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Cap21/LRC Toulouse

Articles avec #echos du reseau lercitoyen

Le traité transatlantique risque de diluer le projet européen

20 Mai 2014, 13:08pm

Publié par Corinne Lepage

L'eurodéputée Corinne Lepage.

L'eurodéputée Corinne Lepage.

Dans son éditorial du 15 mai, « Halte aux fantasmes sur le traité transatlantique », Le Monde prend fait et cause pour le TTIP. Mais l'Europe a-t-elle vraiment besoin, comme l'affirme Le Monde, d'un traité de libre-échange avec les Etats-Unis « pour faire admettre ses normes et protéger son mode de vie » ?

L'UE est le plus grand marché du monde avec 500 millions de consommateurs et Bruxelles pèse plus que Washington dans la fixation des normes mondiales. Pour prendre un seul exemple, l'interdiction de certains produits chimiques dangereux dans les produits électroniques (Directive RoHS), du fait de la taille du marché européen, a conduit les fabricants à en faire de facto une norme mondiale.

L'« AmCham », la Chambre américaine de commerce, est déjà un des lobbies les plus influents à Bruxelles. A-t-on vraiment besoin de négocier préalablement avec le gouvernement américain avant de proposer une législation européenne ? Je ne le pense pas, mais quand on entend les prises de position de M. De Gucht, commissaire européen au commerce en charge de ces négociations, sur des sujets comme le clonage ou les OGM, on voit bien que l'ouverture même des négociations mène déjà à une course au moins-disant au sein de la Commission et entraîne vers le bas les futures législations européennes.

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La mise en place d'un tribunal arbitral, l'ISDS, ne fera qu'empirer un tel « effet de paralysie », et toute initiative législative susceptible d'être considérée comme une entrave au commerce par un intérêt économique sera abandonnée avant même d'avoir été envisagée. On peine à comprendre comment Fleur Pellerin, secrétaire et membre du PS, arrive à défendre un tel mécanisme.

Il est urgent de débattre de l'ISDS car si les négociations avec les Etats-Unis viennent de débuter, un tribunal arbitral est également inclus dans l'accord de libre-échange avec le Canada (CETA), qui est lui en phase finale de négociation.

L'UE aurait besoin des Etats-Unis pour imposer ses normes face à la Chine ? L'histoire tend à montrer l'inverse. Par exemple le protocole de Carthagène sur la biosécurité, qui reconnait le principe de précaution et autorise un Etat à refuser des importations d'OGM et à faire une évaluation préalable des risques, a été adopté en 2001 grâce à une alliance entre l'UE et le G77 contre précisément les Etats-Unis et leurs alliés exportateurs d'OGM.

Lors des sommets de l'ONU sur le changement climatique, c'est quand l'UE et les pays du Sud, notamment africains, parlent d'une seule voix qu'ils pèsent le plus face aux Etats-Unis et à la Chine.

Par ailleurs, comme le note Le Monde, l'UE est déjà une des régions du monde les plus ouvertes aux produits étrangers, alors que nos partenaires, chinois et amétricains compris, ne se gênent pas protéger leurs industries nationales.L'

Je pense donc au contraire que ces négociations sur le TTIP vont mener précisément à la dilution du projet européen, déjà mis à mal par l'idéologie néo-libérale atlantiste et libre-échangiste prônée par messieurs Barroso et De Gucht.

L'UE est un marché incontournable. C'est en restant unie et fidèle à ses valeurs qu'elle pourra regagner le soutien des citoyens européens et sa capacité d'influence vis-à-vis des autres régions du monde.

Si elle veut peser sur le monde, plutôt que de s'engager dans une négociation où elle a tout à perdre, l'UE ferait mieux d'être unie dans la défense de ses normes sociales, sanitaires et environnementales, d'interdire l'accès à son marché des produits qui ne les respectent pas, et de mettre en place une taxe carbone aux frontières de l'UE.

Libre-échange au sein de l'UE, niveau élevé de protection sociale et environnementale et protection aux frontières. C'était le projet initial de l'UE et il a gardé toute sa pertinence.

 

Corinne Lepage (Député européen)

 

Source : Le Monde

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/05/20/le-traite-transatlantique-risque-de-diluer-le-projet-europeen_4422187_3232.html

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Sauvons la démocratie !

19 Mai 2014, 08:54am

Publié par Corinne Lepage

Sauvons la démocratie !

L'abstention et le vote FN sont annoncés gagnants et encouragés par ceux-là même qui l'ont suscitée: les partis politiques. La partitocratie met de manière très commode, sur le dos de l'Europe dans laquelle nos concitoyens n'auraient pas confiance, cette situation.

Mais, c'est l'hôpital qui se moque de la charité ! En effet, si les Français ne font confiance aux institutions européennes qu'à hauteur de 63% (moyenne européenne à 59%), ils sont 88% à ne pas faire confiance aux partis politiques, soit un des pays les plus défiants d'Europe (moyenne européenne à 79%). Ils concèdent 70% de confiance envers leur parlement national (moyenne européenne à 68%).

Autrement dit les Français ont davantage confiance dans les institutions européennes que dans leur parlement national et surtout dans leurs partis politiques !

