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Cap21/LRC Toulouse

#ParlonsVrai : la démocratie en péril !

8 Février 2017, 16:38pm

Publié par Corinne Lepage

#ParlonsVrai : la démocratie en péril !

Le déroulé de l’affaire Fillon est un vrai péril démocratique. Distillées de semaine en semaine, les péripéties financières de la famille Fillon jettent le discrédit non seulement sur les personnes mais également sur le fonctionnement du système démocratique.

Même si c’est légal, ce que la justice dira, c’est inacceptable sur le plan moral et par voie de conséquence si le système démocratique l’accepte, c’est qu’il n’est pas moral c’est-à-dire pas conforme aux règles que la société française estime aujourd’hui être éthiques. Ce rejet est bien entendu du pain béni pour Marine Le Pen bien que celle-ci et son parti aient tout autant profité du système. Le Parlement européen, qui a moins de bienveillance pour les parlementaires que le Parlement français, la poursuit et la poursuivra jusqu’au bout comme les autres parlementaires FN concernés par l’utilisation indue de fonds communautaires pour financer des personnes ayant des activités sans aucun rapport avec le Parlement européen.

La réponse n’est évidemment pas dans le bâillon que certains voudraient mettre à la presse ni dans l’attaque de l’institution judiciaire dont certains voudraient réduire l’indépendance durement conquise. Elle n’est pas davantage dans le retrait du candidat de la droite qui en réalité a pris son camps en otage et fait désormais une affaire personnelle de son maintien dans la course présidentielle. Elle est dans un changement des règles du jeu que nous sommes nombreux à avoir depuis longtemps proposées : statut du parlementaire, remboursement de frais sur justificatifs, interdiction d’employer les membres de sa famille, interdiction de cumul d’activités… elle est aussi dans un autre rapport aux deniers publics.

La gabegie, les fautes de gestion régulièrement constatée par la Cour des comptes et jamais sanctionnées sont intolérables dans un pays endetté comme le nôtre, où le chômage est si élevé et où la pression fiscale bat tous les records. Il n’existe pas de la part des décideurs publics de respect pour les deniers publics et cet irrespect est devenu insupportable. Il se traduit aussi dans la forme de mépris qui consiste à dire qu’un parlementaire peut utiliser comme il le veut l’argent public et que la séparation des pouvoirs exclut qu’un compte quelconque lui soit demandé.

L’image que la France donne actuellement au niveau international est une catastrophe collective dont nous supporterons tous les conséquences, à commencer sur le plan économique. La campagne présidentielle devrait précisément être l’occasion de changer les règles du jeu préalable indispensable au rétablissement de la confiance entre les Français et leurs dirigeants.

 

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

 

 

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#ParlonsVrai : la tragédie des faits alternatifs

7 Février 2017, 19:18pm

Publié par Corinne Lepage

#ParlonsVrai : la tragédie des faits alternatifs

L’ère des faits alternatifs inaugurée par Donald Trump est une tragédie démocratique.

Tragédie tout d’abord par les effets que des propos totalement faux peuvent générer. Ainsi, les prétendus attentats islamistes qui auraient été cachés par la presse dont les attentats de Paris, de Bruxelles, de Nice n’ont d’autres objectifs que d’essayer de mettre le feu aux poudres non seulement à l’intérieur des États-Unis mais également l’extérieur.

Qu’il faille appeler un chat un chat, y compris lorsqu’il s’agit d’attentats islamistes, est nécessaire. Mais inventer des attentats qui ne se sont jamais produits ou prétendre qu’ils ont été tus n’est destiné qu’à stigmatiser la presse qui serait alors complice de ces attentats.

C’est irresponsable, criminel, voire les deux.

Rappelons-nous l’incendie du Reichstag, mis par Hitler sur le dos de ses opposants politiques alors que l’auteur de cet incendie non seulement n’avait aucun lien avec eux mais de surcroît avait probablement été manipulé par les services nazis. Il a été le prétexte de la disparition des partis politiques, des syndicats puis de la presse libre. Mais la tragédie des faits alternatifs est avant tout un cancer démocratique. Il ne peut y avoir démocratie que s’il y a confiance dans la parole publique et la presse est là pour informer, lutter contre la désinformation ou le mensonge et sa pluralité est précisément la condition du bon fonctionnement du système.

