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Cap21/LRC Toulouse

Articles avec #echos du reseau lercitoyen

Areva: le déni de réalité finit toujours par vous rattraper

6 Mars 2015, 07:17am

Publié par Corinne Lepage

« La vérité sur le nucléaire » aux éditions Albin Michel (2011)

« La vérité sur le nucléaire » aux éditions Albin Michel (2011)

 

En 2011, dans « La vérité sur le nucléaire » aux éditions Albin Michel, je concluais ainsi le chapitre consacré à Areva :

« Avant le 11 mars 2011, la situation était déjà très difficile à cause de l'aspect financier... provision finlandaise, décote par les agences de notation... insuffisance de l'augmentation de capital. La difficulté principale réside dans le cœur de la société elle-même son activité ne se poursuit en raison de l'obligation faite à EDF de faire retraiter ses déchets, et l'activité production d'uranium très fragilisé il est fort possible que les conséquences de la catastrophe japonaise soient tragiques pour Areva... mais à aucun moment le débat public autour de l'avenir de cette société n'est posé ».

 
 

Quatre ans plus tard, la situation s'est lourdement détériorée à tous points de vue, financier, commercial, technique, sociale. Mais on ne parle que de replâtrage, d'obligation faite à EDF de recapitaliser à terme Areva, de plan social aussi limité que possible.

Malheureusement, « on » c'est-à-dire l'État nucléaire se voile la face ou tout au moins nous voile sa face. C'est toute la stratégie nucléaire française qui s'effondre et au lieu de chercher à sauver ce qui peut l'être dans le cadre d'une transition énergétique bien pensée, le lobby nucléaire cherche à obtenir le maintien du système en bouchant les trous et en essayant de sauver les apparences. Mais, ce qui arrive aujourd'hui chez Areva, qui était écrit, risque d'arriver dans quelques années à EDF. Le modèle d'Areva était un modèle intégré de la production de combustible au traitement des déchets en passant par la fabrication des réacteurs et la maintenance. Chacun de ces postes a subi un tsunami : perte colossale d'Uramin, déroute du MOX à la suite de Fukushima, fin de la quasi-totalité des contrats de retraitement à la Hague, catastrophe technique commerciale de l'EPR, chute des contrats de maintenance en raison de la baisse de la part du nucléaire dans le monde. Nous savions tout cela dès 2011 et rien n'a été fait, car nous étions dans le déni. Depuis lors, l'entreprise s'est enfoncée davantage avec un choix d'une filière photovoltaïque aberrant, une perte manifeste de compétences dans le savoir-faire et une perte supplémentaire de marchés. Le sujet n'est pas conjoncturel mais bien structurel mais le refus de voir la réalité en face persiste. En effet, faire supporter par EDF une partie plus ou moins importante du déficit Areva conduit directement EDF à la catastrophe. En effet, la situation d'EDF n'est de loin pas brillante et ressemble étrangement à celle d'Areva en 2008. En effet, EDF est confrontée à des besoins d'investissements dont on voit mal comment ils peuvent être satisfaits compte tenu de l'endettement actuel. Les mises en garde de l'autorité de sûreté nucléaire et de l'institut de radioprotection et de sûreté nucléaire en particulier la note du 24 janvier qui met en cause la résistance des réacteurs en cas d'accident, sont autant de coûts supplémentaires si elles sont satisfaites. Elles doivent être rapprochées des mises en garde de l'autorité de sûreté nucléaire belge et des études récentes mettent en cause de manière systémique, la totalité des réacteurs PWR européens. S'ajoute à cela le coût déraisonnable des réacteurs britanniques, le coût du démantèlement des centrales en fin de vie et la réalisation de Cigéo.

Plutôt de que de continuer à investir massivement sur une filière nucléaire avec pour leitmotiv qu'il s'agit d'une filière d'avenir, il est plus que temps de se poser les bonnes questions sur l'opportunité du choix nucléaire et d'engager une transition énergétique pour laquelle l'urgence et la gravité de la situation ne laissent à la place à la tergiversation, au sur place, voire pire encore au recul.

 

Devenez fan

Députée européenne Cap21, ancienne ministre de l'Environnement sous Chirac

 

Source : Huffington Post

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/nucleaire-areva_b_6806692.html

 

 

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Départementales : voter malgré tout

5 Mars 2015, 08:23am

Publié par Richard Hasselmann

Départementales : voter malgré tout

Même si la classe politique a rendu le scrutin des départementales illisible, cette élection est l'opportunité, pour le citoyen, de reprendre la main sur une institution de proximité.

À trois semaines du premier tour des élections départementales, il me paraît utile de souligner, en creux, le « Fait du jour » de Cécile Cornudet, frappé au coin du bon sens, intitulé La République, l'invitée-surprise de la campagne .

Le constat mis en lumière est une nouvelle fois accablant pour la classe politique en place et pour le pouvoir en particulier. C’est sans doute la première fois dans l’histoire d’une démocratie qu’un Président de la République convoque des électeurs, pour les inviter à élire des citoyens dont on ignore les compétences et les pouvoirs qui restent à définir.

