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Cap21/LRC Toulouse

Articles avec #echos du reseau lercitoyen

@corinnelepage: Et si vraiment on luttait contre le FN?

7 Février 2015, 18:50pm

Publié par Corinne Lepage

@corinnelepage: Et si vraiment on luttait contre le FN?

La lecture des résultats du premier tour des élections législatives partielles dans le Doubs nous interroge profondément et ce d’autant plus que ce résultat intervient après le sondage publié à la fin de la semaine dernière mettant Marine LE PEN à 30 % dans les sondages à la présidentielle même si dans tous les cas de figure, et heureusement, elle n’est pas élue à la Présidence de la République.

La question se pose : et si on luttait vraiment contre le FN ?

Si on le faisait, on trouverait très certainement un consensus national autour de quelques mesures fortes de nature à changer la donne dans les quartiers, à l’école, dans les moyens de la police et dans ceux de la justice.

Pour ce faire, encore faudrait-il que l’UMP et le PS, à titre principal, acceptent pour une fois de faire passer leurs égos partisans à la seconde place et de donner la priorité à l’intérêt général.

Mais ce n’est évidemment pas l’intérêt de l’UMP qui ne peut se concevoir qu’en termes d’opposition avec le PS et le PS n’y pousse guère l’UMP en instrumentalisant tout ce qui pourrait apparaitre comme un consensus qui le serait au bénéfice de la majorité actuelle.

Si on s’attaquait réellement au FN et à ce qu’est le FN, les médias cesseraient de dérouler en permanence le tapis rouge à Madame LE PEN, Monsieur PHILIPPOT qui occupent les médias en permanence. C’est en mettant le FN face à ses contradictions et aux querelles intestines que le ripolinage acceptable des dicours de lénifiants des 2 accolytes qu’il faut oeuvrer. Limiter à l’immigration et à la sécurité les interventions du FN est irresponsable, quand 30% du budget des ménages passent dans l’énergie et

que les budgets d’emprunt pour les classes moyennes et les jeunes couples pésent considérablement sur les budgets. Les taux d’emprunt bas que nous connaissons aujourd’hui sont la conséquence d’une politique mené que le FN ne cesse de critiquer, pourtant peu de questions sur un taux d’emprunt 3 à 4 points plus élevés et une limitation du crédit ne sont adressées aux visages du FN.

De même peu plus de publicité est faite lorsque le Front National se trouve confronter à des affaires comme cela a été le cas avec Monsieur CHATILLON. La faiblesse, pour ne pas dire l’absence d’informations dans nombreux médias sur ce sujet laisse quelque peu interrogatif lorsque l’on sait que le Front National fait son miel de toute affaire politico-financière affectant les autres partis.

Si l’UMP et le PS voulaient réellement lutter contre le Front National, ils agiraient différemment.

A commencer par l’UMP qui ne se poserait pas la question de savoir s’il faut ou non soutenir le candidat socialiste, ne se cantonnerait pas dans un « ni ni » qui renvoie à égalité les socialistes et le FN.

A cet égard, il faut noter la prise de position courageuse de Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET affirmant que les socialistes étaient des adversaires politiques mais que le FN voulait leur mort.

L’extrême gauche ne se terrerait pas dans un silence embarrassé qui s’explique à la fois par la détestation du parti socialiste et le désir de flatter un électorat qui est parfois très proche de celui du Front National.

Enfin, s’il voulait vraiment lutter contre le FN, le parti socialiste ne s’ingénierait pas à lui faciliter la vie dans les tribunes et sur les estrades.

En définitive, s’attaquer vraiment au Front National signifie l’obligation plus que jamais pour la société civile de trouver un compromis dynamique dans lequel l’immense majorité de nos concitoyens se retrouvent et qui, comme l’avait fait le CNR à la fin de la guerre, seraient en capacité de proposer un nouveau pacte républicain et social à notre pays.

