Italien Antonio Tajani, élu président du Parlement européen, à Strasbourg, le 17 janvier 2017.

L’élection de Monsieur Tajani à la tête du Parlement européen n’est pas une surprise. Le PPE auquel il appartient est le parti qui compte le plus de députés du Parlement et depuis des décennies, le pouvoir est partagé entre le groupe socialiste, S et D et le PPE, parti d’une droite assez conservatrice.

Ce partage du pouvoir qui se fait bien évidemment au détriment des autres mouvements politiques est une des difficultés du fonctionnement du Parlement européen. Le changement se fait à mi- mandat. Le précédent président Martin Schultz était socialiste et nous sommes donc dans la droite ligne du passé avec l’élection d’un président du PPE.

Alors, pourquoi y avait-il un suspens et que traduit cette élection ? Le suspens est né en réalité de la qualité assez médiocre des deux principaux candidats, Monsieur Tajani et Monsieur Pitella. Une candidature de Guy Verhofstadt aurait pu peut-être troubler la donne même si le groupe libéral et démocrate (ALDE) n’est aujourd’hui que le cinquième groupe du Parlement. Mais cette candidature a été retirée après que le candidat ait fort piteusement envisagé d’intégrer dans son groupe le mouvement cinq étoiles auquel les autres groupes préalablement consultés par ce mouvement avaient opposé une fin de non-recevoir. Les mathématiques l’ont emporté et Monsieur Tajani a gagné. Ce fondateur de Forza Italia, proche de Berlusconi, a été commissaire à l’industrie et aux Entreprises . Il a été élu alors qu’il est mis en cause dans le cadre du scandale Volkswagen au motif qu’il aurait été parfaitement au courant de la situation dès 2011. Visiblement, cette «casserole» n’a pas été suffisante. La santé de 500 millions d’Européens a probablement pesé moins fort que les intérêts des grands constructeurs automobiles…. Intérêt au demeurant fort mal apprécié de la catastrophe que représente pour cette industrie le dieselgate.

Ainsi, non seulement les 3 principaux responsables des institutions européennes, Donald Tusk (polonais ), Jean-Claude Juncker (luxembourgeois) et maintenant Antonio Tajani sont des conservateurs de la frange la plus à droite du PPE mais encore deux d’entre eux au moins à savoir le président du Parlement européen et le président de la commission voient planer sur leur tête des doutes très sérieux quant à leur gestion pour avoir couvert et même décidé des politiques éminemment contestables, qu’il s’agisse de la politique fiscale du Luxembourg ou de la couverture des turpitudes des constructeurs automobiles pour cacher des pollutions posant de véritables problèmes sanitaires en Europe.

À une époque où plus que jamais nous avons besoin d’une adhésion de nos concitoyens à un projet européen dynamique, éthique, répondant aux difficultés économiques et sociales mais aussi à la demande de sens, on ne peut que regretter des choix faits de manière bien peu démocratique puisqu’en réalité il ne s’agit que de cooptation ou d’élection au suffrage indirect dans laquelle les partis politiques ont la totalité du pouvoir.

Il est évident que nous ne pourrons répondre avec efficacité à Donald Trump, marquer une cohésion à l’égard de la Grande-Bretagne, redonner une envie d’Europe en promouvant des politiques communes beaucoup plus intégrées, y compris avec seulement quelques pays, que si nous améliorons le fonctionnement démocratique de l’Europe.

Des progrès majeurs sont à faire dans ce domaine et nous ne pouvons qu’espérer que les débats de la campagne présidentielle aborderont aussi cette question.

 

 

Corinne Lepage

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

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