Mais quel est l'organe de presse en France qui aura cité cette étude? Aucun. Il faut lire la presse européenne pour en avoir eu connaissance. Il faut chercher avant tout dans cet état de fait la cause de nos maux. Et, ces élections européennes portent la dégénérescence de notre système prétendument démocratique à son comble. En réalité, un petit groupe de partis tient la démocratie en otage; non satisfaite de se faire des règles sur mesure, au mépris du droit des citoyens, il en est maintenant à ne même pas respecter ces règles lorsqu'elles ne lui conviennent plus. Comment s'étonner alors que la majorité de nos concitoyens, qui n'acceptent plus de jouer les idiots utiles, se détournent des institutions et du vote?

La partitocratie a remplacé la démocratie. Elle s'édicte ses propres règles pour garder le pouvoir et éviter la reprise en main démocratique.

Commençons par les 8 circonscriptions, système qui n'existe dans aucun des grands pays européens démocratiques qui ont une circonscription unique pour permettre réellement la proportionnelle. Ce système, qui n'a aucun sens, n'a pour seul et unique objectif de laisser la représentation aux seuls grands partis. Partitocratie.

Continuons avec les règles de financement de la vie politique qui en sont le premier exemple. D'un côté des partis qui vivent aux crochets des contribuables et dépensent des millions pour des campagnes sans aucun souci puisque, même lorsque les comptes sont invalidés comme pour la campagne de Nicolas Sarkozy, c'est le contribuable qui paye les 2/3 de la facture grâce à la déduction des dons. Est-ce acceptable qu'en temps de difficultés budgétaires, ce soit le budget de l'Etat qui ait financé les folies - en attendant peut être d'autres qualifications- de Bygmalion?

Mais quels sont les partis qui ont remis en cause ce système? Aucun. Il en va de même des micros partis, à commencer par celui de Marine Le Pen pour lequel une procédure est ouverte, mais combien de responsables politiques utilisent la même ficelle? En attendant, la possibilité n'a pas été supprimée. Pourquoi? Et dans ces élections européennes, d'un côté, des citoyens supportent personnellement le coût de la campagne, de l'autre, les partis installés les font payer aux contribuables. Pour permettre une égalité minimale, c'est-à-dire des bulletins de vote, certains pays éditent des bulletins de vote uniques avec les numéros des listes à cocher. Le coût pour l'Etat est bien moindre et l'égalité est respectée. Qui le refuse en France? Les "grands" partis qui souvent comptent moins de 10.000 membres. Partitocratie.

Poursuivons avec la grande fumisterie qu'est devenue l'accès aux médias avec l'incapacité (ou l'absence de volonté) du CSA de faire respecter ses propres règles. Tout d'abord la prétendue équité est un leurre sur le papier car le critère est imprécis et malhonnête. Comme la notoriété et donc les intentions de vote sont largement fonction de l'exposition médiatique, c'est le serpent qui se mord la queue. De plus, le critère des scores précédents n'est pas appliqué. Mieux encore, comptent pour équivalent le passage en matinale ou en soirée, et le passage à 3h du matin ou 4h de l'après midi !! Enfin, les « leaders nationaux » qui ne sont pas candidats mais dont les noms figurent pourtant sur les bulletins de vote (voir ci-dessous) s'expriment hors temps décompté... car ils parlent de politique nationale comme si Europe et politique nationale étaient distinctes surtout quand on parle de règles budgétaires ou d'Ukraine. Le CSA, dont l'inutilité devient patente, exprime une vive alerte... à 10 jours du scrutin, quand l'équilibre ne peut plus être rétabli et le déséquilibre va s'accentuer avec des débats réservés aux mêmes. Mais il n'y a que la presse européenne pour fustiger cette situation qui viole ouvertement le pluralisme. Il est vrai que les médias radios télévisés sont les coupables et la presse écrite s'en moque puisqu'elle n'a aucune obligation de respecter un minimum de pluralisme ne serait ce qu'au niveau de l'information ! Vive la presse internet, le seul relais démocratique aujourd'hui. Mais qui a initié ce système malhonnête ? La partitocratie.

Achevons avec le comble: la violation en toute impunité (jusqu'à ce que le juge en soit saisi) des règles que la partitocratie s'est fixée à elle-même. La palme revient à l'alternative, l'UDI MODEM qui se veut pourtant un parangon de la morale en politique. Le règlement des opérations électorales interdit expressément de faire figurer sur un bulletin de vote le nom d'une personne qui n'est pas candidate. Le Conseil d'Etat a rendu un arrêt à propos des élections de Corbeil Essonne dans lequel l'élection de M. Bechter a été annulée car figurait sur le bulletin le nom de M. Dassault. Peu importe. Le double nom de MM Bayrou, pas candidat et de Borloo, retiré de la vie politique, figure sur les bulletins de vote de tous les candidats. Le Conseil Constitutionnel aura à se prononcer... après l'élection puisqu'aucune procédure n'est prévue avant pour éviter d'induire les électeurs en erreur. Il n'en demeure pas moins que lorsque j'ai demandé au Ministère de l'intérieur si mon nom (alors que je suis candidate) pouvait figurer en référence sur les autres circonscriptions, il m'a été répondu à juste titre que le règlement l'interdisait...Deux poids deux mesures. Edifiant non ? Espérons que le juge aura le courage minimal de faire respecter la loi qui devrait être la même pour tous.

Le résultat de ce comportement désastreux des partis est clair et catastrophique. Alors, pour cette semaine de campagne -qui n'en a pas été une- peut-on rêver de médias qui feraient enfin un travail objectif? Car pour les représentants de partis politiques, il ne faut pas rêver. C'est de leur job qu'il s'agit, du maintien de la partitocratie, pas du rétablissement de la démocratie, de la lutte contre les lobbys et de la primauté de l'intérêt général.

