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Cap21/LRC Toulouse

A quoi sert le ministère de l'Écologie ?

26 Novembre 2013, 14:00pm

Publié par Corinne Lepage

Voici quelques semaines, Libération avait titré sur la malédiction du ministère de l'Écologie. La question mérite encore davantage d'être posée après la conférence sur le climat de Varsovie où Philippe Martin n'a même pas cherché à faire de la figuration.

En tant qu'ancienne titulaire du poste et négociatrice du Burden Sharing (partage du fardeau de réduction des émissions de gaz à effet de serre) en 1997, je me sens humiliée de voir ainsi le ministre de l'écologie devenu ministre de l'Énergie et des Transports en 2007 être dépossédé d'une compétence ancienne et majeure du ministère, le climat.

Il ne s'agit que d'un symbole, certes puissant, d'une déconstruction scientifiquement organisée du grand ministère d'État crée en 2007, et au-delà de la disparition pure et simple d'un ministère dédié au long terme, aux ressources naturelles et à l'économie ou construction d'une économie écologique. Le grand ministère crée pour Alain Juppé et occupé par Jean Louis Borloo avait un avantage et un inconvénient aussi considérables l'un que l'autre.

L'avantage était d'intégrer l'écologie dans les grandes politiques publiques au rang d'un ministère d'État et de donner une cohérence au développement durable. L'inconvénient était de faire en réalité disparaître l'écologie et de satisfaire le ministère de l'équipement qui rêvait de mettre la main sur l'environnement, gagnant au passage l'énergie! La disparition d'une direction de la nature ou des ressources naturelles en a été la traduction matérielle.

Contrairement à ce que l'on pouvait espérer d'un gouvernement de gauche, a fortiori avec une participation verte, depuis l'élection de François Hollande, le ministère va de charybde en Scylla. La perte de l'urbanisme et du logement ouvrait une première brèche dans la cohérence d'ensemble. Le ministère délégué aux Transports s'est avéré très vite être en réalité un ministre de plein exercice de fait, les titulaires successifs du poste de l'environnement restant muets sur ces sujets. Restaient donc la direction des habitats et celle de l'énergie et du climat.

 

Source :

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/ministere-ecologie-philippe-martin_b_4342128.html

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