Corinne Lepage

Président de CAP21LeRC

 

Source :

http://www.cap21-bourgogne.fr/article-corinnelepage-et-si-vraiment-on-luttait-contre-le-fn-125499128.html

 

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Carriérisme et spins doctors : comment la communication tue la politique à petit feu

31 Janvier 2015, 14:06pm

Publié par Corinne Lepage

Pour l'ancienne ministre Corinne Lepage, nous vivons une époque où la communication et le souci de l’image l'emportent sur toute autre considération. Une attitude délétère sur le long terme. Extrait de "Les Mains propres" de Corinne Lepage, publié aux éditions Autrement

Pour l'ancienne ministre Corinne Lepage, nous vivons une époque où la communication et le souci de l’image l'emportent sur toute autre considération. Une attitude délétère sur le long terme. Extrait de "Les Mains propres" de Corinne Lepage, publié aux éditions Autrement

Le public et les journalistes se réfèrent à la "classe" politique. Ce mot est rejeté par les politiques en général qui considèrent qu’il ne correspond à rien. En réalité, s’il est péjoratif, il correspond très précisément à la représentation que s’en font les Français. Le mot de classe renvoie à une vision marxiste de la société dans laquelle une classe en exploite une autre. Or, les citoyens ressentent intuitivement cette prise de pouvoir par une très petite caste hermétique à laquelle ils ne pourront jamais accéder et qui confisque en réalité la démocratie.

 

 
 

Certes, à intervalle régulier, il leur est demandé de voter, c’est-à-dire de reconduire tel ou tel, ou au contraire de s’en défaire. Mais, ils n’ont aucun pouvoir sur le choix de la personne représentant tel ou tel courant politique et, comme nous venons de le voir, le système mis en place rend extrêmement difficile l’élection de personnalités qui ne viendraient pas du cercle politique. De plus, la notion de représentant ou de mandant rendant des comptes à ses mandataires a complètement disparu des radars. À l’exception des élections locales, voire des municipales dans certaines grandes villes où les maires ont su tisser des liens réels, comme à Bordeaux ou à Lyon, et où les élus locaux ne sont pas nécessairement assimilés à la « classe politique », le fossé n’a cessé de se creuser, et ce à juste titre.

Les élus sont pour l’immense majorité le fruit du carriérisme politicien, c’est-à-dire le résultat d’un cursus qui passe le plus souvent par l’ENA ou au moins par Sciences Po, parfois une Grande École, l’"encartement" soit le choix de s’affilier à tel ou tel parti, puis le passage par un poste d’assistant parlementaire ou mieux encore par un cabinet ministériel. Viendront un mandat local dans le sillage de son "patron" et un mandat national qui peut déboucher sur un poste ministériel.

Cette voie royale, suivie par l’immense majorité, a créé une carrière professionnelle très particulière, totalement déconnectée de la vie normale et entièrement dépendante du bon vouloir de la hiérarchie partisane. Le "cirage de bottes", la complaisance et la défense de "sa" chapelle et/ou de son écurie l’emportent sur toute autre considération puisque c’est de son "job" dont il s’agit. Une fois les premiers degrés atteints, il s’agit de viser le "coup d’après", y compris lorsqu’on a la chance d’occuper un poste ministériel. Ce "coup d’après" consiste non pas à remplir au mieux, c’est-à-dire courageusement sa fonction, mais à rendre des services pour obtenir des "affidés" et à se médiatiser au maximum pour entrer dans le CAC 40 des personnalités politiques.

 

C’est alors qu’entre en scène une caste très discrète, celle des agences de com’. La communication des hommes et femmes politiques est en effet le "sujet" majeur. Après que le "faire savoir" fut devenu beaucoup plus important que le "savoir-faire", c’est désormais la "com’ pour la com’" qui l’emporte sur tout. Bygmalion est le parangon de ces agences qui facturent des sommes astronomiques pour organiser les événements, mais la palme revient aux agences qui conseillent et forgent l’image des politiques. Ces conseillers en communication et marketing politique ou spins doctors privés, comme l’était Patrick Buisson pour Nicolas Sarkozy, exercent souvent une influence déterminante sur le personnage politique, pour lui faire prendre des positions qui leur paraissent correspondre à ce que l’électorat attend plutôt que ce qui est bon pour le pays et l’intérêt général. Idem pour quelqu’un comme Franck Louvrier, ancien conseiller en communication du ministre puis du président de la République Nicolas Sarkozy, dont on se souvient de la manipulation médiatique quand il avait envoyé un SMS aux journalistes pour les inciter à parlerd’une femme, arrêtée au volant, portant le niqab.