Mais les citoyens sont libres et peuvent renverser la table: choisir ceux que la partitocratie a décidé de rejeter a priori. Ni le FN qui joue du malaise français, de cette envie de politique des Français, sans apporter de solutions et en se servant du système. Ni les partitocrates. Non, les femmes et hommes de la société civile, dont le passé prouve l'engagement.

Nous avons besoin de vivre notre démocratie, c'est notre bien commun le plus important. Et elle meurt aujourd'hui entre scandales et isoloir vide. Il est une phrase d'André Breton qui me revient en mémoire, en guise de conclusion et d'espoir "Je ne veux pas changer la règle du jeu, je veux changer de jeu". Voilà ce que nous devons faire, nous, citoyens: changer la république pour sauver la démocratie.

 

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Des MISTRAL pour la paix pas pour la guerre en Ukraine

14 Mai 2014, 18:25pm

Publié par Corinne Lepage

Des MISTRAL pour la paix pas pour la guerre en Ukraine

Corinne Lepage, chef de file d’Europe Citoyenne, propose à l’Europe d’acquérir les classes Mistral pour une véritable marine européenne

 

Pas de Mistral pour l’armée russe

La Russie a fait le choix des armes dans la crise ukrainienne. S’emparant de la Crimée, elle poursuit son action de déstabilisation en brandissant sa force. Dans ce contexte, il est impensable de fournir à l’armée russe des navires de classe Mistral, arme de projection et de commandement ultra-moderne dont elle est totalement dépourvue. Mais nous savons que ce refus de livrer une commande passée aura un coût tant diplomatique que financier. Ce choix, la France ne doit pas l’assumer seule.

Ceci n’est pas une décision française mais bien européenne

Déjà, lors de la crise malienne, toute l’Europe approuvait notre intervention mais pas un soldat autre que français ne risqua sa vie. En sera-t-il de même pour ces navires ? Nos partenaires européens nous demanderont-ils de rompre un contrat et d’en assumer les conséquences, seuls ?

Dotons l’Europe d’une marine crédible…avec ces navires

« Je ne souhaite pas voir la Russie recevoir ces équipements militaires mais je ne veux pas non plus que mon pays soit isolé dans ce choix courageux » déclare  Corinne Lepage. Il existe une solution plus ambitieuse, plus européenne. Que l’Union Européenne achète les Mistral pour en faire le socle d’une véritable marine européenne. Ces navires de commandement sont faits pour cela. Et ils peuvent aussi servir pour les interventions humanitaires de l’Union, avec leur hôpital et leur capacité d’accueil d’hélicoptères.

Soyons enfin européens aux yeux du monde en général et de Vladimir Poutine en particulier.

Alors, chers pays de l’Union Européenne, si vous voulez que nous soyons cohérents et unis face à la Russie, si vous voulez envoyer un signal fort, très fort à Vladimir Poutine, créons notre marine européenne. Nous avons, avec les Mistral, exactement les navires qu’il nous faut. Il nous manque juste de l’audace, du courage et de la solidarité pour être totalement européens, forts et crédibles aux yeux du monde.

« Face aux situations de crise, il nous faut savoir prendre des décisions courageuses, même si elles peuvent bousculer les aprioris. Nous avons aujourd’hui une opportunité unique de faire vivre l’Europe politique. L’Europe au service des citoyens » conclue Corinne Lepage.

 

Source :

http://europecitoyenne.net/des-mistral-pour-la-paix-pas-pour-la-guerre-en-ukraine/

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Pression des lobbies, taxe sur les transactions financières repoussée à 2016

6 Mai 2014, 07:38am

Publié par Europe Citoyenne

Pression des lobbies, taxe sur les transactions financières repoussée à 2016

Communiqué de presse

 

Une fois de plus les lobbies financiers ont parlé. Les ministres européens réunis ce jour à Bruxelles ont décidé de repousser à 2016 la mise en place de la taxe sur les transactions financières négociée depuis plusieurs années entre 11 gouvernements européens, dans le cadre du dispositif de  coopération renforcée.

Entre temps, une première version ultra light sera mise en place, qui ne concernera que les actions et non les produits dérivés, qui sont pourtant au coeur des spéculations financières. Nous sommes loin de l’ambition initiale : une taxe assise sur une large base visant à freiner la spéculation, notamment le trading à haute fréquence. Au final, elle devrait rapporter 5 à 6 milliards sur les 34 prévus initialement.

« La France a été en pointe pour empêcher que cette taxe ait une portée réelle. Elle s’est en particulier opposée aux Allemands qui eux étaient prêts à la mettre en oeuvre» s’indigne Corinne Lepage, euro-députée sortante, tête de liste Europe Citoyenne. « La pression des banques françaises  et du Medef a été déterminante. Où est le candidat Hollande qui nous affirmait que son ennemi était la finance » ?

Cette taxe sur les transactions financières est plébiscitée par la très grande majorité des européens. Une fois de plus, la volonté des citoyens se heurte au poids des lobbies et aux négociations obscures entre les états.

Ceci est d’autant plus regrettable que, outre la réduction des spéculations, cette taxe aurait pu contribuer au financement de projets en lien avec les enjeux actuels auxquels nous sommes confrontés : la mise en place d’une réelle politique énergétique et industrielle européenne, la prise en compte des effets du changement climatique et l’appui au développement des pays du Sud.