C’est assez dire la considération dans laquelle est tenu le citoyen, et cela souligne l’hypocrisie des Cassandre qui viendront après coup stigmatiser l’abstention ou la montée des extrêmes . Il est vrai que Tout mandat impératif est nul, en l’espèce ce risque est écarté.

Depuis bientôt 10 ans avec nos amis, nous organisons des micros-trottoirs, ou de petites réunions, pour sentir le pouls de l’opinion et donner des clés de lecture au plus grand nombre. Un citoyen acteur de son destin, un citoyen qui utilise son bulletin de vote à bon escient, est un citoyen informé.

S’agissant des prochaines départementales, le résultat est accablant, plus de 85 % des quidams ne connaissent pas les compétences obligatoires des futurs Conseils départementaux ( dont voici la liste ), alors que dans l’état actuel de notre réglementation elles touchent au quotidien.

Une collectivité indispensable

Une nouvelle fois, comme pour les européennes, la classe politique organise une escroquerie intellectuelle en conduisant le citoyen à se tromper d’élection. Quand vous expliquez, qu’un Conseil départemental a un rôle direct sur la vie des collèges, la vie des personnes agrées, ou celle des précaires et qu’il est primordial que le citoyen qui y siégera se consacre exclusivement a cela, le regard change et l’attention se fixe.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, indépendamment des suites de la réforme territoriale, et de la persistance de l’échelon départemental, sans doute indispensable en certains points du territoire, dans l’instant, il nous faut des élus départementaux qui ont quelque chose à dire sur les points de leur compétence.

Le flou artistique entretenu est un nouvel exemple de l’effet pervers du cumul des mandats, qui nécrose notre démocratie. En effet, une très large majorité des conseillers généraux sortants, outre qu’ils sont désignés par les appareils de partis, cumulent ce mandat avec un autre et notamment celui de parlementaire national. Dès lors soucieux d’apparaître fiable pour les enjeux nationaux aux yeux de son électorat, le candidat élude la proximité, pour aborder des thèmes nationaux.

L’élection à venir est une vraie chance, pour que le citoyen reprenne la main, en proximité, dans son bassin de vie, en confiant le Conseil départemental à de nouvelles équipes mues par des principes simples de subsidiarité, d’éthique et de responsabilité. Il importe d’identifier les binômes qui seront porteurs de ce seul mandat, et qui proposent de vrais projets dans les domaines qui sont ceux des Conseils départementaux.

Mieux qu’une fessée sans doute trop douce et qui déplait à Bruxelles, s’agissant d’adultes en place, ils méritent probablement une autre sanction, mais pas l’abstention. Cette abstention dont nous disons avec force qu’elle rime avec abandon ou démission.

 

Richard Hasselmann / Président de l'association LIBR'ACTEURS 


Source :  Les Echos

http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-126174-la-fessee-pour-qui-1099075.php

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Avec AREVA, on fonce dans le mur, et en plus on klaxonne !

4 Mars 2015, 15:50pm

Publié par Corinne Lepage

 

Corinne Lepage, ancienne ministre de l'environnement, est l'invité de LCI ce mercredi et a réagi sur la situation délicate que traverse Areva, qui a enregistré une perte de 4,9 milliards d'euros en 2014. Selon elle, la politique entamée par le groupe il y a quelques années est insensée.

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Climat: après l'appel de Manille, Corinne Lepage "attend des actes"

27 Février 2015, 17:15pm

Publié par Corinne Lepage

Corinne Lepage, ce vendredi matin 27 février 2015 sur RMC et RMC Découverte.

Corinne Lepage, ce vendredi matin 27 février 2015 sur RMC et RMC Découverte.

L'ancienne ministre de l'Ecologie, Corinne Lepage, invitée d'RMC ce vendredi matin, s'est réjoui de l'"appel de Manille" du président François Hollande, tout en rappelant qu'en France, la loi de transition énergétique était actuellement "passée à l'essoreuse" au Parlement.

 

 

 

François Hollande a lancé jeudi son "appel de Manille", pour exhorter le monde entier à trouver un accord pour lutter contre le dérèglement climatique, lors de la Conférence mondiale sur le climat en décembre à Paris. Si elle s'est réjouie de cet appel, députée européenne et ancienne ministre de l'Écologie Corinne Lepage, invitée d'Adrien Borne ce vendredi matin, attend maintenant des actes concrets.

"Ce qui compte ce sont les actes", a-t-elle déclaré. Avant d'interroger: "Est-ce qu'à Paris (lors de la conférence climat) on va être capable de mobilier les 100 milliards de dollars prévus pour financer l'adaptation au changement climatique ? Est-ce qu'on va être capable d'avoir un accord de tous les pays sur une réduction programmée et obligatoire de réduction des gaz à effet de serre ?".