Progressivement, la communication et le souci de l’image l’emportent sur toute autre considération avec les dégâts que l’on connaît. Les promesses non tenues trouvent pour une large part leur origine dans les recommandations des agences de communication qui, s’appuyant sur des sondages au demeurant coûteux, proposent des mesures qui seraient en harmonie avec ce que souhaite la clientèle électorale. Sauf que cette déviation de l’action politique ou plutôt de la parole politique a trois conséquences catastrophiques.

 

 
 
 

Tout d’abord, elle considère les électeurs comme des imbéciles en les infantilisant et en leur faisant croire que leurs désirs peuvent devenir une réalité indépendamment de toute considération réaliste. Ainsi les catalogues de promesses présidentielles, parfois incohérentes, mais visant différentes cibles électorales, constituent par définition des attrape-nigauds. La confusion entre des objectifs et des promesses en est une conséquence dont François Hollande fait les frais. Ainsi faire baisser le chômage est un objectif majeur mais cela ne peut être un engagement pour la bonne et simple raison que l’État ne peut embaucher pour réduire le chômage. Ce sont les entreprises qui embauchent, et cela dépend certes des politiques menées mais aussi d’une conjoncture plus large. Il en va de même de l’augmentation du pouvoir d’achat qui dépend de la pression fiscale et de la répartition, mais avant tout de la conjoncture économique et de l’emploi. Autrement dit, le "demain on rase gratis" qui apparaît encore nécessaire pour se faire élire est une infantilisation et une forme de mépris du citoyen. Ensuite, elle déconnecte le long terme et l’intérêt général du discours politique pour le faire "coller" à ce qui est considéré comme un désir collectif immédiat. Ce faisant, elle institutionnalise le court terme comme point central de toute campagne électorale réussie.

Cette déconnexion participe très largement à la perte de sens, au pessimisme et au sentiment de "no future" qui affecte nos concitoyens. Enfin, elle tend à faire des politiques de véritables marionnettes des agences de communication, variant de discours ou de convictions au fil des sondages, et prépare précisément le manquement systématique aux promesses. Ainsi, la position de Nicolas Sarkozy sur l’exploitation du gaz de schiste, qu’il a fait interdire et qu’il défend dorénavant comme une priorité pour relancer la croissance (ce qui est une ineptie), est un cas d’école. Ce virage n’a pas grand-chose à voir avec le sujet ; c’est un geste en direction du MEDEF et plus généralement des conservateurs opposés à toute idée qui pourrait avoir un lien avec les écologistes. Le sujet n’est donc pas de savoir si le gaz de schiste est en définitive une bonne piste pour la France. C’est de créer un « marqueur » pour parler à une France qui honnit la modernité et tout ce qui s’apparente à ce que j’appelle le "Nouveau Monde".

 

 

Extrait de "Les Mains propres" de Corinne Lepage, publié aux éditions Autrement (1/2).

 

Source : Atlantico


http://www.atlantico.fr/decryptage/carrierisme-et-spins-doctors-comment-communication-tue-politique-petit-feu-corinne-lepage-1983205.html

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Grèce : nouveau départ ou chronique d'une déception annoncée ?

30 Janvier 2015, 16:43pm

Publié par Corinne Lepage

Corinne Lepage, présidente de LRC - CAP21

Corinne Lepage, présidente de LRC - CAP21

L'arrivée au pouvoir de Syriza doit permettre de trouver un nouvel équilibre entre la rigueur financière et la croissance, les attentes des milieux financiers et les souhaits de la population européenne. Mais l'alliance politique nouée par Tsipras avec les conservateurs pourrait conduire à une crispation plutôt qu'à une recherche de solution consensuelle entre l'UE et la Grèce.

 

La victoire historique de Syriza s'explique assez facilement au regard des conséquences dramatiques de la politique de « purge » infligée à la Grèce, qui a largement dépassé les bornes de ce que pourrait être une politique d'austérité. Elle s'explique aussi par une corruption massive, qui touche la classe politique grecque avec comme ramification un système fiscal parfaitement inique qui exclut de l'impôt le monde des armateurs comme celui de la cléricature d'une part, une fraude généralisée qui a permis l'entrée du drachme dans l'euro, fraude organisée grâce à des relais bancaires jamais poursuivis et qui ont été ensuite les premiers à exiger le remboursement de la dette...