Cette décision nous rappelle que face aux défis actuels, il est nécessaire que les citoyens se fassent entendre et prennent davantage de pouvoir. Les élections européennes nous en donnent l’opportunité. « La liste Europe citoyenne que je conduis porte au cœur de son projet la réappropriation par les citoyens de la Politique. Ce sont les citoyens qui doivent décider. Non les lobbies. C’est le sens de mon engagement depuis cinq  ans comme eurodéputée. Et c’est le sens de l’engagement des candidats Europe Citoyenne, tous issus de la société civile» conclue Corinne Lepage.

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Quand les médias sacrifient l'Europe à l'audimat

4 Mai 2014, 07:05am

Publié par Corinne Lepage

Quand les médias sacrifient l'Europe à l'audimat

Quand les médias sacrifient l'Europe à l'audimat, à leurs annonceurs et à seulement trois partis : l'UMP, le PS et le FN !

Nous sommes à trois semaines des élections européennes et le débat n'a pas commencé. Il est plus que probable qu'il ne commencera jamais.

Les faits sont têtus: la publication par le CSA des temps de parole pour la campagne des européennes est accablante. Non seulement l'UMP, le PS et le FN raflent entre 50 et 70 pour cent des temps de parole sur toutes les chaînes, mais en dehors de LCI (3h) et de Itélé (1H), le temps consacré par la radio comme par la télévision aux débats sur les européennes est de l'ordre de quelques minutes...

Pour parvenir à ce résultat remarquable, ont été classées dans la catégorie politique intérieure toutes les interventions relatives aux 50 milliards d'économies permettant ainsi à l'UMP, au PS, à EELV et au FN de multiplier leur temps d'antenne sans aucune conséquence sur la comptabilité de l'équité applicable en période électorale, laquelle est déjà bien éloignée de l'égalité. Mais, cette expression publique a permis aux mêmes de s'exprimer longuement sur la règle européenne des 3 % et les rapports entre la France et l'Europe. Mais, peu importe. Il s'agit de questions bien évidemment intérieures sans aucune conséquence sur le scrutin du 25 mai !

De plus, pour éviter d'appliquer les règles légales de pluralisme et d'équité les chaînes ont décidé de remplacer la présence des candidats par celle de politologues et de journalistes pour parler des européennes. Oubliant que certains d'entre eux soit font des études, soit entretiennent des liens privilégiés avec tel ou tel candidat ou tel ou tel parti, ce qui n'est jamais bien entendu signalé à l'antenne -mais oui, les conflits d'intérêts existent aussi dans cette catégorie de la population- les chaînes se dédouanent ainsi de l'obligation qui leur est faite de parler des échéances électorales en supprimant les candidats, et bien entendu en commençant par ces satanés "candidats de petites listes" qui viennent troubler le ronron des "grands" partis politiques et osent mettre sur la table des débats dont surtout il ne faut pas parler comme par exemple le TTIP dont le mandat est a été voté sans état d'âme par l'UMP, le PS, l'UDI et l'abstention du MoDem.

Alors, une question simple : pourquoi ? Parce que les grands partis politiques sont particulièrement mal à l'aise quels qu'ils soient. Et, moins on parle d'Europe, mieux ils se portent. Commençons par l'UMP et le PS, qui ont montré l'un et l'autre le mépris dans lequel ils tenaient le Parlement européen en proposant des candidats qui ont en commun d'illustrer le recyclage du candidats battus et de personnalités dont le seul intérêt est la politique nationale. Dans cette catégorie, Michèle Alliot-Marie occupe une place particulière en présentant sa candidature comme un acte du dévouement au motif qu'elle "perdrait de l'argent" si elle était députée européenne... Mais il n'y a pas que la forme, il y a également le fond. L'absence de doctrine claire au sein de ces grandes structures politiques sur l'avenir de l'Europe rend inaudible leur proposition.

Eurosceptiques et pro-européens s'affrontent au sein de chaque structure et, des Européens convaincus comme Alain Lamassoure en sont réduits à tenir un discours souverainiste ! Dès lors, moins on abordera le fond, mieux on se portera.

 

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/quand-les-medias-sacrifient-europe-audimat_b_5253266.html

 

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Pour sa campagne en Ile-de-France, Corinne Lepage cible les lobbies du Parlement européen

1 Mai 2014, 16:23pm

Publié par Corinne Lepage

Pour sa campagne en Ile-de-France, Corinne Lepage cible les lobbies du Parlement européen

Corinne Lepage conduira la liste "Europe Citoyenne" aux élections européennes en Ile-de-France. La député sortante, ancienne candidate à l'élection présidentielle, explique pour France3 Paris les raisons de sa candidature et confie ses ambitions...mesurées.

Pour sa campagne en Ile-de-France, Corinne Lepage cible les lobbies du Parlement européen

Comment se distinguer parmi les multiples petites listes candidates aux élections européennes ?

En Ile-de-France, comme dans les 5 autres circonscriptions, où ses listes "Europe Citoyenne" se présentent, c'est le défi de Corinne Lepage. Mardi, elle animait un café politique à Evry. "Une cinquantaine de personnes. Pratiquement que des jeunes. Avec des questions, une volonté de comprendre comment fonctionne l'Europe", veut-elle se rassurer alors que les enquêtes d'opinion montrent un large désintérêt pour ces élections. C'est paradoxalement sa planche de salut. Candidate, hors parti, elle espère convaincre des abstentionnistes qui se défieraient des structures politiques traditionelles. Une ambition partagée par l'ensemble "des petites listes". Pourquoi cela fonctionnerait-il mieux pour Corinne Lepage ?

