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Cap21/LRC Toulouse

La part de Normandie de Corinne Lepage

6 Février 2016, 23:26pm

Publié par Paris-Normandie

Corinne Lepage dans son cabinet d’avocate à Paris

Corinne Lepage dans son cabinet d’avocate à Paris

Environnement. Corinne Lepage a toujours défendu ses idées de façon indépendante et a mené quelques batailles de Normandie avec une détermination sans faille. Retour sur ses souvenirs de combattante pour la vérité, la justice et la prévention des risques dans son territoire de cœur.

 

C’est un petit bout de femme qui n’a pas hésité à s’attaquer à des multinationales géantes. Ses adversaires d’un jour (en réalité souvent durant plusieurs années...) s’appellent Total, Monsanto, etc. Corinne Lepage, avocate spécialisée dans la défense des causes environnementales a assigné, défendu, et souvent remporté des victoires. Ainsi, elle a réussi à prouver la responsabilité de la multinationale Total dans l’échouage du pétrolier Erika en 1999 et à faire condamner solidairement ce tout-puissant affréteur. Et de la Bretagne à la Normandie, il n’y a qu’un pas...

Ses liens avec la Normandie remontent à son enfance du côté de Verneuil sur-Avre, dans le tout petit et charmant village de Courteilles au sud du département de l’Eure. « C’était dans la maison de mes grands-parents. Je garde de bons souvenirs empreints d’une certaine nostalgie de cette époque. J’allais chercher dans l’épicerie du coin des malabars et des carambars... Je ramassais les pommes, je lavais les bouteilles pour les remplir de cidre », évoque l’ancienne ministre de l’Environnement dans le gouvernement d’Alain Juppé. Elle fut plus tard euro-députée dans la circonscription Nord-Ouest sans être réélue en 2014.

premiers combats à flamanville

Tandis que son grand-père avait un privilège de bouilleur de cru, bien plus tard et face à des injustices manifestes, le sang de Corinne Lepage bouillira souvent dans ses veines... Ce fut le cas lors de l’expropriation d’un agriculteur s’opposant à la confiscation de ses terres pour la construction de la centrale nucléaire de Flamanville. « Je me souviens qu’avant même l’obtention du permis de construire pour l’implantation de la future centrale, une partie de la falaise avait été arasée sous les yeux en pleurs de cet agriculteur qui avait été d’ailleurs accusé à tort d’avoir pris son fusil... » De fait, les combats de l’écologiste ont souvent été menés entre colère et espoir, du nom d’un de ses ouvrages diffusé gratuitement sur Internet et qui reprend sur quatre cents pages toutes ses chroniques hebdomadaires de France Culture. Elle s’en prend, en autres, aux risques environnementaux et sanitaires liés à la diffusion des OGM, à la régression des libertés publiques (Hadopi, fichier Edvige), mais encore aux nombreux lobbyings. « J’ai vu la transformation de la Normandie à cause du nucléaire. Je me souviens encore de la façon dont la Cogema a fait élire maires ses salariés dans certaines communes avoisinantes qui à l’origine s’opposaient à l’implantation du site de la Hague », déplore Corinne Lepage toujours prête à pointer du doigt les arrangements illicites.

Son premier mandat d’élue en tant que maire adjoint de Cabourg, en 1989, tournera vite au vinaigre. « Cela a commencé dès la deuxième séance du conseil municipal cabourgeais, quand je me suis opposée à la délégation de service public de l’eau au profit d’une compagnie privée sans justification de mise en concurrence. Et quelle n’a pas été ma surprise quand j’ai constaté que la campagne électorale du maire Didier Van Temsche - qui m’avait fait venir sur sa liste - avait été financée par cette même compagnie... », soupire l’élue qui a par la suite combattu avec acharnement le premier édile qu’elle a fini par faire condamner. Avec quelques effets collatéraux comme les réunions qui frisaient le pugilat, et le bris des glaces de sa voiture... Après cette déplorable expérience, elle fut réélue maire adjoint de Cabourg pour un second mandat. C’est là qu’elle organisera un des mémorables G7 de l’environnement.

remontée contre une porcherie géante

Mais Corinne Lepage n’a pas pour autant quitté Cabourg où elle a acquis en 1976 un pied à terre « pour pouvoir aller de temps en temps respirer un air plus sain ». Et forcément, pour l’ancienne ministre qui a fait voter - il y a vingt ans - la loi (qui porte son nom) pour préserver la qualité de l’air, cela a du sens... « J’aime toujours ces balades au bord de mer où les couleurs sont sans cesse changeantes dans ce subtil mariage entre le sable, la mer et le ciel », souligne l’élue qui a par ailleurs réussi à mettre en place une zone de protection du patrimoine architectural et urbain afin que Cabourg conserve son cachet, et par là, son attrait touristique.

« J’aime bien aussi, plus à l’intérieur des terres, Beuzeville, mais également le Havre où je me rends régulièrement au Forum de l’écologie positive. Et je dois encore citer Honfleur et les liens amicaux que j’entretiens avec son maire. »

Au nombre de ses batailles victorieuses menées en Normandie, il faut encore mettre à l’actif du défenseur de la qualité de vie et de l’environnement la lutte qu’elle a engagée contre l’implantation de quelques méga porcheries dont celle d’Ambrumesnil en Seine-Maritime. Là encore en se faisant de nombreux ennemis au passage.

Malgré tout, Corinne Lepage se défend parfois d’être écolo, et en explique les raisons : « Pour certains, hélas le terme écolo a une connotation péjorative ou négative. Et si l’on me demande si je suis de droite ou de gauche, je réponds que je suis de devant... »

philippe Schaeffer

 

Source : Paris Normandie

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/5054249/la-part-de-normandie-de-corinne-lepage#.Vrb2W1kmb7y

Bio express

- 1951 : naissance à Boulogne-Billancourt

- 1975 : prestation du serment d’avocate

- 1980-1987 : enseignante à l’Institut d’études politiques de Paris

- 1995-1997 : ministre de l’Environnement

- 1996 : vote de la loi sur l’air

- 2000 : création du parti Cap21, dont elle devient la présidente

- 2002 : création de l’Ovale (Observatoire de vigilance et d’alerte écologique)

- 2006 : avocate de certaines parties civiles dans le procès de l’Erika

- 2009 - 2014 : élue députée européenne

- 2009 : lancement du club Terre démocrate

- 2013 : création du Rassemblement citoyen

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