C'est ce système parfaitement injuste et malhonnête qui explique aussi le vote massif en faveur d'un mouvement jeune qui a pris l'engagement de réduire le fardeau de la classe moyenne et des plus modestes et de s'attaquer à des privilèges injustifiables. Cette situation à elle seule suffit à expliquer que la France n'est pas la Grèce et que la situation économique et sociale de nos deux pays n'est pas comparable.

Echec des institutions européennes

Pour autant, un certain sens de conclusions peuvent et doivent être tirées. Tout d'abord celle d'un échec des institutions communautaires et surtout de leur politique à prendre en considération les besoins et les désirs élémentaires des peuples pour préférer une Europe imposée d'en haut, qui a fait le choix de la rigueur financière au détriment de la croissance et du progrès à minima humain à défaut d'être social. La BCE comme la commission ont senti le vent du boulet et commencé une autre politique.

Qu'il s'agisse du plan Juncker en faveur de l'investissement ou de la nouvelle politique financière et budgétaire lancée par la BCE la semaine dernière, il est clair que l'Europe de la croissance et du bien-être des peuples est de nouveau audible. Des lors, un aspect positif des élections grecques est probablement de trouver un nouvel équilibre entre la rigueur financière et la croissance, les attentes des milieux financiers et les souhaits de la population européenne. Ce nouvel équilibre ne peut être que favorable à la perception de l'union européenne par les Européens et le fait que le nouveau premier ministre grec ait en fin de campagne manifesté sa volonté de rester dans l'Europe et dans l'euro est un signe prometteur comme le sont les sondages réalisés en France ces derniers jours qui montrent un réel attachement de nos concitoyens à l'Europe.

Une alliance politique préoccupante

Cependant, l'accord passé avec un mouvement de droite souverainiste pour exercer le pouvoir créer un sentiment très ambigu. Il explique parfaitement les raisons pour lesquelles en France, Marine Le Pen comme Jean-Luc Mélenchon n'ont cessé d'occuper les tréteaux médiatiques du week-end et de ce début de semaine pour se targuer de ce résultat qu'ils avaient appelé de leurs vœux. Cette rencontre entre l'extrême droite et l'extrême gauche qui se fait sur le dos de l'Europe n'est pas nouvelle mais elle est très préoccupante. En effet, le clivage qui en résulte n'a plus rien à voir avec les clivages traditionnels, ce qui ne serait pas en soi-même un souci s'il n'était pas porteur d'une forme de régression et de repli sur soi. De plus, cette combinaison risque de conduire à une crispation plutôt qu'à une recherche de solution consensuelle entre l'union européenne et la Grèce. Or, les discussions avec la Grèce sont très importantes seulement pour que la Grèce puisse sortir de la situation insoutenable dans laquelle elle est, mais encore pour l'unité de l'Europe et le retour à une véritable dynamique économique et politique.

Reprise en main par les citoyens

En définitive, derrière les discussions entre les gouvernements, l'évolution des opinions publiques européennes est essentielle. Les élections grecques ne peuvent que convaincre quiconque qu'on ne peut impunément gouverner contre la société et au mépris des principes élémentaires d'éthique. Reste à passer des paroles à la pratique ; la reprise en main par les citoyens grecs de leur destin qui ne signifie pas que l'entrée en lice des citoyens se traduise nécessairement par des élections à l'extrême gauche. Le succès du gouvernement grec passe évidemment par des compromis avec la troïka et les institutions européennes. L'échec que personne ne peut souhaiter mais qui n'est pas exclu traduirait cette incapacité de l'extrême gauche à trouver des solutions compatibles avec un système mondialisé auquel tout pays appartient aujourd'hui et ne pourrait que plonger les Grecs dans un malheur encore plus grand sans parler des conséquences qu'une telle situation pourrait avoir sur l'Europe dans son ensemble. C'est une gageure. Souhaitons qu'elle soit réussie

 

Source : La Tribune

http://acteursdeleconomie.latribune.fr/debats/opinion/2015-01-30/grece-nouveau-depart-ou-chronique-d-une-deception-annoncee.html

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