Une notoriété floue

Ancienne candidate à l'élection présidentielle de 2002, ancienne ministre de l'écologie sous Jacques Chirac, Corinne Lepage est une invitée régulière des plateaux télé sur les questions écologiques. "Cette position d'expert est aussi un piège. On attend de moi des propos mesurés et pondérés. Pas forcément une posture politique", explique-t-elle.

Car son pedigree politique présent semble moins connu. Corinne Lepage est députée européenne sortante. Un travail sur les questions de santé publique, entre autres, qu'elle veut mettre en avant. "J'ai fait un vrai boulot de député. Mon bilan de mandat est quantitatif et aussi qualitatif. La présence dans l'hémicycle ne suffit pas", déclare-t-elle.

Mais en 2009, elle avait été élue dans la circonscription Nord-Ouest sur la liste MoDem, parti avec lequel elle a rompu depuis. Pour les municipales à Paris, elle a tenté un rapprochement avec Anne Hidalgo, finalement avorté. Une image d'opportuniste qui brouillerait la sincérité de ses convictions. "Si j'étais opportuniste, je serai aujourd'hui adjointe à la mairie de Paris et j'aurais été ministre de Nicolas Sarkozy. Alors oui j'ai appellé à voter François Hollande en 2012, mais je n'ai pas été la seule", répond-elle. "Je suis une écolo-centriste. C'est ce que j'ai toujours été, rétive au fonctionnement des partis politiques qui est en train de suicider la France à petit feu", poursuit-elle.

La candidate anti-lobby

La particularité de cette campagne européenne est qu'elle est très courte. "Y a pas de débat sur les européennes", commente Corinne Lepage, qui comme beaucoup regrette que cette élection soit dominée par les enjeux nationaux. Il faut donc frapper fort pour exister. Mais est-ce possible quand on se définit "comme une liste euro-critique mais pro-européenne" ? La député européenne considère que d'autres "petits" candidats ont plus d'exposition médiatique grâce à des discours manichéens. "La réalité, ce sont les Traités, et la vérité c'est de dire que l'on ne va les changer immédiatement", martèle-t-elle.

Pour se rendre audible, elle cible les lobbys qui gravitent autour de l'Union européenne. "Vous voulez une Europe dominée par les lobbies ou une Europe dominée par les citoyens. Volià un discours assez clivant", estime-t-elle. "Si nos concitoyens entendaient tout ce qui se passe dans l'hémicycle, ils deviendraient fous", poursuit-elle, évoquant le débat sur l'étiquetage des produits alimentaires en 2009. "Il y a du ménage à faire dans les lobbies. Ils sont l'une des causes de la défiance des citoyens vis-à-vis de l'Europe", conclut-elle. Elle propose, par exemple, pour plus d'éthique qu'une institution judiciaire propre à l'Union européenne puisse juger les élus coupables de corruption et non leurs pays respectifs entraînant des différences de sanction. Un programme, qui comporte aussi la création d'une politique industrielle commune dans l'économie numérique, et qui se veut "à traité constant" et se donne pour mission "de réinventer l'idéal européen".

Elle n'oublie pas la politique politicienne fustigeant l'absentéisme de la famille Le Pen ou "le discours à double visage de M. Lamassoure qui accepte Geoffroy Didier sur sa liste". Elle reproche surtout à l'UMP,au PS et aux centristes d'avoir signé les textes permettant le traité transatlantique. Comme Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou Nicolas Dupont-Aignan. "Oui mais moi je suis génante parce que je ne viens pas des extrêmes et que je ne suis pas anti-capitaliste", répond-elle.

100% de têtes de liste féminines

Pour tenter de se distinguer, enfin,  Corinne Lepage  ne présente que des têtes de liste féminine. Sur la liste en Ile-de-France qu'elle conduit, on retrouve Martine-Odile Bertella-Geffroy, juge d'instruction qui a travaillé sur les dossiers du sang contaminé ou de l'amiante. Il y a également Bouchra Azouz, ancienne responsable de Ni putes, ni soumises, représentante d' "un féminisme populaire". Côte masculin, le deuxième de liste se nomme Victor Ferreira, présenté comme l'importateur de Max Havelaar en France. On trouve des patrons de TPE et enfin Jean-Luc Touly, syndicaliste qui a successivement dénoncé la corruption dans les entreprises du secteur de l'eau et dans les syndicats. "La liste en Ile-de-France est très mélangée politiquement. Tout cela marche parce qu'il y a une vision commune", explique Corinne Lepage.

Pour résumer : un peu d'écologie, une touche de féminisme, un zest d'entreprenariat, beaucoup de santé publique et une liste 100% citoyenne. Des profils que l'on retrouve sur d'autres "petites listes" présentes dans ce scrutin.  Avec quelles ambitions ? Corinne Lepage a l'honnêteté de ne pas jouer les matamores des scrutins. Sans assurance surjouée, elle espère timidement obtenir 5,5 % des voix, ce qui lui permettrait d'être réélue. Un doux rêve vue la concurrence et l'éparpilllement des listes. Sans doute, mais qui n'est pas complètement infondé. En 2004, Corinne Lepage conduisait également une petite liste, prémisces de ce que deviendrait son parti Cap21. Contre toute attente, elle avait obtenu 3,61% devant Charles Pasqua ou Olivier Besancenot. "Je ne cherche pas de job. Mes têtes de listes ne cherchent pas de job. C'est pourquoi nous sommes libres", martèle-t-elle avec un peu d'émotion dans la voix où l'on comprend qu'elle quitterait l'hémicycle avec regret.