S’attaquer comme Donald Trump le fait à la presse sape précisément l’état démocratique du système. S’il n’y a plus de vrai et de faux, il devient alors absolument impossible de mettre d’accord une société en partant de la vérité. Celle-ci n’existe plus puisque la réalité est niée. Dès lors, la parole publique est immédiatement sujette à caution et la démocratie s’étiole, puis disparaît. Il n’est pas possible en effet de débattre sur des faits faux présentés comme vrais. Le drame est que l’usage des faits alternatifs se propage comme un virus dans le monde. C’était jusqu’à présent l’apanage système autoritaires et fascistes que d’utiliser le mensonge pour conforter un pouvoir incapable de se mesurer à la vérité. Dès lors que les systèmes démocratiques, à commencer par le système américain, recourent aux faits alternatifs comme de vulgaires dictatures, tout est possible.

Nous en avions déjà eu quelques échantillons avec le Brexit où la campagne a reposé essentiellement sur un mensonge : les 350 millions d’euros payés à l’union européenne seraient intégralement reversés à la sécurité sociale. Il n’a pas fallu attendre le lendemain des élections pour que Boris Johnson et le député Farrage reconnaissent que c’était une « erreur ». C’était évidemment tout sauf une erreur, le terme erreur s’appliquant à un acte involontaire de l’esprit.

Erreur ou présentation maladroite, voilà également deux mots utilisés lorsque « le fait alternatif » se heurte à une réalité indéniable enregistrée sur une image ou dans un son de l’intéressé lui-même. Ce sont les termes employés par François Fillon pour qualifier les contrevérités évidentes qu’il a pu égrener depuis 15 jours pour essayer de justifier une situation injustifiable. Hier encore, dans sa conférence de presse, affirmer que la journaliste qui avait interviewé sa femme en 2007 s’était montrée très choquée de l’utilisation qui avait été fait de cette interview qui aurait été en anglais et tronquée était-il un fait alternatif ? C’est en tout cas une contrevérité car l’interview était in extenso sur France 2 et la journaliste n’a jamais pris Cette position. D’où vient donc ce besoin irrépressible de présenter comme vrais des faits qui sont faux ?

De fil en aiguille, de petits faits alternatifs en énormes mensonges, c’est la parole publique qui s’affaiblit pour ne devenir qu’un son parmi d’autres. Et, cet usage du fait alternatif s’accompagne de l’agression systématique et volontaire contre les deux pouvoirs qui pourraient à juste titre remettre les pendules à l’heure : La presse et la justice.

Ce n’est pas un hasard, si Donald Trump vitupère contre le magistrat et la cour d’appel qui se sont élevés contre son décret anti musulman ; pas plus que ce n’est un hasard, si Marine Le Pen refuse de remettre en cause sa candidature si elle est mise en examen, au motif qu’elle ne dépend pas du gouvernement des juges et ose déposer une plainte contre les magistrats qui font leur travail ; ce n’est pas davantage un hasard, si François Fillon met en cause le parquet financier. Et que dire de la mise en cause systématique de la presse, qui certes n’est pas parfaite, mais qui, grâce à sa pluralité, permet précisément de dégager une réalité.

Bref, Trump et la culture du fait alternatif, qui visiblement inspirent l’extrême droite et même certains à droite, sont des venins pour le système démocratique.

 

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

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#ParlonsVrai : arrêtez de banaliser le FN.

6 Février 2017, 13:34pm

Publié par Corinne Lepage

Marine Le Pen © AFP

Marine Le Pen © AFP

Il est indéniable que le résultat de la présidentielle est extrêmement ouvert.

Mais pour autant, présenter des sondages comme si Marine Le Pen était obligatoirement au deuxième tour traduit exactement les mêmes travers que ceux qui se sont produits pour les deux primaires des républicains et du PS. Le duo de deuxième tour n’a eu lieu. Les sondages devraient donc offrir d’autres deuxièmes tours et mesurer la capacité des différents candidats capables d’être au deuxième tour de battre Marine Le Pen si en définitive elle y figurait. Ce serait déjà un bon indicateur du candidat le mieux à même d’assurer l’échec de la Candidate du Front National.

En second lieu, il serait bon que l’accent soit mis sur le programme économique et social de Marine Le Pen, aussi incohérent que celui de Jean-Luc Mélenchon et dont certaines orientations sont très voisines sur l’Europe notamment. Le caractère totalement irréaliste, non financé, des propositions devraient faire l’objet d’un questionnaire systématique de la part des intervieweurs.

En troisième lieu, les vieilles lunes du Front National et la proximité entre le discours de la fille et celui du père devrait être beaucoup plus soulignée. De même, les comportements, les cris de haine des meetings doivent être soulignés car ils rappellent fâcheusement des souvenirs qu’on voudrait bien oublier. Enfin, au concours du « plus c’est gros, plus ça passe » un Pinocchio d’or devrait être attribué à Marine Le Pen et ceux qui l’entourent. En commençant par Florian Philippot qui trouve inadmissible le maintien de François Fillon qui pour le moment n’est pas incriminé, mais affirme haut et fort que si elle est mise en examen Marine Le Pen ne retira pas sa candidature. De même, prétendre se battre contre le fric de droite et le fric de gauche quand on participe de la PME Le Pen (voir pour plus d’informations « Dans l’enfer de Montretout » par Olivier Beaumont), il faut oser. Pourtant, personne ne se risque à poser de questions… sauf la Haute autorité pour la transparence ce qui lui a valu une plainte bonne et due forme de Madame Le Pen… un scandale assez inaperçu.

