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Cap21/LRC Toulouse

Elisabeth Belaubre ressort le fantôme AZF du placard

19 Février 2014, 10:48am

Publié par Stephane Thépot

Elisabeth Belaubre avec Corinne Lepage à Toulouse en 2013

Elisabeth Belaubre avec Corinne Lepage à Toulouse en 2013

La candidate de Corinne Lepage réclame le déménagement de l’ancienne usine SNPE de Toulouse

« Petite » candidate mais grand tabou. Elisabeth Belaubre, 160 cm sous la toise, a pris la plume pour s’indigner d’être ignorée des sondages et des médias. L’ancienne adjointe écolo de Pierre Cohen, qui a déserté les rangs d’EELV pour tenter de constituer une liste sous la bannière de la nouvelle formation politique de Corinne Lepage, n’a pas été prise en compte par l’institut BVA mesurant à la mi-janvier les intentions de vote des Toulousain(e)s pour le compte de Radio-France et du Parisien. Furtive comme un SNLE (sous-marin nucléaire dans la terminologie militaire), la candidate invisible dissimule pourtant une terrifiante arme de destruction massive dans son programme.

plus saugrenue que le « train volant » sorti des studios Disney ?

Contrairement à Jean-Pierre Plancade, autre candidat dissident qui a fait « le buzz » sur TF1 en dépit – ou à cause – du score microscopique (1%) promis par BVA, Mme Belaubre n’a pas eu l’heur de susciter un grand intérêt journalistique jusqu’à ce jour. Il est vrai que sa mesure-phare est nettement moins « glamour » qu’un « train volant » électromagnétique sorti tout droit de l’usine à rêves de la NASA ou des studios Disney. La représentante locale de l’ex-ministre de l’Environnement d’Alain Juppé et Jacques Chirac a l’idée bien plus saugrenue de réclamer haut et fort le déménagement de la dernière usine chimique toulousaine encore présente sur les rives de la Garonne.

Les carburants d’Ariane et des missiles nucléaires

Rescapée de l’explosion de sa voisine AZF, l’ancienne usine de la SNPE (société nationale des poudres et explosifs) fabrique les carburants de la fusée Ariane, des satellites… et des missiles nucléaires de l’armée française. De Toulouse à Bordeaux, on retrouve la trace de cette production stratégique jusque dans l’eau de la Garonne et les nappes phréatiques. Les fuites de perchlorate sont désormais colmatées, assure le directeur de l’usine toulousaine à la candidate écolo. Mais les risques d’explosion et de pollution, même réduits et confinés au prix de lourds investissements consentis par le groupe Safran-Heraklès, nouveau propriétaire de la SNPE, demeurent.

oublier progressivement Seveso

Le commissaire-enquêteur chargé de l’enquête publique sur le nouveau périmètre de sécurité établi autour de l’usine vient toutefois de donner un avis favorable au maintien de l’activité de l’usine à proximité du « Cancéropole » qui a poussé à la place d’AZF. « Il ne reste plus qu’à poursuivre les efforts qui permettront au public d’oublier progressivement qu’il cohabite avec un site Seveso seuil haut », écrit Louis Lasserre dans son rapport. L’amnésie comme solution préconisée aux traumatisés d’AZF, il fallait oser ! M le commissaire l’a fait…

Les réserves de Pierre Cohen

Interrogé sur l’île du Ramier où le maire sortant avait tenu à convoquer la presse pour vanter sa politique en faveur du « développement durable », Pierre Cohen partage l’idée qu’il faut maintenir l’usine sur les bords de la Garonne au nom de considérations « stratégiques ». « Je ne veux pas dépendre des USA pour l’accès au ciel et à l’espace », déclare Pierre Cohen. Le maire de Toulouse a donné un avis favorable au plan de prévention des risques de l’usine, contrairement à ses anciens colistiers écologistes et à son ami socialiste Pierre Izard, président du département. Il défendait déjà cette ligne politique en 2001. Alors député et maire de Ramonville, l’ancien compagnon de route de Jean-Pierre Chevènement plaidait pour le maintien de la SNPE à Toulouse auprès de Lionel Jospin à Matignon.

Le Bikini plus exposé que le soldat inconnu de Lepage

La tête de liste du PS n’ajoute qu’un ultime codicille aux réserves de détail émises lors du vote de la délibération au conseil municipal du 21 juin dernier. « Il faut évidemment que l’entreprise contiennent ses risques à l’intérieur d’un périmètre qui ne concerne plus que deux ou trois cas », précise Pierre Cohen. Une attention qui ira sans doute droit au cœur du propriétaire de l’ancien Bikini, la mythique boîte de nuit du chemin des Etroits soufflée par l’explosion de l’usine située sur l’autre rive du fleuve. Hervé Sansonetto, qui a déménagé sa salle de concert au bord du canal à Ramonville mais réside toujours face à l’usine, figure une nouvelle fois en dernière position sur la liste du maire de Toulouse. Une place plus exposée que les tresses du soldat inconnu de Mme Lepage à Toulouse et sa liste « invisible » ?

 

Source : Carré d'info

http://canalcapitole.carredinfo.fr/2014/02/19/elisabeth-belaubre-ressort-le-fantome-azf-du-placard/

 

 

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