 

Source :  France3 Paris île de France

http://paris-ile-de-france.france3.fr/2014/05/01/pour-sa-campagne-en-ile-de-france-corinne-lepage-cible-les-lobbies-du-parlement-europeen-469301.html

 

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Pourquoi les élections européennes manquent d'éthique

1 Mai 2014, 10:06am

Publié par Corinne Lepage

Pourquoi les élections européennes manquent d'éthique

Nous avons tous compris qu'en dehors du match FN contre UMPS, rien n'intéresse les médias dans ce débat pour les européennes. Pourtant, les sujets essentiels ne manquent pas et notamment sur le fonctionnement démocratique de l'UE avec entre autres la question des conflits d'intérêts et des risques de corruption au sein des institutions européennes.

La question de la légitimité démocratique des institutions européennes est régulièrement posée. A cela il faut préciser de nombreux points: certes le Parlement est la seule institution à avoir ses représentants élus au suffrage universel, néanmoins, siègent au Conseil des dirigeants démocratiques élus (avec quelques réserves pour certains pays à commencer par la Hongrie dont le premier ministre autoritaire est issu des bancs du PPE), siègent au Conseil de l'Union européenne les ministres des différents pays qui doivent leur légitimité aux parlements nationaux. Quant à la Commission, les commissaires sont choisis par les gouvernements auditionnés et confirmés par les parlementaires (3 candidats commissaires ont déjà été refusés par le Parlement).

Chaque année la Commission reçoit un quitus du Parlement et la Commission Santer a démissionné en 1999 par crainte de ne pas recevoir le quitus. Les missions de contrôle des parlementaires sont essentielles et très souvent négligées par les parlementaires. Sur cette mandature par exemple, et sous mon impulsion entre autres, l'EFSA n'a pas eu son quitus et a été obligé de se réformer (certes à minima).

Je regrette que les parlementaires n'aient pas le droit d'initiative, ils ont néanmoins quelques armes comme celles de bloquer des directives. Ainsi, sur le clonage, le Parlement a pris en otage le texte "nouveaux aliments" pour faire avancer le dossier. Mais pour cela il faut avoir des parlementaires avec un peu de courage et d'indépendance et qui effectuent leur mission de contrôle.

Quoiqu'il en soit, ces 5 années m'ont convaincue que ce sujet était au cœur de tous les autres et c'est la raison pour laquelle la liste Europe citoyenne le met au coeur du débat des européennes.

Le rapport que vient de publier Transparency international -dont je suis administratrice de la branche française depuis plus de 10 ans (mais en congé durant les périodes électorales)- qui porte sur 10 institutions et organismes de l'Union Européenne vient mettre beaucoup d'eau à notre moulin. Et il est particulièrement sévère: procédures de décision opaque, règles entraînant des risques de corruption, manque de politique pour protéger les lanceurs d'alerte ou éviter les conflits d'intérêts. Le rapport souligne qu'"il n'existe pas de vérification exhaustive des avoirs déclarés par les commissaires ou les députés européens" ou encore que "de nombreuses lacunes subsistent telles que l'absence de règles obligatoires en matière de lobbying et une tendance croissante à négocier les lois en coulisse".

Pour avoir durant cinq ans combattus les conflits d'intérêts au sein des agences sanitaires en particulier, pour avoir échoué à faire aboutir des textes qui protégeaient la santé et l'intérêt des consommateurs, en raison de la mobilisation financière colossale des lobbys, je ne puis que souscrire pleinement à ce constat.

C'est la raison pour laquelle les listes Europe citoyenne ont fait de ce sujet un des quatre piliers de leur projet européen; plus encore avec Marie Odile Bertella Geoffroy, ancienne juge d'instruction en charge du pôle santé environnement ou Jean-Luc Touly, un des responsables d'Anticor. Nous avons voulu que sur la liste, que je conduis en Ile de France, il y ait des candidats qui se soient illustrés sur ces combats.

Chacun peut comprendre le caractère majeur du sujet. Il ne s'agit pas seulement d'éthique élémentaire et de respect de la loi. Il s'agit tout simplement du sens des décisions prises qui engagent 500 millions d'Européens. En effet, quand les lobbys parviennent à gagner pour réduire l'encadrement du tabac, éviter un étiquetage alimentaire simple et clair, faire admettre qu'un dispositif médical à usage unique puisse être réutilisé, pour ne citer que quelques exemples sans parler de la finance, ou de l'énergie (puisque les opérateurs électriciens conventionnels sont en train de chercher à réduire les énergies renouvelables alors que partout dans le monde leur croissance est en explosion), ce sont les citoyens qui perdent.