Mais la responsabilité de cette banalisation est aussi politique. Maintenant que l’UMPS a volé en éclats, il n’est plus possible de crier au complot de ces deux entités. Dès lors comment expliquer que tous les responsables politiques n’aient pas immédiatement répliqué à l’affirmation de Marine Le Pen selon laquelle, en cas de victoire, elle constituerait un gouvernement d’union nationale. Il faudrait au contraire affirmer haut et fort qu’aucun responsable politique appartenant à une formation républicaine ne participerait un tel gouvernement qui ne pourrait donc se prévaloir de quelque unité nationale que ce soit.

Chacun a sa responsabilité dans l’histoire qui est en train de s’écrire et qui sera lourde de conséquence dans l’hypothèse heureusement très faible que Marine Le Pen gagne la présidentielle

 

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

 

 

 

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#ParlonsVrai : trumpisme à la française

3 Février 2017, 15:02pm

Publié par Corinne Lepage

#ParlonsVrai : trumpisme à la française

Décidément, Donald Trump fait des émules bien au-delà de ses amis politiques et de ses frontières. Nous assistons, à une forme de trumpisme à la française qui se caractérise par le soutien mordicus à une véritable alternative, une charge violente contre les médias et la remise en cause des institutions judiciaires elles-même, ce qui peut être le plus grave.

Commençons par le plus simple : la vérité alternative.

Ce que l’on appelle communément le #Penelopegate en est truffé. Entre ceux qui l’ont vu, comme Monsieur Accoyer, fréquemment à l’Assemblée nationale et ceux qui l’ont vu en Sarthe dans une activité d’attachée parlementaire, les exemples ne manquent pas. Ils se heurtent à la vérité exprimée simplement par Madame Fillon elle-même en 2007, vérité qui va directement à l’encontre de la thèse de vérité alternative développée par son mari depuis quelques jours. Nous attendrons tous bien sûr la position de la justice, mais, l’expression authentique de Pénélope Fillon en 2007 pourra difficilement passer pour la vérité alternative et la thèse développée aujourd’hui par François Fillon pour la vérité tout court. Cet embrouillamini qui conduit à ajouter contrevérité à contrevérité n’est pas à la gloire de notre système.

Nier l’évidence comme le fait Donald Trump n’est pas un exemple à suivre… mais visiblement tout le monde ne l’a pas compris.

Le second volet du trumpisme, dans sa mouture anti système est de s’attaquer aux médias. Depuis l’Antiquité, le porteur de mauvaises nouvelles est banni.Certes, on peut se poser la question de savoir qui a été à l’origine des informations du Canard enchaîné mais les explications données par le palmipède qui indique que l’enquête a débuté il y a plus d’un mois, que des informations ont été demandées à l’équipe de François Fillon, que les éléments sur les enfants ont été révélés par le candidat lui-même sont assez évidents pour ne pas chercher à alimenter des thèses complotistes. De toute façon, le travail du journalisme est évidemment celui d’informer et, le Canard enchaîné a une tradition de 100 ans. Ce n’est pas à la presse qu’il faut s’en prendre mais à la légèreté avec laquelle le candidat a traité ces affaires en imaginant sans doute qu’elles ne seraient jamais révélées. C’est d’autant plus surprenant que la disparition de Madame Fillon de la liste des assistants parlementaires de son mari, en 2013, coïncide précisément avec le moment où cette liste devait être rendue publique. Cela signifie donc que François Fillon ne souhaitait pas que cette situation soit publique. La question à se poser celle de savoir pourquoi puisque il considère qu’elle ne pose aucun problème. Quoi qu’il en soit, il est vrai que ce sujet a envahi tout l’espace médiatique mais il est vrai aussi que le montant des sommes en cause, le caractère systémique de ces emplois interpelle tous les Français et soulève de vraies questions sur le fonctionnement de la démocratie. Ce sujet est indépendant de la question légale, c’est-à-dire la fictivité ou non des emplois. C’est une question éthique et démocratique à un moment où la vie est si difficile pour nos concitoyens. Mais il ne sert à rien d’attaquer la presse ; mieux aurait valu se poser la question de la réponse à apporter au Canard enchaîné dès le départ et ne pas se draper dans un déni que personne ne comprend.

