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Cap21/LRC Toulouse

Rendre à César ...

15 Février 2014, 19:38pm

Publié par Elisabeth Belaubre

Action citoyenne et Communication électoraliste
Action citoyenne et Communication électoraliste

Action citoyenne et Communication électoraliste

 

 

Pendant la campagne électorale de 2008, nous avions promis de faire démonter le pylône de Bonhoure, porteur d'antennes émettrices de télévision, de radio FM et de téléphonie mobile. Le champ électromagnétique dans tout le quartier du pylône, en pleine zone urbaine, est exceptionnellement élevé, « un cas d'école » connu en France. Pour en donner une idée : À l'arrêt de bus Achiary, situé à une centaine de mètres, les voyageurs ne peuvent pas utiliser leur carte Pastel car le champ magnétique du Pylône brouille le système de reconnaissance.

L'Association des habitants du quartier demande le démontage depuis de nombreuses années. La municipalité précédente avait déjà voulu obliger TDF (la société Télédiffusion de France) à trouver un autre site. Mais le contrat de location (excessivement avantageux pour TDF) ne semblait laisser aucun pouvoir à la Ville : TDF a porté l'affaire devant le tribunal administratif et a gagné.

Nous en sommes là lorsque je prends dossier en charge. Le  Directeur de TDF prend rendez-vous avec moi. Il défend le pylône et me parle de l'intérêt général. Il me dit comprendre très bien mes préoccupations environnementales, mais m'assure qu'il n'y a pas besoin de le démonter : TDF peut tout à fait revoir ses réglages, et diminuer nettement les champs magnétiques. Je le fais répéter pour être sûre de bien comprendre, et je me mets en colère[1] : Cela fait des années que les riverains disent leur gêne (ou leur souffrance pour certains), et lui (ou TDF) a eu le culot,  l'indécence, de ne rien entendre alors qu'il suffisait de changer les réglages pour au moins diminuer les champs ! Je lui demande donc d'effectuer immédiatement diminution les champs, et je lui confirme que j'irai jusqu'au bout pour faire déménager ce pylône qui n'a rien à faire ici.

La modification demandée est réalisée dans les semaines qui suivent, et les cartes de bus fonctionnent de nouveau à Achiary.

Dans le même temps, je signifie à TDF l'intention de la Ville ne pas renouveler son bail d'occupation du pylône. L'entreprise dépose donc une nouvelle plainte au tribunal administratif, qui lui donne à nouveau raison. Mais je refuse d'en rester là. Je retravaille les arguments, en particulier avec Monsieur Rouzeau, juriste de la Ville, qui comprend ma préoccupation pour les citoyens. Nous démontrons que le contrat de bail rédigé avec la société TDF est léonin, c'est à dire anormalement inéquitable en faveur de TDF. Nous argumentons aussi sur le Principe de Précaution. Et ainsi nous gagnons en appel au tribunal de Bordeaux ! Le pylône va disparaître.

Il reste à trouver un autre site. J'entame des recherches et des négociations avec diverses communes voisines de Toulouse, pour trouver un site convenable techniquement, et éloigné des habitations. C'est à ce moment que le Maire Pierre Cohen confie cette partie du travail à son conseiller technique Daniel Borderie, et m'en dessaisit. Cela m'est égal : l'affaire est maintenant réglée, et j'ai bien d'autres dossiers à traiter. J'ai fait le job.

Il faudra près de quatre ans pour que le démontage du pylône soit réalisé. Je prends des nouvelles régulièrement, pour veiller à ce qu'on « n'oublie » pas d'avancer. Enfin, un beau jour, on démonte. Tout le monde est content. Pour la (très) petite histoire : on ne m'a pas invitée à fêter cet événement important (et médiatisé). Amusant de comparer les photos : En 2010, Elisabeth Belaubre et les riverains gagnent la bataille, et en 2013 Le Maire et les élus qui n'étaient pas là, avec les représentants des habitants (on n'a plus besoin de tout le monde) viennent faire la récolte.

Mais ce que les Toulousains doivent savoir, s'ils ne veulent pas être toujours les dindons d'une farce qui se joue sans eux, c'est que si je n'avais pas exigé, dès le début de mon mandat, en m'appuyant sur ma qualité d'adjointe au Maire chargée de la Santé environnementale et sur la promesse de campagne de 2008, de traiter ce dossier à fond, en reprenant tout à zéro, personne d'autre ne l'aurait fait. Le pylône de Bonhoure serait encore là. Je me fiche bien de la photo du Maire (il n'a pas eu le temps de m'empêcher d'agir, sur ce coup-là !), de quelques élus et de responsables d'association sans mémoire. Mais au moment de la campagne municipale, du bilan exact, il est juste de rendre à César ce qui appartient à César.

Et le 23 mars, on vote ...

 


[1] Il m'est arrivé deux ou trois fois, pendant mon mandat, de me mettre vraiment en colère, devant d'incroyables négligences ou devant le mépris de la santé et du bien-être des gens.

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