 

Or, ils perdent parce que des députés ont décidé de devenir les porte-voix de ces lobbys, en faisant voter leurs amendements et parce que les directions générales et peut-être certains commissaires ont des relations étroites avec ces lobbys. Portes tournantes qui permettent de passer d'un labo à un organisme d'expertise puis à en revenir, embauche de personnalités très proches de l'industrie à de postes clés comme Anne Glover auprès de M. Barroso comme conseillère scientifique, tolérance de conflits d'intérêts patents au sein de l'EFSA pour de experts appartenant à l'ILSI, grand lobby européen de l'agroalimentaire, non prise en compte des rapports de la Cour des comptes européenne...
Mais au Parlement, les voyages de députés offerts par les lobbys sont courants et n'avaient pas jusqu'en juillet 2013 à être déclarés; ainsi, des députés, contre rapporteurs du dossier des agrocarburants dont j'étais rapporteur, ont été invités par Palm Oïl en Malaisie pendant 8 jours pour découvrir les immenses bienfaits de l'huile de palme et saboter la directive agrocarburants!
Certains députés semblent être eux même lobbyistes même si cette activité est officiellement incompatible avec le statut de député mais les contrôles et a fortiori les sanctions sont inexistants.

La première reconquête est donc celle de l'éthique, prélude incontournable à toute amélioration de la confiance des concitoyens dans l'Europe.

Les députés pourraient tous prendre les engagements simples et contrôlables par tout un chacun que nous avons pris et que j'avais personnellement déjà appliqué au cours de cette mandature en terme de transparence de l'utilisation des fonds, de rencontre de lobbyistes, de prohibitions de tout cadeau ou encore de compte rendu de mandat. Ils ne le font pas. Pourquoi? Nous avons été trois députés français à mettre sur notre site l'usage fait des fonds communautaires!

Mais cela ne suffit pas. Certaines rencontres sont secrètes et elles devraient être prohibées comme la réception de lobbyistes non enregistrés.

De même, le suivi de tous les amendements déposés permettrait très vite de distinguer les députés porte-parole des lobbys et les amendements défendus par des groupes politiques pour des raisons pas toujours glorieuses.

Mais dans ce domaine, comme dans d'autres, la peur du gendarme est la meilleure règle; c'est la raison pour laquelle nous proposons un Parquet européen pour les infractions de niveau communautaire, financières, fiscales, environnementales et bien sûr commises par les membres de institutions.

Ainsi, les solutions simples existent et pourraient être mises en oeuvre. Encore faudrait il que le débat soit ouvert sur le sujet... mais quel intérêt y a-t-il en dehors de celui de 500 millions d'européens ?

 

 

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Elections européennes: Corinne Lepage en guerre contre les lobbies

30 Avril 2014, 14:43pm

Publié par Corinne Lepage

Elections européennes: Corinne Lepage en guerre contre les lobbies

L'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage présentait, en mars, six listes pour les élections européennes du 25 mai sous l'étiquette « Europe Citoyenne ». Peu présente dans les médias, elle souhaite profiter de ce scrutin pour faire entendre sa voix et continuer à lutter, comme elle le fait en tant que députée depuis cinq ans, contre la puissance des lobbies présents au Parlement européen. Entretien.

Corinne Lepage présente six listes pour les élections européennes du 25 mai sous l'étiquette « Europe Citoyenne »

Corinne Lepage présente six listes pour les élections européennes du 25 mai sous l'étiquette « Europe Citoyenne »

Corinne Lepage est tête de liste en Île-de-France sous l'étiquette « Europe Citoyenne ». Sur la même liste, en troisième position, figure Marie-Odile Bertella-Geoffroy, vice-présidente au tribunal de grande instance de Paris, qui s'était occupée, en tant que juge d'instruction, de plusieurs affaires retentissantes concernant la santé publique. A leurs côtés des juristes, des agriculteurs, des fonctionnaires, des scientifiques ou encore des journalistes.

JOL Press : Pour quelle raison présentez-vous des listes à l’occasion des européennes ?

Corinne Lepage : Permettez que je vous dise, avant tout, mon ras-le-bol mais aussi mon inquiétude sur l’ostracisme du monde médiatique à l’égard des listes qui ne sont ni UMP, PS, FN ou centristes et en particulier à mon égard.  Je constate que, dans les sondages, même si les scores sont modestes, nous apparaissons mieux qu’un certain nombre d’autres partis qui ont beaucoup plus de médias que je n’en ai moi-même. Dans la catégorie « petites listes », j’ai l’impression d’avoir un sort particulier et peu enviable. Du coup je m’interroge sur les personnes ou les lobbies que mes combats dérangent.

Nous avons monté ces listes « Europe citoyenne » parce que, pendant cinq ans, je me suis battue pour la santé des Européens, dans le cadre de mon mandat de députée européenne, au sein de la commission environnement, santé publique et sécurité alimentaire. Que ce soit sur l’aspartame, sur les OGM, sur les conflits d’intérêts dans les agences sanitaires, sur les pesticides, j’ai été de tous les combats et avec une certaine efficacité pour certains d’entre eux. J’ai beaucoup gêné. De la même manière, je suis une adversaire farouche, pas de nature écologique mais de nature économique, du nucléaire.

C’est parce que je me suis battue pendant cinq ans pour l’intérêt des gens, comme sur l’étiquetage des produits alimentaires par exemple, et parce que j’ai vu le comportement d’un certain nombre de mes collègues, que je me suis dis que s’il y avait, dans ce Parlement européen, des citoyens issus de la société civile, jamais ces textes ne passeraient. C’est tellement évident que certains textes sont contraires à l’intérêt général qu’un citoyen, qui n’est pas lié de près ou de loin à des lobbies ou à des partis politiques qui eux-mêmes sont liés à des lobbies, ne pourrait jamais les voter.