Mais le plus grave est dans la contestation institutionnelle. Tout d’abord, parler de coup d’État est une aberration. Nous sommes certes dans une démocratie d’opinion mais, le premier auteur de la difficulté est le candidat lui-même, d’abord dans ses choix initiaux, puis dans sa communication. Peut-être encore plus dangereux est l’attaque dirigée contre la Haute autorité et le président Nadal. C’est Marine Le Pen qui a lancé la mode en ayant l’outrecuidance de déposer une plainte contre lui au motif qu’il avait osé mettre en cause l’évaluation son patrimoine, ce qui est l’objet même de la HATVP. Si les personnes mises en cause ou inculpées n’ont désormais rien de mieux à faire que de déposer plainte contre les magistrats qui font leur travail, la justice n’est pas prête d’avancer. Mais surtout, c’est une remise en cause du système institutionnel lui-même puisque juge et partie y compris délinquante se retrouvent mis sur un pied d’égalité. C’est la raison pour laquelle on ne peut qu’être scandalisé que Bernard Debré, ancien ministre de la république est pourtant un vrai républicain, endosse le même costume et mette en cause le président Nadal, qui serait selon lui coupable d’avoir divulgué les informations-qui devraient être publiques s’agissant de l’emploi de fonds publics,-qui mettent aujourd’hui en difficulté François Fillon.

Ainsi, ceux qui prétendent lutter contre le Front National et le populisme deviennent-ils des machines à alimenter l’un et l’autre.

 

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

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#ParlonsVrai : le temps d’un changement de monde politique est venu

1 Février 2017, 16:16pm

Publié par Corinne Lepage

#ParlonsVrai : le temps d’un changement de monde politique est venu

L’évolution de l’affaire Fillon, l’affaire Le Pen conduisent à une forme d’implosion du système partisan.

Devant les Français médusés, ce sont des centaines de milliers d’euros qui défilent, attribués à des personnes qui n’ont pas effectué le travail correspondant -en ce qui concerne Marine Le Pen- ou qui pourraient ne pas l’avoir effectué en ce qui concerne François Fillon et son suppléant député de la Sarthe. Le népotisme, les emplois fictifs, viennent s’ajouter à une interrogation sur la réalité du travail effectué par les assistants parlementaires, ce qui est tout à fait injuste dans la mesure où ceux qui remplissent effectivement cette fonction ont un travail tout à fait « tangible ». Rendez-vous, notes de travail, préparation discourt, recherche de documentation, préparation d’amendements, représentation du parlementaire, ce travail est tout à fait réel.

Je peux témoigner en tant que parlementaire européenne qui a employé trois assistants parlementaires et deux stagiaires durant tout mon mandat (dont aucun n’avait de lien de près ou de loin avec moi-même) du fait que non seulement ce travail était tangible mais que de surcroît il était harassant. Bien souvent, les journées commençaient à sept ou huit heures du matin pour se terminer à minuit, voire plus tard. Mais, ceci renvoie aussi à l’activité réelle des parlementaires. Il est évident qu’un parlementaire qui n’est que très peu présent au Parlement, ne propose pas d’amendements, ne propose pas de texte, ne participe pas aux commissions, n’est rapporteur d’aucun texte, ne risque pas de trop charger ses collaborateurs…. C’est donc en réalité tout le mode de fonctionnement du Parlement qui est remis en cause, le coût qu’il génère et l’effectivité du travail des parlementaires eux-mêmes.

On a assez glosé sur l’absentéisme des Eurodéputés français au Parlement européen qui nous coûte très cher en influence ; mais, la faute première en revient aux structures partisanes qui choisissent des candidats sous la forme d’un lot de consolation par rapport à une investiture nationale ou pire encore à la suite d’un échec électoral.Mais, même s’ils existent, et dans tous les partis, les députés réellement investis au parlement européen sont rares et les partis ne tiennent aucun compte de la qualité du travail pour réinvestir leurs députés sortants. Là aussi, les exemples existent dans tous les partis. Il en va exactement de même des attachés parlementaires bidon. Il n’y a pas que le FN qui utilise et a utilisé les fonds parlementaires pour payer les permanents de la structure partisane. Il suffirait à un journaliste un peu attentif de comparer les organigrammes des partis et les assistants parlementaires pour trouver d’autres cas…

Dès lors, c’est bien à une remise à plat complète du système qu’il faut procéder. Sans doute, le chant de la calomnie et « l’invention d’un coup d’État institutionnel » pour tenter de cacher l’évidence sont-ils des outils très habituels. Mais précisément c’est parce qu’ils sont éculés qu’ils ne marchent plus. Le temps d’un changement de monde politique est venu.

Corinne Lepage

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.

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