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Cap21/LRC Toulouse

Coline Serreau à Avignon : "C'est un film sur le rapport à la règle"

19 Mars 2014, 05:19am

Publié par Fabien Bonnieux

Avec "Tout est permis", Coline Serreau a voulu réaliser "une comédie humaine, noire et drôle en même temps." On y suit des automobolistes dans un stage de récupération des points.

Avec "Tout est permis", Coline Serreau a voulu réaliser "une comédie humaine, noire et drôle en même temps." On y suit des automobolistes dans un stage de récupération des points.

Engagée. Ecolo. Drômoise. Trois mots qui qualifient la réalisatrice Coline Serreau, à qui on doit "Trois hommes et un couffin" (1985), "La crise" (1992) ou "Chaos" (2001). Mardi soir, dans le cadre des 4e Rencontres cinématographiques du Sud, elle présentait à Utopia son formidable documentaire "Tout est permis", qui sort au cinéma le 9 avril.

"Tout est permis" est autant un film sur le permis de conduire que sur la mauvaise foi, non ?
Coline Serreau : Si j'avais fait une fiction, on m'aurait dit : "tu exagères!". Mais là, j'ai filmé 172 heures dans des vrais stages de récupération des points pour le permis de conduire à travers la France, de Marseille à la Bretagne. On entend les gens dire des choses incroyables pour expliquer leurs infractions sur la route mais je n'ai pas voulu les juger. J'ai moi-même fait un stage il y a 8 ans parce que je roulais trop vite... Mon idée, c'était de faire un film sur notre rapport à la règle, comment on vit ensemble dans un espace collectif. Notre époque est celle de l'individualisme frénétique, et la compétitivité est souvent préférée à la coopération. J'ai voulu aussi rompre avec les clichés des films de bobos parisiens, où les flics sont obligatoirement méchants.

Ce film met chacun face à sa responsabilité sur la route. Mais il aurait plus de chances d'être vu massivement à la télé...
C.S. :...Mais je suis bien d'accord avec vous ! Pourquoi je le sors au cinéma ? Parce qu'aucune télé n'en a voulu, ni France Télévision, ni Arte ! Le lobby des constructeurs automobiles dans notre pays est très présent et je me dis que la salle de cinéma reste aujourd'hui un vrai espace de liberté. Il faut vraiment que les gens s'emparent de ce film, sur Internet ou en DVD.

Vous présentez votre film au public d'Utopia. Il y a une dizaine d'années, vous aviez tourné votre film "18 ans après" à Avignon (musée Calvet, gare-centre...). Quel souvenir en gardez-vous ?
C.S. : Les personnages partaient en vacances dans le midi, Avignon s'y prêtait. C'est très beau, très agréable. Et c'est en plus une ville où j'ai vécu des moments très forts, en tant qu'actrice, au Festival d'Avignon, sous la direction de Beno Besson : en 1976 dans "Comme il vous plaira" et en 1978 dans "Le Cercle de craie caucasien" de Brecht.

Vous n'avez plus tourné de fictions de cinéma depuis quasi 10 ans ("Saint-Jacques la mecque"). Y a-t-il un projet en ce sens ?
C.S. : Chaque projet est long à monter, même un documentaire, près de trois ans à chaque fois. Oui, j'ai une comédie en préparation pour le cinéma mais c'est trop tôt pour en parler. Par contre, en avril, je commence le tournage d'un téléfilm pour France 3, "Madame le maire". C'est l'histoire d'une femme d'extrême droite, interprétée par Isabelle Nanty, qui devient maire de Vaison-la-romaine. Elle est en opposition avec sa fille, interprétée par Sarah Biasini (la fille de Romy Schneider, ndlr). Si vous saviez comme on est bien accueilli à Vaison. C'est un bonheur de savoir qu'on va y rester un mois et demi.

Le Sud, c'est vraiment un élément constitutif fort de votre personnalité ?
C.S. : C'est vrai, j'ai grandi à Dieulefit (Drôme). C'est là-bas, enfant, que j'ai appris le rapport à la nature, à la résistance, à la justice. J'ai passé mon enfance juchée sur les épaules de femmes géantes, celles de l'école de Beauvallon. J'ai aussi dans ma famille des racines cévenoles, ce qui explique mon caractère (rires).

Dimanche, c'est le 1er tour des municipales. L'écologiste de toujours que vous êtes a t-il le coeur à gauche ?
C.S. : Je ne dis pas pour qui je vote. On peut être de droite et faire des trucs bien, être de gauche et faire des horreurs. Moi, je soutiens des personnes, Elisabeth Belaubre à Toulouse, qui est une grande dame et pourrait transformer Toulouse en ville bio, et Michèle Rivasi à Valence, qui a fondé la Criirad (la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité).

 

Recueilli par Fabien Bonnieux

 

Source : La Provence

http://www.laprovence.com/article/loisirs/2796558/coline-serreau-cest-un-film-sur-le-rapport-a-la-regle.html

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