En constituant des listes, qui ne sont pas idéologiques, mais citoyennes, constructives et positives, je veux permettre aux citoyens d’avoir le courage et la capacité de s’opposer aux lobbies très présents au Parlement européen.

JOL Press : Quelles sont les grandes lignes de votre programme pour les européennes ?

Corinne Lepage : Nous voulons répondre aux principales préoccupations de nos concitoyens.  Nous voulons tout d’abord refaire de l’Europe un grand continent sur le plan économique, en alliant l’écologie et l’économie que l’on oppose depuis 20 ans, par ce que nous avons appelé la PIC : politique industrielle commune. Nous avons été capables de le faire pour l’agriculture, il faut le faire pour l’industrie. Nous souhaitons promouvoir une révolution industrielle qui s’appuie sur le mariage de la transition énergétique et du numérique.

Deuxième volet : la santé. La santé est capitale pour chacun d’entre nous, il est donc essentiel, dans les périodes de crises économiques, de travailler sur la prévention : la qualité de ce que nous mangeons, de ce que nous buvons, de ce que nous respirons. Et avec la santé va la sécurité humaine, parce que les peuples heureux sont les peuples où les gens se sentent en sécurité, à commencer par les jeunes : ils doivent pouvoir être sûrs de pouvoir développer leur projet de vie.

Troisième volet : l’éthique et la démocratie. Quand les lobbies font la loi, ce sont les citoyens qui trinquent. Il existe un lien très étroit entre la lutte contre les grands lobbies, contre les conflits d’intérêt, pour une rénovation de la sphère financière et dans le même temps le développement de la démocratie. Nous proposons par exemple qu’il y ait un Parquet européen pour sanctionner les infractions, qu’elles soient financières ou environnementales, à l’échelle européenne. Seraient les premiers concernés : tous ceux qui travaillent pour l’Europe, que ce soit les députés, les commissaires ou les fonctionnaires.

Pour plus de démocratie, nous souhaitons que les initiatives citoyennes européennes (une innovation du traité de Lisbonne donnant un droit d'initiative politique à un rassemblement d'au moins un million de citoyens de l'Union européenne) deviennent banales et puissent être démultipliées. Nous souhaitons pour cela réduire à 500 000 le nombre de signatures nécessaires.

Dernier volet : Cœur d'Europe. Nous sommes des Européens convaincus mais cela ne nous empêche pas d’être euro-critiques. Nous proposons une Europe citoyenne qui est la troisième étape de la construction européenne. Après l’Europe de la paix – et l’Ukraine nous montre comment celle-ci est toujours plus nécessaire – après l’Europe économique, nous voulons l’Europe citoyenne. Pour cela nous devons travailler au niveau des 28, mais l’Europe des 28 a besoin d’une locomotive. Nous proposons donc la création d’un cœur d’Europe, resserré : une fédération regroupant les pays fondateurs, l’Espagne, le Portugal, les pays scandinaves et l’Autriche pour redonner une dynamique à l’Europe. Ce pôle aurait une diplomatie commune, une armée, un budget.

JOL Press : Qu’apportez-vous de différent dans le paysage politique en tant que liste ?

Corinne Lepage : La liste elle-même est originale. Ce n’est pas une liste de politiciens professionnels, ni d’idéologues, c’est une liste d’acteurs de la société civile qui ont réalisé des choses dans leur vie et qui viennent de centre droit ou centre-gauche pour la plupart. Par ailleurs, nous avons une synthèse qui est originale : nous sommes écologistes et en même temps très favorables au développement économique et à la croissance économique. Nous mettons en avant l’éthique et la santé, comme peuvent le faire d’autres partis, mais sans la contestation idéologique qui va avec. Nous proposons des mesures extrêmement concrètes qui faciliteraient la vie des gens.

JOL Press : Quels sont vos objectifs en termes de sièges ?

Corinne Lepage : Le plus possible mais tout dépendra, bien sûr, de la visibilité que nous aurons.

JOL Press : Comment lutter contre l’abstention et faire comprendre aux Français l’importance de ces élections ?

Corinne Lepage : Notre slogan de campagne c’est : « Votez pour vous ». Je dis aux citoyens : « Vous n’êtes pas contents des partis politiques et vous avez raison de ne pas l’être mais ce n’est pas une raison pour renoncer au vote. La liste que nous proposons c’est votre liste parce qu’elle est composée de gens comme vous qui partagent vos préoccupations. En votant pour nous, vous votez pour vous. » Et disions-nous que les seuls combats perdus sont ceux qui ne sont jamais menés…

Propos recueillis par Marine Tertrais pour JOL Press

Avocate depuis 1975, Corine Lepage est ancienne ministre de l'Environnement, ancienne membre de Génération écologie, fondatrice et présidente du parti écologiste Cap21 depuis 1996, cofondatrice et ancienne vice-présidente du Mouvement démocrate jusqu'en mars 2010. Elle est députée au Parlement européen depuis 2009. En 2012, elle fonde l’association Essaim et l’année suivante, la coopérative politique du Rassemblement citoyen. Elle est présidente d'honneur du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) après en avoir été présidente fondatrice, association d'étude des effets produits par les techniques génétiques sur le vivant.

 

Source : JOL press

http://www.jolpress.com/elections-europeennes-corinne-lepage-lobbies-parlement-europeen-article-825731.html

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