 

"Je suis préoccupé par ce que l'on fait en France"

Selon Corinne Lepage, "il faut changer beaucoup de choses: le modèle économique, le modèle énergétique, et lutter de manière vigoureuse contre la corruption à l'origine de beaucoup des difficultés que nous rencontrons dans le domaine du climat". "Ce que fait François Hollande sur le plan climatique est visiblement important et je pense qu'il en fait un véritable cheval de bataille, mais je suis un peu préoccupé par ce que l'on fait en France", a ajouté la députée européenne, faisant allusion à la loi de Transition énergétique, actuellement discutée au Sénat.

"La loi est passé à l'essoreuse, a ironisé Corinne Lepage, qui a rappelé que "200 ONG ont lancé un appel aux parlementaires et au gouvernement pour arrêter de réduire cette loi à une véritable peau de chagrin".

 

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Corinne Lepage : “il faut arrêter de parler et agir”

27 Février 2015, 11:26am

Publié par Corinne Lepage

C. Lepage a été Ministre de l’Environnement. Elle évoque pour Blasting News la visite de François Hollande à Manille.

C. Lepage a été Ministre de l’Environnement. Elle évoque pour Blasting News la visite de François Hollande à Manille.

Blasting News : En tant que personnalité politique engagée dans la lutte pour la sauvegarde de l'environnement, qu'attendez-vous de cette visite de travail du Président français aux Philippines ?

 

Corinne Lepage : C'est une visite politique et symbolique. Nous avons besoin, pour qu'un accord soit possible à Paris (qui accueille la Conférence Climat en décembre prochain) de réunir le plus d'engagements possibles en amont, et ce partout dans le monde. Les Philippines, c'est un pays peuplé, en plein développement, un pays du Sud qui compte, et cette visite de travail est donc selon moi une bonne chose.

 

BN : Quel regard portez-vous aujourd'hui sur la politique environnementale du gouvernement Valls ?

 

CL : L'arrivée de Ségolène Royal au Ministère de l'Écologie a permis de débloquer un certain nombre de dossiers. Il faut bien avouer qu'avant son arrivée, peu de choses avaient été faites et on pourrait même dire que beaucoup de choses avaient été défaites, je pense notamment aux questions sur les pesticides ou aux aspects énergétiques. Madame Royal a de réelles convictions, même si elle ne peut pas toujours accomplir tout ce qu'elle voudrait. J'en parle en connaissance de cause, ayant moi-même occupé ce poste (entre mai 1995 et juin 1997 dans les gouvernements Alain Juppé I et II). Il y a donc des choses positives, et d'autres qui le sont moins : la loi sur la transition énergétique est trop faible, trop peu d'options sont prises pour le futur, notamment en ce qui concerne le nucléaire, domaine où on observe une volonté de poursuivre sans la nommer, une entreprise leader du marché au bord de la faillite, et où on demande aux contribuables de mettre la main à la poche.

 

BN : Les bonnes volontés se heurtent aux réalités économiques, aux lobbies et aux intérêts personnels, comment y remédier ?

 

CL : Il ne faut pas avoir une vision purement idéaliste. Aujourd'hui, il ne peut y avoir une économie en bonne santé sans prise de conscience écologique, et ceux qui pensent le contraire se casseront la figure. Le redémarrage industriel et économique de notre société passe par le mariage entre l'économie écologique, environnementale, et l'économie connectée.

 

BN : La conférence du climat approche à grands pas. Fait-elle figure de dernière chance ? Peut-on espérer que de réelles décisions y soient prises ?

 

CL : Je ne veux plus employer ce terme de dernière chance. En 2009, à la Conférence sur le Climat de Copenhague, on parlait déjà de dernière chance, et pourtant depuis, rien n'a été fait. Aujourd'hui, c'est vrai, la crise climatique est plus prégnante, beaucoup plus visible, et plus on attend pour agir, plus il sera par exemple difficile de maintenir à deux degrés le réchauffement climatique d'ici à la fin du siècle, et plus il devient urgent de prendre des mesures.

 

BN : Quels sont selon vous, aujourd'hui, les principaux enjeux écologiques et environnementaux, en France et dans le monde ?

 

CL : Le premier, c'est bien évidemment le climat. Ensuite vient la santé, et les problèmes de santés liés aux questions climatiques et environnementales, c'est au moins aussi important. Il y a aussi les problèmes de biodiversité, les questions liées à la qualité de l'eau. Ce sont des combats qui me sont chers : j'ai créé Cap21 (Citoyenneté, action, participation pour le xxie siècle, fondé en 1996) qui a décidé d'être plus acteur que parleur, qui participe et encourage la mobilisation de la société civile, d'ailleurs de plus en plus présente. C'est sur le terrain que doivent se passer les choses désormais. Les discours n'ont aucun intérêt, il faut agir, et d'ailleurs la mobilisation des pays du Sud est formidable, alors que l'Europe risque à ce rythme de passer à côté. La position de la France par exemple sur les biocarburants n'est pas brillante. Il faut arrêter de parler, et faire. Il faut être cohérent, arrêter de dire quelque chose et de faire le contraire.

 

Source : Blasting News

http://fr.blastingnews.com/environnement/2015/02/corinne-lepage-il-faut-arreter-de-parler-et-agir-00285207.html

 

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